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Les États-Unis sont confrontés à une crise de santé publique en raison de la violence armée. Largement documentés, les problèmes liés à cet arsenal en circulation au sein de la population outre-Atlantique sont légion, au premier rang desquels la fréquence effroyable des tueries de masse.

L'ampleur du problème

Nous sommes à la moitié de l’année 2022, et plus de 200 tueries de masse ont déjà eu lieu aux États-Unis selon l’observatoire Gun Violence Archive. 27 écoles ont été la cible d’une attaque à main armée au cours des 6 derniers mois seulement… C’est plus d’une école attaquée par semaine. Les chiffres ne mentent pas. Ils sont même en constante augmentation. La problématique est réelle et ne peut-être camouflée par quelques pirouettes sémantiques.

Chaque mois, les États-Unis sont endeuillés par de nouvelles fusillades. Ce terme de « fusillades de masse » (mass shootings en anglais) désigne des tueries faisant au moins quatre victimes, mortes ou blessées. D’après un rapport publié en septembre 2022 par Gun Violence Archive, les victimes ont atteint un total de 1 420 depuis le 1er janvier 2022, dont 293 morts et 1 127 blessés.

Si la population réclame plus de contrôle sur la circulation des armes dans le pays depuis des années, les mouvements « Pro-Gun » soutenu par la NRA, puissant lobby en faveur des armes, s’activent dans les médias américains à coup de slogans fallacieux.

En 2022, 48 204 décès étaient liés aux armes à feu dans le pays, ce qui inclut les suicides. Près d’un Américain sur cinq a un membre de sa famille qui est mort par armes à feu, y compris par suicide. Plus de la moitié de la population a vécu, directement ou par ses proches, un événement impliquant l’usage d’une arme. La violence par armes à feu touche par ailleurs de façon disproportionnée les personnes noires, souligne le rapport.

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En Californie, la part des propriétaires d'armes à feu, déclarés à l'État, a bondi de 2,3 millions de personnes en 2018, à 3,5 millions, début 2024.

Les facteurs contribuant à la violence armée

Plusieurs facteurs contribuent à la violence armée aux États-Unis :

  • Le droit d’accéder aux armes à feu : Il est garanti par le Second amendement (ratifié en 1791) qui défend le droit de détenir et de porter des armes.
  • Les armes à feu font partie intégrante de la culture américaine : En 1995, le politologue Robert Spitzer affirmait que la culture américaine des armes à feu s’explique par la prolifération des armes à feu depuis les premiers jours de la nation.
  • Le lobbying pour les droits des armes à feu : Il est bien plus fort que celui pour le contrôle des armes à feu. En 2017, le premier s’élève à 10 millions de dollars, tandis que le second peine à atteindre deux millions.
  • Un sentiment d’anarchie/de désordre : Qui découle notamment de la violence policière (= « A sense of lawlessness stemming from police violence »). Gary LaFree, Richard Rosenfeld et Randolph Roth ont étudié la question et soulignent que les vagues de criminalité surviennent souvent lorsque les normes sociales s’effondrent.
  • Un sentiment d’isolement et de frustration : Sentiment qui a été exacerbé par la pandémie. La Covid a favorisé l’isolement et la prise de position sur de nombreuses questions et a ainsi divisé les concitoyens. Or, lorsque l’empathie pour les autres citoyens décline, la criminalité augmente.

Certains affirment même que cette relation singulière que les États-Unis tiennent vis-à-vis des armes à feu relève d’une forme sombre de l’exceptionnalisme américain.

Les mesures potentielles pour lutter contre la violence armée

Plusieurs mesures pourraient être mises en place pour lutter contre la violence armée aux États-Unis :

  • Appliquer des « buyback programs » : C’est-à-dire des programmes destinés à racheter les armes qui sont actuellement en circulation aux États-Unis. Cela permettrait de diminuer le nombre d’armes à feu disponibles et ainsi de faciliter leur contrôle.
  • Vérifier plus efficacement les antécédents : Pour résoudre l’une des grandes failles du système américain, souvent appelée « three-day loophole ».
  • Renforcer la sécurité des écoles : Assurer un meilleur contrôle de la vente illégale d’armes, à limiter l’accès des personnes dangereuses aux armes à feu et enfin à financer des programmes de soutien psychologique.

