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Le réglage du décocheur au doigt en archerie est une étape cruciale pour optimiser la performance et la sensation de tir. Cet article explore en détail les techniques, le matériel et les ajustements nécessaires pour maîtriser cette approche.

Techniques de tir et "Back Tension"

On trouve bien des explications au tir façon "back tension", mais souvent il faudra traduire l'anglais et comprendre les notions en vigueur de l'autre côté de l'Atlantique. "Back tension" signifie : effectuer une traction dynamique vers l'arrière par le coude, l'épaule, le dos, soit la partie dynamique de l'archer, sans jamais quitter la ligne de tir.

Vous devez visualiser une ligne, matérialisée par la flèche, pour chercher à "agrandir" le tube sur son axe sans jamais le casser. Une allonge trop courte ou trop longue, un décocheur trop en pression sur la maxillaire, un arc mal équilibré seront des entraves pour tirer sur cet axe. Il faudra se maintenir en bonne condition physique, avoir un entraînement régulier pour mieux sentir votre matériel et votre posture, connaître le réglage d'un arc sur le bout des doigts et être patient en visée.

Tous ces éléments vont permettre la décontraction musculaire pour réaliser un geste fluide, c'est-à-dire décontracté mais dynamique. C'est un peu comme jouer les équilibristes entre les points de pression, le câblage, le poids, la puissance, l'allonge, la posture...

En ce qui me concerne, j'aime sentir l'arc, ses vibrations, son poids dans ma dragonne au lâcher, les épaules qui se relâchent en ligne après une bonne traction. Après bien des essais de techniques, de matériel, de postures, rien à faire : c'est la seule méthode qui me convient. Elle évolue toutefois au fil du temps.

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Je ne me pose pas de question en visée, les sensations sont là, les parasites du lâcher ne sont plus. Le lâcher est à chaque flèche une libération de positif, avec la volonté formelle de la coller dedans ! Cette technique favorise la sensation et la performance, l'archer n'est pas concentré sur la décision d'appuyer sur le bouton, il a le regard sur la cible en gardant le dynamisme.

Le "Target Panic"

On entend parler de "Target panic" : la peur du jaune, du 10. C'est la maladie du scopage en arc à poulies. Cette cible que l'on voit si bien, ce 10 si joli qui n'attend qu'une pression du pouce sur la molette du décocheur alors que la visée est stable, et PAN ... Problème moteur, le bras d'arc sursaute, le pouce ne répond plus, tout sursaute ... Ou simplement le contraire, la visée ne veut pas se pointer au milieu de cette cible et tourne autour sans cesse malgré notre volonté à le coller dedans... De guerre lasse, on appuie sur le bouton …

Choix de l'arc et du décocheur

Tous les types d'arcs ne conviennent pas vraiment à ce type de tir. En effet, la traction arrière produite peut être néfaste pour le groupement si on rentre trop dans les poulies (le module pousse le câble). Les arcs qui possèdent des cames souples comme les Wheel, les cam & 1/2 HOYT et autres types de poulies de forme assez ronde, ne seront pas adapté à cette technique. L'absence d'un butée franche dans le mur conduira à une irrégularité de puissance en visée.

Réglage du décocheur

Il se règle en dureté, pour faire varier la pression du pouce sur la molette. La molette doit avoir le minimum de course. La marque Carter, par exemple, propose différentes duretés de ressorts pour limiter cette dernière. (idem pour le décocheur à bracelet).

Posez le pouce délicatement sur la molette, de façon relâchée. Prenez soin de bien régler la position de cette pièce, le pouce ne doit pas chercher sa position, et il ne doit pas exercer un effort pour la contourner. Il lâchera une fois que la pression créée par la traction arrière sera suffisante.

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Le problème de ce décocheur est justement cette pression fixe, tous les jours ne sont pas fait à l'identique et nous ne produirons pas la même force chaque jour. Il n'est pas l'ami d'une main qui tremble puisqu'en butée sur les câbles, la pression fluctuera beaucoup trop pour être régulier, le "pétage à la tronche" pointe son nez !

