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L'inspection est une des étapes fondamentales de l’entretien d’une arme. Cet aspect largement ignoré d’une grande partie des utilisateurs est pourtant fondamental. Si certaines opérations d’inspection ne peuvent être menées que par du personnel formé, une large partie peut en réalité être réalisée par l’utilisateur. Elle repose sur l’observation et la connaissance de son arme.

I. Importance de l'inspection

Il est également nécessaire de comprendre ici, qu’à l’instar de la grande majorité de produits manufacturés, une arme possède une durée de vie. Celle-ci s’exprimera généralement en nombre de coups tirés. Elle peut être variable d’une fabrication d’une arme à l’autre, et parfois même au sein d’une même gamme, en fonction des prérequis d’un client, d’un modèle à l’autre. Pour exemple, les fusils G3 produits pour l’armée Norvégienne possèdent une durée de vie plus de deux fois supérieure à ceux produit pour l’armée allemande. Ici, la durée de vie a été conférée par l’amélioration de l’amortisseur de culasse.

La durée de vie est également liée à la nature des munitions employées ainsi qu’à l’entretien appliqué. Ainsi, il n’est pas aberrant de tenir comptabilité du nombre de coups tirés. Enfin à l’instar d’une automobile, la vie d’une arme peut être ponctuée par des opérations de maintenance. Ces opérations de maintenance peuvent être programmées. Pour exemple, sur un P.A. SIG SAUER SP 2022, le remplacement du ressort récupérateur est préconisé tous les 5000 coups par le fabricant.

II. Matériel nécessaire pour l'inspection

La réalisation de l’inspection peut nécessiter différents matériels :

  • Les loupes : elles permettent l’observation en détail et notamment la recherche des fissures. Elles peuvent être de différentes formes. Nous en noterons deux particulièrement digne d’intérêt : la loupe d’horloger et la loupe sur pied.
  • Les lampes d’inspection et autres dispositifs d’illumination : de différentes formes, il s’agit ici de favoriser les dispositifs diffusant un faisceau homogène et dont l’intensité est si possible modulable. Une illumination trop intense peut fausser les observations.
  • L’endoscope : il s’agit d’un appareil optique ou optronique qui permet de visualiser l’intérieur du canon. Il est très pratique pour évaluer l’état précis du canon (rayures, prise de rayure, usure des évents d’emprunt de gaz, etc.). Nous reviendrons sur son emploi plus loin. Précisons ici que l’usage d’un endoscope met toujours en évidence des imperfections au sein du canon.

Les seules détériorations significatives sont celles qui induisent une panne ou une dégradation de performances (précision et fiabilité). Aussi, il faut savoir raison garder et rester pragmatique sur les observations réalisées en concluant toujours par cette question « le canon est-il sûr à employer et conforme aux prérequis de sa mission (précision et fiabilité) ? ». Si la réponse est oui, ne prenez pas à cœur les autres altérations mineures observées.

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Enfin, notons qu’il existe industriellement des endoscopes qui permettent différents angles de vue : ceux qui nous intéressent principalement ici sont ceux qui réalisent une inspection perpendiculaire par rapport à l’axe du canon.

  • Les instruments de métrologie : de diverses formes (pied à coulisse, palmer…) ils sont utiles pour relever et comparer des informations dimensionnelles. Attention à l’état et à l’étalonnage de ces outils ! Concernant l’interprétation faite de ces mesures, ces dernières doivent soit être solidement documentées (documentation du constructeur) soit être solidement comparées!
  • Jauges de feuillures : en armement, la feuillureDistance entre la surface d'appui arrière de la munition (d... More est la distance qui, lorsque les éléments de fermeture sont en positions fermés, sépare la surface d'appui avant de la munition (dans la chambre) de la surface d'appui arrière de la munition (sur la culasse ou la carcasse). Les jauges de feuillures permettent de contrôler ces distances et d’établir des limites basses et des limites hautes (on parle souvent de « go » et « no-go »).

Attention, ces distances sont établies en fonction des normes de référence, et comme nous l’avons vu, il existe plusieurs normes. Une jauge de norme CIP sera différente d’une à la norme SAAMI qui sera différente d’une jauge OTAN. De fait, il est nécessaire comme pour toute comparaison métrologique de se référer aux indications du constructeur pour la variante d’arme en inspection.

  • Jauges de diamètre d’âme : elles permettent d’évaluer le diamètre du canon en plat de rayure. Ici aussi, comme pour la jauge de feuillureDistance entre la surface d'appui arrière de la munition (d... More il est nécessaire de se référer aux normes du fabricant. Aussi, ces jauges ne sont pas d’excellentes conseillères : elles ne font qu’évaluer le diamètre en plat de rayure et ne qualifient par ce biais ni la précision ni l’état général du canon ! Un examen visuel, potentiellement assisté d’un endoscope et surtout le tir (si le canon est apte d’un point de vue sécuritaire) est le meilleur conseiller en la matière.

