Les magnétophones Revox G36, bien que réputés pour leur qualité sonore, peuvent parfois présenter des dysfonctionnements. Un problème fréquemment rencontré concerne les touches de lecture et de rembobinage qui cessent de fonctionner.
Voici les étapes à suivre pour diagnostiquer et réparer une panne de transport de bande sur un Revox G36 :
Le Revox A77 est un magnétophone à bobines dont la première version est sortie en 1967. Il est le premier modèle de la marque à être entièrement transistorisé contrairement au modèle précédent, le G36, qui était à lampes. Pas loin de 290 000 exemplaires, toutes révisions confondues, furent fabriqués durant les 10 années de son existence. La plus part pouvaient fonctionner aux deux vitesses de 9,5 cm/s et de 18 cm/s, les faisant rentrer dans la catégorie des appareils semi-professionnels. D’après le manuel de service de cet appareil, on voit qu’il a existé 3 variations du modèle le plus courant pouvant enregistrer à 2,37 ou 4,75 cm/s, 4,75 ou 9,5 cm/s et 19 ou 38 cm/s faisant rentrer ce dernier dans la catégorie professionnelle. Il enregistre en stéréo (2 pistes) sur de la bande magnétique de 1/4’’ de large. Ce modèle enregistre ses 2 pistes que sur une moitié de la bande. pistes sont plus larges, la qualité de l’enregistrement est meilleure. Diagramme montrant les pistes 1 et 2 (voies gauche et droite en stéréo) qui occupent tout l’espace de la bande dans un seul sens : Du fait de son côté qui fait « gros magnéto sérieux », on pouvait le retrouver dans certains films au cinéma avec la thématique d’espionnage. Exemple ici avec quelques images du film « Le grand blond avec une chaussure noire » de 1972 : Mon modèle est précisément un Revox A77 MK4 à 4 pistes.« MK4 » pour la 4e et dernière version du A77 qui a été produite entre 1974 et 1977 par la marque Revox de l’entreprise suisse Studer d’après cette page Wikipédia. Lors de cette réparation, j’ai trouvé une date marquée avec un tampon sur le châssis, derrière le panneau avec les boutons en façade et qui indiquait « 9 Mai 1978 ». Cela pourrait être la date de fabrication en usine mais on est 1 an après l’arrêt théorique de fabrication de ce modèle. Est-ce qu’il y a eu d’autres exemplaires fabriqués après 1977 ? Ou est-ce une date d’une réparation ? Mystère. J’ai trouvé mon exemplaire sur eBay en 2009 pour un peu moins de 80€, un prix correct pour du matériel de qualité, fonctionnel, en l’état et qui a de l’âge.
En façade, sur la partie supérieure, on a les deux support pour bobine avec les attaches dites « trident » (tri-dent … 3 dents …) pour y mettre toutes les bobines nécessitant ce type d’attache. Il y a un système de verrouillage à ressort qui permet d’éviter que la bobine se déloge du support lorsqu’elle tourne lorsque le magnétophone est en position verticale comme la plus part du temps. Vu que ce magnétophone est assez grand, il peut accueil des bobines de 10’’ (soit 26,5 cm) de large. Dans cette taille, on trouve toujours des bobines avec attache « trident » mais aussi des bobines professionnelles nécessitant une attache centrale dite « NAB ». Heureusement, il existe des adaptateurs amovibles appelés « adaptateur NAB » qui permettent d’utiliser ces bobines sur des supports « trident ». Toujours en façade, sur la partie inférieur maintenant, on a tous les boutons de contrôle.
