Après l’invasion de l’Europe occidentale par les armées du III ème Reich, la 256ᵉ division d’infanterie allemande envahit le secteur de Saint-Malo. Très rapidement, la Kriegsmarine s’approprie le port. Il deviendra, au fil des mois, une base logistique primordiale pour le ravitaillement des îles anglo-normandes.
À terre, dans le cadre du Mur de l’Atlantique, l’occupant engage de gigantesques travaux. Dans ce qui va devenir la « Forteresse Saint-Malo », plusieurs centaines de bunkers sont érigés. La Varde, Saint-Ideuc, la Montagne Saint-Joseph, la Garde Guérin, deviennent autant de points fortifiés.
Dès l’époque romaine, la presqu’île d’Alet connaît une utilisation à des fins défensives. Une véritable ville fortifiée couronnera même le promontoire ; elle n’est plus que souvenir. Seuls quelques vestiges épars de cette époque peuvent encore en témoigner. À la fin du XVIIᵉ siècle, l’endroit, connu à présent sous le nom de Cité d’Alet, est équipé de trois batteries afin de protéger le cours de la Rance.
C’est insuffisant pour VAUBAN (1630-1707), inspecteur général des fortifications depuis 1678. Il avertit les Malouins sécurisés par leurs remparts : « Fortifiez-moi ces hauteurs hors-delà, quelques jours, vingt mortiers vous mettront en cendres ». Le conseil ne sera pas suivi. Il faut attendre 1759 et plusieurs incursions anglaises pour que la décision de fortifier durablement la Cité d’Alet soit prise.
Cette année-là, le chevalier MAZIN (1712-1772), ingénieur en chef de la ville depuis 1752, conçoit et fait édifier un vaste fort d’artillerie (encore visible aujourd’hui). Grâce à sa disposition, il doit permettre de défendre à la fois la baie, la ville, le port, l’estuaire de la Rance et l’arrière-pays.
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Ce sont ces possibilités stratégiques qui vont logiquement amener l’organisation TODT (O.T.), le maître d’œuvre du IIIᵉ Reich, à établir sur le site un important complexe. De 1942, date effective du début des travaux, jusqu’à 1944, la presqu’île se transforme en un gigantesque chantier. 24 heures sur 24, dans des conditions extrêmement précaires, des centaines d’ouvriers vont entreprendre de creuser et de bétonner le promontoire. Cette intense activité a pour but d’incorporer au rocher :
Soit un total de 32 bunkers et 8 cloches blindées (visibles). La première tâche consiste à créer les accès adéquats et une extension du tramway local pour permettre l’acheminement des matériaux. Ceci fait, les ingénieurs de l’O.T. décident de travailler sur deux niveaux.
Après avoir combattu en Basse-Normandie, les forces américaines pénètrent en Bretagne le 31 juillet 1944, lors de la percée d’Avranches. Les accès de la « Forteresse Saint-Malo » sont bloqués le 4 août et la 83ᵉ division d’infanterie, renforcée de quelques unités secondaires, est chargée de la libération du secteur. Totalement encerclée le 9 août, la Cité d’Alet est dès lors soumise à un violent bombardement.
À travers les six étages du Grand Bunker, les visiteurs peuvent explorer toutes les pièces qui ont été reconstituées dans les moindres détails : groupe électrogène, salle anti-gaz, casemate avec mitrailleuse protégeant l'entrée, dortoir, dépôt de produits médicaux, infirmerie, armurerie, soute à munitions, salle de transmissions radio, standard téléphonique, poste d’observation muni d’un télémètre puissant, et au dernier étage, une vue à 360 ° sur le secteur de Sword Beach et la baie de Seine (nord-est) du Havre à Quinéville (nord-ouest).
Un grand nombre de photos, documents et objets relatifs à la construction du Mur de l'Atlantique, à l'artillerie, aux défenses côtières etc. y sont exposés. Le musée permet également de comprendre la tactique des troupes d'élite entraînées spécialement pour les opérations du Jour J contre les défenses du Mur de l'Atlantique, ainsi que le quotidien des soldats de l'armée allemande.
