Les Misérables de Victor Hugo, publié en 1862, est un roman qui retrace le destin de Jean Valjean, un ancien forçat, et de nombreux autres personnages dont les histoires s'entrecroisent. Parmi ces personnages, Cosette et Marius vivent une histoire d'amour emblématique dont la première rencontre a lieu dans un cadre particulier.
La rencontre entre Cosette et Marius se déroule dans un lieu significatif : le jardin du Luxembourg. Ce jardin public, lieu de promenade et de traverse, offre un espace de nature au cœur de la ville. Cependant, l'accès à ce jardin n'est pas universellement garanti, comme le souligne Hugo en évoquant l'exclusion des "petits pauvres".
Le roman multiplie les lieux géographiques, mais les nœuds du récit se nouent et se dénouent au sein ou à la lisière de jardins. La nature des jardins est non seulement le point de départ d’une réflexion sur le rapport entretenu entre la nature et l’humanité, mais également l’espace où les relations entre humains et non-humains sont horizontalement décrites. Les jardins fonctionnent de manière ambivalente avec les personnages, se détachent des archétypes littéraires et classiques et la nature s’y exprime librement, sans donner l’impression systématique d’être contenue ou maîtrisée. Ainsi, des basculements s’opèrent, les humains se retrouvant maîtrisés et dominés par les saisons et la nature urbaine avec laquelle ils vivent.
Marius, élevé par son grand-père royaliste, découvre l'histoire de son père, un soldat de l'Empire, et se passionne pour les idéaux républicains. Il rencontre Cosette au jardin du Luxembourg et tombe immédiatement amoureux d'elle.
Cosette, quant à elle, a connu une enfance difficile sous la tutelle des Thénardier. Elle vit avec Jean Valjean, qui la protège et l'élève comme sa propre fille. Sa rencontre avec Marius marque un tournant dans sa vie, lui offrant la perspective d'un amour véritable.
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Hugo s'amuse à saturer ce passage des codes classiques de la scène de rencontre…. Cosette sort de chez elle et rencontre enfin Marius : « C’était lui » ! La scène en deviendrait presque caricaturale.
La scène de la rencontre entre Cosette et Marius se situe dans le Paris du XIXe siècle, une ville en pleine transformation, marquée par les inégalités sociales et les tensions politiques. Les Misérables incluent ces changements assez récents ; à propos de la maison Gillenormand et de son n° 6, l’auteur fait un commentaire : « le chiffre en a probablement été changé dans ces révolutions de numérotage que subissent les rues de Paris ».
Le roman explore les thèmes de la misère, de l'injustice et de la rédemption, tout en offrant une vision critique de la société de l'époque. C'est un roman résolument engagé, qui prend le parti des victimes de la société que sont les «misérables». Largement influencé par le roman-feuilleton remis à la mode par Eugène Sue, Les Misérables connaissent un véritable succès populaire.
Les Misérables comporte de très nombreux jardins que l’on peut réduire au nombre de neuf primordiaux, nommés et occupant une large place dans l’œuvre. Il s’agit du jardin de Monseigneur Myriel, invoqué dans le texte dans la première partie et présent du chapitre VI du livre premier au livre deuxième, chapitre XIII. Le Jardin des Plantes est le second jardin d’importance apparaissant dans le texte, présent en filigrane tout au long du roman (Hugo 2014 : II, 4, 1, p. 56 ; II, 5, 2, p. 581 ; III, 8, 14, p. 63 ; IV, 6, 2, p. 289 ; IV, 10, 3, p. 409). C’est également le cas du Jardin du Luxembourg qui apparaît dans le livre en III, 5, 5 (Hugo 2014 : 870), joue un rôle central en III, 6, 2 (Hugo 2014 : 883), et III, 6, 5 (Hugo 2014 : 890), est évoqué en III, 8, 1 (Hugo 2014 : 9) puis en IV, 3, 6 (Hugo 2014 : 216), et IV, 8, 7 (Hugo 2014 : 381) pour enfin être le cadre d’un dernier épisode en V, 1, 16 (Hugo 2014 : 599). Le jardin du Petit-Picpus, qui est l’un des deux jardins les plus décrits et les plus importants du texte apparaît en II, 5, 4 et est présent jusqu’à la fin de la seconde partie. En contrepoint de celui-ci se trouve le jardin de la rue Plumet, qui est nommé pour la première fois en III, 3, 1 (Hugo 2014 : 776), et constitue le fil rouge du texte jusqu’en IV, 14, 7 (Hugo 2014 : 512). Des jardins de moindre importance, mais toutefois imbriqués au récit complètent ce tableau comme le jardin de Hougomont, décrit dans le livre consacré à Waterloo (II, 1, 2, Hugo 2014 : 410) ou celui de Monsieur Gillenormand évoqué en III, 2, 2 (Hugo 2014 : 760), et prenant de l’ampleur à partir de V, 7, 1 (Hugo 2014 : 803) jusqu’à l’avant dernier chapitre du roman, en V, 8, 5 (Hugo 2014 : 878). Ces neuf jardins majeurs sont doublés de nombreux jardins, simplement évoqués, anonymes et sans réelle épaisseur romanesque se succédant tout au long du roman.
En conclusion, la rencontre entre Cosette et Marius au jardin du Luxembourg est une scène emblématique du roman Les Misérables. Elle illustre la capacité de Victor Hugo à mêler les destins individuels aux réalités sociales et historiques de son époque, tout en offrant une réflexion profonde sur la nature humaine et les possibilités de rédemption.
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