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Les Sioux constituaient la plus puissante et la plus indépendante des tribus des plaines du nord. On distinguait les Sioux - Dakota, Nakota et Lakota - par la langue qu'ils parlaient. Au milieu du XIXè siècle, ils dominaient la prairie du Minnesota et de l'est du Dakota, ainsi que les plaines sans arbres qui s'étendent à l'ouest du Missouri, jusqu'aux Big Horn Mountains.

L'impact de l'influence blanche

Paradoxalement, le mode de vie des Sioux menacé par l'expansion blanche, le cheval et le fusil, était récent et issu de l'influence blanche. Ainsi, le cheval avait été introduit dans le Nouveau Monde par les Espagnols et s'était répandu de tribu en tribu au nord et à l'est du Nouveau-Mexique. Les Sioux connurent cette mutation culturelle au XVIIIè siècle. À l'époque, ils étaient encore concentrés dans la partie supérieure du Mississippi, chassaient à pied les petits animaux avec des arcs et des flèches, pêchaient dans les cours d'eau et cultivaient le riz sauvage dans les marais. Vers le milieu du siècle, ils commencèrent à se procurer des chevaux par le biais du troc et du vol.

Les Sioux avaient appris à leurs dépens que si l'arc et la flèche suffisaient pour chasser, le fusil était indispensable pour combattre les tribus qui possédaient des armes à feu et, dès les dernières décennies du siècle, les Sioux en possédaient à leur tour.

Le bison, une ressource essentielle

Le bison pourvoyait à une infinité de besoins : la fourrure pour se vêtir chaudement et pour le commerce, les peaux pour l'habillement et pour les tipis (tepees); l'estomac et les boyaux servaient à fabriquer des récipients pour la cuisine, le stockage et le transport, les os à façonner des outils ; enfin, la bouse séchée faisait office de combustible quand le bois manquait.

« À l'encontre de la plupart des tribus voisines, ils nourrissent une haine et une rancune féroces, transmises de père en fils, entretenues par des agressions et des représailles constantes. observa l'historien Francis Parkman. En lutte constante contre les tribus voisines, les Sioux de 1850 n'avaient cependant pas été sérieusement menacés par les Blancs. Au contraire, les négociants blancs de Fort Laramie et des autres postes étalés le long du Missouri supérieur fournissaient aux Sioux des produits manufacturés qui leur simplifiaient la vie ainsi que la poudre et les balles qui leur étaient devenues indispensables.

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Les traités et les tensions croissantes

Pour le gouvernement américain, le meilleur moyen de régler ses relations avec les tribus indiennes restait la négociation. Mais les négociateurs blancs ne comprirent jamais la culture indienne et pensèrent donc à tort que les chefs qui signaient des traités pouvaient s'assurer l'assentiment de leur peuple. Par ailleurs, l'incompétence des interprètes et la tromperie délibérée des agents du gouvernement faisaient que les Indiens n'avaient pratiquement aucune chance de comprendre ce à quoi ils avaient donné leur accord. Les premiers furent signés en 1851.

A la demande du gouvernement, un grand nombre d'Indiens, représentant la plupart des tribus des Plaines du Nord, se rassemblèrent à Fort Laramie en septembre 1851. Si les Indiens comprirent le but des cadeaux que les agents du gouvernement leur distribuèrent, ils n'eurent en revanche qu'une idée très vague des complexités juridiques du traité.

Presque toutes les clauses du traité violaient en effet des concepts profondément ancrés dans la culture indienne. Les guerres intertribales continuèrent tandis que les frictions entre les Indiens, les voyageurs blancs et les soldats en poste s'avivèrent.

Le massacre de Grattan et ses conséquences

La guerre entre les Américains et les Sioux commença le 19 août 1854 et fut déclenchée par un jeune sous-lieutenant intrépide, frais émoulu de la West Point Military Academy. Envoyé à Fort Laramie, un avant-poste de la piste de l'Oregon sur la North Platte River, John L. Grattan cherchait une occasion de montrer aux Sioux comment les Américains savaient se battre. Grattan sauta donc sur l'occasion lorsqu'un émigrant raconta qu'un Indien de l'un des camps situés le long de la Platte avait tué une vache qui s'était échappée.