A droite, il y a le bouton de mise sous tension qui permet également de sélectionner la vitesse (« 3 3/4 » pouces/s pour 9,5 cm/s et « 7 1/2 » pouces/s pour 19cm/s) et indiquer le diamètre de bobine utilisée (gros rond pour grande de 26,5cm ou petit rond pour les autres). Tout à gauche, on a les boutons classiques qu’on trouve habituellement sur tous les magnétophones , ceux de rembobinage, avance rapide, lecture, stop et d’enregistrement. En dessous, deux boutons rotatifs avec chacun 2 réglages. Petit aparté sur les normes d’égalisation NAB et IEC : Ce sont deux normes qui étaient en vigueur dans les studio d’enregistrement à l’époque de l’appareil. La norme NAB (National Association of Broadcasters) vient des Etats-Unis. La norme IEC (International Electrotechnical Commission) ou CCIR (Comité Consultatif International des Radio Communications) est européenne. Les deux appliquent une égalisation différente. Le résultat sonore sera moins bon si on tente de lire une bande avec une égalisation différente de celle utilisée à l’enregistrement. Ce magnétophone enregistre en suivant la norme NAB seulement. Original pour du matériel fait en Europe non ? Puis, au dessus, on a 2 vu-mètres à aiguille qui indiquent le niveau du signal sélectionné en entrée afin de les ajuster lors de l’enregistrement.
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A gauche et a droite des vu-mètres, deux boutons avec un point rouge. Quand ils sont enfoncés, ils autorisent l’enregistrement sur le canal concerné lorsque le magnétophone est en mode « enregistrement ». Il est possible bien sûr d’enregistrer sur les deux voies en même temps lors d’un enregistrement stéréo mais on peut enregistrer en mono sur une seule voie lors qu’on veut économiser de la bande lorsque la stéréo importe peu ou lors des montages audio lors de la copie d’une piste vers une autre. Et au milieu, un ensemble de connecteurs Jack 6,35mm avec un connecteur stéréo pour un casque et deux connecteurs mono pour deux microphones séparés pour les canaux gauche et droite. Au centre, on a un rabat qu’on peut abaisser pour révéler le passage de bande et l’accès aux têtes qui lisent, enregistrent et effacent les deux pistes sur une moitié de bande. Ensuite, à l’arrière de l’appareil : Vu les traces présentes sur la grille d’aération en bas, mon magnéto n’a pas dû être bien stocké par son ancien propriétaire quand il ne s’en servait plus ... Sur le côté droit, on a une trappe qui permet d’accéder au sélecteur de tension et au fusible. Au dessus, en relevant la poignée de transport, on a (de gauche à droite) :- Le connecteur d’entrée d’alimentation avec un connecteur IEC C9- La sortie audio (max 2,5V et impédance 600 Ω) avec deux connecteurs RCA- L’entrée « radio » avec un connecteur DIN- Une autre entrée microphone haute ou basse impédance avec deux connecteurs RCA. D’après la documentation technique du magnéto, lorsqu’on utilise cette entrée et les connecteurs Jack 6,35mm pour microphone en façade simultanément, les signaux des canaux respectifs sont mélangés. Il n’y a de moyen de sélectionner uniquement les connecteurs arrière ou en façade.- L’entrée auxiliaire avec deux connecteurs RCA- Deux sorties haut-parleur avec connecteurs DIN haut-parleur. Même si ces connecteurs étaient toujours présent, il n’y avait pas forcément d’amplificateur interne dans le magnétophone pour les utiliser car c’était une option.- Le connecteur pour la télécommande filaire ici remplacé par une prise sans fil qui en ressort nommé « dummy plug ». Rien de bien étonnant vu son âge mais ça reste très honorable qu’il ait mis autant de temps pour avoir des problèmes. En 2017, après au moins 40 ans de bon et loyaux services, j’ai eu une première panne. Lorsque j’ai voulu rembobiner, le magnétophone a grillé son fusible et une petite fumée est sortie de l’appareil. Cela m’a donné une raison pour l’ouvrir pour la première fois.
