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La mitrailleuse est une arme à feu dont la cadence de tir permet de faucher une charge de cavalerie ou un assaut d’infanterie à une portée pratique d’environ 600 m. Ces armes pesantes imposent, pour les déplacer, un attelage de chevaux.

Les premières mitrailleuses modernes

Hiram Maxim (1840-1916), inventeur américain, breveta en 1884 la première mitrailleuse transportable par deux ou trois hommes et tirant, en mode automatique, la même munition que le fusil d’infanterie. En Allemagne, les mitrailleuses Maxim sont introduites dans les Dragons de la Garde du Kaiser dès 1888. L’armée russe, qui a employé la Vickers-Maxim britannique durant la guerre russo-japonaise, met au point sa propre version du système Maxim : la PM 1905 (Pulemet Maxima Obrazets) puis la PM 1910.

La France, contrairement aux autres puissances, ne choisit pas un système de refroidissement à eau, mais à air, avec le modèle 1905 de l’arsenal de Puteaux. Son défaut demeure l’échauffement de la bouche : d’où usure, évasement et perte de précision. La manufacture d’armes de Saint-Étienne apporte des améliorations (mécanisme à emprunt de gaz) et la Saint-Étienne modèle 1907 est mise en service à partir de 1909.

Le fusil Remington Rolling Block en Égypte

En 1868, une importante commande de fusils Rolling Block No1 a été passée entre le gouvernement Égyptien et la firme Remington, armes chambrées pour la cartouche de 43 Égyptien. Avant que ces armes ne soient livrées à l’Égypte, une grande partie furent vendues par Remington à la France en Guerre. Rappelons que la France est rentrée en Guerre en juillet 1870 contre la Prusse. Depuis 1866 les fusils réglementaires sont l’excellent Chassepot en 11mm à cartouches combustibles et des conversions de Fusils 1842 en fusil à tabatière modèle 1867.

Néanmoins le manque d’armes disponibles pour équiper les soldats pousse le gouvernement à créer une commission d’armement (1870/1871) pour acquérir à l’étranger ces matériels. Le nombre estimé d’armes de ce calibre est de 13000 fusils Remington en 43 Égyptien livrés pendant la période 1870/1871, puis 60000 livrés plus tard en reliquat de commande (en calibre 43 Égyptien et 43 Espagnol). Ces armes ne serviront que très peu et seront peu à peu déclassées.

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Rechargement et spécifications de la cartouche

La balle d’origine est comme beaucoup d’autres cartouches de l’époque sous calibrée. La plupart des moules de fabrication actuelle reprennent ces côtes. L’étui est d’une forme bouteille, classique pour l’époque, la longueur est de 48,80mm. Le diamètre au collet est de 11,78mm, à la base 14,71mm et au culot 16,8mm. Il est relativement difficile de se procurer des douilles neuves de ce calibre en France. Bertram et NFDS en fabriquent mais ne sont pas régulièrement distribués.

Analyse du fusil Rolling Block modèle 1866

Le fusil qui nous intéresse est un Rolling block modèle 1866 (Remingtons ilion N.Y. Pat. May 3d Nov. 1864 April 17th 1866). Comme toute arme ancienne, il convient de s’assurer de son état de conservation et de son aptitude au tir, un démontage complet s’impose. Les tolérances dans l’usinage des chambres sont très larges à cette époque et en particulier sur ce type d’arme, nous effectuons donc un moulage de la chambre à la paraffine. A ce stade, plusieurs problèmes doivent être solutionnés : où trouver un jeu d’outils pour ce calibre ? Où trouver des projectiles d’un diamètre de 11,43mm avec des poids de 20gr à 26gr ? Les outils sont généralement fabriqués sur commande dans ce calibre, mais l’excellente firme américaine CHTOOL les a au catalogue. Bon marché, ils sont néanmoins de très bonne facture, se composant classiquement de trois outils, recalibreur, expandeur, et sertisseur.

De nombreux fabricants proposent à leur catalogue des balles en plomb ou électrocuivrées destinées au 45/70, d’un diamètre de 11,60mm (458 centièmes de pouce). Il suffit en fait de recalibrer à 11,43mm ces projectiles, opération extrêmement simple grâce à un recalibreur de presse type LEE 451. recalibrer sans forcer même les balles electro-cuivrées sans abîmer le chemisage.

La question qui fut la plus épineuse fut le choix de la douille, n’ayant pas trouvé de source d’approvisionnements durable sur le marché. Entre autre cette douille nous permet de faire du 11mm Gras, Gras de cadet, 43 Espagnol, 8mm Lebel, 8mm Portugais, 8 mm Autrichien et Hongrois, etc. La transformation de l’étui de 348w est relativement simple, le matériel nécessaire se résumant au jeu d’outils 43 Egyptien et à un expandeur de type 32 acp de chez RCBS.