Ayant obtenu la permission du commandant de son poste d'aller arrêter le coupable, Grattan se mit en route avec trente soldats d'infanterie. Arrivé au Village du chef sioux Brave Bear (Ours Brave), le lieutenant avança effrontément parmi les tipis, prépara deux pièces d'artillerie et réclama le coupable. Considérant que ce dernier ne se présentait pas suffisamment rapidement, Grattan ordonna à ses hommes d'ouvrir le feu. Au grand étonnement de Grattan, les Sioux ne déguerpirent pas comme des lapins. Au contraire, les guerriers en colère prirent rapidement le dessus sur les fantassins, les mirent en déroute et poursuivirent à coups de feu les soldats qui s'enfuyaient dans la vallée.

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Un défi aux autorités américaines tel que celui du massacre de Grattan et de ses hommes ne pouvait pas rester impuni. Le gouvernement désigna le colonel William S. Harney pour organiser une expédition punitive à Fort Leavenworth au Kansas. On désigna comme limite la Platte River. il fut décidé que les Indiens au nord de cette ligne étaient hostiles et que ceux au sud étaient pacifiques. Les Indiens qui avaient participé au massacre de Grattan s'étaient retirés loin vers le nord.

Le matin du 3 septembre 1855, les troupes de Harney attaquèrent le village de Little Thunder, les dragons par le haut, l'infanterie par le bas. Abandonnant leurs biens, les Sioux battirent en retraite dans l'affolement général. Les dragons les poursuivirent et abattirent les fugitifs. Après l'attaque de Blue Water au cours de laquelle quatre-vingt-cinq Indiens trouvèrent la mort et soixante-dix femmes et enfants furent faits prisonniers, les Sioux appelèrent leur adversaire « le Boucher » et restèrent à bonne distance de ses tuniques bleues. Harney continua son avance, défiant les Indiens de se battre.

Les divisions et la paix fragile

En mars 1856, Harney appela les chefs teton à se rassembler. La paix imposée par Harney fut une paix troublée qui dura sept ans. Il s'établit un mode de relation entre les États-Unis et les Sioux Tetons qui devait durer jusqu'à la fin des hostilités entre les deux peuples. Une partie de chacune des tribus se rassembla avec les « chefs du gouvernement » le long du Missouri et proclama ses sentiments pacifiques envers les Blancs. Ils continuèrent à chasser le bison mais devinrent de plus en plus dépendants des dons et des rations de nourriture que leur distribuaient chaque année les agents du gouvernement.

L'autre partie de ces tribus alla s'installer à l'ouest du Missouri, à bonne distance des Blancs, combattant les autres tribus et continuant à vivre comme autrefois, dans une complète indépendance vis-à-vis des États-Unis. Quelques familles et même des groupes entiers faisaient des allées et venues entre les deux mondes, tantôt profitant des rations alimentaires des indiens « domestiqués », tantôt suivant les troupeaux avec les Indiens « sauvages ».

La révolte du Minnesota et les expéditions punitives

Les hostilités furent à nouveau déclenchées non par les Sioux Tetons ni par les Sioux Santee dans le Minnesota où les tensions étaient plus vives. La situation dégénéra le 17 août 1862. Ce jour-là, quatre jeunes Indiens étaient rentrés bredouilles de la chasse et l'un d'eux défia un autre de prouver son courage en tuant un Blanc. Cinq Blancs furent ainsi tués, ce qui catalysa la colère de la faction militante de la tribu des Santee. Leur chef, Little Crow (Petit Corbeau), décida à contrecœur de déclarer la guerre aux Blancs.

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Les Américains organisèrent une expédition dirigée par Henry H. Sibley, ancien marchand de fourrure, premier gouverneur du Minnesota et colonel réserviste de l'État. Pendant les deux dernières semaines de septembre 1862, Sibley remonta la vallée du Minnesota avec six cents soldats. Les Sioux, affaiblis par les dissensions de leurs chefs, se replièrent en se dispersant. À Wood Lake, le 23 septembre, les régiments de Sibley balayèrent sept cents guerriers. Trois jours plus tard, les Indiens libérèrent quatre cents prisonniers blancs et, au cours des semaines suivantes, deux mille Sioux se rendirent les uns après les autres. Leur rébellion avait échoué.

