Paul Gibier était un médecin et bactériologiste français, dont la vie a été marquée par une carrière scientifique rigoureuse et un intérêt profond pour les phénomènes psychiques. Cette biographie explore son parcours, de ses études médicales à ses recherches sur le spiritisme.
Né en 1851, Paul Gibier a entrepris des études de médecine et est devenu interne des hôpitaux de Paris. Il s'est passionné pour les sciences et est devenu un disciple de Louis Pasteur. Plus tard, il a été nommé directeur de l'Institut Pasteur à New York, témoignant de son engagement envers la recherche scientifique et la lutte contre les maladies contagieuses.
En tant que directeur de l'Institut Pasteur à New York, Gibier a dirigé un laboratoire de recherche privé pionnier, chargé de développer des remèdes biomédicaux, notamment des vaccins et des antitoxines. Son travail a contribué de manière significative à l'avancement de la science médicale et à la protection de la santé publique.
En 1885, Paul Gibier a commencé à s'intéresser aux phénomènes spirites et a mené des recherches pendant dix ans dans son laboratoire avec divers médiums, dont Slade et Mme Salmon. En 1886, il est également devenu naturaliste au musée d'histoire naturelle de France. Son intérêt pour le spiritisme l'a amené à étudier le somnambulisme provoqué, l'hypnotisme, la suggestion et les phénomènes liés au magnétisme animal.
Dans ses écrits, Gibier traite du phénomène spirite d'un point de vue psychique, en particulier de l'écriture directe qu'il a souvent obtenue avec le médium Slade. Il a été particulièrement frappé par le fait que Slade, peu instruit en anglais et ne connaissant aucune autre langue maternelle, obtenait des communications en français et dans des langues dont le caractère graphique était différent, comme l'allemand et le grec.
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Depuis quelque temps, il est beaucoup parlé de questions qui, on doit le reconnaître, étaient de longue date reléguées parmi les pires fantaisies de l'esprit humain et dont il n'était fait mention que pour les signaler à la défiance, sinon au mépris des honnêtes gens.
La réaction qui a suivi l'usurpation ultra spiritualiste des religions à dogmes despotiques et à miracles inexpliqués, mais en même temps indiscutables, la critique passionnée du dix-huitième siècle s'attaquant à tout ce qui heurtait le non sens et la conscience, les colères suscitées légitimement par la tyrannie des thaumaturgies persécutrices, avaient déterminé une résistance nécessaire contre les spéculations dont l'absurdité était le moindre tort et qui servaient d'instrumentumrogni à toute une horde d'exploiteurs de la crédulité humaine.
Les superstitions et les crimes commis pour les imposer aux raisonnants avaient déshonoré, souillé l'idéal : la raison humaine, d'un effort violent, reconquit ses droits, et, dans l'orgueil sain de sa libération, jeta le vieux monde à bas, en bloc.
L'arrêt fut rendu, expliqué par des considérants de légitime colère : les fils de la Révolution se chargèrent de l'exécuter et ils le firent dans toute la plénitude de leur indépendance recouvrée.
Enfin la pensée était libre, il n'était plus de domaine systématiquement fermé à l'examen, il n'était plus de porte devant laquelle se dressât le Chérub de la Genèse, dardant son épée de feu et criant : - Tu n'iras pas plus loin.
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Le dix-neuvième siècle bénéficiera dans l'histoire de cette situation exceptionnelle. Né de la nuit, il sera une aurore. Il aura la gloire d'avoir vu Prométhée, délivré de ses chaînes, s'élancer de nouveau à la conquête de la vérité, et si cette joie ne lui est pas donnée d'acclamer le triomphateur parvenu à son but, tout au moins l'aura-t-il suivi des yeux pendant les premières phases de la lutte, et lui aura-t-il fourni des armes pour les combats futurs.
En jamais, plus loin qu'en notre temps, n'aura été porté l'esprit de l'investigation correcte, la passion probe de l'expérience otdel'anaJyse.
Le positivisme a imposé silence aux rêveurs et aux menteurs de parti pris : la science, s'emparant du domaine de l'expérimentation pure, a rejeté résolument tout ce qui lui était étranger, s'interdisant toute incursion dans le champ, dit mélaphysique, déclaré par un arrêt subsidiaire au premier, à jamais fermé à la connaissance de l'homme.
