Fascinant, complexe, puissant, précis, compact, moderne, séduisant, innovant, je n’ai pas su résister à son appel. Oui, ce n’est pas l’archer qui choisit son compound mais c’est lui qui vous choisit ! Le Compound, nom donné par son inventeur, désignant un arc à poulies, est une évolution de l’arc classique. De quoi est-il composé ? Comment fonctionne-t-il ? Quels sont ses avantages ? Quelles sont ses faiblesses ? ... j’ai essayé de comprendre. Dans cet article, je développe une interprétation personnelle et modeste du fonctionnement de mon compound.
L'arc à poulie, également appelé "compound bow", est un arc équipé d'un système de câbles et de poulies, conçu pour optimiser la force de traction. Contrairement aux arcs traditionnels ou classiques, qui dépendent uniquement de la force de l'archer pour tirer la flèche, l'arc à poulie utilise ce système mécanique pour amplifier la puissance du tir. Ce mécanisme permet à l'archer de maintenir la tension de la corde plus facilement, tout en améliorant la précision et la vitesse de la flèche.
L’origine de l’arc est presque aussi vieille que celle de l’homme sur terre. Cette arme était utilisée pour chasser. Son principe est simple, on utilise un bois façonné d’une seule pièce, d’une certaine flexibilité sur lequel est tendue une corde. En tirant sur la corde les branches fléchissent. En lâchant la corde, les branches retournant dans leur position initiales, propulsent la flèche. L’arc agit comme un ressort. Le recurve ou arc classique est une évolution du longbow ou arc simple.
C’est à l’américain Holless Wilbur Allen que l’on doit la paternité du compound. L’idée d’Allen est d’utiliser le principe du bras de levier comme démultiplicateur de force. Il fixe une came sur chaque extrémité des branches. Elle agit comme un bras de levier et décuple la force exercée sur le câble de contrôle. Lors de la traction de la corde, le rapport de longueur de ce bras de levier varie en fonction de la rotation de la came.
Un câble de traction ou « corde » par allusion à la corde de l’arc classique. Ces câbles de contôle relient les branches du haut et du bas. En réalité le système de cames est composé d’une came sur laquelle vient s’enrouler la corde et d’un module vissé sur le côté, plus petit (principe du levier), sur lequel vient s’enrouler en sens inverse le câble de contrôle. Le module comporte un méplat. Il permet de limiter sa rotation, qui limite la longueur d’enroulement du câble de contrôl, qui limite le déroulement de la corde, qui définit une certaine longueur d’allonge. La dimension du méplat détermine la profondeur de la vallée. C’est le creux de la courbe à pleine allonge, 28 pouces dans mon cas.
Lire aussi: L'explication du style de Dikeç
Les câbles de contrôle font obstacles à la trajectoire de la flèche. Il est nécessaire de les écarter afin de libérer le passage de la flèche et particulièrement des plumes. Les plumes ne doivent pas buter contre ces câbles sinon la flèche sortira de sa trajectoire. C’est le rôle de l’écarteur de câbles. L’écarteur de câble est un axe métallique sur lequel est monté un coulisseau, dans lequel passent les deux câbles. À l’armement de l’arc, les câbles glissent dans le coulisseau qui lui-même coulisse sur l’axe métallique. En écartant les câbles, les lignes de force sont modifiées. Les câbles de contrôles ne tirent plus dans l’axe vertical du compound. Cela crée un déséquilibre. Les branches se vrillent légèrement et les cames s’inclinent.
Grâce à son système de poulies, l'arc à poulie permet de maintenir une position plus stable lors du tir. En effet, une fois la corde tendue, le "let-off" (la réduction de la tension ressentie) permet à l'archer de viser avec plus de confort et de précision. Cela rend cet arc particulièrement adapté pour les tirs de longue distance et les compétitions de tir à la cible.
