Le revolver 1892, bien connu des collectionneurs et des amateurs d'armes à feu, est classé en catégorie B par un arrêté. Cet article explore en détail le fonctionnement, l'histoire et la classification de ce revolver, souvent appelé "92 espagnol".
Les revolvers « 92 espagnols » étaient initialement chambrés en calibres .32 et .38, comme leurs modèles américains. Cependant, ces modèles n'ont de "92" que le nom. En réalité, ils peuvent être rattachés au modèle "Military & Police" et au mécanisme du revolver S&W « Hand Ejector » de 1898. D’autres « 92 espagnols » sont inspirés du mécanisme du Colt New Service datant de 1898, mais ce dernier est classé dans la liste des armes à dangerosité avérée.
Si l’on veut remonter à la génèse on peut les rattacher le modèle "military & police" et au mécanisme du revolver S&W « Hand Ejector » de 1898.
Un « 92 espagnol » à gauche et un revolver d’ordonnance français modèle 1892. Les deux armes n’ont rien en commun si ce n’est la munition et le fait d’avoir été règlementaires dans l’armée française.
Dès la fin de 1914, les troupes françaises enlisées dans les tranchées après une guerre de mouvement, manquent cruellement d’armes de poing, le revolver règlementaire modèle 1892 n’étant pas en quantité suffisante.
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Le 1892 réglementaire est classé en B mais qu'en est-il des autres, les modèles civils, les modèles espagnols, les modèles espagnols fabriqués sous contrat pour l'armée française etc. ?
Il a été fabriqué par l'arsenal "arrizaba y Gabilondo" à Eibar aux environs des années 1915 en Espagne. Il est chambré en 8mm comme le 92 St Etienne mais sa fabrication est beaucoup moins soignée que son cousin Français qui reste, 100 ans après, un exemple d'usinage et d'ajustage.
Le 92 espagnol c'est pas la copie du Colt croisé avec un S&W?
C'est exactement ça mais le poussoir du verrou d'ouverture de barillet est semblable aux S&W et la plaque de recouvrement est à droite contrairement à celui-ci.
Mécaniquement, si on le compare à un Mle 73 ou 92 c'est une daube immonde, mais ça fonctionne.
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La cible, on la touche ... à condition qu'elle soit assez grande et assez près. Quoi qu'il en soit ils n'étaient prévus que pour une utilisation trés ponctuelle et que pour la durée du conflit, commandés dans l'urgence des pertes énormes.
Ils ont bien tenu leur rôle puisqu'on les retrouvait assez tard dans des dotations militaires et civiles. Je n'ai pas les dates exactes mais au moins pour l'office national des forêts (qui ne les portaient de toute façon pas en service) avaient encore des ruby dans les coffres il n'y a pas si longtemps.
Le soucis sur ces armes Espagnoles c'est surtout la qualité des aciers employés les petits ateliers sous traitants de ceux qui avait obtenu le marché n'étaient pas forcément équipés pour travailler des aciers de qualité (ou n'en disposaient pas).
J'ai souvenir de plusieurs de ces révolvers que j'ai eu l'occasion de manipuler qui ne tenaient plus le cran d'armé et ne pouvaient tirer qu'en double action (avec une indexation assez imprécise).
A confirmer par ceux plus calés en métallurgie que moi ; mais il me semble qu'il y a + de 100 ans la qualité intrésèque de l'acier employé pour les revolvers était moins importante que les revenus thermiques nécessaires pour la plupart des pièces en particulier celles en contact qui sont particulièrement nombreuses dans un revolver.
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Il suffit qu'une pièce prenne du jeu du fait d'une usure prématurée résultant d'un mauvais traitement thermique pour que celà affecte toute la géomètrie et le fonctionnement de l'ensemble.
Le système de production basque de l'époque était plus ou moins artisanal et sauf les "Grands" ( Orbéa,GyA) équipés de machines modernes chez leur nombreux sous traitants c'étaient le tour et la Lime.
Or la commande française était énorme ;sans même parler des autres commandes "Alliées; +/- 1 Million de P.A de 1915 à 1918 et + de 450 000 revolvers 8/92 en 1917/18.
Vous concevez qu'avec ces chiffres là le temps passé sur une arme devait être des plus brefs ! Pour fixer les idées une cémentation destinée à durcir la surface d'une pièce nécessite Une Heure de chauffe pour 1/10 eme ...
Tout le monde sait maintenant que le revolver 1892 est classé en catégorie B) par un arrêté.
Le "1892 civil" (on devrait plutôt dire "du commerce") reste en catégorie D.
Les munitions en 8mm92 restent en B.
Les munitions rechargées de 11mm73 passent en B.
Si vous détenez une arme mal classée, pour couler des « jours heureux » vous devez impérativement vous mettre en règle.
Le but de ma démarche est d'obtenir des conseils afin de lui redonner son aspect initial. En effet j'ai l'intention de le rebronzer à froid avec des produits du commerce.
J'ai commencé par le nettoyer complètement car je me suis aperçu qu'il n'avait sans doute jamais été démonté. J'ai eu quelques difficultés pour sortir la bascule de barillet qui est maintenu en place par une petite vis pratiquement invisible mais j'ai réussi et maintenant il baigne dans le pétrole.
L'opération suivante consistera à lui enlever le bronzage d'origine à l'aide d'un touret à brosses métalliques. Quelqu'un s'est-il déjà essayé à cet exercice, auquel cas ses conseils seront les bienvenus.
Malgré l'histoire et son vécu sa cote est basse.
Il y en a sur NB, dans un bien meilleur état, ""affichés"" à moins de 300 roros donc surement accessible à encore moins.
Il y a peu ils servaient de "bloque auto" ce qui aujourd'hui n'a plus valeur d'être...
Mais comme beaucoup d'autres, ces armes ne laissent pas indifférent.
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