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Contrairement aux idées reçues, peu de « live » de qualité de Pink Floyd dans la période dorée des seventies sont disponibles sur le marché hormis les bootlegs de plus ou moins grande qualité. « Live at Wembley 1974 » vient réparer cet oubli incompréhensible. Voici donc la chronique officielle de Forces Parallèles pour l’album live correspondant et enregistré durant la tournée The British Winter Tour ’74.

Beaucoup de lecteurs ont assisté au printemps 1974, aux quatre coins de la France, à la tournée dite « Gini », du nom de la boisson ayant servie de sponsor à celle-ci. Autant le dire tout de suite, cette réalisation va vous combler, en premier lieu, par sa qualité sonore surprenante pour un enregistrement réalisé il y a presque 50 ans.

Cependant, intéressons-nous à cet album qui n’a d’inédit que le fait de n’être jamais sorti sous le format vinyle jusqu’ici alors qu’il l’a déjà été sous format CD en 2011 à l’occasion de la réédition Immersion Box de cet album iconique sorti en 1973.

1974 est une année particulière pour Pink Floyd : le succès de TDSOTM a été tel que les membres du groupe ont cherché, par manque d’inspiration, à retarder le moment où il devait retourner en studio pour lui offrir un successeur. On a donc la maison de disque Harvest qui va en profiter pour sortir, coup sur coup, The Nice Pair qui n’est jamais que la réunion sur double LP des deux premiers albums du groupe, Masters Of Rock, une resucée de The Best Of Pink Floyd sorti en 1970, malheureusement avec une pochette tout ce qu’il y a de plus hideuse, et le double LP reprenant à l’instar de The Nice Pair les deux albums de Syd BARRETT, The Madcap Laughs et Barrett, albums produits et joués pour partie par GILMOUR, WRIGHT et/ou WATERS.

1974 a été aussi l’occasion d’innover pour le groupe en créant des films d’accompagnement pour les concerts à venir, mélanges d’images d’archives et d’autres spécifiquement tournées pour l’occasion, avant que Gerald Scarfe n’entre réellement en piste. Ces films seraient désormais projetés sur le nouvel écran circulaire de douze mètres de diamètre, devenu la marque distinctive des concerts du plus grand groupe de l’époque.

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Ces expérimentations étaient jouées en première partie et avant le clou du spectacle, à savoir l’intégralité de TDSOTM, lui-même suivi d’un rappel magique pour clore ces concerts. Pour information, le concert du 16 novembre a fait l’objet d’un enregistrement officiel dans sa seconde moitié, avec le rappel "Echoes", et a été diffusé par Radio One le 11 janvier 1975. C’est ce concert que nous avons ici, remasterisé pour l’occasion, moins "Echoes", malheureusement, que l’on retrouve, pourtant, dans un pressage CD japonais de 2011 sous le titre Live At The BBC et qui fait suite à TDSOTM enregistré ce soir là.

Justement, parlons-en, du son : là, vous pouvez y aller les yeux fermés et vous aurez une expérience immersive assez incroyable avec un groupe au sommet de sa forme. Lorsque l’on évalue les dynamiques sonores tout le long des dix titres, on perçoit qu’un travail monstrueux a été fait sur chacun des instruments ou sur les voix et, rien que pour ce fait, l’achat de ces supports, tant CD que vinyle, vaut très largement le coup. Selon certains sites spécialisés dans l’analyse faite par les spectogrammes, le pressage du vinyle est de bonne qualité sans problème dans le haut du spectre à l’identique avec la version studio. L'image sonore est très large et détaillée avec un équilibre sonore qui privilégie un peu plus le bas du spectre par rapport aux versions numériques. Il en est de même pour le CD qui propose une clarté incroyable et, même si les titres ne sont jamais qu’une version live d’un album que l’on connaît par cœur, ceux-ci ne sont pas exactement des copies conformes, le groupe se permettant parfois de légères improvisations, voire rallongeant de quelques secondes certains titres.

Ainsi, "Speak To Me" prend le temps de s’installer, "On The Run" gagne 1’30, "Money", plus de 2’00, sans parler de cette version allongée de "Any Color You Like" qui passe de 3’25 à 8’11 et qui est tout simplement magnifique par ce dialogue entre la guitare de GILMOUR et les claviers de WRIGHT. C’est par ce type de titres que l’on comprend mieux la complicité musicale entre les deux hommes, cette complicité que GILMOUR avait relevée lors du décès de son acolyte le 15 septembre 2008. En l’espèce, c’est simple, c’est le PINK FLOYD d’avant, celui de l’audace, que l’on entend pour la dernière fois.