Les arcs à poulie sont reconnus pour leur puissance de tir. Leur conception permet d'atteindre des vitesses de flèche bien supérieures à celles des arcs traditionnels, ce qui est un atout majeur pour les archers en quête de performances. La mécanique des poulies amplifie la force de l'archer, ce qui se traduit par des tirs plus puissants avec moins d'effort.
Contrairement aux arcs classiques, qui exigent de l'archer qu'il maintienne toute la force de traction lorsqu'il bande l'arc, l'arc à poulie soulage cet effort une fois la corde tirée. Cette caractéristique permet aux archers de se concentrer davantage sur la visée et le tir, plutôt que sur la force à maintenir, rendant l'expérience de tir plus agréable et moins fatigante.
L'arc à poulie est extrêmement modulable. Il peut être ajusté en fonction des besoins et du style de tir de l'archer. Il est possible de régler la puissance de l'arc, la longueur de l'allonge, ainsi que d'ajouter différents accessoires comme des viseurs, des stabilisateurs ou des décocheurs mécaniques, ce qui permet une personnalisation précise.
Lire aussi: Pistolets de poche anciens : Histoire et collection
Contrairement aux arcs traditionnels, l'arc à poulie est plus complexe et nécessite une bonne connaissance technique pour être correctement utilisé et entretenu. Les câbles, les poulies et les divers réglages doivent être ajustés avec précision pour garantir des performances optimales. Cela peut rendre l'arc plus intimidant pour les débutants.
L'arc à poulie est généralement plus lourd que les autres types d'arcs, en raison des poulies et des accessoires supplémentaires qu'il peut intégrer. Ce poids supplémentaire peut être un inconvénient pour certains archers, surtout lors de longues sessions de tir.
Les arcs à poulie sont souvent plus chers que les arcs traditionnels, en raison de leur mécanisme sophistiqué et des matériaux utilisés. De plus, les accessoires nécessaires pour personnaliser et optimiser l'arc peuvent rapidement faire grimper la facture.
Avant de choisir un arc à poulie, il est essentiel de bien connaître son niveau d'expérience et ses objectifs en matière de tir. Les débutants devraient opter pour des modèles simples et accessibles, tandis que les archers plus expérimentés peuvent se tourner vers des arcs plus techniques, avec des options de personnalisation avancées.
La puissance de l'arc, ou "draw weight", est un critère essentiel à prendre en compte. Elle est mesurée en livres (lbs) et correspond à la force nécessaire pour tirer la corde jusqu'à l'allonge maximale. Pour le tir à la cible, une puissance comprise entre 40 et 60 lbs est généralement recommandée, mais cela peut varier en fonction de la morphologie et de la force de l'archer.
Lire aussi: Un tireur décontracté aux JO
L'allonge est la distance que la corde parcourt entre la position au repos et la position tirée. Chaque archer a une allonge spécifique, qui dépend de sa taille et de sa morphologie. Il est important de choisir un arc à poulie dont l'allonge est réglable ou qui correspond à vos dimensions.
Rien ne vaut un essai en conditions réelles pour choisir son arc. N'hésitez pas à vous rendre dans une boutique spécialisée pour tester différents modèles et ressentir lequel vous convient le mieux en termes de prise en main, de confort et de précision.
Lors du choix de votre arc à poulie, pensez également aux accessoires indispensables : viseurs, repose-flèches, stabilisateurs, etc. Ces éléments peuvent grandement améliorer votre expérience de tir et doivent être pris en compte lors de votre achat.
Les longueurs des brins a et b du yoke sont ajustées, « brin a » plus long, « brin b » plus court. La came est ainsi redressée et alignée à l’axe vertical de l’arc (fig.2). Les oscillations latérales sont éliminées. Le yoke est la terminaison en Y d’une extrémité du câble de contrôle. Il relie de part et d’autre l’axe du système de cames. Certains Mathews sont équipés d’un yoke flottant ou « floating yoke ».