La réelle utilité de ce type de jauge est d’enregistrer l’usure d’un canon dont on connaît les normes et l’historique (i.e., le nombre de coups tirés et les diamètres mesurés à des étapes précédentes).

  • Jauges autres : elles peuvent être nombreuses ! Contrôle de l’espacement sous extracteur, espacement des lèvres du chargeur, sailli du percuteur, retrait du percuteur, etc. Ces jauges sont normalement dédiées à une seule variante d’arme et sont généralement destinées à un public de professionnels formés à leurs emplois. Si ceci n’est certainement pas de nature à restreindre le public les utilisant, il est important de garder ceci en considération afin de ne pas se méprendre sur les interprétations que l’on peut faire.

III. Inspection du canon

L’inspection doit être réalisée sur chaque élément de l’arme nettoyée et exempte de lubrifiant. USURE : on recherche les traces d’usure liées à une utilisation normale de l’arme. Ces traces d’usure sont généralement constituées par des tassements, des arrachements et des fissures. OXYDATION : on recherche les traces de l’altération du métal lié à la corrosion. En cas de doute sur un de ces points et les conséquences de l’altération découverte : n’hésitez pas à consulter un professionnel.

III-a. Inspection visuelle du canon

On peut avoir recours à un miroir de visite, une lampe d’inspection, de la fibre optique ou un endoscope. Les trois premiers dispositifs ont pour but d’introduire de la lumière dans le canon.

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  • Absence de trace d’oxydation : la présence d’oxydation dans la chambre est particulièrement problématique. Elle nuit à l’extraction de l’étui tiré et peut être la cause de dysfonctionnement, notamment dans une arme à réarmement automatique. La présence d’oxydations légères sur les autres parties du canon (y compris dans l’âme) peut être tolérée dans la mesure où celle-ci ne modifie pas le bon fonctionnement de l’arme (précision comprise).
  • Absence de trace de détérioration (choc ou ovalisation) : notamment sur la bouche et sur la tranche arrière du canon. Comme déjà évoqué, une détérioration de la bouche peut avoir de graves conséquences en matière de précision. Un dommage sur la tranche arrière du canon peut nuire à l’introduction et à l’extraction d’une munition ou d’un étui tiré. Ce n’est pas rare sur les armes à percussion annulaire ayant connu un grand nombre de tirs à sec. Ce type de dommage est généralement réparable par un armurier.

Un enfoncement sur la portion centrale du canon (toujours possible, et notamment sur une arme à canon lisse ou une arme dont les parois du canon sont fines) est plus problématique à réparer, mais c’est parfois possible par un armurier correctement outillé.

Certains canons comportent des portées de verrouillage (notamment les pistolets automatiques), il faut par conséquent contrôler ces portées. Ce contrôle doit être réalisé de façon concomitante avec celui de la ou des portées de verrouillage de la culasse. Elle doit laisser apparaître une portée de verrouillage plane franche. Une légère bavure dans les angles peut être considérée comme acceptable.

  • Absence de bague de surpression. La présence de bague est rédhibitoire au maintien en service d’une arme opérationnelle. Ce type de détérioration intervient lors d’un tir avec la présence de corps étrangers dans le canon (notamment, eau, huile, projectile resté bloqué…). Plusieurs théories peuvent être rencontrées sur le phénomène exact qui peut aboutir à la création de cette bague. Celle qui nous paraît la plus cohérente stipule que la brutale décélération du projectile génère un reflux vers l’arrière des gaz qui se heurte au flux de gaz issu de la chambre. La rencontre de ces deux flux, de directions opposées, sera la cause d’un pic de suppression localisé d’où découlerait la déformation du canon. Il en résulte une « bague de surpression ».
  • Déformation du canon : un canon peut se voiler, cette inspection se réalise par visualisation des reflets à l’intérieur du canon en l’exposant à une source lumineuse non directe. Si les reflets sont rectilignes, alors le canon n’est pas voilé. Si les reflets comportent une courbure, le canon est voilé. Dans certains cas, le canon peut être rectifié par un professionnel correctement outillé.

Évent d’emprunt de gaz : Comme nous l’avons vu au chapitre 6, dans une arme à emprunt de gaz, le canon est généralement percé par un ou plusieurs évents. L’usure de ces évents peut être responsable de fuite gazeuse à la prise des gaz qui aura pour conséquence d’affaiblir l’impulsion de réarmement. On constate cette usure avec un endoscope et ses conséquences se valident par un tir d’essai non-épaulé dit « tireur faible ». Ce test se fait après avoir écarté tout autre facteur de dysfonctionnement et notamment par l’usage de munitions totalement en adéquation avec l’arme et un état de chambre irréprochable.

FeuillureDistance entre la surface d'appui arrière de la munition (d... Conformité de la chambre : indépendamment d’un contrôle feuillureDistance entre la surface d'appui arrière de la munition (d... More valide, la chambre peut comporter des dimensions non-conformes.

