Gustave Flaubert, né le 12 décembre 1821 à Rouen et mort le 8 mai 1880, est un écrivain français, figure marquante du réalisme littéraire.
Gustave Flaubert est né le 12 décembre 1821 à Rouen, en Seine-Maritime, dans le nord de la France. Il est le deuxième fils d'Achille-Cléophas Flaubert, un chirurgien, et d'Anne-Justine-Caroline Fleuriot. Son père vient d'une famille bourgeoise et fait de brillantes études de médecine. Flaubert semble s'être inspiré de lui pour son personnage du docteur Larivière dans Madame Bovary, qu'il présente sous un jour positif.
Il est instruit d'abord par sa mère, ce qui est courant dans les familles bourgeoises. D'elle, il écrit qu'elle est une "brave femme, de sens droit et d'esprit large". Il est très proche de sa sœur Caroline, à qui il ne cesse de donner des petits noms dans ses lettres : "mon bon rat", "biquet" ou encore "bichet".
Il est important de noter que Flaubert ne reçoit pas une éducation religieuse poussée. Il est baptisé, car cela se fait à son époque, mais ses parents ne semblent pas se préoccuper plus que cela de Dieu. Sa mère devient d'ailleurs athée après la mort de son mari et de sa fille. Des écrits qu'il compose durant son adolescence tendent à montrer que Flaubert n'est pas croyant.
La grand-mère de G. Flaubert, Charlotte Cambremer, fut une compagne d’enfance de Charlotte Corday. Mais son père, né à Nogent-sur-Seine, était d’origine champenoise.
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Son père était un chirurgien de grande valeur et de grand renom, directeur de l’Hôtel-Dieu de Rouen. Homme droit, simple, brusque, il s’étonna, sans s’indigner, de la vocation de son fils Gustave pour les lettres. Il jugeait la profession d’écrivain un métier de paresseux et d’inutile.
Gustave Flaubert fut le contraire d’un enfant phénomène. Il ne parvint à apprendre à lire qu’avec une extrême difficulté. C’est à peine s’il savait lire, lorsqu’il entra au lycée, à l’âge de neuf ans.
Sa grande passion, dans son enfance, était de se faire dire des histoires. Il les écoutait immobile, fixant sur le conteur ses grands yeux bleus. Puis, il demeurait pendant des heures à songer, un doigt dans la bouche, entièrement absorbé, comme endormi.
Son esprit, cependant, travaillait, car il composait déjà des pièces, qu’il ne pouvait point écrire, mais qu’il représentait tout seul, jouant les différents personnages, improvisant de longs dialogues.
Dès sa première enfance, les deux traits distinctifs de sa nature furent une grande naïveté et une horreur de l’action physique. Toute sa vie, il demeura naïf et sédentaire. Il ne pouvait voir marcher ni remuer autour de lui sans s’exaspérer ; et il déclarait avec sa voix mordante, sonore et toujours un peu théâtrale : que cela n’était point philosophique. « On ne peut penser et écrire qu’assis », disait-il.
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Flaubert commence à écrire assez jeune. Selon certaines sources, il débute l'écriture à 8 ans. Il n'aime pas Paris, il a du mal à se faire au bruit de la ville, au train de vie des Parisiens, à la mentalité. Il trouve la capitale sale et inhospitalière. Il y fait toutefois la connaissance de nombreux écrivains dont Victor Hugo.
Flaubert se passionne très tôt pour l'écriture. Les premiers textes que l'on peut dater ont été composés alors que Flaubert a 9 ans. Flaubert écrit un "Éloge de Corneille" alors qu'il n'a que 10 ans.
Au collège de Rouen, il crée le journal Les Soirées d'étude. Passionné d'histoire, il compose aussi plusieurs contes historiques. Flaubert offre à sa mère une courte biographie de Louis XIII. Flaubert crée la revue littéraire Art et Progrès dont il devient rédacteur. En 1837, il collabore au Colibri, un journal de Rouen.
Si, adulte, Flaubert se tourne vers le réalisme, ses œuvres de jeunesse sont marquées par le courant littéraire romantique. Il y fait preuve d'un grand lyrisme. Il y a aussi des textes fantastiques, comme le conte Quidquid volueris.
En 1846, après une crise d'épilepsie, Flaubert quitte Paris et abandonne ses études de droit, pour lesquelles il avait finalement peu d'intérêt.