Toutes les pièces composant l’arc doivent fonctionner en harmonie. La longueur des différentes cordes pouvant s’étirer, s’user avec le temps, il faut veiller à la synchronisation des cames, à leur alignement vertical et aux bons réglages de l’arc en général.
Est-ce que vous venez d’acquérir un arc à poulie ? Il faut comprendre que ce n’est pas un joué que vous pouvez exhiber et utiliser n’importe comment. Pour s’en servir efficacement et correctement, d’autant plus qu’il nécessite un investissement plutôt couteux, le tir à l’arc à poulie requiert des connaissances et de l’expérience. Avant tout chose, il faut maitriser l’arme et être assidu. Lorsque vous allez choisir le lieu d’entrainement au tir à l’arc à poulie, privilégiez toujours la sécurité. Le réglage d’un arc est fonction de son archer. Il convient alors d’adapter votre arc selon votre expérience, morphologie afin qu’il soit le plus performant possible.
Pour être un bon archer, il ne faut jamais négliger les bases. La réussite d’un tir commence par la maitrise des bonnes postures à adopter. Relâchez un peu la main tenant l’arc. Formez un angle de 45 entre la main d’arc et la poignée. Utilisez le dos pour armer l’arc tout en le poussant avec le bras d’arc et en tirant avec le bras arrière. Commencez par tirer à une distance de 10 m. en premier temps, l’important sera de réussir à grouper des flèches dans un cercle de 10 cm de diamètre. Une fois que vous aurez constaté une amélioration sur votre niveau, passez de 2 m en 2 m, jusqu’à 20 m. Si cette distance est acquise, il vous sera possible de reculer jusqu’à 30 m.
Les valeurs figurant sur ce graphique sont données à titre indicatif. Elles correspondent à une configuration bien précise, la mienne. L’énergie de chaque type d’arc est représentée par la surface située sous les courbes respectives jusqu’à l’axe des abscisses. En mathématique, il s’agit de l’intégrale de chaque courbe entre 0 et ici 28 pouces.
La vitesse de propulsion a une incidence directe sur la forme de la trajectoire de la flèche. On parle de balistique. Moins l'arc est puissant et plus il faut viser les étoiles pour que la flèche atterrisse dans la cible. L’énergie pour armer un compound est plus conséquente, mais on constate qu’à pleine allonge, ici 28 pouces, la puissance de maintien lors du temps de visée est deux fois moins contraignante. Sur la durée d’une séquence de tir, les contraintes physiques sont plus ou moins équivalentes.
On parle de let-off. Un let-off de 75% sur un compound réglé à 60 livres correspond à 60 x 0.75 = 45 livres. Donc la force de maintien est de 60-45 = 15 livres.
Le mur est au compound ce qu’est le clicker (cliqueur) à l’arc classique. Un mur franc permet un ancrage précis de la main d’arc sur la mâchoire et répétable. Il garantit de transmettre à la flèche la même vitesse de propulsion. Plus le méplat sur le module est long et plus le mur est franc. D’autres paramètres ont également une influence sur la dureté du mur. Pour améliorer la dureté du mur, un petit appendice équipé d’une butée a été rajouté sur le module de ce compound. Sur d’autres types de compound, cette petite butée est directement visée sur la came.
Un let-off élevé permet de réduire considérable la force de maintien à plein allonge. À cause de sa faible force de maintien, la moindre contrainte parasite au niveau du poignet maintenant l’arc, aura lors du décochage une incidence sur la qualité du vol de la flèche.
| Caractéristique | Description |
|---|---|
| Let-off | Réduction de la force de maintien à pleine allonge |
| Mur | Point d'ancrage précis pour une propulsion constante |
| Puissance (Draw Weight) | Force nécessaire pour tirer la corde (40-60 lbs recommandé pour cible) |
| Allonge (Draw Length) | Distance parcourue par la corde entre le repos et la position tirée |
tags: #arc #à #poulie #fonctionnement