Parce que, si l’on fait fi des bonus dispersés dans les différentes éditions antérieures, ce disque est réellement magique et fait plaisir au point que l’on pourrait presque préférer cette version à celle produite en studio en raison du caractère organique de la prestation du groupe.

Le 50ème anniversaire de "The Dark Side of the Moon"

Considéré comme l'un des plus grands albums de tous les temps, "The Dark Side of the Moon" fête ses 50 ans en mars 2023 avec la sortie d'un coffret collector, un livre, un concours de vidéoclips, des projections dans des planétarium ! Les fans pourront retrouver la première version LP autonome de Live at Wembley Empire Pool, London, 1974 ainsi qu’une nouvelle version remasterisée de "The Dark Side of the Moon". Un livre de photos est aussi inclus dans le coffret. On y présentera des clichés rares et/ou jamais vus auparavant. Le nouveau coffret de luxe comprend également le CD et le vinyle gatefold de l'album studio nouvellement remasterisé et l'audio Blu-Ray + DVD avec le mix 5.1 original et les versions stéréo remasterisées.

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Pink Floyd invite une nouvelle génération de fans à participer à un concours pour créer des vidéoclips pour l'une des 10 chansons de l'album emblématique de 1973. Le groupe souhaite donner à tous les animateurs l'occasion de présenter un regard neuf sur ces œuvres sonores intemporelles. Les animateurs peuvent entrer jusqu'à 10 vidéos, une par chanson de l'album. Un gagnant sera sélectionné parmi un panel d'experts qui comprendra Nick Mason , Aubrey " Po" Powell ( directeur créatif de PINK FLOYD ) et leBFI ( British Film Institute ). La date limite de soumission est le 30 novembre 2023.

Sorti en mars 1973, l'album "The Dark Side of the Moon" a la particularité d'avoir été jouée en concert dès le début de 1972. Les morceaux ont été travaillés et retravaillés pendant plus d'un an face au public avant de les enregistrer au studio Abbey Road, à Londres, en Angleterre. "The Dark Side of the Moon", contrairement à d'autres productions du groupe, a approfondi des thèmes plus complexes tels que la vie moderne, la maladie mentale, la mort et le passage du temps, un fait qui a positionné l'album comme l'un des meilleurs albums de rock de tous les temps.

L'expérience Wembley 1974

Transcription et traduction de l’article The Pink Floyd - Empire Pool, Wembley de Michael Wale, paru dans le Times du 15 novembre 1974. Chacune de ces chanson apparait être, et ce, dès la première écoute, un morceau de bravoure pour Roger Waters (basse et chant), Rick Right (sic) (claviers), Dave Gilmour (guitare et chant) et le patient Nick Mason (percussions) qui conduit la troupe efficacement. Si un musicien se dégage, il s’agit de Rick Right qui emmène le premier morceau, Shine On You Crazy Diamond. Ensuite intervient la guitare de Gilmour, assénant des accords mystérieux avant que la voix de Waters ne déchire l’air avec ces paroles : “Remember when you were young, you shone like the sun. Shine on you crazy diamond” (Souviens-toi lorsque tu était jeune, tu brillais tel le soleil. Brille diamant fou). La chanson, aérienne, fut une bonne entame de soirée. On peut déjà y voir un chemin différend de celui emprunté par Dark Side of The Moon, avec des réminiscences de rock plus classique comme les riffs de guitare de Gilmour et ceux de basse de Waters.

Ils utilisent maintenant de magnifiques films comme accompagnements qu’ils projettent sur un immense écran circulaire au dessus d’eux. Le sommet est Money qui est devenu un tube en Amérique mais qui n’a jamais été sortit en single au Royaume-Unis. De façon assez ironique, c’est l’argent gagné par les ventes incroyables de Dark Side of The Moon qui a entrainé la traversée du désert du groupe.

Wish You Were Here : Un Retour sur le Passé

Vous souvenez-vous quand vous étiez jeune ? Les membres de Pink Floyd (à l’exception du batteur Nick Mason) ne semblent pas apprécier cette pensée, mais ces premières paroles de « Shine On You Crazy Diamond » évoquent parfaitement l’esprit du coffret du 50e anniversaire de Pink Floyd, une rétrospective à 360 degrés du sommet de la pyramide du groupe. Cinquante ans plus tard, l’album studio brille toujours plus fort thématiquement et musicalement que Dark Side, ainsi que les deux albums qui l’ont suivi. Les paroles de Roger Waters restent cyniques - critiquant le conformisme sociétal (« Welcome to the Machine »), l’industrie du disque (« Have a Cigar »), et la vacuité de l’humanité dans son ensemble (la chanson titre) - mais il y a des lueurs d’espoir et d’humour qu’aucun mur ne pourrait confiner.

