Une arme à feu est un mécanisme qui repose sur sa capacité à exploiter l’énergie d’une explosion. La finalité d’une arme à feu est d’expulser un projectile du mécanisme avec des caractéristiques physiques précises telles que la vitesse, la portée ou l’équilibre gyroscopique. Le mécanisme s’appuie sur quelques pièces nécessaires à son bon fonctionnement :
Bien qu’il existe une quantité importante de types d’arme ou de mécanismes plus ou moins artisanaux, il est possible de classer les armes selon plusieurs grandes familles :
Une arme de poing est une arme qui, par définition, n’est pas destinée à être épaulée et peut donc être utilisée d’une seule main grâce à sa taille réduite et son faible poids. Elle a la particularité d’être très facilement dissimulable. Plusieurs sous-catégories existent : les revolvers, les pistolets à un coup, automatiques et semi-automatiques.
Les pistolets regroupent l’ensemble des armes de poing sans barillet. Ils peuvent être à un seul coup pour le tir sportif, mais peuvent en général tirer plusieurs coups à la suite (jusqu’à 33 cartouches). Ils sont appelés semi-automatiques lorsqu’une nouvelle course du doigt sur la détente est nécessaire pour faire partir un nouveau coup. Si l’on peut tirer « en rafale », c’est-à-dire que la simple stabilisation en fin de course de la queue de détente permet de faire partir un nouveau projectile, le pistolet est dit automatique.
L’approvisionnement de ces cartouches s’effectue par un chargeur ou un magasin placé dans la poignée de l’arme. Les cartouches sont disposées l’une au-dessus de l’autre dans le chargeur et montent en chambre par l’action d’un ressort au fond du chargeur.
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La majorité de ces armes fonctionne selon deux modes : la double et la simple action. La double action correspond au fonctionnement permettant au marteau (plus communément appelé chien) d’être armé puis relâché en effectuant un cycle complet d’armement grâce à l’action du doigt sur la queue de détente. En revanche, la simple action consiste à armer au préalable le marteau, manuellement ou par un mouvement de culasse, avant de déclencher le tir. La course de la queue de détente est alors beaucoup plus courte par rapport à la double action. La simple action permet au tireur d’exercer une force de pression plus faible pour déclencher le tir, rendant son tir plus précis.
La culasse est une pièce indispensable pour toutes les armes semi-automatiques ou automatiques. Cette pièce est mobile et comporte en général le système de percussion et le système d’extraction. Lorsque le percuteur frappe l’amorce, la culasse est fermée et réalise l’étanchéité entre la chambre et l’extérieur. Lorsque le projectile sort du canon, sous l’effet des gaz, la culasse recule, accroche l’étui grâce à la griffe de l’extracteur, puis libère une fenêtre d’éjection vers l’extérieur expulsant l’étui après qu’il ait heurté l’éjecteur. En fin de course, la culasse réarme le dispositif de percussion. La culasse est enfin rappelée par un ressort récupérateur et chambre une nouvelle cartouche.
Les fabricants d’armes doivent donc calculer avec justesse le dimensionnement des parties mécaniques et la pression des gaz résiduels afin que la culasse ait assez d’énergie pour faire un cycle complet d’extraction/armement/chambrage sans détériorer le mécanisme. Pour les munitions de calibres puissants, les concepteurs ont inventé le système de culasse verrouillée permettant de retarder l’ouverture de la culasse. Ce mécanisme permet de transmettre un maximum de vitesse au projectile durant sa course dans le canon avant que la culasse ne puisse s’ouvrir. Cette ouverture a lieu lorsque la pression des gaz diminue et provoque un léger recul du canon par inclinaison.
Les armes dites d’épaule regroupent toutes les armes qui peuvent être épaulées lors du tir, comme les fusils de chasse ou les fusils d’assaut. Deux grandes catégories existent : les armes d’épaule à canon lisse et les armes d’épaule à canon rayé.
Les armes d’épaule à canon lisse sont de trois types :
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Il existe également des fusils de chasse possédant trois ou quatre canons ou des fusils de chasse dits « mixtes » qui ont à la fois des canons rayés et des canons lisses.
Le canon rayé, quant à lui, a été conçu pour imprimer au projectile une rotation qui lui permet d’acquérir une stabilité gyroscopique durant son vol et de gagner en précision et portée. En effet, à l’image d’un ballon de basket tournant autour d’un doigt qui est plus stable qu’un ballon immobile sur ce doigt, le projectile ayant un effet gyroscopique est beaucoup moins sensible aux éléments extérieurs (pluie, vent, différence de milieu…) pouvant modifier sa trajectoire. Les rayures sont réalisées lors de la fabrication du canon et parcourent toute la longueur du canon en son intérieur, en tournant autour de l'axe du canon.
