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Les enquêtes se poursuivent après le vol spectaculaire d'explosifs, de grenades à main et de roquettes antichar dans un dépôt d'armes à Tancos, dans le centre du Portugal.

Cinq militaires portugais de haut rang ont été relevés temporairement de leurs fonctions « pour éviter des entraves à l’enquête en cours », a annoncé Frederico Rovisco Duarte, le chef d’Etat-major de l’armée de terre. Quelques heures après, un porte-parole de l’armée a précisé que les militaires ont été suspendus de leurs fonctions, en attendant la fin de l’enquête, sans être soupçonnés de la moindre complicité.

Le chef d’Etat-major avait pourtant laissé entendre que le cambriolage avait pu être facilité par une fuite d’information provenant de militaires affectés à cet entrepôt de munitions. « Pour avoir un incident de ce genre, il a dû y avoir des informations en interne », avait-il estimé.

Alors que le système de vidéosurveillance était en panne depuis deux ans, des inconnus ont pénétré dans la base militaire et y ont dérobé plus d’une centaine de grenades à main offensives et des munitions de calibre 9 mm. Ils ont en outre volé des « roquettes antichar, des grenades lacrymogènes, des explosifs, des bobines de fils pyrotechniques et des détonateurs », a précisé l’armée de terre vendredi.

Dans les heures qui suivirent la disparition de ces munitions, cinq officiers furent suspendus de leurs fonctions, les enquêteurs les ayant soupçonnés d’avoir communiqué aux cambrioleurs des informations sur l’état de la surveillance de l’entrepôt. Depuis, cinq magistrats du ministère public et près d’une centaine d’agents de la police judiciaire tentent d’éclaircir les circonstances dans lesquelles cet arsenal fut retrouvé.

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A priori, le civil arrêté serait l’un des auteurs du vol de Tancos. Cet ancien militaire, âgé de 45 ans, aurait décidé de rendre les munitions dérobées. Les militaires inquiétés ont « agi avec un sentiment d’impunité et ont essayé d’empêcher que justice soit faite », explique la presse portugaise.

« Il s’agit évidemment d’un incident grave », a commenté, José Alberto Azeredo Lopes, le ministre portugais de la Défense, alors qu’il participait à une réunion de l’Otan, le 29 juin, à Bruxelles. Selon la presse, il est question du vol de 120 grenades, 1.500 munitions de calibre 9 mm, de 20 grenades lacrymogènes, de 44 lance-grenades et de 4 « engins explosifs ».

Le ministre portugais de la Défense a déclaré que ce vol semblait avoir été mené de manière « assez professionnelle ».

Ce vol commis à Tancos rappelle celui qui avait été constaté à Miramas, en France, il y a près de deux ans.

Coopération internationale et réseau IBIN

Les stratégies efficaces contre la violence armée et les attaques terroristes exigent une coopération internationale renforcée.

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Le Réseau d’information balistique d’Interpol (IBIN) gère la mise en réseau mondiale des systèmes intégrés d’identification balistique® (IBIS) et fournit une plate-forme mondiale pour la collecte centralisée, le stockage et la comparaison croisée des données balistiques.

Les preuves balistiques peuvent fournir des renseignements précieux sur les armes à feu. Chaque arme à feu laisse des marques microscopiques uniques sur la surface des balles tirées et des douilles de cartouches ; il s'agit essentiellement d'une empreinte balistique. Ces preuves balistiques peuvent être capturées dans des images à haute résolution qui sont ensuite cataloguées, partagées et comparées rapidement entre les juridictions, ce qui permet d'identifier les liens entre les crimes plus rapidement et plus efficacement.

Tout comme les données d'empreintes digitales, les données balistiques peuvent relier les crimes et les criminels à travers les frontières internationales.

IBIN est le seul réseau d’échange et de comparaison international de données balistiques à grande échelle. Cette technologie permet de visualiser et de répertorier ces traces après la saisie d’images de haute résolution. Grâce à IBIN, ces images peuvent être rapidement diffusées et comparées à d’autres éléments de preuves balistiques dans les différents pays membres de IBIN.

IBIN recueille actuellement plus de 1 500 000 données balistiques provenant de tous ses pays membres en vue de comparaisons balistiques entre elles, toujours plus rapides et efficaces ; plus de 49 000 recherches IBIN (recherches balistiques internationales) ont été effectuées dans IBIN.

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Interpol encourage ses États membres dotés de la technologie et des équipements IBIS® à se connecter à IBIN.

Un accord de participation à IBIN est conclu entre le Bureau central national (BCN) Interpol et le laboratoire national central. Les données du pays participant sont ensuite copiées et intégrées dans IBIN conformément aux termes de l’accord bilatéral conclu.

Dans le cadre d’affaires à haut profil et à caractère international avéré, Interpol propose d’aider ses pays membres ne disposant pas de la technologie IBIS, non-membres de IBIN, à bénéficier des données balistiques internationales stockées dans IBIN.

Lors des demandes d’aide en matière de recherches internationales dans les données balistiques, la coordination entre les pays est assurée via les BCN.

IBIN prouve sa valeur ajoutée en permettant à des services chargés de l’application de la loi d’effectuer des recoupements entre des affaires criminelles pour lesquelles il n’existe de prime abord aucun lien entre elles, et ce, au niveau international.

Une bande de malfaiteurs violents sévissant entre l’Espagne et le Portugal a été mise hors d’état de nuire grâce à un travail de police minutieux, à des protocoles transfrontaliers rigoureux et à IBIN. Les policiers ont pu partager et exploiter leurs données balistiques via IBIN.