Pour accéder à l’intérieur, il faut extraire le châssis du coffret en bois en retirant 4 vis à l’arrière et sans oublier de retirer le petit connecteur « dummy plug » qui se trouve sur la prise servant à une télécommande filaire. La fumée venait une résistance qui avait cramé à cause d’un condensateur film de marque RIFA qui s’était mis en court-circuit. A cette époque, je ne connaissais que vaguement la réputation défectueuse dans le temps des condensateurs film de cette marque. :D Après remplacement par un condensateur film de la même valeur que j’avais en stock, de la résistance cramée et du fusible, le magnétophone était repartit ! Mais dernièrement, j’avais le volume d’une des voies qui avait baissé lors de l’écoute de bandes. Cela m’obligeait à utiliser le bouton de réglage de balance pour corriger la situation. C’est pas bien méchant mais quand le réglage de balance a dû retrouver à fond d’un côté et qu’à force, cela ne suffisait plus, c’était moins agréable pour profiter d’une écoute. J’avais du coup de moins en moins confiance en son électronique pour enregistrer de nouvelles bandes. On peut rajouter à cela que les potentiomètres crachotaient et que les boutons rectangulaires de lecture, stop, avance rapide … avaient tendance à coincer. De plus, depuis que je l’ai, j’ai toujours remarqué que les moteurs des bobines avaient du mal à terminer un rembobinage et que je devais aider d’appareil en poussant les bobines à la main.
Et depuis la réparation de 2017, j’ai eu le temps de découvrir toute la réputation des condensateurs film RIFA qui se détériorent, voir qui explosent, avec le temps. Je me suis dit qu’il était alors temps de lui redonner complètement une jeunesse afin de pouvoir m’en servir à nouveau. 3) Analyse générale : Premier chose à faire, réouvrir le bestiau pour faire une analyse générale de l’état de ce magnétophone. On commence par retirer les 4 vis à l’arrière : Retirer le connecteur « dummy plug » sur la prise pour une télécommande : Il est possible alors de sortir le châssis du coffret en bois. Ouvrir la trappe du sélecteur de tension et pousser. Le châssis ressort ensuite par l’avant de l’appareil. S’aider des deux mains pour extraire le châssis complètement du coffret. Puis on a accès à l’intérieur de la bête ! A l’intérieur du coffret, on trouve des choses intéressantes ... Il y a un diagramme indiquant les valeurs pour 2 fusibles de l’alimentation ainsi que ceux pour les cartes d’amplification optionnelles pour haut-parleurs internes (non présentes ici) : Dans le fond du coffret en haut, il y a une drôle de prise qui ressemble avec une prise de courant. Elle s’enfiche dans ce connecteur juste à côté de celui de l’alimentation qui permet de faire passer le courant entre le connecteur d’alimentation et l’électronique de l’appareil. Du coup, lorsque le châssis est retiré du coffret, le courant ne peux pas passer dans l’appareil même si le câble d’alimentation est branché et relié au secteur. S’il y a quand même besoin d’avoir du courant dans l’appareil alors que celui est hors de son châssis, il y a moyen d’utiliser les vis du coffret en bois et de les mettre dans le connecteur. Elles font pile la taille pour les mettre en place en vissant sans qu’elles déterrement quoi que ce soit. Attention par contre : elles sont en contact avec l’électricité venant du secteur ! Ça peut piquer un peu si on ne fait pas gaffe ! Vu la largeur, on pourra penser qu’on pourrait utiliser une prise de courant toute bête mais les trous des contacts sont légèrement plus espacés.