Il se règle en course, plus elle sera longue, plus l'annulaire cherchera derrière jusqu'au déclenchement. Ils'obtient grâce à la simple rotation d'un crochet en contact avec une demie-lune. Quand le crochet passe de l'autre côté de la demie-lune, le mécanisme lâche. Simple, donc fiable.

Cette demie-lune possède une caractéristique particulière : deux faces. Une avec une encoche laissant un "clic" qui alerte du déclenchement imminent et l'autre face brute sans alerte de départ. Je préfère de très loin la version sans clic qui fluidifie à son maximum le tir.

Certains modèles de décocheurs sont fabriqués avec un dispositif de sécurité évitant son déclenchement intempestif lors de l'armement d'arc. Il n'est pas agréable de se prendre son décocheur dans les dents, et cela peut vite coûter cher ! C'est une option qui vous appartient, je n'apprécie pas l'ergonomie des modèles proposés avec sécurité, mais le principe ne me gène pas.

Réglage initial du décocheur et de l'arc

D'abord le décocheur : il doit être réglé pour déclencher d'une main détendue, poignet relax'. J'ai une préférence pour l'initiation à une course longue, une forte pression pour exercer le corps à cette technique. Ceci aussi pour éviter le pétage à la tronche ... Lui, il vous vaccine pour ne plus jamais toucher un back !

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Pour commencer, essayez d'abord avec un 'clic' pour vous familiariser avec la course et le moment du départ,mais seulement en cas de fortes appréhensions. Dès que êtes plus à l'aise, changez pour tirer sans, rapidement. Ensuite, l'arc.

Les décocheurs se succèdent mais ne se ressemblent pas. Certaines caractéristiques changent comme la longueur de tête, l'orientation de tête, la largeur, la longueur, l'ergonomie etc... Si possible donc, il faudra régler l'arc pour ce type de décocheur de manière à en ressentir les bienfaits. Un réglage pour quelques temps serait judicieux, comme une période de préparation de saison par exemple.

Au back, il faut généralement être plus court en allonge de manière à maîtriser la notion d'alignement, à minimiser la pression sur la mâchoire et, pour garder de la réserve en tonus musculaire. A noter que réduire le Dloop accentuera la pression sur la mâchoire, cela aura pour effet de rendre plus difficile le déclenchement d'un décocheur à rotation.

Les doigts s'ouvrent plus difficilement dans ce cas et poussent sur l'os de la mâchoire, en éjectant la main sur le côté opposé. La ligne est cassée, la flèche part loin et vole mal. A l'inverse, un Dloop plus long rendra plus facile la décoche. Les deux s'harmonisent et constituent la ligne de tir.

Ajustements fins

Une fois le réglage d'arc effectué, vous pouvez affiner le réglage du décocheur. A ce moment là, commencez par une force importante à exercer ou par une longue course de rotation pour retarder le départ de la flèche.

Avec un arc à poulies, vous devez opérer sur les câbles, sur la corde pour changer l'allonge; vous changez alors la puissance, le let-off, la longueur du pic et de la vallée, la hauteur de visette, la longueur du Dloop etc... N'oubliez pas : 5 petits millimètres d'allonge, c'est déjà beaucoup. C'est peut-être l'entre-deux qui vous convient...

Un réglage ne se fait pas en un seul jour, il se valide dans le temps, dans un contexte de situations différentes comme : le tir "sans soucis", excellent, mal dormi, énervé, usé, pas envie, compét', entraînement, stress, pluie, vent, sudation ... Ces situations ne sont pas toujours plaisantes mais nécessaires pour ressentir la "bête" et enrichir sa connaissance de soi. Je garde toujours à l'esprit que le « bon » réglage effectué le soir n'est pas toujours celui du lendemain.

Position de la main et du pouce

Il convient de bien régler sa molette et sa sensibilité. Je conseille de tirer sans user du pouce d'abord pour définir une bonne position de main. Vous devriez donc revenir, et non pas lâcher le décocheur … Les câbles n'aiment pas !