Sibley constitua une commission militaire afin de juger les guerriers accusés de crime et de pillage. Trois cent trois furent condamnés à mort. Bien que la révolte du Minnesota ait été réprimée, la guerre des Sioux ne faisait que commencer. Des expéditions, formées de volontaires, furent organisées en 1863, 1864 et 1865.

L'été 1864, les deux généraux étaient de retour au Dakota. Sibley n'accomplit pas grand-chose mais Sully s'empara d'un important village de Teton que les Indiens, abandonnèrent en toute hâte après leur défaite, au terme d'un sévère affrontement.

L'échec de la campagne de Connor

En août et septembre 1865, Connor envoya trois mille hommes, répartis en trois colonnes, au cœur du territoire santee. L'offensive échoua. Les tempêtes, la neige, des écarts de température énormes, le manque de ravitaillement et cette terre inhospitalière eurent raison des soldats. Cette désastreuse campagne avait coûté des millions, et Washington ordonna de réduire l'effectif des troupes dans la Plaine et de confiner les opérations militaires à la protection des routes. De plus, la guerre civile ayant pris fin, les régiments de volontaires demandèrent à être libérés.

Les chefs militaires et la démocratie indienne

Les soldats vénéraient les chefs militaires : Ulysses S. Grant, qui allait bientôt devenir président des États-Unis, William Tecumseh Sherman, Philip H. Sheridan. Chez les Sioux, les hommes les plus habiles et les plus influents commençaient aussi à se distinguer. Au cours des combats, aucun chef ne dirigeait les opérations car chaque Indien faisait sa propre guerre. Aucun chef, que ce soit politique ou guerrier, ne parlait au nom de son peuple ni ne le dirigeait. Les tribus indiennes représentaient en effet la forme la plus pure de la démocratie et les chefs ne dirigeaient que par l'exemple qu'ils donnaient et le charisme qu'ils avaient.

La piste Bozeman et Fort Phil Kearny

Les troupes américaines, qui avaient du mal à repousser les attaques indiennes contre leurs forts, ne purent défendre la piste. Celle-ci cessa d'être utilisée sauf par les gros convois militaires. Le colonel Henry B. Carrington commandait Fort Phil Kearney. Sans expérience de terrain, il était secondé par le capitaine William J. Fetterman qui, lui, à l'inverse, s'était beaucoup battu pendant la guerre civile. Il considérait les Sioux à peu près de la même façon que Grattan douze ans avant lui.

Les Sioux décidèrent d'utiliser l'une de leurs tactiques préférées contre Fort Phil Kearny : le leurre. L'opération fut confiée à Crazy Horse (Cheval Fou), un jeune guerrier excessivement doué.

Le traité de 1868 et ses conséquences

Dans le traité de 1868, conclu à Fort Laramie, les Sioux remportèrent la victoire, en apparence du moins. Le gouvernement accepta d'abandonner la piste Bozeman et les forts qui la gardaient et de considérer que le territoire de Powder River était un « territoire indien non cédé ». Cependant, les autres dispositions du traité avaient des implications assez inquiétantes que les signataires comprenaient mal.

Une réserve fut créée à l'est du territoire non cédé (tout l'actuel Dakota du Sud à l'ouest du Missouri). Le droit de chasse à l'extérieur de la réserve n'existait que « dans la mesure où les bisons s'y trouveraient en nombre suffisant pour justifier qu'on les chasse ».

Quelques Teton et leurs alliés, Cheyennes et Arapahoes, se rendirent aussitôt dans la réserve pour recevoir la pension du gouvernement et se soumettre au mode de vie que les Blancs voulaient leur imposer. Parmi les chefs qui se rendirent dans la réserve se trouvaient Red Cloud et Spotted Tail. D'autres groupes, méprisant la réserve et tous ses pièges, restèrent sur les territoires non cédés. Peu à peu, ces hommes en vinrent à considérer Sitting Bull comme un conseiller et Crazy Horse comme un chef guerrier. D'autres groupes passaient d'un univers à l'autre, profitant des rations de nourriture de la réserve en hiver et chevauchant avec les chasseurs en été. Les Indiens qui restaient en permanence sur les territoires non cédés ennuyaient beaucoup les agents du gouvernement. Bien que ne regroupant que trois mille Sioux et quatre cents Cheyennes, ils étaient une source de problèmes sans commun...

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