Rapidement après l’invention de la poudre sans fumée à la fin du 19ème siècle, la France va chercher à développer et à adopter une mitrailleuse. Au début du XXeme siècle, l'armée française décide de s'équiper de mitrailleuses, arme qui n'était pas nouvelle en soit mais qui avait fait d’énormes progrès techniques et qui commençait à montrer son efficacité, notamment lors de la guerre Russo-Japonaise de 1905.
L’arsenal de Puteaux propose alors sa mitrailleuse qui fonctionne par prélèvement de gaz à la bouche du canon mais les résultats ne sont pas bons car l’arme n’est pas fiable. Plusieurs modèles sont essayés, dont la Hotchkiss 1900 qui apporte satisfaction. Cependant, cette dernière est fabriquée par un industriel privé, et pour ne pas avoir à payer de royalties et être totalement autonome sur la production, l'armée décide de lancer la conception de sa propre mitrailleuse dans nos manufactures d'état.
Cela aboutis à la création de la mitrailleuse mdle 1905 dite "De Puteaux", du nom de la manufacture où elle a été crée. Pour résumer, chaque élément de cette arme a été étudier pour contourner les brevets Hotchkiss. Malheureusement, cette mitrailleuse n'apporte pas entière satisfaction, notamment à cause du canon qui chauffe trop vite et donc perd en précision très rapidement, et pas mal d'autres petits défauts d'alimentation, de percussion etc...
L'arme est cependant adoptée quand-même, tout en demandant à être modifiée. La Manufacture d’Armes de Saint-Etiennes va reprendre la mitrailleuse de Puteaux et changer le système d’emprunt de gaz.
Ces modifications sont apportées par la manufacture de St Étienne, et portent principalement sur un changement total de l'appareil moteur qui fonctionne par emprunt des gaz, et l'adoption d'un nouveau canon beaucoup plus résistant à la chaleur et aux nouvelles cartouches. Cela aboutit à la mitrailleuse mdle 1907 dite "St Étienne", qui est désormais fiable et adoptée par l'armée en 1909. En 1910, une dernière modification est faite au niveau de de la hausse et du cran de mire, qui s'abaisse au fur et à mesure que le canon chauffe afin de ne pas perdre en précision : c'est la mitrailleuse mdle 1907 T, sujet de ce post, et principale mitrailleuse de l'armée française, de son adoption jusqu’à son remplacement petit à petit par la Hotchkiss en 1917.
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La mitrailleuse Saint-Étienne modèle 1907 comporte deux fardeaux (arme et affût) dont le poids avoisine les 50 kg. Les servants, au nombre de quatre à six, comprenaient le chef de pièce, un tireur, un chargeur et un aide chargeur.
L’arme est produit par la Manufacture d’Armes de St-Etienne qui en produit environ 30 000 et également par la Manufacture d’Armes de Châtellerault qui en fabrique 11 000 exemplaires.
Au cours de la guerre en 1916, on modifie la mitrailleuse 1907 qui devient la mitrailleuse 1907T T pour « transformée ». Parmi les modifications apportées à l’arme on trouve de nouveaux organes de visées avec des points lumineux et une hausse graduée jusqu’à 2300, un nouveau régulateur de gaz réglable et un système de guidon articulé par une sorte de potence.
En effet, on avait remarqué qu’avec l’échauffement l’arme perdait en précision à cause de la différence de dilatation des métaux entre le guidon et le radiateur. La mitrailleuse modèle 1907 va être fabriquée jusqu’à 1917 et malgré la volonté de l’état-major de ne pas avoir recours à des mitrailleuses conçues par des entreprises privées, ce modèle 1907 va être supplémenté par la mitrailleuse Hotchkiss 1914.
La mitrailleuse 1907-T est donc une arme qui fonctionne par emprunt des gaz. En avançant, la culasse pousse la cartouche dans la chambre, une fois la culasse poussée à fond le percuteur se libère, percute la cartouche, et le coup par. Les gaz du tir sont récupérés au 2-tiers de la longueur du canon et font avancer le piston, et ainsi de suite...
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L'arme dispose d'un système de régulateur de vitesse de tir qui permet également le coup par coup, d'un bouton de tir rapide, et d'un régulateur d’échappement des gaz. Le refroidissement du canon se fait par un lourd radiateur en bronze d'aluminium qui canalise la chaleur, un couvercle amovible permettant d’accéder à l'appareil moteur. Sur le coté droit, une portière permet d’accéder facilement au mécanisme pour le nettoyage ou le changement d'une pièce.
La pièce s'arme par un levier d'armement situé sur la gauche du boitier, le levier s'actionnant par un mouvement semi-circulaire vers l'arrière, puis est remis en place avant le tir. Enfin, à l'arrière, une poignée en bronze dans laquelle se trouve la queue de détente permet le tir de l'arme.
Il en résulta une arme très technique, un peu compliquée mais fiable, et au charme particulier. C'est sa technicité qui signera sa fin, la rendant facilement enraillable dans le contexte de la guerre de tranchée, il lui sera alors préférée la mitrailleuse Hotchkiss, beaucoup plus simple de conception, et donc moins sujette aux incidents de tir.
L’armée française s’équipa rapidement en Hotchkiss Mle 1914. Les soldats français l’appréciaient beaucoup, ainsi que leurs alliés ! Elle avait la réputation de pouvoir fonctionner dans un « océan de boue ». C’est pour cela que les Britanniques et les Américains l’utilisèrent durant la Première Guerre mondiale. Elle utilise les mêmes cartouches que la mitrailleuse 1907 T. On peut l’alimenter avec des bandes métalliques rigides de 24 ou 30 cartouches, ou encore des bandes métalliques articulées de 251 cartouches.
Arme encombrante, les mitrailleuses ne s’en montrent pas moins d’une efficacité meurtrière. Les « nids » de mitrailleuses, en formant un mur de feu, étaient particulièrement craints par les combattants lors des assauts. Arme létale pour les fantassins, en particulier lorsqu’elle est couplée à des réseaux de barbelés, qu’on devine en arrière-plan, la mitrailleuse est un objectif à détruire lors des préparations d’artillerie.
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Son nombre n’a cessé de croître au sein de l’armée française, passant de 5000 pièces en 1914 à un peu plus du double en 1916 puis 32 000 en 1918.
| Modèle | Fabricant | Période d'utilisation | Caractéristiques |
|---|---|---|---|
| Mitrailleuse modèle 1905 "De Puteaux" | Arsenal de Puteaux | Début du XXe siècle | Fonctionne par prélèvement de gaz à la bouche du canon, mais peu fiable |
| Mitrailleuse modèle 1907 "Saint-Étienne" | Manufacture d'Armes de Saint-Étienne | 1909 - 1917 | Fonctionne par emprunt de gaz, plus fiable que le modèle 1905 |
| Mitrailleuse Hotchkiss Mle 1914 | Hotchkiss | Première Guerre mondiale | Très appréciée pour sa fiabilité, même dans des conditions difficiles |
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