Le résultat de la recherche IBIN a révélé un lien entre un étui de 7,65 mm saisi et des éléments de tir relevé à l’issue d’une fusillade survenue dans la région de Silves (Portugal).

Sans IBIN, il aurait été impossible d’établir rapidement des liens entre ces infractions réalisées dans des pays différents.

Renforcer cette stratégie pour réduire le nombre de faits de violence liés aux armes à feu, lutter contre le risque lié à ces faits de délinquance, requiert une implication large des États-membres au moyen d’une coopération renforcée, basée sur une coordination efficace entre les services de police des différents pays membres.

Opération conjointe en France et au Portugal

Fruit d’une enquête menée depuis l’automne dernier par l’Office central de lutte contre le crime organisé et la section de recherches de Lyon, avec notamment l’appui déterminant de la Force observation recherche du GIGN et celui des groupements de gendarmerie départementale du Rhône, de la Loire et de l'Isère, une opération interservices, lancée simultanément en région Rhône-Alpes et au Portugal, a permis d’interpeller 14 malfaiteurs soupçonnés d’être impliqués dans une série de braquages d’armureries en France et en Suisse.

Une vaste opération de police judiciaire, menée conjointement par la Section de recherches (S.R.) de Lyon et l’Office central de lutte contre le crime organisé (OCLCO), a permis d’interpeller, ce mardi 9 mars, quatorze individus soupçonnés d’être à l’origine de plusieurs vols et tentatives de vols, commis en France et en Suisse, au préjudice d’armureries.

Depuis l’automne dernier, ce sont ainsi plus de 450 armes de poing et fusils d’assaut qui ont été dérobés, pour être écoulés dans les agglomérations marseillaise, lyonnaise et grenobloise, au profit du grand banditisme.

Cambriolages en série

L’enquête démarre en deux temps : début septembre 2020, l’OCLCO est saisie par la Juridiction inter-régionale spécialisée (JIRS) de Nancy, après un vol commis dans une armurerie située sur le canton de Bâle, en Suisse. Plus de 200 armes, dont 22 fusils d'assaut, sont alors dérobées par un groupe de cinq à six individus circulant à bord de véhicules de grosses cylindrées noirs.

Un mois plus tard, le 5 octobre, le même commerce est victime d’un nouveau braquage, selon le même mode opératoire : les malfaiteurs repartent cette fois avec plus de 130 armes de poing, fusils d'assaut et fusils d'épaule, ainsi que 67 lots de munitions.

La JIRS du Rhône saisit la S.R. de Lyon de ces nouveaux faits, que viendra grossir un nouveau cambriolage, commis neuf jours plus tard, au préjudice d’une armurerie implantée dans le Jura. De nouveau, les malfaiteurs font main basse sur une importante quantité d’armes : 110 fusils et carabines, ainsi que 2 500 cartouches.

La série ne s’arrête pas là, puisqu’une tentative de vol est enregistrée fin octobre, en Suisse, sur le canton d’Argovie. Cette fois, les véhicules utilisés, toujours faussement immatriculés, sont équipés de gyrophares bleus. Mais les individus sont surpris par l’armurier. S’en suivent des échanges de coups de feu, au cours desquels l’un des voleurs sera blessé. La suite de l’enquête permettra d’attribuer ce nouvel épisode à la même équipe criminelle.

Techniques spéciales d’enquête : la force de la FOR

À l’exploitation des traces et indices retrouvés sur les scènes de crime et aux rapprochements effectués par des analystes criminels, viennent s’ajouter les opérations de surveillance, qui ont bénéficié de l’appui opérationnel déterminant de la Force observation recherche (FOR) du GIGN et de la Brigade de recherche et d'intervention de la police nationale.

Leurs techniques rodées permettent de cibler, d’identifier et de suivre une dizaine de malfaiteurs chevronnés, résidant dans le Rhône (Irigny, Vernaison, Corbas, Bron et Vaulx-en-Velin) et dans l’agglomération grenobloise.

L’enquête française bénéficie également de la coopération des autorités suisses des cantons de Bâle, d’Argovie et de Vaud, qui sont d’ailleurs dessaisies des faits criminels survenus sur leur territoire au profit de la JIRS de Lyon.

En novembre dernier, les investigations, réalisées avec l’appui du GIGN, permettent de suspecter la préparation d’un braquage de fourgon blindé, mais le projet des malfaiteurs ne verra pas le jour.

En revanche, début décembre, lors d’une opération judiciaire, une saisie incidente permet aux gendarmes de la S.R. de Lyon de mettre la main sur neuf fusils d’assaut en provenance du cambriolage commis début octobre en Suisse. Dans le même conteneur, une arme de poing, des brouilleurs et un gyrophare sont également saisis.

Vaste coup de filet en France et au Portugal : 14 interpellations

Les enquêteurs, appuyés par les groupements de gendarmerie départementale du Rhône, de la Loire et de l'Isère, continuent de matérialiser les faits, et le 9 mars dernier, un vaste coup de filet est opéré par la S.R. de Lyon et l’OCLCO, avec l’appui du GIGN, de la BRI nationale, des BRI de Lyon et de Marseille, ainsi que des militaires du groupement de gendarmerie départementale du Rhône, dont une équipe cynophile.

L’opération, simultanément lancée en France et au Portugal, sous l'autorité de la JIRS de Lyon, mobilise ainsi près de 80 personnels des forces de sécurité intérieure.

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