G.I. Joe a fait ses débuts en 1964 avec la figurine originale honorant les membres de l’armée américaine. Le soldat d’action, le marin, le marine et le pilote ont laissé une impression indélébile sur des générations et ont lancé une franchise de jouets qui continue de prospérer en trouvant de nouveaux fans. À l’occasion de son 60e anniversaire, G.I. Joe puise dans son passé chargé d’histoire pour faire entrer ces forces de combat mobiles dans l’ère moderne.
G.I. Joe est une force d’opérations spéciales hautement qualifiée et à la demande composée d’hommes et de femmes du monde entier. Ces héros extraordinairement talentueux sont sélectionnés pour leurs capacités d’élite et chargés de défendre le monde contre Cobra, une organisation criminelle impitoyable déterminée à dominer totalement. Avec un courage inébranlable et une détermination inébranlable, les courageux membres de G.I. Joe sont prêts à rechercher Cobra dans n’importe quel environnement de la planète. Des jungles hostiles aux sommets arctiques recouverts de glace… partout où il y a des problèmes, G.I. Joe est là.
La gamme de jouets G.I.Joe 3 3/4″ originelle a livré des véhicules plus originaux les uns que les autres. En effet, à partir du milieu de la décennie 80 (temporalité U.S), on observe une évolution dans le design des action figures comme des véhicules G.I.Joe 3 3/4″. Mais c’est sans compter des soldats aux designs parfois plus proches du registre de la science-fiction que du militaire en treillis camouflage, rangers et casque.
Aussi, je souhaite mettre à l’honneur dans notre webzine FulguroPop le Cobra Terreur, le véhicule sentinelle à grande vitesse des forces Cobra. Pour l’occasion et afin d’illustrer cette petite production, je vous propose un exemplaire en conditionnement Hasbro France MISB. Cette spécificité s’explique essentiellement - mais pas que - par la difficulté du territoire européen à obtenir les droits pour la diffusion de la licence G.I.Joe. En effet, nous avons connu notamment en France les jouets Action Force jusqu’au lancement officiel - en 1987 - de la gamme 3 3/4″ des héros sans frontières.
L’année 1990 (temporalité U.S) sonnera le glas - si j’ose dire - de la modernité pour entrer pleinement dans la case de la démilitarisation selon notamment un conflit historique, celui de la guerre du Golfe. Selon les différents éléments et périodes évoqués précédemment, le Cobra Terreur s’inscrit pleinement dans la temporalité de la gamme de jouets G.I.Joe 3 3/4″ où la modernité prenait le pas sur une vision traditionnaliste - si j’ose dire - de la thématique militaire.
Lire aussi: Poste Mitrailleuse du Grand Bunker
La boite MISB du Cobra Terreur qui illustre cette production appartient au marché français. Premier élément remarquable, l’artwork du front box, lequel a très certainement été réalisé par Hector Garrido. Le visuel met en scène le Cobra Terreur avec aux commandes - je cite - son « conducteur » attitré Moto Viper (le terme pilote aurait été plus approprié comme nous le découvrirons dans la dernière partie de ce dossier).
Parallèlement, l’illustration - que je trouve superbe malgré un effet compactant - supporte un triptyque de protagonistes appartenant à la licence G.I.Joe 3 3/4″ : le Dr. Cortex (Dr. La présence de ces personnages sur l’artwork n’est pas anodine puisqu’elle entre précisément dans le cadre de ce que je désigne comme de la « publicité indirecte ». En effet, au moment où le Cobra Terreur était commercialisé en France - c’est-à-dire dès 1988 - le Dr. Le soldat Vipère ainsi que le Garde Pourpre étaient quant à eux distribués l’année précédente dans l’Hexagone mais on pouvait encore les trouver sur les étales en 1988.
Selon cette remarque, la mention entre parenthèses « (Une arme de la gamme Cobra) » - située sous le logo G.I.Joe - est également inadaptée. De manière plus globale concernant ce front box, l’insertion d’une fenêtre cerclée de rouge - afin d’observer l’action figure fournie avec le véhicule - est un choix judicieux. Selon le marché français, l’utilisation d’une fenêtre sur les boites G.I.Joe 3 3/4″ afin de valoriser l’action figure contenue tendra à s’estomper dès l’année 1989, très certainement dans l’optique de réduire les coûts de production et/ou de facilité la mise en œuvre des packagings.