Donc, alors, cette première analyse de l’électronique : La précédente réparation est toujours là et tient toujours. Il est encore 2 condensateurs RIFA bien craquelés juste à côté prêts à péter ! Cette carte, où se trouve ces composants, s’occupe de la commande des différentes parties de l’appareil lorsqu’on lance la lecture, le rembobinage ou autre. Il y a des gros relais qui permettant d’activer des solénoïdes et des moteurs. Sur les cartes modulaires situés sur la partie inférieur de l’appareil, on trouve pas mal de condensateurs chimiques (cylindres jaunes) et beaucoup de condensateurs au tantale (certains bleus, d’autres verts). Elles gèrent l’amplification des signaux en entrée, l’enregistrement, la lecture et génère des signaux pour l’effacement et l’enregistrement. On peut voir également quelques condensateurs chimiques et tantales sur le circuit imprimé qui reçoit ces cartes modulaires, autrement appelé « fond de panier ». Ces condensateurs chimiques sont de marque FRAKO pour la plus part et RDE pour les autres. Ce type de condensateur se dégrade avec le temps, peut perdre en capacité, laisser passer un courant à travers ou tout simplement ne plus marcher du tout. Donc quand ils sont anciens, ils sont à considérer comme à remplacer. Personnellement, quand j’en vois dans du matériel grand public des années 80 ou d’avant, je les considère systématiquement comme « en panne ». Ils ne le sont pas forcément tous mais il y en a toujours qui le sont dans le lot et cela ne va pas aller en s’arrangeant avec le temps. Les condensateurs tantales c’est autre chose. Ils sont connus pour tomber généralement en panne en se mettant en court-circuit ce qui l’électronique n’apprécie pas toujours. Tant qu’ils marchent c’est bien. Par contre, quand la panne tombe … Vu qu’ils sont bien âgés déjà, je les considèrent comme à remplacer. Truc intéressant : sous le châssis et donc sous les cartes modules, on a des indications avec des trous à percer pour accéder aux potentiomètres de réglages internes de calibration situés sur ces cartes. Oh punaise ... Les condensateurs moteur ont leur électrolyte qui ressort ! Pas étonnant que le rembobinage avait des difficultés.
Il y a une carte électronique située sous le transformateur avec un autre condensateur RIFA et des condensateurs chimiques (cylindres jaunes). Elle s’occupe de gestion de la vitesse du moteur du cabestan (le gros truc rond noir en bas à gauche). La vitesse de rotation du moteur est détectée par un capteur situé à côté du moteur. L’électronique s’occupe ensuite de rendre cela le plus stable possible. Le potentiomètre marron visible à l’avant de la carte permet justement le calibrer la vitesse de rotation du moteur. Sur la gauche du transformateur, on trouve une autre carte électronique s’occupant de la régulation de tension pour tout l’appareil, possédant les fusibles et des gros condensateurs chimiques de marque Elko. On voit des emplacements vides de cartes modulaires à destination des cartes d’amplification optionnelles. Et maintenant, l’avant ! Si vous les faites, je conseille de faire les opérations qui suivent avec le châssis couché à plat. C’est plus pratique. Il faut commencer par enlever le panneau supérieur. Déjà commencer par baisser le rabat qui protège le passage de bande et retirer le cache des têtes en tirant dessus : Retirer ensuite les vis indiquées : Puis déclipser le panneau et tirant délicatement sur les 3 attaches pour les déverrouiller et les faire sortir. Il est alors possible de faire sortir le panneau. Il faut ensuite retirer la façade inférieure avec tous ses boutons. Les boutons rotatifs ainsi que leurs bagues peuvent être retirés simplement en tirant délicatement dessus. Pour le bouton d’allumage et de sélection de vitesse, retirer d’abord le cache décoratif (si sa colle ne tient plus comme avec le mien) et utiliser une pince pour tirer le bouton. Cela peut-être un peu dur, il faut y aller doucement. Retirer ensuite les deux vis indiqués derrière le rabat. Puis déclipser les 3 attaches. Et la façade peut être maintenant retirée en la levant. La machine est désormais entièrement à poil ! On peut voir seulement deux condensateurs film (en jaune) sur le seul circuit imprimé visible de ce côté de l’appareil : Lors de la réparation de 2017, j’en avais profité pour remettre une courroie entre la bobine réceptrice et le compteur par une que j’avais en stock. L’ancienne avait tout simplement disparue. Malheureusement celle-ci a commencé à se durcir donc il va falloir la cha...
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| Cause possible | Solution |
|---|---|
| Cellule infrarouge obstruée | Nettoyer la cellule |
| Fonction CUE activée | Désactiver la fonction CUE |
| Condensateurs RIFA défectueux | Remplacer les condensateurs |
| Transistor fuyard sur la carte logique | Remplacer le transistor |
| Câblage débranché ou endommagé | Vérifier et réparer le câblage |
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