La bonne position sera adaptée en toute circonstance, des doigts bien calés ne glissent pas même sous la pluie... Elle sera marquée par une bonne stabilité, un arc qui sort bien droit devant et, le confort une fois ancré au visage. Une fois trouvée, venir faire toucher le pouce au contact léger de la molette. Le point de contact reste très personnel, mais il faut rester dans la zone comprise entre la phalange et la pulpe du doigt. Ici vous garderez une bonne sensation de toucher.

Le tir poing fermé n'est pas une bonne solution, ni même une main trop en arrière. Gardez la ligne, tractez tranquillement avec patience jusqu'à ce que le mécanisme déclenche de lui-même. Vous devez être surpris ! Il faut intégrer un mouvement de "bascule"...

Répartition de la pression sur les doigts

Ce qui est important, c'est d'avoir conscience de la répartition de pression sur chaque doigt et comment s'organise l'ensemble. Si on arme l'arc à fond sur l'index, on ajoute de la course au décocheur. Si on l'arme sur 3 doigts, il déclenchera avant que l'on puisse le décider (le fameux pétage à la tronche !).

Dans mon tir, je dois contrôler la sudation de ma main pour être le plus régulier possible. Si je devais vous donner un indice sur la répartition de pression à l'armement, je dirais 50% sur l'index, 30% sur le majeur, le reste sur l'annulaire.

J'arme toujours avec mon pouce placé sur l'ergot qui maintient l'ensemble dans sa position haute. Par sécurité mais pas que : le pouce constitue un repère supplémentaire pour toujours garder le même placement de la main, soit la même pression, la même course. Je libère le pouce lors de la mise en contact avec l'ancrage et je laisse faire la bascule jusqu'à répartir la pression correctement sur les 3 doigts, c'est-à-dire 40% index, 40% majeur, 20% annulaire.

Le mouvement de bascule

Je recherche le centre, la visée, la ligne de tir, la décontraction. La bascule se stabilise et il faudra maintenant que j'effectue cette traction arrière pour libérer la corde. Je maintiens le bras d'arc en gardant mon épaule d'arc solide. J'effectue une traction arrière. Il ne faut jamais forcer trop pour déclencher.

Les doigts forment un crochet, le décocheur filera doucement, progressivement, toujours pour rester sur la ligne de tir. Le pouce et l'auriculaire viennent se placer vers la paume de la main. La pression se répartit sur les trois doigts. Pour que le décocheur bascule, laisser l'index se relâcher à mesure que l'annulaire vient sur l'arrière. Le majeur est presque un point de pivot, le tout s'articule autour de la tête du décocheur, en butée dans le mur, sans trop tirer, sans être passif. Il faut être patient et attentif sur la visée jusqu'au départ, cette fois imminent.

Après le lâcher

Au lâcher, le corps dans l'axe, l'épaule d'arc solide, la nuque ferme, l'arc se jette dans la dragonne, la main glisse derrière le visage. Vous pouvez admirer votre arc qui suit la courbure du vol de flèche, la ligne d'épaule sur le même axe, comme sur un rail de chemin de fer... Tout ça sans parasite, avec un léger effet de surprise, cela donne envie de recommencer encore et encore.

Quand apprendre le "Back Tension"

Le meilleur moment pour apprendre le back tension est lors de la saison de tir en salle, en l'absence d'éléments perturbateurs. La saison est longue et dispose de beaucoup de compétitions aux conditions similaires. Vous aurez le temps de progresser correctement en limitant toutes blessures causées par une trop forte résistance aux aléas de la météo. L'extérieur sera nécessaire pour le perfectionnement, pour renforcer le tonus, mieux gérer le vent et ses rafales.

Conclusion

Après avoir lu tout cet article non exhaustif, vous comprendrez mieux pourquoi je qualifie cette technique« d'équilibriste ». Il faut ressentir son corps et son matériel pour savoir où agir si besoin. Une bonne condition physique est exigée pour toujours garder de la ressource musculaire favorisant la décontraction. Ceci est valable quelque soit le tir pratiqué ! La connaissance technique de son arc à poulies est une aide sans contest, vous avez une page dédiée 'réglages de l'arc, de A à Z' pour ruminer. Il faut persévérer pour acquérir de la patience en visée.