Monter sur la presse l’outil expandeur CH TOOL en remplaçant la tige d’origine par celle de l’expandeur de 32 acp RCBS. Lubrifier l’intérieur de la douille avec de la graisse suffisamment fluide (la graisse RCBS lube case est idéale) puis passer la douille dans l’outils, la deuxième passe s’effectuant avec l’expandeur de 43 Egyptien. La douille est ensuite réduite au Case Trimmer à 54mm (voir l’empreinte de la chambre évoquée précédemment), dégraissée et le collet recuit.

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La charge de poudre destinée au fire forming est variable, dans le cas de la poudre noire, 2,45 grammes de PNF2 sont envisageables, en poudre sans fumée, 0,90 grammes de A0 suffisent. Nous utilisons lors du premier tir une balle de 300 grains. Une fois que toutes nos douilles aurons été passées au fire forming, recuites une deuxième fois et égalisées au case trimmer, nous pouvons commencer le rechargement définitif. Pour la poudre, la A0 de la SNPE est très efficace. La charge se situe entre 0,90 grammes et 1 grammes suivant le projectile employé. la douille, le risque de doubles charges est bien réel et aurait des conséquences désastreuses pour l’arme et le tireur. Pour le projectile nous avons le choix entre les ogives de 300 grains et 400 grains. Le fabriquant HN Germanie fabrique d’excellentes balles électro-cuivrées « CUHS » idéale pour notre arme après recalibrage. Les résultats sont là, bonne régularité, peu de recul, des étuis intacts. Les groupements en cible sont très satisfaisants, l’arme tenant aisément le visuel de la C50 à 100m.

Cette arme a déjà tiré plusieurs centaines de cartouches sans connaître le moindre problème, rappelons à ce stade que le port du casque en stand est primordial, mais aussi celui de lunettes de protection, une fuite de gaz vers le visage du tireur est toujours possible ! Voilà quelques éléments pour faire revivre ces armes ayant fait partie d’une période importante de notre histoire, elles trouvent encore naturellement leur place sur un pas de tir.

Cette étude porte sur une arme dont l’auteur dispose et n’est pas applicable à toute arme de même calibre. Seule la méthode est applicable en fonction de l’état de l’arme et des composants. L’arme dans son intégralité devra être vérifiée par un professionnel.

Évolution de la réglementation française et européenne en matière d'acquisition et de détention d'armes

L’évolution de la réglementation française et européenne en matière d’acquisition et détention d’armes traduit bien souvent la réaction des gouvernants face à une action criminelle particulièrement sanglante et troublant fortement l’ordre public. Ainsi, la nouvelle classification des armes à feu intervenue en France en 2012 a pour point de départ l’attaque perpétrée au fusil d’assaut à l’encontre de l’escorte policière d’un détenu à l’hôpital de la Courneuve en 2009. L’objectif était alors d’abandonner une classification désuète des armes en huit catégories, fondée sur l’usage traditionnellement admis de ces armes (guerre, défense individuelle, tir de foire ou de salon…), au profit d’une classification en fonction de leur dangerosité.

Les attentats terroristes de 2015 ont été, quant à eux, à l’origine d’une nouvelle directive européenne en 2017 destinée à réduire les failles juridiques existant dans le dispositif européen et exploitées par les réseaux criminels. La notion d’arme est définie, depuis 2013, comme « tout objet ou dispositif conçu ou destiné par nature à tuer, blesser, frapper, neutraliser ou à provoquer une incapacité ». Bien évidemment, l’acquisition ou la détention d’une arme par un individu est subordonnée à des conditions préalables comme un motif légitime (activité de chasse ou de tir sportif, protection personnelle…), l’état de santé physique et psychique ou encore la préservation de la sécurité et de l’ordre publics.

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Sources d'approvisionnement en armes illicites

La source majeure d’approvisionnement en armes illicites sur le territoire national est constituée par les vols d’armes, commis tant au préjudice de particuliers que d’armuriers. L’immense majorité de ces armes, en l’espèce 78 %, est soumise à une simple déclaration lors de l’entrée en possession. Cette prépondérance tient à la réglementation allégée régissant la conservation de cette catégorie d’armes, comparée à celle imposée pour les armes soumises à autorisation préalable. En effet, elles doivent simplement être remisées hors d’état de fonctionner immédiatement. Il n’existe aucune obligation de conservation en coffre-fort ou au moyen de dispositifs empêchant que l’arme puisse être déplacée.

Il est évident que la présence d’une arme apparente et disponible lors d’un cambriolage incite davantage les auteurs à s’en emparer. En comparaison, les armes de catégorie B, dont le mode de conservation est plus sécurisé (obligation de stockage en coffre-fort ou en pièce forte adaptés aux matériels détenus), représentent une faible proportion (un peu plus de 10 %) parmi les armes dérobées. S’agissant des armes déclarées volées, classées comme interdites à l’acquisition et à la détention pour les particuliers, leur part est infime et représente 0,5 %.

