La chevrotine, munition aussi ancienne que controversée, continue de susciter débats et fantasmes. Trop souvent mal comprise, y compris par certains néophytes du monde cynégétique, elle mérite qu’on remette les pendules à l’heure.
En France, l’utilisation de la chevrotine est strictement encadrée. Par défaut interdite, elle est autorisée uniquement par dérogation préfectorale, dans des contextes cynégétiques bien définis. L’objectif ? Permettre une régulation efficace du sanglier dans des biotopes particulièrement fermés ou difficiles d’accès. Dans chaque département, les modalités d’usage peuvent varier : nombre de grains, distances de tir, types de battue, zones précises, etc.
La chevrotine est une munition dispersante tirée dans un canon lisse, mais elle se distingue des cartouches classiques par la taille de ses projectiles : Chaque cartouche contient entre 9 et 28 billes de plomb (ou substituts sans plomb), des chargement spéciaux à 6 billes existent aussi (chez l’américain Hornady notamment) mais leur usage est à notre connaissance interdit en France pour la chasse. Ces cartouches affichent généralement des charges de 36 à 40 grammes.
Plus les grains sont nombreux, plus ils sont petits et dispersent vite ; à l’inverse, les charges de 6 ou 9 grains contiennent de gros projectiles capables de réelle pénétration et d’une dispersion légèrement moindre à choke égale.
Comme vous le savez, la chevrotine n’est pas une munition pour le tir à distance. Son efficacité repose sur des tirs courts et contrôlés.
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Ainsi, les cartouches 9 grains ont une portée utile de 25 à 30 m , ce qui nous semble le maximum possible avec ce type de munitions même avec des cartouches à bourre à jupes disponibles depuis quelques années chez certains encartoucheurs. Les 12 ou 16 grains doivent être tirées sur un animal à une vingtaine de mètres maximum et l’usage des 21 ou 28 grains doit se limiter à des tirs à 10 voire 15 m .
Le choke du fusil est déterminant pour garantir la précision et la concentration des impacts : Si le 1/2 choke est semble-t-il le meilleur compromis pour la régularité de la gerbe lors du tir de ce type de munitions, certains obtiennent des résultats satisfaisants avec un choke 3/4. Le full choke est quant à lui fortement déconseillé car pouvant engendrer une pression excessive et des dispersions anarchiques.
L’emploi d’un fusil calibre 12,( les calibres plus petits, 16 et 20, étant interdits pour le tir à la chevrotine dans la majorité des départements) à canon lisse est à privilégier car le tir dans des canons rayés « classiques » entraîne une dispersion rendant la munition totalement inefficace (le fameux « effet donut » : rien au centre de la cible et un cercle de projectiles tout autour).
La chevrotine, mal comprise ou diabolisée, a toute sa place dans une pratique de chasse raisonnée et encadrée. Elle exige de la part du chasseur discipline, expérience et connaissance de son matériel.
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