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L'utilisation des mitrailleuses a marqué un tournant décisif dans l'histoire de la guerre, en particulier pendant la Première Guerre Mondiale.

L'Évolution des Mitrailleuses

Au milieu du XIXe siècle, l’artillerie connaît de nouveaux perfectionnements avec l’obus explosif, d’abord sphérique puis cylindrique avec une pointe ogivale, dont le chargement dans le canon se fait désormais par la culasse (à l’arrière) et non plus par la bouche (à l’avant). Ces obus sont soit pleins, soit creux.

Les obus pleins sont utilisés principalement contre les fortifications, les obus creux surtout contre les hommes. Ces obus creux contiennent des balles sphériques qui se dispersent non pas à la sortie de la pièce, comme dans le cas des boîtes à mitraille, mais seulement à l’explosion au moment de l’impact.

Plutôt que de se focaliser sur le perfectionnement des canons et de leurs munitions, on étudie le moyen d’envoyer à partir d’une même pièce des projectiles beaucoup plus petits mais qui se succèdent à très grande cadence. Ce principe général va donner lieu dans son application à deux « écoles » : l’école américaine et l’école belge et française.

L’école américaine est représentée essentiellement par les frères Gatling. Leur mitrailleuse, mise au point de 1861 à 1865, est constituée de 6 ou 10 tubes accolés qui tournent ensemble, en boucle, autour d’une culasse fixe. Chaque tube reçoit à tour de rôle une cartouche à partir d’un chargeur, fixe également.

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Les mitrailleuses de l’école belge et française sont également constituées de tubes accolés. Mais ici ils sont fixes et approvisionnés tous en même temps à partir d’un bloc métallique amovible où sont disposées les cartouches de telle sorte que chacune soit placée en face d’un tube et puisse être insérée dans celui-ci.

Napoléon III, qui avait une formation d’artilleur et était curieux des innovations techniques, s’intéresse dès le début à cette nouvelle arme.

C’est le capitaine Verchère de Reffye, d’abord officier d’ordonnance de l’empereur, qui va mettre au point en secret au camp de Satory, de 1863 à 1866, le principal modèle français (il y en aura d’autres en province), appelé alors « canon à balles ».

Il est composé de vingt-cinq tubes rayés en acier de calibre 13 mm, eux-mêmes englobés dans un autre tube, en bronze, de plus grand diamètre. Celui ci était monté sur un affût de canon muni de grandes roues comme les pièces d’artillerie.

Au moment des essais, le canon à balles est apprécié pour sa précision, au moins jusqu’à 1 000 m, sa quasi-absence de recul (en raison de son poids, 1485kg avec l’affût) et sa facilité d’emploi.

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Les Mitrailleuses dans les Tranchées

Dès 1914, pour se protéger des tirs et de la vision de l’ennemi, les soldats se réfugient dans des trous d’obus et creusent des abris de fortune qui reliés entre eux forment les tranchées. Au fil des mois, les tranchées sont consolidées. Les tranchées deviennent l’un des principaux lieux de vie des poilus où le danger est permanent et les conditions d’existence épouvantables.

Les tranchées sont composées de plusieurs lignes, distantes de quelques centaines de mètres, reliées par des « boyaux » sinueux . Elles sont creusées à une profondeur d’environ 2 mètres et surmontées d’un parapet élevé avec des sacs de sable.

Une tranchée de première ligne était creusée en zig zag, ou en ligne droite entrecoupée de créneaux pour éviter les tirs en enfilade. Elle a 3 fonctions principales : on y fait feu contre l’ennemi, c’est le tremplin pour les attaques de fantassins, et en cas d’attaque c’est la première ligne de défense pour repousser l’assaut ennemi.

Un peu plus en arrière (70 à 100 m derrière la première ligne), une tranchée de seconde ligne sert de repli et d’appui ou de base pour une contre-attaque. Encore plus en arrière (de 150 m à parfois 2 km de la première ligne), une troisième ligne (tranchée de réserve) était en théorie plus sûre, servant de chemin de ravitaillement, ou le cas échéant de chemin de retraite.