Le monde des armes attire un certain nombre de passionnés, amateurs et collectionneurs parfois compulsifs. L’absence de véritable statut juridique qui permettrait à ces personnes d’assouvir leur passion, dès lors qu’elles n’ont pas la qualité de tireur sportif ou de chasseur, a conduit certaines d’entre elles à se constituer des collections d’armes à feu sur les circuits d’approvisionnement clandestins. Certes, une carte de collectionneur d’armes avait été créée en 2012.

Les enquêtes diligentées par la police ou la gendarmerie nationales démontrent que ces collectionneurs peuvent être amenés à détenir de très grandes quantités d’armes (parfois plusieurs centaines) en toute illégalité. Les bourses aux armes, y compris au-delà de nos frontières, sont des lieux propices aux ventes illicites. Dès lors, ces armes n’ayant fait l’objet d’aucun enregistrement au sein des fichiers s’avèrent parfaitement intraçables. Elles s’échangent dans un marché parallèle sans contrôle des autorités de l’Etat, ce qui entraîne nécessairement une certaine porosité entre ces amateurs déviants et les délinquants (voire les terroristes).

En outre, en cas d’interpellation, ces « collectionneurs » déviants plaident le fait que les armes constituent leur violon d’Ingres, escomptant ainsi obtenir une certaine mansuétude de la part des juges. Si l’idée est dorénavant largement répandue que les délinquants utilisent le Darknet pour procéder à des acquisitions et des ventes illicites d’armes à feu sous couvert d’anonymat (utilisation de réseaux de type Tor), les trafiquants n’hésitent pas non plus à utiliser internet pour le faire avec des garanties d’anonymat similaires.

En effet, la vente d’armes ou d’éléments d’armes entre particuliers sur internet n’est pas prohibée dès lors qu’elle satisfait aux obligations imposées par la réglementation (notamment, depuis 2017, l’intervention d’un intermédiaire professionnel agréé). Il existe ainsi de nombreux sites Internet ou forums spécialisés dans la mise en relation entre les vendeurs et les acheteurs d’armes à feu. Identifier une transaction suspecte à partir de ces annonces s’avère particulièrement difficile pour les forces de l’ordre dans la mesure où les parties utilisent des pseudonymes, ce qui ne permet pas de connaître leur identité réelle.

Il est, par conséquent, impossible de vérifier d'emblée s’ils remplissent les conditions légales liées à la détention ou à l’acquisition d’une arme à feu. De la même manière, les vérifications sur la provenance licite de l’arme proposée à la vente sont impossibles faute de numéro de série apparent. En outre, les indications fournies sur cette arme peuvent être parcellaires, ce qui empêche de déterminer sa classification exacte. Il est dès lors difficile d’identifier une infraction flagrante de vente prohibée.

Certes, la réglementation actuelle impose le recours à un intermédiaire professionnel pour finaliser la vente. Toutefois, si les parties s’entendent, rien ne s’oppose à la réalisation d’une transaction illicite.

Harmonisation européenne et failles sécuritaires

En 1991, dans la perspective de la création du marché intérieur unique supprimant les contrôles aux frontières intracommunautaires, l’Union européenne adoptait une réglementation commune relative au contrôle de l’acquisition et de la détention d’armes. Or, des failles sécuritaires sont rapidement apparues dans ce dispositif et ont été largement exploitées par les criminels et les délinquants. Elles étaient en partie corrigées par une révision de la réglementation en 2008 avant d’être encore plus profondément révisées en 2017, consécutivement aux attentats perpétrés sur le sol français en 2015.

Neutralisation des armes à feu

Dès 1973, la réglementation française classait en détention libre les armes « neutralisées », rendues définitivement inaptes au tir de toute munition. Pour sa part, le dispositif européen adoptait une définition qui stipulait simplement que les armes neutralisées étaient celles « rendues impropres à leur usage par l’application de procédés techniques garantis par un organisme officiel », sans définir davantage les opérations à exécuter. En l’absence d’une norme commune précise, chaque pays européen élaborait sa propre réglementation, plus ou moins efficace et plus ou moins contraignante, pouvant aller jusqu’à de simples guides de « bonnes pratiques ».

Les filières d’approvisionnements intracommunautaires en armes illicites démarraient des pays où le processus de neutralisation était facilement réversible (exemple de l’Espagne ou de l’Autriche…) et où la réactivation ne nécessitait que des opérations simples ou le changement des pièces défectueuses vers les pays à la réglementation plus rigoriste. Pour remédier à cette situation, la réglementation européenne tentait en 2008 de corriger ces distorsions entre États membres, en précisant que toutes les pièces essentielles de l’arme (canon, carcasse, culasse…) devaient être rendues définitivement inutilisables.

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