Le PPS-43, abréviation de Pistolet-Pulemet Sudaeva (Mitraillette Sudaev), est une arme emblématique de l'arsenal soviétique durant la Seconde Guerre mondiale. Conçue pour répondre aux besoins urgents de l'armée rouge, elle est devenue un symbole de la résilience et de l'ingéniosité soviétiques face à l'invasion allemande.
À la fin des années 1930, l'Union soviétique cherchait à équiper son armée de pistolets-mitrailleurs modernes. L’URSS va adopter le PPD-38 puis le PPSh-41, une arme plus simple et moins coûteuse à produire. Malgré la bonne réputation du PPSh-41, l’Union Soviétique voulait une arme encore plus simple, moins chère et également un peu plus fiable.
En effet, le PPSh-41 avait quelques problèmes avec son célèbre chargeur circulaire qui n’était pas vraiment interchangeable. C’est-à-dire que souvent, le chargeur fournit avec un pistolet-mitrailleur fonctionnait bien, mais sa fiabilité n’était plus garantie si on l’utilise avec un autre PPSh. Ce chargeur était le point faible dans la production des PPSh car en plus de sa fiabilité perfectible, cette pièce était complexe à produire.
C’est la raison pour laquelle, en 1942, un appel d’offre pour une nouvelle arme plus simple est lancé. L’ingénieur Alekseï Soudaïev va y répondre et son arme sera sélectionnée. Les premiers prototypes du PPS sont fabriqués en 1942, il s’agit du PPS-42 fabriqué à environ 45 000 exemplaires qui est très similaire au 43 mécaniquement mais qui dispose de plaquette en bois pour la poignée pistolet et d’un amortisseur en cuir pour la culasse.
Ces armes sont produites à Leningrad pendant la très célèbre bataille. Le siège de Leningrad a été en quelque sorte le baptême du feu pour le pistolet-mitrailleur de Soudaïev qui va continuer d’optimiser l’arme en la rendant encore plus simple et rapide à produire. Cette nouvelle version simplifiée est le PPS-43 qui est la variante la plus connue et la plus produite.
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On fabriqua moins de PPS-43 que de PPSH-41, « seulement » un demi-million d’exemplaires virent le jour. Cette mitraillette fut très appréciée, autant par les soldats que par les généraux. Les soldats louaient sa robustesse, sa taille et son poids léger tandis que les généraux prisaient son faible coût et sa facilité de production.
Les méthodes de fabrication du PPS-43 étaient adaptées aux conditions de guerre. De prime abord, l’utilisation de la tôle emboutie (comme en Allemagne, en URSS, mais aussi peu plus tardivement aux États-Unis d’Amérique qui n’utiliseront au final que peu cette méthode de fabrication pour leurs armes portatives) paraît plus dans l’air du temps. Mais en réalité, cette technologie alors relativement novatrice, ne s’improvise pas et face à un besoin urgent, le recourt à des méthodes de fabrication parfaitement maitrisées et disponibles n’est pas aberrant.
C’est d’ailleurs le choix qui sera fait au début des années 1950 par les Soviétiques avec l’abandon de la fabrication de l’AK-47 Type 1, en tôle emboutie, pour fabriquer les Types 2 et 3, en acier forgé-usiné…du moins le temps de « peaufiner » leur modèle définitif en tôle, l’AKM en 1959. Si les difficultés d’approvisionnement de matière première dans l’Italie du milieu de la guerre semblent évidentes, la comparaison entre le MAB Mod.38A et le FNAB-43 semble indiquer que le second est moins gourmand que le premier.
Dans le détail, sur le Type 1, le boîtier de culasse, le poignée pistolet et le puits de chargeur sont usinés dans des brutes de taille très raisonnables. Les gammes d’usinages semblent plutôt simples pour ces pièces : il n’y a que peu de formes « complexes » nécessitant des opérations d’usinage alambiquées. Si la poignée pistolet du Type 1, de forme arrondie, est intégralement usinée, celle du Type 2, de forme angulaire, est rapportée par rivetage et soudure par point sur son bâti.
Elle est constituée de tôle pliée et soudée. De même, le puits de chargeur du Type 2 est une production simplifiée : il s’agit de l’assemblage par soudure de plusieurs pièces estampées et usinées de petite taille. Le couvre-culasse est en tôle, le cran de mire étant rapporté dessus par soudure. Le manchon de protection du canon est un tube fin extrudé sur lequel sont estampées des ouvertures cylindriques.
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Il se termine par un compensateur de relèvement / frein de bouche…dont la forme n’est pas sans nous rappeler celle du PPSh-41 ! Les pièces du groupe « détente » sont majoritairement en tôle : de petites pièces, peu contraintes, « faciles à produire ». Dans le FNAB-43 de Type 2 à notre disposition, l’ensemble mobile « nage » dans le boîtier et les finitions internes sont grossières.
L’arme présente des différences considérables avec les PM de la firme de Gardonne-val-Trompia. Le vrai point commun reste le positionnement du crochet de chargeur à l’arrière du puits de chargeur. Il y a tout de même une différence ergonomique non négligeable : la commande est très « effacée » sur les Beretta, alors qu’ici elle présente un vrai gros bouton.