D’autre part, je souhaite absolument souligner à nouveau le caractère remarquable de l’illustration du front box. Côté back box, on retrouve plusieurs éléments constitutifs des boitages G.I.Joe 3 3/4″. D’abord une représentation à l’échelle 1 du véhicule, en l’occurrence du Cobra Terreur. Je l’ai écrit à maintes reprises, mais cette configuration permet au futur acquéreur de se projeter selon un certain réalisme avec le jouet. Ensuite il faut souligner la présence des « Points Etoiles ».
Parallèlement, la traditionnelle file card indissociable des action figures G.I.Joe 3 3/4″ occupe une partie du back box. Les renseignements qui sont lisibles apportent un background - aussi sommaire soit-il - au personnage Moto Vipère. De manière plus ciblée, on relèvera sur le dos de la boite un petit visuel spécifique indiquant que le Cobra Terreur peut transporter jusqu’à 11 action figures. Cette configuration nous évoque bien entendu le back box du Snow Cat selon une mise en scène photographique équivalente, notamment avec des personnages articulés s’inscrivant dans la technique commerciale de la « publicité indirecte ».
Lire aussi: Poste de Mitrailleuse Allemand: Analyse
Parmi les personnages articulés illustrés dans le petit encadré situé sur le back box du Cobra Terreur, on soulignera la présence de Torch. D’où la présence promotionnelle de Torch pour un marché où il n’est sensé jamais avoir été distribué, en tout cas sous carte Hasbro France. D’un point de vue textuel, il est intéressant de relever la formule « Etonnant de réalisme » afin de désigner le Cobra Terreur et son conducteur, laquelle nourrie le charme de nos conditionnements G.I.Joe 3 3/4″.
A l’instar de l’illustration du front box, le visuel - cette fois photographique - du Cobra Terreur présent sur le dos de la boite ne met pas en scène le gimmick constitutif du véhicule, c’est-à-dire la partie avant qui se scinde en deux. C’est très certainement pour des raisons d’envergure et de disponibilité spatiale que le Cobra Terreur est présenté sous sa forme non-déployée. Ceci dit, et toujours sur le back box, une annotation permet de souligner cette fonctionnalité de déploiement : « Nacelles de canon avant pivotantes ».
Je vais être catégorique d’emblée, absolument tout me séduit dans le Cobra Terreur, que ce soit en termes de design ou bien de fonctionnalités. D’abord selon un code couleur épuré, incluant majoritairement deux chromatiques : du noir et du rouge. D’un point de vue culturel, le rouge est une couleur qui peut être associée à la révolution et le noir à l’anarchisme.
Le Cobra Terreur apparait à mes yeux comme un monstre des routes à mi-chemin entre le dragster, le chopper et le 4X4. La configuration à trois roues apporte une certaine originalité, surtout que celles-ci affichent une taille réellement démesurée. Parallèlement, lorsque l’on examine le Cobra Terreur de profil, on observe une certaine inclinaison, laquelle renforce l’agressivité évoquée précédemment. Cette position inclinée justifie la mobilité des grands canons latéraux, lesquels sont orientables de haut en bas.
Comme évoqué à plusieurs reprises, ces deux postes d’attaque situés à l’avant du Cobra Terreur peuvent se séparer. A l’image de la collerette d’un reptile qui se déploierait - ou bien d’une gueule béante - le véhicule gagne en envergure et devient davantage agressif. Ce gimmick à actionner manuellement - et donc dénué d’un mécanisme automatisé - apparait très simple.
Lire aussi: L'impact des postes de mitrailleuses
Le poste de pilotage central permet d’accueillir l’action figure de Moto Vipère. Le siège est moulé dans la coque du véhicule et il n’est malheureusement pas orientable, ce qui impose au conducteur une certaine inclinaison. Deux grands drapeaux latéraux sont présents, lesquels affichent un logo Cobra de couleur noire. A l’arrière du Cobra Terreur, deux petits sièges permettent de loger des action figures.
Chaque partie latérale du Cobra Terreur comporte une trappe, laquelle peut être ouverte manuellement afin de laisser apparaitre l’ingénierie d’un moteur. Parallèlement, pas moins de deux séries de 3 plugs sont présentes sur le Cobra Terreur afin de fixer des action figures G.I.Joe 3 3/4″. En dernière instance, je souhaiterais évoquer les autocollants présents sur la déclinaison plastique du Cobra Terreur. Plutôt nombreux, ces derniers apportent du relief à l’aspect bichromatique du véhicule.