IV. Mécanisme de fermeture

Le mécanisme de fermeture constitue le second élément à contrôler. Pour les culasses calées : absence de fissure ou d’amorce de fissure sur les éléments de verrouillage. Pour les pistolets automatiques verrouillant dans la fenêtre d’éjection, absence de fissure ou d’amorce de fissure autour de ladite fenêtre d’éjection. La présence de la moindre fissure ou amorce de fissure autour de la fenêtre d’éjection est rédhibitoire au maintien en service de l’arme. La réparation de pareil élément ne s’entend que par remplacement de la pièce défectueuse. Économiquement parlant, il est souvent préférable de « réformer » l’arme et d’en acquérir une nouvelle.

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L’apparition de fissure sur les éléments de verrouillage peut être un signe de fin de vie de l’arme. Pour les culasses calées : usure acceptable de la ou des portées de verrouillage. Ce contrôle réalisé de façon concomitante avec celui de la ou des portées de verrouillage du canon ou du boîtier. Il doit laisser apparaître des portées de verrouillage planes franches. État correct de la surface de la cuvette de tir : elle doit être lisse et exempte d’oxydation. Sur les armes dont la munition monte le culot en contact avec la cuvette de tirLa cuvette de tir est la partie de la culasse qui accueille ... More, celle-ci doit autoriser un bon glissement de la munition lors de la phase d’alimentation.

V. Contrôle de la feuillure

Contrôle de la feuillureDistance entre la surface d'appui arrière de la munition (d... More : une fois que le contrôle du canon et les points d’inspections évoqués plus haut concernant la culasse sont réalisés, on peut procéder au contrôle de la feuillureDistance entre la surface d'appui arrière de la munition (d... More. Si la culasse se verrouille dans la carcasse, on réalisera en amont le contrôle de la carcasse et notamment des surfaces de verrouillage. Le processus de contrôle de feuillureDistance entre la surface d'appui arrière de la munition (d... More se réalise comme suivant : on insère manuellement la jauge dans le canon, en s’assurant de la correcte prise en compte de l’extracteur (si la jauge le nécessite) et on raccompagne les mécanismes de fermeture. La jauge « go » doit autoriser la fermeture ou le verrouillage des mécanismes. La jauge « no-go » ne doit pas autoriser la fermeture ou le verrouillage des mécanismes.

Attention : une jauge no-go désigne parfois une feuillureDistance entre la surface d'appui arrière de la munition (d... More maximale admissible à la fabrication d’une arme et non une feuillureDistance entre la surface d'appui arrière de la munition (d... More maximale admissible pour le calibre. En effet, il compréhensible que les fabricants prennent soin de ne pas commercialiser des armes dont la feuillureDistance entre la surface d'appui arrière de la munition (d... More soit proche de la maximale établie par la norme employée. Comme toujours, ce type d’outils doit être employé de façon documentée.

Aussi, il existe des jauges « rebut » ou « field » : celles-ci ne doivent surtout pas autoriser la fermeture ou le verrouillage. Une arme qui se ferme ou se verrouille sur ces dernières jauges est dangereuse au tir. Pour exemple, le jeu de jauge de feuillureDistance entre la surface d'appui arrière de la munition (d... More pour le P.A. SP 2022 comprend, les jauges suivantes : GO (19,15 mm), NO-GO (19,45 mm) et enfin REBUT (19,62 mm).

VI. Autres éléments à vérifier

Les différents dispositifs présents de façon périphérique à la cuvette de tirLa cuvette de tir est la partie de la culasse qui accueille ... More (notamment extracteur, éjecteur et indicateur de chargement) doivent être en bon état, posséder leurs latitudes de mouvement et leurs forces de retours originales.

Libre passage du percuteur dans son logement : la culasse accueille de façon quasi systématique le percuteur. Il convient donc de veiller à ce que le percuteur puisse bien circuler dans son logement (saillie dans la cuvette de tirLa cuvette de tir est la partie de la culasse qui accueille ... More et retrait). Il n’est pas rare que de l’encrassement (dépôt de carbone voire de fragments de munitions) ou de l’oxydation puissent fortement entraver la course du percuteur. Il peut en résulter des défauts de percussion ou à l’inverse des départs intempestifs à la fermeture de la culasse. Pour les culasses dotées d’un « verrou de percuteur », on procédera en effaçant d’abord le verrou du percuteur puis en poussant le talon du percuteur.

Rappelons ici que les percussions frappées / appuyées et frappées / lancées ne produisent pas de saillie de façon identique (cf. Pour les armes à culasses calées opérant un verrouillage dans la carcasse ou employant un artifice (levier, galets…) prenant appui dans celle-ci, absence de fissure ou d’amorce de fissure sur les éléments de verrouillage. Ici aussi, la présence de la moindre fissure ou amorce de fissure est rédhibitoire au maintien en service de toute l’arme. La réparation de pareils éléments ne s’entend ...

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