Le revolver d’ordonnance modèle 1873 occupe une place particulière dans l’histoire de l’armement français. Adopté par l’armée française à la fin du XIXe siècle, ce revolver robuste et fiable a marqué une étape importante dans l’évolution des armes de poing militaires. Aujourd’hui prisé des collectionneurs et des tireurs sportifs, le modèle 1873 soulève de nombreuses questions quant aux munitions compatibles et à son utilisation moderne.
Le revolver d’ordonnance modèle 1873, également connu sous le nom de Chamelot-Delvigne, se distingue par sa conception robuste et son mécanisme fiable. Fabriqué par la Manufacture d’Armes de Saint-Étienne, il présente un barillet à six chambres et un canon rayé d’une longueur de 11,4 cm. L’une des particularités techniques de cette arme réside dans son système de double action, une innovation pour l’époque. Cette caractéristique permet au tireur d’armer le chien et de faire pivoter le barillet en une seule pression sur la détente, offrant ainsi une cadence de tir plus rapide si nécessaire. La conception du modèle 1873 intègre également un mécanisme de sécurité ingénieux.
Le revolver modèle 1873 a été conçu pour tirer une munition spécifique, développée conjointement avec l’arme pour répondre aux besoins de l’armée française. Le calibre d’origine du revolver modèle 1873 est le 11 mm, plus précisément désigné comme le 11 mm modèle 1873. Cette munition, également appelée 11x17R, se caractérise par son étui à bourrelet d’une longueur de 17 mm. La charge propulsive de cette cartouche était composée de poudre noire, conformément aux standards de l’époque. La quantité de poudre utilisée était relativement modeste, ce qui se traduisait par des performances balistiques modérées. L’adoption du revolver modèle 1873 marque également l’introduction de la cartouche à percussion centrale dans l’armement réglementaire français.
En 1890, il est décidé d'améliorer cette cartouche jugée trop peu puissante par rapport à ce qu'on trouve sur le marché dans des calibres proches. La charge de poudre est donc portée à 0,80 grammes, et l'ogive perd du poids, mais devient plus pointue. Elle passe de 11,7 grammes à 10,6 grammes.
Les cartouches 12mm de marine furent utilisées dans les revolvers modèle 1873 de marine issus de la première commande de la marine. Les cartouches pour les revolvers de la marine à percussion centrale sont dites "cartouche Modèle 1870" et "cartouche Modèle 1870-1875".
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Peu après l’adoption du revolver modèle 1873, une version légèrement modifiée de la munition a été introduite. Ces modifications ont permis d’augmenter la vitesse initiale du projectile à environ 190 mètres par seconde, améliorant ainsi la portée effective et la puissance d’arrêt de l’arme. Avec le temps et l’évolution des technologies en matière de munitions, de nombreux propriétaires et collectionneurs de revolvers modèle 1873 ont cherché des moyens d’utiliser des calibres plus modernes et plus facilement disponibles.
Il est intéressant de comparer l'efficacité de la munition du 1873 avec d'autres cartouches de l'époque :
L’une des conversions les plus populaires pour le revolver modèle 1873 est l’adaptation au calibre .44 Special. La conversion au .44 Special nécessite généralement un réalésage du barillet et parfois une modification du canon. Le calibre .45 Long Colt représente une autre option intéressante pour la conversion du modèle 1873. Une solution alternative, moins invasive que les conversions permanentes, consiste à utiliser des adaptateurs pour tirer des cartouches de .45 ACP dans le revolver modèle 1873.
L’utilisation de munitions modernes dans un revolver historique comme le modèle 1873 nécessite une grande prudence et une compréhension approfondie des limites de l’arme. En premier lieu, il est essentiel de respecter les pressions maximales supportées par la structure du revolver. Le modèle 1873, conçu pour des cartouches à poudre noire, n’est pas prévu pour résister aux pressions élevées générées par certaines munitions modernes. Par ailleurs, la précision et la fiabilité de l’arme peuvent être affectées par l’utilisation de munitions non conformes aux spécifications d’origine. Les différences de diamètre des projectiles, même minimes, peuvent avoir un impact significatif sur la précision et l’usure du canon. Enfin, l’aspect légal ne doit pas être négligé. Dans de nombreux pays, la modification d’une arme classée comme historique peut entraîner un changement de son statut juridique.
En France, le statut juridique du revolver modèle 1873 est régi par la législation sur les armes, qui a connu plusieurs évolutions au fil des années. Actuellement, le revolver modèle 1873 est classé en catégorie D, qui regroupe les armes historiques et de collection. L’utilisation de ces armes est généralement limitée à des fins de collection, d’exposition ou de reconstitution historique. La législation française impose des restrictions importantes sur les munitions pouvant être utilisées avec le revolver modèle 1873.
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Depuis le 1er Septembre 2023, la loi a changé, et les cartouches à poudre noire et percussion centrale, pour revolver, passent en catégorie B. Ainsi: Article R311-2: IV. Les munitions d'arme de poing, à percussion centrales, rechargées à la poudre noire (PN) (ou tout autre poudre, ex: A1), et qui ne sont pas des munitions d'origine sont désormais classées en B. Ces munitions sont classées en B13 si elles sont chargées à la poudre noire, en B10 si elles sont chargées à la poudre vive.
Pour les passionnés du revolver modèle 1873, le choix des munitions représente un défi à la fois technique et légal. Les cartouches à poudre noire reproduisant fidèlement les spécifications d’origine constituent la solution la plus authentique. Ces munitions, fabriquées par des manufactures spécialisées, permettent de retrouver les sensations de tir de l’époque tout en respectant la mécanique de l’arme. Une alternative intéressante pour les tireurs sportifs consiste à utiliser des cartouches à poudre sans fumée de faible puissance. Ces munitions, spécialement conçues pour les armes anciennes, offrent une combustion plus propre et des performances plus constantes que la poudre noire. Quelle que soit l’option choisie, il est crucial de respecter les limites techniques de l’arme et le cadre légal en vigueur.
| Titre de la Documentation | Numéro | Année | Sujet | Auteur | Résumé |
|---|---|---|---|---|---|
| CIBLES | 359 | 02/2000 | Le 1873, cinématique et mise au point | JC.FROST | Mise au point de la mécanique, et expertise avant achat |
| CIBLES | 358 | 01/2000 | Tir et rechargement du 1873 | JC.FROST | La bible du rechargement |
| CIBLES | 357 | 12/99 | Evaluation balistique du 1873 | JC.FROST | Tout sur le rechargement et la 1873/2000, le nec plus ultra |
| CIBLES | 356 | 11/99 | L’histoire du 1873 revue et corrigée | JC.FROST | Histoire complète de l’arme, un peu de rechargement |
| Gazette des Armes Hors série N°1 | 07/96 | Du modèle 1873 au 1892 | H.VUILLEMIN | La saga des revolvers français des origines jusqu’à la Grande Guerre, pas de rechargement | |
| CIBLES | 284 | 11/93 | Les pistolets et les revolvers français | J.HUON | Quelques lignes sur le Mod 1873 |
Note : Ce tableau n'est qu'un extrait de la liste complète disponible.
En définitive, le revolver d’ordonnance modèle 1873 reste une pièce fascinante de l’histoire militaire française. Que vous soyez collectionneur passionné ou tireur curieux de découvrir les sensations des armes d’antan, ce revolver offre une expérience unique.
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