Ron Rudat a réalisé de nombreux logos pour la gamme de jouets G.I.Joe 3 3/4″. Je gage qu’il soit l’auteur de celui évoqué précédemment. Rien n’est moins sur. A ce propos, je pense que le design du Cobra Terreur n’est pas nécessairement le fait - ou l’unique fait - de Ron Rudat. Il est possible que le designer Guy Cassaday ait contribué de très près au façonnage du véhicule.
Les forces terroristes Cobra sont dotées de nombreuses factions spécifiques. Les soldats Vipères en tout genre, les Crabes ou encore les Gardes Pourpres constituent de nombreux exemples parmi tant d’autres. Au pays de l’Oncle Sam, le conducteur du Cobra Terreur a été baptisé Motor Viper. Ce dénominatif comporte une référence mécanique - en l’occurrence celle d’un moteur - qui a été traduite en « Moto » pour le marché français.
Ces possibles traductions sont à mettre en perspective avec la capacité du Cobra Terreur à atteindre une très grande vitesse. Il se dégage de ces descriptifs une dimension casse-cou, un terme qui est d’ailleurs employé dans la file card. Ce point précis me renvoie au design de Moto Vipère, précisément à travers sa combinaison dotée d’un casque intégral non-amovible.
D’autre part, la bichromatique propre au Cobra Terreur est également présente sur l’action figure de Moto Vipère selon deux teintes de bleu. Du gris argenté ainsi que du noir viennent nuancer l’ensemble. En outre, l’action figure de Moto Vipère est fournie sans arme. C’est assez singulier pour être souligné car la jouabilité ainsi que l’accessoirisation sont les fers de lance de la gamme G.I.Joe 3 3/4″.
Avant de clôturer cette petite production, je souhaiterais apporter des éléments supplémentaires concernant la distribution du Cobra Terreur au sein du marché Hexagonal. D’abord sur le plan de la tarification, la boite Hasbro France était commercialisée selon un prix moyen de 99 Francs. En fonction des enseignes, ce montant était bien entendu variable et très souvent majoré dans les petites boutiques de jouets indépendantes.
D’autre part, le boitage Hexagonal du Cobra Terreur a connu une version avec le macaron promotionnel indiquant les modalités afin d’obtenir l’action figure de Super Trooper. De manière plus chirurgicale, le macaron promotionnel évoqué précédemment n’était pas imprimé sur la boite FR du Cobra Terreur. C’est précisément un sticker qui avait été appliqué.
Or, si dans le cadre militaire, les systèmes optiques (photo et cinéma) n’ont cessé d’accompagner la sophistication et l’efficience croissantes des matériels - l’œil et l’arme étant asservis à la visée13 -, le cinéma semble faire comme si l’arme était naturellement là, parée de ses qualités et prête à un usage expert. De sorte que la conception, le maniement (donc l’apprentissage) et l’abandon (ou le réemploi) sont éludés.
Pour évidente que soit cette matérialité, les travaux consacrés au genre évolutif du combat film14 font donc très peu de cas de l’armement individuel15. A contrario, si l’on poussait le renversement de perspective cinématographique à son terme, la fusion, cette fois, de la visée et de l’œil, devrait s’accomplir dans l’arme. Comme le pressentent un très grand nombre de jeux vidéos - le gamer voyant ses « mains » tenir l’arme -, il faudrait alors filmer selon un weapon of view (et pas seulement avec une gun vision). Tel est ici le propos.
Appréhender un objet si paradoxal puisque donné pour nécessaire (car imposé par les dotations, y compris cinématographiques), présente nombre d’écueils dont le surréel n’est pas le moindre. En témoigne, l’exposition du National Sporting Arms Musuem16, intitulée « Hollywood Guns », qui inclut parmi ses pièces d’exception (sic) une fausse Medal of Honor ou l’« uniforme » de l’acteur incarnant Lewis « Chesty » Puller (le Marine le plus décoré de l’histoire) dans la mini-série The Pacific coproduite par Steven Spielberg et Tom Hanks.
