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Le flashball, une arme présentée comme non-létale, est au cœur de nombreuses polémiques en raison de son imprécision et des blessures graves qu'elle peut occasionner. Cet article se penche sur les dangers potentiels de cette arme, les règles d'utilisation, la formation des policiers et les appels à son interdiction.

Témoignages de Victimes

Un procès de plus autour de cette arme puissante mais imprécise qui crée la polémique.

Patrice Gabart, correspondant de RTL dans l'Ouest, a pu rencontrer Jean-François Martin, étudiant en géographie âgé de 20 ans qui a perdu l’usage de son œil gauche lors d’une manifestation à Rennes (Ille-et-Vilaine) contre la loi Travail en avril 2016. "Je me souviens de tout, je n'ai perdu conscience à aucun moment vu comment je pissais le sang. Je ne voyais plus de l'oeil gauche, j'ai compris que c'était très grave", se souvient-il.

Il y a eu 23 cas d’œils crevés selon le décompte très minutieux de L'Action des chrétiens pour l'abolition de la torture.

Florent Castineira a été éborgné par un tir de Flashball le 21 septembre 2012 par la brigade anticriminalité de Montpellier.

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Montreuil, le 8 juillet 2009 : six tirs de Flashball, six blessés dont Joachim Gatti, éborgné. Montreuil, le 8 juillet 2009 : six tirs de Flashball, six blessés.

Le 27 décembre 2013, lors d’une manifestation des sapeurs-pompiers à Grenoble, Quentin Charron, 31 ans, s’écroule, violemment touché au visage par un projectile.

Yann Zoldan, 26 ans, a déposé plainte jeudi 24 avril après avoir été grièvement blessé par un tir policier le 21 avril à Toulouse, lors de l’évacuation de deux squats.

Selon notre décompte, depuis 2004, plus d'une trentaine personnes ont été grièvement blessées par des lanceurs de balle de défense en France. Parmi elles, quatorze ont perdu un œil. Et un homme est décédé à Marseille en décembre 2010.

Règles d'Utilisation et Formation des Policiers

À quoi servent ces armes introduites en réponse aux « violences urbaines » ? Le flashball est censé être une arme visant à «impressionner (...) les voyous», selon Nicolas Sarkozy. Pour la direction générale de la police nationale, ses balles en caoutchouc ne peuvent pénétrer dans le corps.

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Cadre Légal et Consignes d'Usage

S'il y a un cadre légal très strict autour de ces armes, les consignes d’usage, elles, sont bien plus floues. Désormais, plus de distance minimum mais une distance optimale, à savoir là où le tir sera le plus efficace. On ne dit plus non plus : "Ne tirez pas sur le cœur ou sur les parties génitales". Les zones de tirs ont en effet été étendues.

Formation des Policiers

Si ces consignes sont rappelées aux policiers, la formation au Flash-Ball est, elle, express : 6 heures et 5 cartouches tirées sur des cibles statiques suffisent à obtenir l’habilitation. Ensuite, les policiers doivent suivre des entraînements tous les deux ans. Ces règles sont insuffisantes selon les syndicats policiers.

D’autant que comme chaque cartouche coûte chère, environ huit euros, ces remises à niveau sont donc parfois annulées pour des raisons budgétaires.

Imprécision de l'Arme

De surcroît, les consignes et les entraînements, c’est une chose. Mais cela ne changera jamais le fait que le Flash-Ball reste très imprécis. Benoit Narbey est bien placé pour s'en rendre compte. C'est lui qui dirige, auprès du Défenseur des droits, la section qui enquête sur ces blessés au Flash-Ball. "Il y a un écart de trente centimètres entre le point visé et le point atteint à la distance optimale de tir qui est de 7 mètres, c'est énorme.

Vers une Interdiction du Flashball?

Face aux dangers que représente l'utilisation du Flash-Ball, la police des polices va plus loin et atteste que cette arme est "obsolète" et qu'il faut l’abandonner au plus vite.

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Le gouvernement ne veut pas donner d’échéance mais dans tous les commissariats, les Flash-Ball sont en train d'être remplacés par des lanceurs de balles, équipés d'un viseur donc plus précis.

Un an après un rapport très sévère du Défenseur des droits, police et gendarmerie cherchent une nouvelle doctrine d'utilisation de ces « lanceurs de balles de défense », le Flashball et son successeur.

Malgré deux cas de blessure dans la nuit du 13 au 14 juillet, le gouvernement rejette toute réflexion sur l'usage des lanceurs de balle de défense, et vient de refuser, ce mercredi 22 juillet, le moratoire sur le Flash-Ball Super-Pro demandé par le Défenseur des droits.

Alors que deux adolescents ont vraisemblablement été blessés le14 juillet par des tirs de lanceurs de balle de défense, le tribunal administratif de Nice a reconnu pour la première fois le 9 juin 2015 qu’il s’agissait d’une arme « comportant des risques exceptionnels ».

La gendarmerie et la police nationales ont adopté le 2 septembre 2014 des règles d’utilisation communes pour les lanceurs de balle de défense, le pistolet à impulsion électrique et les grenades de désencerclement.

En France, diverses associations et collectifs entendent s'appuyer sur les événements de Ferguson (États-Unis) et sur la mort du militant écologiste Rémi Fraisse pour imposer la question des violences policières dans le débat public.

Cinq ans plus tard, une juge d'instruction a décidé de renvoyer l'ensemble des policiers tireurs devant le tribunal correctionnel.

Décisions de Justice et Condamnations

Dix-huit mois de prison avec sursis ont été requis le 27 janvier 2017 contre Xavier Crubezy, le policier qui en 2010 avait tué Mustapha Ziani par un tir de Flash-Ball dans un foyer de travailleurs étrangers à Marseille.

Le 5 mars 2015 se tient le procès du policier qui, en octobre 2010, avait grièvement blessé au visage Geoffrey Tidjani avec son lanceur de balles de défense.

tags: #flashball #danger #mortel

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