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Par la suite, Flaubert s'installe à Croisset, dans la grande maison que son père vient d'acheter. En 1849, il termine la première version de son roman intitulé La Tentation de saint Antoine. Il a été inspiré par le tableau du même nom de Bruegel, qu'il a vu à Gênes en 1845. Il lit cet ouvrage à voix haute à Louis Bouilhet et Maxime Du Camp en quatre jours. Il ne leur donne pas l'autorisation de l'interrompre ou de donner leur opinion. Après la lecture, ses amis lui conseillent de jeter le manuscrit au feu et de se concentrer sur la vie de tous les jours plutôt que sur des sujets fantastiques.
Si Flaubert se lance dans la littérature, ce n'est pas par hasard. Il exècre le monde. Il pose un regard désabusé sur la société qui l'entoure. Tout au long de sa vie, l'écrivain va faire savoir, notamment dans ses lettres, le dégoût qu'il a des hommes. L'écriture lui semble un autre monde, un monde idéal, exalté, absolu.
Le profond pessimisme de Flaubert a été moqué par certains de ses amis. En effet, c'est un garçon qui est profondément aimé par ses parents et sa sœur, qui a de nombreux amis, qui jouit d'une position sociale enviable. D'ailleurs, il passe aussi pour un "gros diseur de bêtises" auprès de ses amis. Mais à la mort de son père, et surtout de sa sœur, il s'enfonce dans une grande tristesse. Il décide alors de consacrer sa vie à l'Art, et uniquement à lui.
Flaubert rencontre Elisa Schlésinger alors qu'il est en vacances à Trouville, durant l'été 1836. Elle est son premier et véritable amour. Cette rencontre est une source d'inspiration pour son roman L'Éducation sentimentale. En effet, Flaubert a 15 ans, Elisa dix de plus que lui, et leur amour restera platonique.
À Paris, Flaubert mène une vie très mondaine, il enchaîne les conquêtes amoureuses. Il s'intéresse peu à ses études, et préfère s'amuser. Il détaille, notamment dans Mémoires d'un fou, ses aventures érotiques avec plusieurs jeunes femmes. Mais ses problèmes de santé importants, et la mort en couche de sa sœur Caroline, le poussent à retourner vivre à Croisset.
Flaubert ne s'est jamais marié. Sa relation avec Louise Colet est sa seule et unique histoire d'amour sérieuse. Elle est également sa correspondante et sa confidente jusqu'en 1854. Elle a dix ans de plus que lui, c'est une femme considérée très belle par ses contemporains, qui est également écrivain. À la fin de sa liaison avec Louise Colet, Flaubert perd tout intérêt pour les relations romantiques et recherche uniquement des amitiés platoniques, particulièrement avec d'autres écrivains.
Avec son ami de toujours, Maxime Du Camp, il voyage en France, mais aussi en Orient pendant dix-huit mois, se documentant pour son nouveau roman Salammbô.
Flaubert se lance dans la rédaction de Madame Bovary en juin 1851. Il va passer une grande partie de sa vie à rédiger ce roman. Le texte paraît à partir du 1er octobre 1856 dans la Revue de Paris. Le scandale éclate alors, et Flaubert est cité à comparaître en procès avec son éditeur en 1857. Après l'acquittement, Michel Lévy publie le roman qui connaît un très grand succès. Le procès a en effet été très médiatisé, et tout le monde veut lire ce roman.
Flaubert a de grandes ambitions pour cet ouvrage qu'il voudrait être un "livre sur rien". Le roman est resté dans l'histoire littéraire comme un ouvrage novateur et scandaleux, qui redéfinit le genre romanesque.
D'avril à juin 1858, Flaubert part pour Carthage. Il est alors en pleine rédaction de Salammbô, roman historique qui se situe en Orient. L'orientalisme est alors très à la mode en littérature, et de nombreux auteurs s'en inspirent.
Le roman paraît en 1862. Il traite de la Guerre des Mercenaires qui opposa la ville de Carthage aux Mercenaires barbares qu'elle avait employés pendant la première guerre punique. Flaubert met en scène un Orient sensuel, mais aussi violent et sanglant.
Flaubert travaille ensuite à deux autres plans de romans, Bouvard et Pécuchet et L'Éducation sentimentale. Il choisit de commencer par rédiger le second en 1864. L'écriture du roman s'étale sur cinq ans. Il s'agit d'un roman historique, très documenté, où Flaubert mêle grande Histoire et petite histoire personnelle. Le roman s'intéresse à l'éducation de ce jeune homme naïf et inactif qui regarde la vie passer devant lui. Il est publié en 1869, mais ne rencontre pas le succès escompté. Toutefois, il est aujourd'hui considéré comme un grand roman psychologique et initiatique.
