Le choix d'une munition d'arme de poing ne saurait être quelconque, surtout lorsqu'il s’agit de défendre une vie. L’effet souhaité est de mettre l'agresseur hors d’état de nuire au premier impact afin de l'interdire de continuer à représenter une menace réelle. Le calibre n'explique pas tout, une balle de 9 mm Luger ou parabellum (Si vis pacem, para bellum) FMJ (blindée) n'aura pas le même comportement qu'une CMJ (cuivre déposé par électrolyse) ni qu'une THV capable de travers un gilet pare-balles ou une 9 mm Makarov...
Depuis l’arme jusqu’au but, de nombreux facteurs influencent le comportement d’un projectile. Pour pouvoir comprendre les conséquences de l’impact, il est nécessaire de connaître l’importance relative de chacun de ces facteurs. Chaque type de projectile correspond à un usage déterminé. Il est aussi fonction des connaissances balistiques disponibles et des contraintes de l’époque à laquelle il a été créé.
Première fausse idée préconçue : les projectiles d’armes à feu n’ont pas toujours été ronds ou sphériques. Les premiers mortiers étaient garnis avec des projectiles divers. Des cailloux essentiellement car le métal était alors cher et réservé à des usages plus nobles. La forme sphérique n’est pas née de conceptions aérodynamiques. Il s’avère simplement qu’elle est la forme la plus simple pour le chargement par la bouche.
Durant le XIX ème siècle, la forme et la matière des projectiles d’armes portables étaient stabilisées. La balle était sphérique et en plomb. Ce métal présentait, outre son faible coût, plusieurs avantages. Son point de fusion faible permettait une fabrication artisanale ou industrielle aisée. Un autre atout du plomb résidait dans sa ductilité et sa faible dureté. Il adhérait aux parois du canon, favorisant l’étanchéité. Il n’usait pas l’acier ou la fonte des premières armes à chargement par la bouche.
La guerre de sécession aux Etats Unis vit l’apparition du projectile cylindro ogival. Ce projectile était creux à sa base. La jupe ainsi formée se déformait sous la pression des gaz issus de la combustion de la poudre. Elle adhérait ainsi parfaitement aux parois du canon. Il faut dire qu’elle correspondait à un autre progrès de l’armement : le canon rayé. Ce dernier force la munition à tourner sur son axe à très grande vitesse. Cette rotation induit un effet gyroscopique qui stabilise le projectile durant son vol. Une plus grande étanchéité, un projectile plus stable ; ces deux conditions permirent d’augmenter la portée du tir. Les tactiques en furent profondément modifiées.
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L’apparition de la cartouche métallique réunissant étui, amorce, poudre et projectile consacra la balle à base cylindrique. En effet, seule cette forme pouvait être efficacement maintenue dans l’étui. Plus tard, l’augmentation des vitesses initiales et des poudres de plus en plus vives montrèrent les limites du plomb. Le projectile avait tendance à fondre lors du tir. Il encrassait les rayures de l’arme. Les chargements par magasins, la production et le transport en masse impliquaient également de limiter la déformation du projectile avant le tir. Les projectiles furent alors blindés ou chemisés. Une feuille d’un métal plus dur que le plomb, mais bien plus tendre que l’acier des canons, recouvre alors la balle. Un alliage à base de cuivre (souvent du laiton) est la plupart du temps employé.
Mais les plus grands progrès en matière de structure de la munition sont venus des chasseurs. Ce sont eux qui se sont rendus compte, souvent de façon empirique, de certaines nécessités. Pour la chasse au grand gibier, le projectile doit pénétrer une peau épaisse. Il doit ensuite être capable de perforer une boîte crânienne résistante. Il doit aussi pouvoir causer une hémorragie rapide et massive. Il faut donc que la structure du projectile assure le contrôle de sa déformation.
Au delà de la structure, le premier critère de définition d’un projectile est son calibre. Le calibre est décrit soit en millimètres, soit en centièmes ou millièmes de pouces. Ainsi, un .357 est une munition dont le diamètre est de 357 millième de pouces (soit environ 9 mm). Un .44 a un diamètre de 44 centièmes de pouce (soit 11,18 mm). On reconnaît les calibres mesurés en pouces au point (décimal) qui précède le nombre.
Un premier lieu commun : il n’existe pas de calibre idéal. Les tenants du .45, ceux du 9mm, ceux du .38 n’ont jamais pu prouver de façon définitive que leur calibre préféré répondait à toutes les nécessités. Les études conduites dans les années 1980 ont fait naître toute une famille de munitions dont les calibres « tournent » autour de 10mm. Mais aucune de ces munitions n’a supplanté les calibres existants.
Le profil du projectile conditionne sa stabilité et sa déformation lors de l’impact. Un autre critère doit être pris en compte. Il s’agit du poids de la munition qui conditionne sa conservation de mouvement. Plus un projectile est lourd, plus il pénétrera profondément sa cible.
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Les munitions des armes d’épaule sont un peu différentes :
Le rapport longueur/diamètre des munitions d’armes d’épaule est généralement plus important que pour les munitions d’armes de poing. Il s’ensuit un déséquilibre plus important de la munition à l’impact. Vu les hautes vitesses initiales, ces munitions comportent systématiquement un chemisage total ou partiel. Notons enfin que certaines munitions d’armes de poing (.357 magnum, .44 magnum, ) sont également utilisées dans certaines armes d’épaule.
Selon les auteurs, l’énergie cinétique est l’énergie contenue par le projectile tandis que la quantité de mouvement est celle qu’il peut transmettre. Personnellement, je ne vois pas la différence pratique. Si un mobile a une certaine énergie quand il est en l’air, il s’agit bien de la même énergie quand on se le prend dans le nez.
Toujours est-il que les auteurs privilégient la quantité de mouvement, donc plutôt la masse, là où les constructeurs mettent en avant l’énergie cinétique, donc plutôt la vitesse.
L’énergie cinétique répond à l’équation E = ½ (mv²) où E est exprimé en joules, m en kg et v en m/s. La quantité de mouvement répond à l’équation QM = mv et est exprimée logiquement en kgm/s.
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Sur la plupart des munitions, les 2 données donnent des résultats cohérents. Si l’EC est élevée, il y a fort à parier que la QM aussi. Mais dans les cas extrêmes, elles peuvent donner une idée très différente du pouvoir d’arrêt.
Le livre de Caranta Legrain contient aussi des cas où les mesures d’énergie cinétique et de quantité de mouvement se contredisent. Par ex la mesure faite sur la 38 Spécial perforante THV, qui produit dans de l’argile une cavitation phénoménale, constate une énergie cinétique énorme (de l’ordre de 600 joules) pour une QM très faible de 1,76 kgm/s.
S'il existe une grande variété de munitions, celles utilisées par les policiers et les militaires se doivent de respecter les conventions de Genève. Il s'agit de neutraliser l'individu et non nécessairement de le tuer. Les balles explosives, expansives autorisées dans le cadre de la grande chasse (les balles dites Dum-dum du lieu de leur fabrication en Inde) sont bannies depuis la première conférence de la Hague en 1899).
L'efficacité d'une munition, comme la 9mm THV, dépend d'une combinaison de facteurs, notamment sa vitesse, sa masse, sa capacité de déformation et le calibre. Comprendre ces éléments est essentiel pour choisir la munition appropriée en fonction de l'usage prévu, qu'il s'agisse de tir sportif, de chasse ou de défense.
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