On note d’ailleurs une différence de production entre le Type 1 et le Type 2. L’introduction du chargeur se fait droite dans le puits qui présente le chargeur avec un léger angle par rapport au canon dans le but de faciliter l’alimentation. Comme sur une MAT-49 plus tardive, le puits de chargeur peut être rabattu (avec ou sans chargeur engagé) vers l’avant du canon pour faciliter le transport de l’arme.
La double détente des PM Beretta cède la place à une détente unique assujétie à deux leviers : une sûreté à l’avant et un sélecteur de tir à l’arrière. Si le choix de conserver le tir sélectif peut interroger, il permet de garder une maitrise considérable sur la consommation de munitions…une chose plutôt judicieuse à un moment où les munitions se font rares.
Le levier d’armement est solidaire de l’ensemble mobile : de la masse additionnelle pour être plus précis, une chose logique pour ce type de mécanisme…sinon on amplifie l’effort à fournir pour armer ! Il fait saillie sur le côté droit de l’arme. Il est donc mobile lors du tir. Le chemin du levier d’armement ne possède pas de dispositif d’obturation…la crasse est donc libre d’entrer dans l’arme…une chose qui nous paraît peu pragmatique compte tenu des dispositions mécaniques internes, sans espace (on paye ici la compacité de l’arme…)
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L’arme est dotée d’une crosse pliante : elle pivote par le bas de l’arme. Elle se manipule par traction de sa tige hors du pivot, de façon assez aisée. Sa plaque de couche pivote sans verrouillage. Les battants de grenadière sont disposés sur le côté gauche de l’arme, à l’avant sur le support du guidon, à l’arrière sur le boîtier, avec l’étrange possibilité de pivoter à 360° !
Les organes de visée sont constitués d’un ensemble cran de mire / guidon en forme de « V » qui ne possède aucune disposition de réglage. Si le guidon est monté sur une queue d’aronde, il est évident sur notre exemplaire de Type 2 qu’il s’agit d’une disposition de construction, et non d’une possibilité de réglage comme on peut le voir sur la photo 22. Lorsqu’on est habitué à régler proprement son arme pour le tir, l’absence de cette possibilité se fait ressentir cruellement : on est obligé de contre-viser en permanence…mais nous en reparlerons lors du tir.
L’arme utilise donc un système de culasse non-calée avec artifice de démultiplication. Ici, l’artifice de démultiplication est un Levier Amplificateur d’Inertie, comme sur les armes de Pál Király, ou les AA-52 et FAMAS Français d’après-guerre. Appelons ce levier… « LAI » ! On retrouve donc une culasse, un levier composé de deux bras indépendants de part et d’autre de la culasse et une masse additionnelle qui est amplifiée par le dispositif.
Le levier prend appui sur un pivot rapporté dans le boîtier de culasse, nettement arrondi. Cette disposition permet évidemment de cibler précisement l’endroit de la carcasse où un acier très dur est nécessaire. On note ici que le marquage des FNAB-43 Type 1 porte la mention « Brevetto Scalori » (Brevet Scalori) : nous n’avons pas trouvé d’informations précises sur ce sujet, mais il ne serait pas surprenant que cela concerne ce système de fermeture, alors seulement utilisé (à notre connaissance) par les armes conçues par l’ingénieur Hongrois Pál Király.
La contrepartie de ce système est généralement une accélération de la vitesse de déplacement de la culasse (l’énergie, ne disparaît pas par magie, elle est transformée !) … et donc une vitesse de cycle généralement importante, notamment en l’absence de dispositif de ralentissement de cadence. Ici, une information généralement apportée sur la documentation concernant cette arme nous interroge : comment, compte tenu de sa mécanique, peut-on penser que la cadence de tir ne serait que de 400 coups par minute ?
C’est extrêmement bas pour une arme automatique pour ceux qui en douterait… Pas de ralentisseur de cadence, une course de culasse « normale » (considération sujette à débat, mais elle n’est pas particulièrement longue pour une arme de ce type : environ 100 mm quand celle de la STEN est d’environ 145 mm), un LAI, une munition puissante (la 9 mm M.38 italienne) … tous les ingrédients d’une cadence de tir élevée sont normalement là…et de fait, nos mesures sur la séquence vidéo disponible dans cet article annoncent 837 coups par minutes !
Le PPS-43 est devenu un symbole de la résistance soviétique pendant la Seconde Guerre mondiale. Son design simple, sa facilité de production et sa fiabilité en ont fait une arme populaire auprès des soldats soviétiques. Ces hommes se sont battus férocement pour défendre la Mère Russie depuis l'invasion allemande de 1941 jusqu'à la chute de Berlin en 1945. Simples soldats paysans, ils ont appris à obéir aux ordres et à faire ce qu'on leur demandait.
"La quantité a une qualité qui lui est propre", a déclaré Joseph Staline, faisant allusion au nombre considérable d'hommes qu'il pouvait envoyer sur le terrain. Cette boîte vous offre un peloton d'infanterie russe sinistre avec une variété d'équipements et d'armes.
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