Décocheurs : Différences et recommandations

Quelles sont les différences entre les décocheurs? Lequel est le mieux adapté à votre pratique ?

Il n'y a pas vraiment de différence au niveau de la technologie (les modèles sont assez proches) mais au niveau de la décoche (qui est aussi importante que le classique car une mauvaise décoche ou une décoche qui accroche fait TRES RAPIDEMENT descendre les points (car ça bouge très facilement). Ainsi je trouve que le chocolate est plus fluide que le deuxième.

Si tu veux vraiment utiliser un pouce je pense que le meilleur décocheur pour moi du moment au niveau pouce (je me suis mis a tirer avec il n'y a pas tres lontemp environ 1 mois) c'est le just cuz + car il est vraiment tres fluide il a un tres bon depart ( c'est a dire qu'a la decoche il ne fait faire casiment aucune faute ; tu appuie et ton coupe par automatiquement en arriere ) et il et vraiment tres simple.

Après le back tension comme tu dit c'est pour plus tard mais ça c'est soit tu sais le maitriser et tout ira tres bien soit ça nira pas ...

Pour débuter en poulie, je conseille toujours des décocheurs à index, simples à utiliser et à régler qui permettent d'appréhender cette décoche sans avoir le réflexe c...

Conseils d'utilisation

Comme pour les armes à feu, il faut impérativement éliminer les "coups de doigt sur la gâchette" avec un décocheur. Nous vous conseillons donc de poser le doigt sur la gâchette (index légèrement fléchi - creux de la 1ère phalange posé dessus) et de presser tout en continuant la traction avec le bras de corde.

Tenu à pleine main avec 3 ou 4 doigts, la gâchette est actionnée à l'aide du pouce. Lors de l'armement et par sécurité, l'archer posera son pouce sur une fausse gâchette, lui permettant de ne pas libérer le décocheur pendant cette étape. Attention tout de même : ce type de décocheur demande déjà un minimum de régularité dans la posture, le geste, la technique.

Le décocheur à index sera de loin le plus économique avec des très bons produits comme les décocheurs de la marque Tru Ball.

Décocheur Back Tension : 3 ou 4 doigts ?

La question est de savoir si pour un décocheur back tension c'est mieux 3 ou 4 doigts et surtout pourquoi. En ce moment j'ai un chocolate addiction 3 doigts. Faut il que je reste en modèle 3 doigts ou changer.

Il est très personnel de dire que c'est mieux 3 ou 4 doigts. On peut se sentir mieux avec un 4 doigts, ne serait-ce que pour la traction sur la corde et cela même si au final le petit doigt ne sert plus lors du tir avec mon thumb trigger...Beaucoup d'autre tirent en trois doigts, ont une meilleure répartition des forces lors de la "rotation". Le meilleur restera celui avec lequel tu te sent le mieux. Des décocheurs avec une modularité du nombre de doigts peut être aussi une bonne piste (Inside Out de TRU Ball, BT 4 d'AS)

Il a été essayé avec 4 et 3 doigts avec bt4, plus stable avec 3, meilleur décontraction avec 3.

L'avantage du 4 doigts est si tu n'aimes pas en l'état tu mets ton auriculaire derrière et il se transforme en 3. bt4 d'as reste le bt polyvalent et pas trop cher. Perso je préfère le 4 doigts même si aujourd'hui suis reparti sur le pouce.

Pour certains c'est actuellement 3 doigts avec une palette, mais du temps où ils tiraient en arc à cams, c'était 1 doigt avec les décocheur à index, 3 doigts avec le décocheur BT, 4 doigts avec les thumb trigger.

En conclusion : les différents types de décocheurs

  • Le décocheur à index est le plus accessible et polyvalent.
  • Le décocheur à pouce offre un excellent contrôle et un lâcher plus fluide.

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