Troisième et dernier épisode de la série des Illusion made by Sega CS, « World of Illusion Starring Mickey Mouse and Donald Duck », plus communément appelé « I Love Mickey and Donald: Fushigi na Magic Box » (アイラブミッキー&ドナルド ふしぎなマジックボックス) ou bien « World of Illusion: Fushigi na Magic Box » au Japon, sort pour les fêtes du Noel en 1992 sur le Vieux Continent et chez nos amis nippons.
Il ne sera commercialisé qu’en mars 1993 aux USA. On retrouve pour la dernière fois à la tête du projet la talentueuse Emiko Yamamoto (“Emirin”).
Soft pour le moins ambitieux, World of Illusion avait nécessité 10 mois de développement (contre 6 à 8 mois en règle générale), 2 planners, 6 graphistes (contre 2 ou 3 habituellement) et 6 programmeurs, soit une équipe de 14 personnes (en excluant l’équipe responsable des sons & bruitages) … Enorme pour l’époque !
Dans le numéro 14 du Joypad de novembre 1992, AHL consacrait à World of Illusion un test ultra exhaustif de 4 pages, dont un encart dans lequel il revenait sur sa rencontre avec l’équipe de développement in situ.
Il y explique notamment qu’il lui avait été formellement interdit de photographier les programmeurs, même de loin… En effet, comme le suggèrent les pseudos utilisés dans les JV du début des années 1990, les grandes pontes des firmes vidéoludiques japonaises évitaient autant que possible d’afficher leurs programmeurs stars, de peur qu’ils se fassent débaucher et partent à la concurrence !
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Après une brève cinématique mettant en avant les 2 héros du jeu suivi de l’écran titre, vous accédez au menu vous permettant de reconfigurer les contrôles (la configuration de base n’est pas la meilleure, encore une fois), d’aller faire un tour dans le sound test ou bien de rentrer un mot de passe pour débuter au niveau de votre choix… Mais surtout, là ou Castle of Illusion et Quackshot vous imposaient Mickey et Donald Duck respectivement, vous aurez ici la possibilité d’incarner la souris ou le canard à votre guise !
L’histoire vous est narrée sous forme d’images fixes avec des lignes de texte déroulantes. Alors qu’ils préparaient un spectacle de magie, les deux compères découvrent une étrange boîte derrière le rideau de la scène.
Après avoir pénétré à l’intérieur, ils se retrouvent plongés dans un univers onirique, sur lequel règne un terrible magicien (Pat Hibulaire) qu’ils devront éliminer pour espérer retourner dans leur monde.
Au cours de leurs aventures, ils apprendront quelques tours de magie qui leur seront bien utiles pour faire face aux nombreux dangers qui les attendent.
Difficile de prendre le jeu à revers concernant sa direction artistique et sa réalisation, tout bonnement exemplaires (même si je préfère le style visuel de Quackshot à titre personnel).
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On regrettera quand même la taille des sprites réduite de nos 2 héros, plus restreinte que celles des personnages dans Quackshot en tout cas.
Les graphismes sont remarquables de finesse et de variété. Les environnements parcours bénéficient tous d’une identité visuelle très forte : la forêt enchantée (il y a même un passage où vous évoluerez au beau milieu de toiles d’araignées géantes, clin d’œil assumé à Castle of Illusion) ; le monde dans les nuages ; des fonds-marins aux couleurs éclatantes (avec un magnifique effet de distorsion en arrière-plan) ; la bibliothèque et le monde des gâteaux & des sucreries (encore un clin d’œil à Castle of Illusion, décidément !), parfaitement modélisés et particulièrement appétissants, etc.
Les couleurs sont judicieusement choisies, certains effets visuels font mouche (les ombres chinoises du dernier monde en particulier) … On sent que les développeurs maîtrisaient leur sujet sur le bout des doigts !
Vous vous amuserez sans doute à relever les nombreuses références aux dessins animés de Disney : le monde sous-marin avec son aquarium et ses poissons rouges provenant directement de Pinocchio ; le boss du 4ème stage n’est autre que Mime, la sorcière de Merlin l’Enchanteur.
A un moment donné, Mickey chevauche un bouchon de champagne, comme dans Mickey et le Haricot Magique, lorsqu’il est poursuivi par Willie.
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Et le dernier monde vous évoquera instantanément l’univers d’Alice aux Pays des Merveilles. Bref, les fans de Disney seront assurément aux anges !
L’animation ne souffre d’aucun défaut notable, elle est d’une fluidité à toute épreuve. Les personnages principaux notamment ont fait l’objet d’un soin tout particulier. Mickey et Donald prennent vie sous vos yeux !