Le gouvernement américain a donc décidé de sévir contre les fusils artisanaux achetés et vendus sans registre. Le problème qu’il affronte ici est réel et inquiétant. On estime que le nombre de ce que l’on appelle les « ghost guns » a été multiplié par dix en cinq ans (entre 2016 et 2021). Alors même que ce type d’armes à feu a été utilisé lors de plusieurs tueries de masse.

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En parallèle, le très puissant lobby américain de l’armement, voguant sur une culture de la liberté totale couplée à un historique guerrier, « conspire » en haute sphère à ce que le port d’armes reste un droit fondamental dans de nombreux États, usant de tous les subterfuges intellectuels.

Le pays compte davantage d’armes individuelles que d’habitants : un adulte sur trois possède au moins une arme et près d’un adulte sur deux vit dans un foyer où se trouve une arme.

Selon un sondage de NBC News, de septembre 2023, 52% des Américains disent avoir une arme dans leur foyer, contre 46%, quatre ans plus tôt.

Il faut l’avouer, l’enjeu économique est colossal. Fatiguée par ce lobbying s’appuyant sur un vide argumentatif, olling Stone avait « débunké » en 2015, lors d’un précédent drame, quatre de ces idées préconçues qui circulent sur les réseaux sociaux, y compris francophones, pour justifier le libre port des armes à feu.

Les arguments pro-armes démystifiés

  1. « Les armes ne tuent pas les gens » : L’arme ne serait qu’un simple outil au même titre qu’un marteau ou une pelle. La solution concrète, rationnelle et immédiate est donc bien de limiter l’accès aux armes les plus meurtrières comme le font des pays pacifistes comme le Japon. Une solution qui prévient concrètement des décès inutiles en limitant immédiatement le potentiel meurtrier des âmes perturbées.
  2. La solution miraculeuse se trouverait dans l’armement de tout le monde : Tout ce beau monde semble avoir oublié l’adage : les cimetières sont remplis de héros. « Si vous regardez le monde réel, vous verrez que, loin d’être notre seul espoir, les bons gars avec des fusils ne sont d’aucune aide. Aucune fusillade dans les 30 dernières années n’a été arrêtée par un civil armé. »
  3. Après chaque fusillade, les opposants au contrôle des armes à feu aiment évoquer le problème des soins de santé mentale : S’il est vrai que la prise en charge des malades est insuffisante dans le pays, rien n’indique que les Républicains (la droite réactionnaire américaine) ne souhaitent s’attaquer politiquement à cette question.
  4. La question de la constitution est évidemment centrale aux États-Unis : Selon l’interprétation la plus raisonnable, la précision d’une « milice organisée » ne signifie pas que chaque individu a droit à une arme sur lui.
  5. Les comparaisons hasardeuses avec les pays armés : La Suisse est évidemment l’exemple idéal quand on cherche à démontrer qu’un peuple peut vivre armé et en paix. Tout d’abord, il est faux d’affirmer qu’il n’y a pas de tuerie en Suisse. Le pays a aussi connu des tueries de masse.

Impact sur la santé respiratoire

Des symptômes respiratoires aigus tels que dyspnée et toux ont été rapportés après exposition aux fumées de carabines tirant des munitions sans plomb. Ces fumées contiennent un mélange de gaz et de vapeurs (CO, CO2, H2, N2, NH3, HCN, SO2, benzène), ainsi que des particules solides (Cu, Zn, Sb, Sn, Bi, Pb et suie). Elles sont composées pour moitié de particules métalliques inhalables. Il paraît donc important d’étudier ce que deviennent les professionnels exposés…Une étude norvégienne s’est penchée sur la question.

Une chute du VEMS, du VEMS/CVF, de la DLCO et de la FENO a été observée de façon significative 1 à 2 heures après l’exposition aux fumées de tir, la chute du VEMS demeurant significative à 24 heures ; il n’y avait pas de différence dans les modifications de ces paramètres en fonction du type de munitions utilisées, ni en fonction du nombre de cartouches tirées.

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Tableau récapitulatif des fusillades de masse aux États-Unis en 2022

Date Lieu Nombre de victimes (morts + blessés)
14 mai Buffalo, New York 10 morts
24 mai Uvalde, Texas 21 morts (dont 19 enfants)
1er juin Tulsa, Oklahoma 4 morts
9 juin Smithburg, Maryland 3 morts

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