« Ignoramus et ignorabimiis, » dit Du Bois Reymond, commentant sans y prendre garde le mot de l'Ecclésiaste : « Ne médile pas sur une chose qui est trop au-dessus de toi ! »
Pourquoi donc? De quel droit venir poser une barrière devant l'activité humaine? De quel droit venir nous dire ; Vous étudierez ceci, mais nous vous interdisons d'étudier cela ! Ainsi parlaient les persécuteurs d'autrefois; ils traçaient un cercle, quiconque tentait de le franchir était criminel, Il est vrai que de notre temps on ne brûle plus, on ridiculise. Quand même on cherche à tuer.
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Cependant certains hommes, au nom de cette liberté d'examen que nos pères ont conquise, s'obstinent à travailler, à marcher en avant, et à mesure qu'ils font un pas, les barrières imaginaires se reculent devant eux, chaque jour qui s'écoule marque la conquête d'un pouce de terrain nouveau.
La science, et c'est la véritable mission qui lui avait été léguée par les siècles passés, a mis les penseurs en garde contre les suggestions séduisantes de l'imagination : mais où elle a exagéré ses droits, c'est lorsqu'elle s'est montrée aussi intolérante que les religions, englobant dans une réprobation irréfléchie les utopistes - qui sont peut-être les savants de demain - et les investigateurs sensés qui découvraient des horizons dont elle s'obstinait, quand même, à nier l'existence.
Elle s'oppose, formidablement, usant de toutes les armés morales dont elle dispose, au mouvement qui, jugé superficiellement, semble l'expression d'une réaction nouvelle, provoquée par l'intolérance des Académies, substituées aux Églises, mais qui, étudié en dehors de toute routine et de tous préjuges, répond à la loi inéluctable du progrès intellectuel de l'humanité.
Sont-ce donc tous des fous ou ce qui serait plus grave, des renégats, ces hommes qui, ayant consacré leur vie à la défense de la Liberté de pensée, se sont dit un jour et ont osé dire aux autres : « Il semble en vérité qu'en dehors de ce qu'on appelle la matière, dans le sens étroit du mot, il y ait autre chose. »
Ces gens ont-ils glissé, par une débilitation cérébrale, de l'incrédulité la plus implacable à la foi aveugle et stupide qu'ils raillaient tant naguère?
Cette question, la première qui se pose même devant les esprits les moins malveillants, repose sur une première erreur dont il convient de faire justice.
Il semble, et les préjugés courants entretiennent cette confusion, qu'il existe deux mondes, absolument distincts, le monde de la matière, et l'autre.
C'est ainsi qu'avant les découvertes de la science moderne, on séparait en domaines absolument spéciaux les minéraux, les végétaux et les animaux. Chacun de ces groupes avait ses limites infranchissables, aucun lien n'unissait la pierre à la plante, le végétal à l'animal.
De trois divisions on était ensuite arrivé à deux, le monde organique et le monde inorganique, Aujourd'hui qui oserait soutenir unesemblable thèse?
Où commence, où finit le monde organique ? Les minéraux vivent, sont sensibles, évoluent et meurent, Marco Pilo l'a prouvé ; certaines plantes sont si proches des animaux que les observations les plus minutieuses ne peuvent leur assigner une place définie dans l'échelle des êtres.
Voici que grâce aux travaux de Darwin, d'Huxley, d'Haeckel, leur continuateur génial, la Nature apparaît dans une unité superbe, emportée tout entière par le courant d'évolution qui, mûrissant, pour ainsi dire, ses éléments les plus bruts en apparence, les vivifie et universalise le travail de la semence, de la germination, de la floraison, de la fructification universelles.
Soit, dit-on, mais la limite est atteinte, L'homme est l'expression la plus parfaite de cette évolution. Il est à la fois le but et la limite. Quand il meurt, la nature a accompli son oeuvre et n'a plus qu'à revenir en arrière. L'homme mort; son corps se désagrège, les éléments qui le constituent retournent à la terre, grand et éternel creuset de l'évolution.
Après tout, c'est possible. Cependant il semble bien étrange que cette force dont nous constatons le mouvement s'arrête ainsi tout à coup, se heurte comme à un mur à cet acte qui s'appelle la mort, et que l'évolution soit achevée parce qu'un animal, un peu mieux organisé que les autres, a vécu un certain nombre d'années. Nous revenons à la Genèse...
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