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Le matériel bonus soulève beaucoup de questions « et si ? », montrant différentes directions que le groupe aurait pu prendre. Il commence par trois chutes précédemment publiées dans le coffret « Immersion » : « Wine Glasses », la première esquisse de Gilmour pour « Shine On », avec un bourdon fourni par un doigt sur un verre de vin ; une version de « Have a Cigar » avec Waters ricanant les paroles (la performance de Harper est meilleure) ; et une magnifique interprétation de « Wish You Were Here » avec un solo de violon du virtuose du jazz Stéphane Grappelli, qui enregistrait dans le même studio.

Le matériel bonus inédit commence par un mixage brut de 19 minutes d’une répétition instrumentale de « Shine On » qui montre ce que la chanson aurait pu être en tant que suite complète. Elle démarre autour de la Partie II et présente l’improvisation brillante de Gilmour et la ligne de basse funky de Waters dans la Partie V, qui transitionne vers la Partie VI, en faisant l’un des rares enregistrements reliant l’opus en une pensée complète. À l’origine, la chanson devait occuper une face entière d’un LP, comme « Atom Heart Mother » et « Echoes ».

Les deux versions de « Wish You Were Here » incluses parmi les chutes montrent comment Gilmour, spécifiquement, a développé la chanson. L’enregistrement « Take 1 » a un solo de guitare acoustique prononcé au début avec des contours différents de la version album, et il semble plus hésitant à délivrer les paroles de Waters, essayant même un rythme différent pour le refrain d’adieu « Wish you were here ». Sans les effets radio flous ou le grand solo de guitare contemplatif à la fin, cela ressemble plus à une chanson de cow-boy au coin du feu que les Eagles auraient pu enregistrer qu’à la déclaration poignante à laquelle ils sont finalement arrivés. Le mix « pedal steel instrumental » est exactement cela : c’est la version album avec Gilmour jouant de la guitare country-rock angélique tout du long.

L’édition vinyle du coffret inclut un maxi 45 tours avec deux enregistrements live du coffret « Immersion », un « Shine On You Crazy Diamond » rare et ininterrompu de 20 minutes et un « You’ve Got to Be Crazy » de 18 minutes, capturés au Wembley Empire Pool de Londres en 1974.

Conclusion

Si cette réédition d’un live d’excellente qualité sonore de la tournée The Dark Side of The Moon du Pink Floyd est évidemment un événement incontournable pour tout amateur de Rock, elle l’est sans doute encore plus pour moi : cette tournée me donna l’occasion, à l’époque, d’assister à mon premier concert, alors que j’étais encore adolescent… le premier de nombreuses centaines au cours des décennies qui suivirent.

En novembre 1974, à Wembley, où sont enregistrés les morceaux composant ce live, nous n’en sommes heureusement pas encore là : si le groupe a clairement dit adieu à sa première et à sa seconde époque, il n’est pas encore totalement entré dans l’ère « watersienne » de la démesure - qui se profile quand même avec une mise en scène lumineuse et visuelle ambitieuse. Mais puisque nous n’avons droit avec ce The Dark Side of The Moon Live 1974 qu’à la version sonore, il nous est facile d’écouter cette musique en fermant les yeux… ce qui était au milieu des années 70 la pratique courante, les images étant encore sensées se former dans notre tête et non nous être imposées par des vidéos… Ecouter cette musique pour, éventuellement, revoir notre jugement sur l’album studio.

Et impressionnant, ce live l’est, en particulier dans ses moments les plus classiquement Rock (Time, et surtout Money bien sûr) où même les vocaux toujours perfectibles de Gilmour - à la voix particulièrement rock, pardon rauque - passent comme une lettre à la poste : l’énergie qui se dégage des titres surpasse la virtuosité et la précision bien connue des musiciens, et la musique devient littéralement énorme. Bien sûr, les solos de Gilmour, porté par l’enthousiasme du public, et logiquement magnifiquement étirés, sont littéralement phénoménaux.

A l’inverse, la magnifique performance vocale des chanteuses soul/gospel Carlena Williams et Venetta Fields, ainsi que les nombreuses parties saxo de Dick Parry élèvent encore des titres comme The Great Gig In the Sky et Us and Them vers des sommets de beauté et d’intensité qu’ils n’atteignaient pas sur la version studio. Et si la conclusion de Brain Damage / Eclipse reste un peu anecdotique par rapport à la majorité de ce qui a précédé, nous avons encore ici le bonheur d’entendre une interprétation magistrale de Any Coulour You Like, long instrumental où Wright et Gilmour semblent revenir au travail magique qu’ils effectuaient sur les albums précédents.

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