Les événements politiques en France (la guerre de 1870 et la Commune) et plusieurs deuils empêchent ensuite Flaubert de se consacrer pleinement à une nouvelle œuvre. C'est en 1872 qu'il s'attaque à une relecture de ce qu'il avait écrit pour Bouvard et Pécuchet, dont il commence véritablement la rédaction en 1874. Mais il connaît des problèmes financiers et des soucis de santé. Il rédige alors trois contes, genre qui lui demande moins d'effort que le roman.
Lorsqu'il reprend Bouvard et Pécuchet, Flaubert est toujours souffrant. L'histoire est celle de l'amitié de deux hommes, Bouvard et Pécuchet, qui croient pouvoir entreprendre n'importe quoi, et finissent par ne rien faire du tout. L'ironie mordante de Flaubert dénonce la pensée intellectuelle de son époque. Il reproche aux hommes de vouloir tout savoir, mais de ne rien savoir de façon approfondie et véritable.
Flaubert meurt d'une hémorragie cérébrale le 8 mai 1880. Il a 58 ans. Ses dernières années ont été difficiles : sa mère meurt en 1872, sa maison a été occupée par des soldats prussiens au début des années 1880, il a des difficultés financières, etc.
Son œuvre a profondément marqué son époque et la littérature française. Il reste un des auteurs les plus respectés et étudiés encore aujourd'hui. Il a réussi à devenir ce qu'il se sentait être : "un homme-plume".
Écrivain romantique, Gustave Flaubert invente et impose un style novateur qui bouleverse les codes de l'écriture romanesque au XIXe siècle.
Gustave Flaubert s’inscrit dans le courant du réalisme. Il connaît très bien le romantisme pour avoir lu des œuvres de ce mouvement littéraire quand il était adolescent, dans les années 1830. L’inspiration de son premier roman, L’Education sentimentale (qu’il remaniera totalement pour le publier après Madame Bovary) lui vient de son amour pour Elsa Schlésinger alors qu’il a seulement 15 ans. C’est donc une histoire d’un amour impossible, qu’on pourrait lire comme romantique ; mais Gustave Flaubert en fait un traitement réaliste et désabusé.
De manière générale, le choix de ses personnages comme la femme mariée à un médecin de province (Madame Bovary), un étudiant velléitaire (L’Education sentimentale) ou des bourgeois qui croient tout mieux savoir que les autres (Bouvard et Pécuchet), correspondent à des sujets qui ne semblent pas grandioses et exaltants, mais quotidiens, voire dérisoires.
L’œuvre de Gustave Flaubert est fondamentale pour le mouvement du réalisme dans la mesure où il se livre dans ses romans à une critique des illusions romantiques dans un mélange de cynisme et de détachement.
Gustave Flaubert fut le plus ardent apôtre de l’impersonnalité dans l’art. Il n’admettait pas que l’auteur fût jamais même deviné, qu’il laissât tomber dans une page, dans une ligne, dans un mot, une seule parcelle de son opinion, rien qu’une apparence d’intention. Il devait être le miroir des faits, mais un miroir qui les reproduisait en leur donnant ce reflet inexprimable, ce je-ne-sais-quoi de presque divin qui est l’art.
Ce n’est pas impersonnel qu’on devrait dire, en parlant de cet impeccable artiste, mais impassible. S’il attachait une importance considérable à l’observation et à l’analyse, il en mettait une plus grande encore dans la composition et dans le style. Pour lui, ces deux qualités surtout faisaient les livres impérissables.
Rien ne l’irritait d’ailleurs comme les doctrines des pions de la critique sur l’art moral ou sur l’art honnête. « Depuis qu’existe l’humanité, disait-il, tous les grands écrivains ont protesté par leurs œuvres contre ces conseils d’impuissants. »
La morale, l’honnêteté, les principes sont des choses indispensables au maintien de l’ordre social établi ; mais il n’y a rien de commun entre l’ordre social et les lettres. Les romanciers ont pour principal motif d’observation et de description les passions humaines, bonnes ou mauvaises. Ils n’ont pas mission pour moraliser, ni pour flageller, ni pour enseigner. Tout livre à tendances cesse d’être un livre d’artiste.
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