Le no man’s land sépare les lignes de tranchées ennemies. Il est large d’environ 50 à 200 mètres. Il est renforcé par un matériel spécifique, barbelés ou séchoir, pieux.

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L'Impact et l'Évolution des Mitrailleuses sur le Champ de Bataille

À l’été 14, les deux camps engagent 2000 mitrailleuses sur le front. Les pantalons rouges sont décimés par les tirs ennemis. La Maxim utilisée par les troupes du Kaiser peut tirer jusqu’à 600 coups par minute. Avec la guerre de position, elle joue un rôle défensif de premier plan.

Son utilisation est codifiée : le tir est dense, profond mais étroit. Les mitrailleuses sont disposées en profondeur et cachées. Les Français sont formels : ces armes ne conquièrent pas le terrain. Pourtant, en 1918, les Allemands démontrent le contraire. Les mitrailleuses deviennent l’ossature de l’attaque.

La mitrailleuse Saint-Étienne modèle 1907 comporte deux fardeaux (arme et affût) dont le poids avoisine les 50 kg. Arme encombrante, les mitrailleuses ne s’en montrent pas moins d’une efficacité meurtrière.

Les « nids » de mitrailleuses, en formant un mur de feu, étaient particulièrement craints par les combattants lors des assauts. Son nombre n’a cessé de croître au sein de l’armée française, passant de 5000 pièces en 1914 à un peu plus du double en 1916 puis 32 000 en 1918.

Les servants, au nombre de quatre à six, comprenaient le chef de pièce, un tireur, un chargeur et un aide chargeur.

Mitrailleuses Aériennes

Mitrailleuse Mk 1 de 7,7 mm: Equipant les avions de combat en 1914-1915. Empruntée telle quelle à l'infanterie, et à défaut d'une arme adaptée, elle a été utilisée soit en secteur avant, fixée sur l'aile supérieure avant l'introduction de la synchronisation, soit en nacelle sur les avions à moteur arrière.

Mitrailleuse Hotchkiss modèle 1914 de 8 mm: Equipant les avions de combat en 1914-1916. Utilisée surtout en secteur avant sur les avions équipés d'un moteur arrière.

Mitrailleuse Colt modèle 1895 modifié 1914 de 7,62 mm: Equipant les avions de combat en 1914 à 1916. Utilisée en poste avant ou arrière.

Mitrailleuse Lewis de 7,7 mm: Equipant les avions de combat à partir de 1915. Utilisée d'abord en secteur avant, fixée sur l'aile supérieure, avant l'introduction de la synchronisation, elle équipait aussi le poste arrière réservé à l'observateur-mitrailleur. Son gros défaut était son chargeur camenbert de 47 coups, le plus utilisé, qui était difficile de changer en plein combat et surtout faiblement pourvu.

Mitrailleuse Vickers MK 1 de 7,7 mm: Equipant les avions de combat à partir de 1916. Cette arme, placée en secteur avant, tirait dans le champ de l'hélice - Elle était approvisionnée par bande souple de 250 coups - Une version rechambrée en 11 mm a été utilisée pour attaquer les Drachen, les ballons d'observation allemands et a remplacé les fusées le Prieur dont la trajectoire était beaucoup trop imprévisible.

Tableau des Mitrailleuses Aériennes

MitrailleuseCalibrePériode d'utilisationPosition
Mk 17,7 mm1914-1915Avant, aile supérieure ou nacelle
Hotchkiss modèle 19148 mm1914-1916Avant (moteur arrière)
Colt modèle 18957,62 mm1914-1916Avant ou arrière
Lewis7,7 mmÀ partir de 1915Avant (aile supérieure), arrière (observateur)
Vickers MK 17,7 mm (11 mm)À partir de 1916Avant

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