Côté gameplay, le jeu se déroule comme un jeu de plateforme classique. Pour se débarrasser des ennemis, Mickey et Donald ont à leur disposition une cape magique qu’ils déploient à tout va, tel des toréadors dans l’arène.
Si vous touchez un ennemi de trop loin, vous vous contenterez de le figer pendant un court laps de temps. En revanche, si vous vous trouvez à la distance adéquate, vous le transformerez en une petite créature totalement inoffensive (papillon, fleur, crevette, etc).
Les différents pouvoirs magiques que vous récupérerez au cours de votre progression permettent de renouveler l’intérêt et d’offrir des situations variées : passage en tapis volant façon Aladdin, bulle d’air du stage aquatique pour vous déplacer, fantassins en forme de cartes à jouer d’Alice aux Pays des Merveilles que vous pouvez manipuler pour vous en servir comme plateformes, etc.
L’inertie assez étrange pourra vous déconcerter, tout comme la lenteur générale du soft, même quand nos 2 compères courent…
Vous débutez avec trois vies (pardon « tries ») et pourrez en récupérer d’autres en mettant la main sur l’item chapeau magique ou bien en récoltant 52 cartes à jouer.
D’autres items sont à signaler : les bonbons redonnant un point de vie (votre barre est constitué de 8 points de vie, comme dans Quackshot), les parts de gâteau restaurant l’intégralité de la barre de vie, une carte magique rendant le joueur invincible quelques secondes, et enfin une fusée déclenchant un feu d’artifice qui annihilent tous les ennemis à l’écran.
En termes de difficulté, Word of Illusion fait partie des titres les plus faciles auxquels il m’ait été donné de jouer sur Mega Drive.
Il s’avère d’une facilité déconcertante ! Clairement destiné aux joueurs les plus jeunes, il ne vous opposera pas la moindre résistance, d’autant plus qu’il propose des continues illimités et un système de passwords.
Les boss notamment sont d’une simplicité enfantine, il suffit de les toucher 5 fois pour les réduire à néant, et leurs patterns sont trop facilement lisibles…
Les 5 stages se bouclent en 45 minutes grand maximum. Mais l’aventure diffère légèrement selon que vous optiez pour Mickey ou Donald, avec pour chaque stage une petite section qui varie en fonction du personnage choisi.
En fin de compte, Mickey correspond au mode easy et Donald au mode normal, certains passages avec le palmipède se révélant un peu plus ardus. Rien d’insurmontable toutefois !
Mais le principal attrait de World of Illusion réside avant tout dans son mode 2 joueurs simultané, qui met l’accent sur la coopération, ce qui n’était pas si fréquent à l’époque ! Les 2 joueurs doivent s’entraider pour progresser.
Dans certains passages exigus, Mickey doit venir en aide à Donald, qui reste bloqué à cause de son postérieur proéminent.
Un autre niveau vous demandera une bonne synchronisation : vous devrez faire avancer un chariot à bascule en sautant tour à tour.
Vous devrez parfois sauter sur la tête de votre compagnon pour accéder à une plateforme en hauteur, puis lui lancer une corde afin qu’il puisse vous rejoindre, tirer sur un levier en même temps pour ouvrir un passage, etc.
En mode 2 joueurs, les développeurs ont totalement retravaillé le level design pour mettre en avant cette dimension coopérative… Voyez-y un peu un It Takes Two avant l’heure !
Pas grand-chose à redire du côté des musiques, moins cultes que celles de Quackshot et Castle of Illusion toutefois. Elles sont suffisamment variées et entraînantes, et apportent un réel plus à l’ambiance générale.
Les bruitages vont piocher dans le répertoire sonore d’autres productions estampillées Sega, Ghostbusters en tête.
Signalons enfin la présence de digits vocales qui viennent renforcer l’immersion, comme quand Mickey lance un « Alakazam ! » après avoir acquis un nouveau pouvoir magique.
En définitive, Word of Illusion reste une valeur sûre et un très bon divertissement, mais il est loin d’être le meilleur jeu estampillé Disney selon moi. Assez court (malgré une replay value conséquente) et trop facile, il m’aura beaucoup moins marqué que Quackshot et Castle of Illusion en leur temps.
Si je ne remets pas en cause sa plastique irréprochable, j’ai plus de mal avec son rythme très lent et la désagréable sensation d’avancer sur des rails, si bien que je finis par décrocher assez rapidement... Il vaut surtout le coup pour son mode 2 joueurs, le jeu prenant alors une autre dimension.
De plus, en raison de son accessibilité, il constitue le jeu idéal pour initier vos enfants, neveux et nièces aux joies du retrogaming !
Ma note : 15.5/20 (en solo) & 16.5/20 (en multi)
Mon podium : 1/ Quackshot (18/20) 2/ Castle of Illusion (17.5/20) 3/ World of Illusion (16/20 en note moyenne)
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