Les canons rayés sont visibles sur de nombreux fusils comme les armes de chasse, de sport ou les armes de guerre. L’éjection d’un étui et le chargement d’une nouvelle cartouche se font manuellement en actionnant une poignée sur le côté de l’arme par un mouvement d’aller-retour de l’avant vers l’arrière. Le système le plus répandu est le système de culasse à verrou comme sur le Mauser de 1898. Néanmoins, il existe d’autres systèmes comme celui du levier de sous-garde fonctionnant en abaissant et remontant le pontet d’avant en arrière (mécanisme des carabines Winchester).
Les fusils semi-automatiques ou automatiques sont des armes d’épaule permettant de tirer plusieurs coups à la suite sans nécessairement recharger manuellement l’arme. Certains ont un sélecteur de tir permettant de tirer au coup par coup ou en rafale.
Le principe de fonctionnement des armes automatiques dites « à culasse non calée ouverte » repose sur un cycle simple rendant l’arme robuste et peu coûteuse à fabriquer. Lors de la mise à feu, le tireur actionne la queue de détente libérant le bloc culasse entraîné par le ressort récupérateur. Celui-ci prélève une munition dans le chargeur et plaque le culot de la munition pendant que le percuteur vient frapper l’amorce de la munition. La poudre enflammée s’expand et les gaz créés propulsent le projectile le long du canon.
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Le réarmement du mécanisme se fait via la poussée des gaz vers l’arrière de l’arme due à la combustion. Cette poussée implique le recul du bloc de culasse, un peu après le départ du projectile. Ce léger retard permet de conserver le canon le plus étanche possible de manière à ce que les gaz de la combustion accélèrent le projectile le plus longtemps possible. Le retard est provoqué par l’importante masse du bloc culasse et par la raideur du ressort récupérateur.
Le retour du bloc culasse est finalement stoppé par le ressort récupérateur et renvoyé vers l’avant pour placer une nouvelle munition dans la chambre, plaquer le culot de la munition contre la tête de culasse et frapper l’amorce par le percuteur. Un nouveau cycle est engagé, le tir se fait automatiquement, il suffit de maintenir pressée la queue de détente.
La mitraillette britannique Sten MK II, utilisée pendant la seconde guerre mondiale, est l’exemple parfait de ce mécanisme.
Le principe de fonctionnement des armes automatiques dites « à culasse calée » intègre le fait d’avoir un dispositif de verrouillage de la culasse. La principale innovation par rapport au fonctionnement d’une arme à culasse non-calée est que le dispositif de verrouillage de la culasse va permettre de retarder davantage le recul du bloc culasse après le départ du projectile. Ce procédé va permettre d’augmenter la puissance de la munition sans pour autant alourdir le bloc culasse.
Ce film relate le processus de fabrication du pistolet-mitrailleur Sten, l’arme la plus massivement parachutée aux résistants français, fabriquée en un temps record par les Britanniques après la défaite française de 1940. C’est aussi l’arme sans doute la plus rustique jamais produite : il fallait en simplifier la fabrication à l’extrême afin de baisser le coût de sa production tout en réduisant de façon drastique les délais. La fabrication de la Sten combine deux types d’opérations effectuées dans des lieux différents : l’emboutissage de certaines pièces en tôle (carcasse, crosse, chargeur, mécanisme de détente), dans des établissements de l'industrie métallurgique ; l’usinage des autres pièces (canon, culasse percutante) dans des usines d’armement.
La Sten était d’abord destinée à l’armée britannique, qui en 1939 n’était pas encore dotée d’une telle arme automatique contrairement aux troupes allemandes et italiennes. Le mot STEN a été formé des initiales de ses deux concepteurs britanniques, Shepherd et Turpin, combinées avec les deux premières lettres de l’arsenal d’Enfield où furent lancées les premières fabrications en juin 1941.
Si la Sten est devenue l’arme emblématique des résistants (avec des variantes, le modèle le plus répandu de loin étant la Sten MK II), elle montre aussi les limites de leur armement. Dans sa gamme, elle offrait de nombreux avantages pour le combat clandestin : plus légère que les autres PM, elle était aisée à camoufler car on pouvait démonter ses 4 éléments et les transporter dans un sac à dos ou une petite valise. De surcroît, elle était simple à entretenir et supportait la chute dans l’eau, dans la boue ou dans la neige sans que son fonctionnement en soit affecté. Elle pouvait tirer soit au coup par coup, soit en rafale, grâce à un bouton sélecteur.
En contrepartie, elle avait le défaut de se déclencher parfois toute seule en cas de choc violent, et de s’enrayer facilement si on ne prenait pas certaines précautions avec le chargeur : il ne devait pas être totalement plein ni tenu par le tireur au moment du tir (le film britannique montre la bonne façon de tenir l'arme, pas toujours respectée sur le terrain...). Surtout, c’était une arme excellente à courte portée : 50 mètres. Autant dire qu’elle était adaptée à la guérilla mobile, mais pas à des opérations plus classiques contre des troupes d’assaut dotées d’armes lourdes.
