Cet article explore en détail le fonctionnement et le réglage des mitrailleuses, en mettant l'accent sur des modèles emblématiques tels que la Hotchkiss et la Browning M2.
La conception de la mitrailleuse lourde Browning M2, de calibre 12,7 x 99 mm [ou .50] remonte à la fin de la Première Guerre Mondiale. Ayant évidemment évolué depuis, cette arme est toujours en service de nos jours, sous l’appellation M2 HB [pour « Heavy Barrel » / canon lourd]. Elle est commercialisée par FN Herstal, filiale de FN Browning Group.
Comme l’explique l’armée de Terre, la M2HB est « capable de traiter des objectifs terrestres [personnels, véhicules faiblement protégés] ou aériens [hélicoptères, avions à basse altitude]. Elle peut être installée sur des véhicules blindés [VBL, VAB, etc.] ou sur une tourelle coaxiale, comme sur le char Leclerc. Approvisionnée par des bandes de 105 cartouches, la M2HB peut perforer 20 mm d’acier à 400 mètres de distance. Sa portée terrestre est de 1 200 m et sa vitesse pratique de tir 150 coups par minute. Au passage, la masse de son canon est de 13 kg.
Cela étant, FN Herstal a fait évoluer cette mitrailleuse avec la version M2HB QCB [Quick Change Barrel]. Selon TR Équipement, le distributeur français de l’industriel belge, le système QCB permet à un soldat de « changer rapidement le canon seul », ce qui réduit ainsi le temps « d’exposition face aux tirs » ennemis, et « d’éliminer tout besoin d’ajustements supplémentaires au niveau utilisateur ». Et d’ajouter : « L’efficacité et la sûreté du M2HB Browning calibre .50 restent inchangées ».
Si l’on s’en tient à la liste des équipements qu’elle publie sur son site Internet, l’armée de Terre ne dispose pas de la dernière version de la M2HB. Du moins, pas encore. Cela étant, il n’est pas précisé si ces M2HB seront modernisées selon la configuration M2HB QCB MK2 [*]. Ainsi, le canon de la M2HB QCB MK2 est équipé en usine d’un cache-flammes, ce qui, lors d’un engagement de nuit, réduit significativement la « signature lumineuse » et améliore ainsi la « discrétion et l’efficacité au combat », détaille FN Herstal.
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En effet, ce dispositif réduit le risque, pour un groupe de combat, de révéler sa position au moment du tir et évite de dégrader les capacités des caméras thermiques et des jumelles de vision nocturne. L’autre amélioration porte sur l’entretien de cette arme, avrc le compteur de tirs SmartCore, lequel « permet une maintenance préventive et une gestion plus efficaces et économiques », conclut FN Herstal.
[*] Dans un message reçu le 3 novembre au soir, FN Herstal a précisé que les M2HB de l’armée de Terre seront seulement « rétrofitées » au standard M2HB QCB.
En 1893, le baron von Odkolek invente et construit un modèle de mitrailleuse qui utilise les gaz de propulsion des cartouches pour mouvoir la culasse et lancer le mouvement automatique, système dit « par emprunt des gaz ».
Le gouvernement français, désireux d’équiper son armée de mitrailleuses, achète une série limitée de modèles Hotchkiss 1900 mais préfère faire produire ses mitrailleuses par ses arsenaux d’Etat. À sa demande, l'atelier de construction de Puteaux (APX) produit donc un modèle national, le modèle de Puteaux 1905 qui bénéficie de deux innovations : un système de récupération des gaz vers l'avant (qui s’affranchit des brevets Hotchkiss) et un mécanisme qui permet de régler la cadence de tir de 8 à 650 coups par minute.
Toutefois, ce modèle souffre de problèmes de refroidissement, son canon ne résistant pas à des cadences de tir soutenues. Le gouvernement commande alors une version améliorée et simplifiée. Le système de récupération de l’énergie des gaz à la bouche est abandonné au profit de celui de la récupération des gaz sous le canon, qui manœuvre un piston.
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En 1907, le modèle dit de Saint Etienne est adopté. Malheureusement, la complexité de son mécanisme est incompatible avec l'environnement boueux et poussiéreux des tranchées. À partir de juillet 1917, il est progressivement remplacé par la mitrailleuse Hotchkiss modèle 1914.
Contrairement aux mitrailleuses allemandes Maxim et en générale aux mitrailleuses fonctionnant avec un refroidissement du canon par eau, le canon de la mitrailleuse Saint Etienne est simplement refroidi par l'air. L'échauffement pendant le tir est très rapide et nécessite d'interrompre le tir vers le 600iem coup et de changer le canon ou de le refroidir (il est facilement démontable).
La température augmente d'environ un degré par coups jusqu'à 300°C. Au-delà et jusqu'à 700 coups, elle augmente d'un degré pour 2 coups ; nous sommes alors à 500°C. Ensuite, la température augmente très lentement. Le meilleur moyen de ménager la mitrailleuse consiste alors à ne faire tirer qu'une pièce à la fois, sur les deux de la section.
Avant la mobilisation, il semble que le nombre de Saint Etienne avoisinait les 4000 exemplaires. Puis atteindra 1000 unités par mois en janvier 1916. La mitrailleuse Hotchkiss modèle 1914 a gagné sa réputation au combat de la guerre de tranchée. Plus de 47 000 exemplaires ont été produits.
La mitrailleuse Hotchkiss Mle 1914 se divise en quatre parties principales :
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Le canon comprend quatre parties : le canon proprement dit, la frette porte-guidon, la frette-support et le radiateur.
La boîte de culasse contient les pièces constituant les mécanismes de culasse et d'alimentation et une partie du mécanisme moteur. Elle est organisée de façon à assurer le guidage de ces pièces. Elle est fermée en dessus et à l'arrière par le couvre-culasse à poignée, et en dessous par le pistolet.
L'appareil moteur est actionné par les gaz de la poudre s'échappant par l'évent, il est ainsi poussé en arrière en comprimant un ressort de rappel qui réagit ensuite. Il en résulte un mouvement longitudinal de va-et-vient déterminant le fonctionnement automatique de l'arme.
L'appareil moteur comprend 4 parties :
Le mécanisme de culasse comprend :
La culasse mobile pousse la cartouche, dégagée de la bande, dans la chambre. Elle sert d'appui au culot au moment de la percussion, et extrait l'étui. Le mouvement de va-et-vient lui est transmis directement par le piston.
Le niveau de mitrailleuse Mle 1918 est explicitement gradué en "millièmes (tangente)", ce qui le rend directement cohérent avec les estimations par proportions. En haut de l'échelle l'erreur devient tout de même importante ; pour éviter le cumul, la cale de "400 millièmes (tangente)" est donc fabriquée à l'angle réel correspondant, soit 387 ₥ (21° 48').
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