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Le 9 juin 1944, le Grand Bunker, pièce maîtresse du mur de l’Atlantique sur le secteur britannique de Sword Beach, a rendu ses armes trois jours après l’arrivée des Britanniques. Face à la mer, la région de Riva Bella avait été fortifiée par les Allemands. Elle était entourée d'une quarantaine de points fortifiés et armés, défendus par des champs de mines, des fossés antichars, des barbelés et des obstacles sur la plage.
À partir de 1943, les canons d’artillerie allemands placés sur la plage en 1942 ont été protégés par une grande barge de 1 200 m de long et 200 m de profondeur dans l’estuaire. En mai 1944, quatre casemates étaient en construction. Pendant la construction, les canons furent déplacés à l’est de Saint-Aubin-d’Arquenay pour les empêcher d’être détruits par les bombardements alliés de plus en plus fréquents. Ils s’y trouvaient toujours le 6 juin.
A partir de 1942, un poste de contrôle des incendies surplombant la mer, nommé le Grand Bunker, a été construit dans le cadre du mur de l’Atlantique. Cette tour, haute de dix-sept mètres et répartie sur cinq niveaux de béton, a fourni un point de vue exceptionnel aux observateurs de l’artillerie allemande qui installèrent leur télémètre au niveau supérieur. À partir de ce point d’observation, des instructions de tir ont été données aux six canons de batterie.
Quand les commandos britanniques débarquèrent sur Sword Beach et avancèrent vers Riva Bella, ils furent très surpris. Cette fortification n’avait été identifiée sur aucune photographie aérienne et n’apparaissait pas sur les registres fournis par la Résistance française. Les Britanniques savaient toutefois que six canons de 155 mm étaient installés près des écluses du port. Cependant, les pièces d’artillerie avaient disparu dans la matinée, alors qu’elles furent déplacées vers Saint-Aubin-d’Arquenay pour être à l’abri des bombardements.
Ne présentant apparemment aucun danger, les Britanniques ne prêtèrent aucune intention à la tour de béton, pendant trois jours. Cependant, le 9 juin, les ingénieurs se rendirent compte qu’elle était toujours occupée. Dans la soirée, la décision fut prise de lancer un assaut.
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Un bunker allemand de la Seconde Guerre mondiale a été découvert sur un chantier à Caen, a-t-on appris ce jeudi 10 mars auprès de la direction régionale des affaires culturelles (DRAC). Il existerait quelques dizaines d'ouvrages de ce type dans la ville, ensevelis et oubliés.
Les archéologues ont retrouvé "un circuit de ventilation, des éléments de gaines électriques, une marmite, quelques pièces de monnaie, dont une de 1940, et des chaussures anglaises en cuir"."C'est une des premières fouilles archéologiques de vestiges de la Seconde guerre mondiale", assure l'archéologue.
Le bunker, qui n'a plus de toit, a été découvert lors d'un chantier de construction de logements sociaux. Les opérateurs "ont d'abord cru qu'il s'agissait de caves d'anciennes maisons construites sur ce terrain.
80 ans après le Débarquement, le territoire normand est encore jonché de vestiges de la Seconde Guerre mondiale. Les bunkers, plus couramment désignés sous le nom de « Blockhaus » en allemand, ont été utilisés comme moyens de combat lors de la sanglante Bataille de Normandie.
Entre Graye-sur-Mer et Langrune-sur-Mer (Calvados), sur les longues plages normandes de la Côte de Nacre, certains bunkers commencent peu à peu à tomber en ruine ou à s’enfoncer dans le sable.
Pour comprendre l’existence des bunkers (« blockhaus » en allemand) sur la Côte de Nacre, l’étude de la directive d’Adolf Hitler du 23 mars 1942 est indispensable. En effet, c’est à cette période que les États-Unis sont entrés en guerre, et que le Führer du Reich allemand redoute déjà un éventuel débarquement sur les côtes françaises. En Normandie, les plages de la Côte de Nacre font l’objet d’importants travaux, dont la construction de bunkers qui formeront le « Mur de l’Atlantique ».
Le Mémorial 39-45 se visite uniquement sous forme de visite guidée.
Horaires :
Visites avec film (45 mn en +) : « La bataille de Saint-Malo »
Fermeture : Fermé le 1ᵉʳ mai.
Durée de la visite guidée : 1 heure
Durée de la visite avec projection multimédia : 1 h 45 mn
Tarifs par personne pour 1 visite guidée :
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