Le président américain Barack Obama a toujours exprimé sa volonté de lutter contre la prolifération des armes à feu. Dès son élection en 2008, il a manifesté son désir de restreindre la vente et le port d'armes. Cependant, pendant son premier mandat, d'autres sujets tels que la réforme de la santé et la réorientation de la politique étrangère ont été jugés prioritaires.
Quatre jours avant son investiture pour un second mandat, Barack Obama a exposé ses propositions pour un contrôle accru du port d'armes à feu. Ces mesures, bien que fortes, risquaient d'être invalidées par le Congrès. Le président américain a présenté un plan de contrôle des armes à feu, conforme aux propositions de son vice-président, Joe Biden, à qui il avait confié une mission de réflexion suite à la fusillade de Newton, qui avait fait 27 morts dont 20 enfants. Ces propositions étaient plus ambitieuses que jamais, dans un pays où le 2e amendement de la Constitution - sur le droit de porter une arme - est considéré comme sacro-saint par une frange de la population.
Barack Obama a notamment préconisé le rétablissement de l'interdiction des armes d'assaut (du type du Bushmaster AR-15 dont s'est servi Adam Lanza, le tueur de l'école primaire Sandy Hook). Cette interdiction avait été votée en 1994 sous l’administration de Bill Clinton, mais elle a expiré en 2004. Le dirigeant démocrate a également prôné l’interdiction des chargeurs de munitions à grande capacité (plus de 10 cartouches), ainsi qu'une vérification renforcée des antécédents judiciaires des acheteurs, surtout dans les «foires aux armes», où aucun contrôle d’identité n’est actuellement effectué. Il plaide en outre pour durcir la législation sur le trafic d’armes.
En attendant l'approbation du Congrès, Barack Obama a pris 23 mesures administratives par décret. Ces mesures prévoient d’inciter les États à partager leurs informations dans le cadre de la vérification des antécédents, de lancer une campagne nationale de sensibilisation et de responsabilisation sur la possession d'un fusil, et d’inciter les écoles à recruter plus d’agents scolaires pour faire face aux situations d'urgence.
L’initiative du président devrait satisfaire les diverses associations et familles qui ont donné de la voix depuis la tuerie du 14 décembre, pour éviter que de tels drames ne se reproduisent. Les dernières tueries ont relancé ce débat sensible. L’ancienne membre du Congrès américain Gabrielle Giffords, rescapée de la tuerie de Tucson (en Arizona, le 8 janvier 2011) a ainsi créé l’association Americans for Responsible Solutions, qui vise à instaurer des mesures concrètes après une discussion fournie. Des enfants ont par ailleurs écrit une lettre à Barack Obama, à l’instar de Tajeah, originaire de Géorgie et âgé de 10 ans, qui a exprimé ses craintes et souhaits avec ses mots de petit garçon.
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«Si réduire la violence liée aux armes à feu est un défi compliqué, protéger nos enfants du danger ne devrait pas être un thème de division», a fait valoir Barack Obama. Au vu de la dernière tragédie, il place les enfants au cœur de la question. Cependant, la National Rifle Association (NRA), principal lobby des armes aux États-Unis, ne se laisse pas impressionner.
Dans un spot publicitaire diffusé à la télévision et sur internet, l’organisation, qui revendique quatre millions d'adhérents, affirme que Barack Obama est «juste un élitiste hypocrite de plus» puisqu'il accepte la protection du Secret Service pour ses deux filles mais qu'il refuse de déployer des gardes armés dans toutes les écoles, comme la NRA le souhaiterait. «Est-ce que les enfants du président sont plus importants que les vôtres?», s’interroge la vidéo. «Seuls les propriétaires d'armes à feu honnêtes et respectueux de la loi seront affectés tandis que nos enfants resteront vulnérables à de nouveaux drames inexorables», a insisté la NRA dans un communiqué réagissant aux annonces d’Obama.
D’après un sondage Washington Post-ABC News poll publié lundi, 58% des Américains adultes sont pour l’interdiction des armes d’assaut. Une enquête réalisée par le Pew Research Center et parue le même jour évoque elle 55% d’avis favorables. Néanmoins, le quotidien américain évalue à moins de 50% les chances que cette mesure soit approuvée par le Congrès.
Malgré l'émotion générale suscitée par les fusillades, le Congrès, dominé par les républicains, a rejeté une série de propositions visant à limiter le port d'armes aux États-Unis, via davantage de contrôles et l'interdiction des armes d'assaut. Les années ont passé, et les fusillades se sont succédées, avec notamment celles de Charleston, en juin 2015, et d'Orlando, un an plus tard.
Un mois après la tuerie de Newtown, Barack Obama a signé 23 décrets pour améliorer le contrôle des armes à feu. Ces mesures incluent la nomination d’un directeur du Bureau of Alcohol, Tobacco, Firerarms and Explosives, l'encouragement financier des États à partager leurs fichiers pour mieux contrôler les antécédents des acquéreurs d’armes à feu, l'amélioration de la prise en charge des maladies mentales, l'accroissement de la sécurité dans les écoles, le financement de la recherche sur les effets des armes à feu, et l'amélioration de la traçabilité des armes retrouvées sur les scènes de crime.
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Le second volet de ce plan, plus ambitieux, devait recevoir l’aval du Congrès. Le président a exhorté le Congrès à voter une loi mettant en place un système universel de vérification des antécédents des acquéreurs d’armes à feu, ainsi qu’à réinstaurer l’interdiction des fusils d’assaut et des chargeurs de grande capacité.
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