Au passage, la version « collector » de celle-ci est placée dans une tin-box, mélange de cantine miniaturisée et de boîte de premier secours… Aussi trivial que cela puisse paraître, la réflexion sur la conception d’armes est quasi nulle au cinéma. S’il existe quelques opus consacrés au projet Manhattan - et encore ceux-ci sont-ils assez elliptiques sur la complexité des calculs et de la construction même21 - et quelques autres héroïsant des matériels22, rarissimes sont les films à aborder l’innovation technologique.
Parmi les exceptions figure Opération dans le Pacifique (George Waggner, 1945) s’intéressant au développement et à l’amélioration des torpilles sous-marines américaines. Au chapitre de l’arme individuelle, seul Carabine Williams (L’homme à la carabine, Richard Thorpe, 1952) narre l’histoire vraie du concepteur de la US M1. Ce distillateur clandestin, meurtrier durant la prohibition (incarné par James Stewart), rachète son crime en inventant une arme légère, ergonomique dotée d’un système ingénieux de culasse.
Depuis, aucune œuvre n’a été consacrée à une arme de guerre individuelle. Côté russe, l’AK47 n’a inspiré personne directement24, et il faut attendre 2014 avec Tokarev (Paco Cabezas) - simple thriller - pour revoir un titre mentionnant un matériel - en l’espèce un pistolet russe jusquelà presque exclusivement associé à l’arme de poing réglementaire qui fut celle des officiers (parfois sous-officiers) soviétiques.
Pour appréhender cette réalité contrastée, et surtout tenter d’évaluer la réfraction idéologique de différents systèmes de production (à la fois armurière et cinématographique) existe la très utile « Internet movie firearms database25 ». Celle-ci répertorie la présence de chaque arme en ses diverses versions à travers des films, fictions télévisées, dessins animés ou jeux vidéo.
Avec 25 versions différentes et 671 apparitions cumulées sur grand écran, la Kalashnikov est dépassée par le M16 décliné en 9 versions militaires et 15 civiles ou répliques pour 781 figurations. À noter que de nombreux films de guerre recourent aux variantes semi-automatiques (destinées aux forces de l’ordre et au marché civil), alors que les versions militaires sont employées dans des thrillers sans justification narrative autre que promotionnelle.
Artefact elle-même, l’« Internet movie firearms database » engendre une distorsion liée à l’origine, la culture et l’intérêt de ses contributeurs, comme à l’accessibilité variable des œuvres. La discrétion du « fusil de la victoire » surprend. Certes, la recension néglige les films de l’entre-deux-guerres comme Itto (Jean Benoît-Lévy et Marie Epstein, 1935), situé dans l’Atlas marocain ou Trois de Saint-Cyr (Jean-Paul Paulin, 1939).
Mais, Hollywood l’a boudé alors que le Lebel a équipé encore des troupes américaines en 1918, notamment de la 77e division d’infanterie incluant The Lost Battalion (Burton L. King, 1919) tourné avec les survivants de l’unité dont le major Charles Whittlesey26. Son absence est aussi notable dans certains films relatifs à la guerre d’Algérie alors que nombre d’appelés en ont été dotés - au moins à l’entraînement - avant introduction progressive des MAS 36 et 49 (le premier plus léger mais plus imprécis et n’admettant que 5 cartouches contre 8 voire 9 au Lebel, le second plus lourd mais puissant fusil semi-automatique).
Il est rare que les qualités intrinsèques d’une arme soient évoquées. Intrinsèquement, le new war film se caractérise par ses scènes d’action. Il fait donc peu de cas de l’instruction, encore moins du maniement d’armes, alors que l’acquisition d’automatismes est vitale28. Ce n’est pas nouveau. Jeanine Basinger estime ainsi que sur les 1400 films réalisés par Hollywood en 1941-1945, une quarantaine tout au plus aborde la formation.
S’il s’agit surtout du recruit training29, le détail des « classes », pas plus que la brutalité des combats au sol ne sont en fait représentés. Gung Ho ! (Ray Enright, 1943) - devenu adjectif synonyme de militariste - détaille, par la voix off et des images denses, la formation physique suivie par des raiders sélectionnés au sein des Marines à San Diego, puis mentionne (voix off) une instruction supplémentaire de trois mois à Honolulu ; mais le maniement d’armes est tout à fait absent.
tags: #poste #mitrailleuse #GI #Joe #histoire