En 1938, on décide enfin d’adopter le dernier prototype de pistolet-mitrailleur conçu par la Manufacture d’Armes de St-Etienne, le SE MAS 1935 qui devient alors le MAS modèle 1938.
C’est dans cette logique que le MAS 38 est conçu du côté de Saint-Etienne et de sa manufacture d’armes. Il est d’abord utilisé lors de la Seconde Guerre mondiale, notamment par les Corps francs, la Milice française et les FFI.
Le MAS 38 est un pistolet mitrailleur compact, facilement contrôlable. Il jouit d’un mode automatique impressionnant. Cependant, les troupes de l’armée française se plaignent rapidement de sa faible puissance, mais également de sa courte portée de tir. De plus, la production de MAS 38 est ralentie à cause de son prix.
Son utilisation au sein des troupes de l’armée française n’est finalement que très faible. C’est davantage du côté de la gendarmerie, de la police nationale ainsi que de l’Armée de l’air que le MAS 38 est utilisé. Seulement deux mille exemplaires vont être fabriqués avant l’armistice, mais la production se poursuivra sous l’occupation. Les Allemands désigneront alors ces armes MP722 (f). A la Libération, la production à grande échelle peut enfin reprendre et on estime que plus de 200 000 MAS 38 ont été fabriqués.
Ce petit pistolet mitrailleur était une bonne arme car il était compact et facilement contrôlable en mode automatique cependant il souffrait de deux défauts majeurs. Le premier est sa cartouche de 7,65 Long avec une trop faible puissance d’arrêt et le deuxième est son prix.
En 1939-1940, la France doit combler ses lacunes tactiques, mises à nu lors des escarmouches durant la drôle de guerre. La société SACM a proposé à l’état-major l’une de ses inventions créée en 1935 par son ingénieur PETTER, le créateur du pistolet 1935 A déjà adopté par l’armée. Il s’agit d’un pistolet-mitrailleur dont la particularité est d’être en tôle emboutie, beaucoup plus économique à construire que l’usinage du Mas 1938. La culasse avait son ressort récupérateur au-dessus du canon, permettant de gagner en compacité.
Grâce à sa munition 7.65 longue, les ingénieurs pouvaient créer des pistolets-mitrailleurs légers et compacts, tout en conservant une forte pénétration pour une munition d’arme de poing. Un avantage que ni le 9mm Parabellum ni le .45 ACP ne pouvaient prétendre à l’époque. Il fonctionnait à culasse non calée.
En 1933, les critères de choix contenus dans le programme d’armement de 1921 furent complétés par deux nouvelles exigences : les PM devraient désormais être dotés d’une crosse repliable et d’un chargeur rabattable. L’ETVS mit rapidement au point un nouveau PM doté d’une crosse et d’un chargeur repliables. Deux prototypes de cette arme furent construits au sein de l’établissement. Ils furent testés en 1937 le premier par l’ETVS lui-même, le second par la Commission d’Études de l’Infanterie (CEI) en compagnie du PM Petter et du PM MAS modèle 1935 SE.
Long de 67 cm une fois la crosse dépliée et de 42 cm crosse repliée, le PM ETVS était doté d’une culasse ingénieuse, à l’intérieur de laquelle était intégré un ralentisseur de recul actionné par un volant à inertie. Cette conception permit de créer une arme courte et légère. Grâce à la faible puissance de la munition de 7,65mm Long et à l’efficacité du ralentisseur de recul qui maintenait la cadence de tir autour de 600 coups par minute, les concepteurs de l’ETVS avaient pu se dispenser de doter l’arme d’une culasse lourde et volumineuse et limiter la course de cette culasse pendant son recul.
En revenant en position de fermeture, la culasse actionnait un levier de percussion, qui déclenchait la percussion de la cartouche présente dans la chambre. Avec son levier de percussion commandé par la fermeture de la culasse et sa partie avant cylindrique, la culasse de l’ETVS n’est pas dépourvue d’analogies avec celle du PM Thompson, dont l’établissement technique de Versailles (ETVS) avait testé plusieurs exemplaires entre 1921 et 1927.
La Manufacture Nationale d’Armes de Châtellerault (MAC), se vit confier par l’ETVS, la charge d’en réaliser dix exemplaires de présérie du PM ETVS. Devant le résultat prometteur des essais, le 14 Mars 1937, la Direction des Études et Fabrications d’Armement (DEFA) ordonna à la MAC de fabriquer quarante PM ETVS supplémentaires. Cette commande ne fut finalement achevée qu’en 1939.
L’adoption du PM Petter en 1939 et le choix de mettre en fabrication en urgence une version améliorée du PM modèle 1935 (qui donna naissance au PM MAS 38) de la MAS mettront fin à la carrière de l’ETVS, qui était pourtant une arme fort intéressante et bien conçue.
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