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Dans le contexte des dépôts de munitions en France, il est important de noter qu'en 1987, 32 dépôts du Matériel (sur les 49 actifs) stockaient 94% des munitions de l’armée de terre.

Par ailleurs, 58% des dépôts étaient situés dans le ¼ nord-est de la France et aux FFA (Forces Françaises en Allemagne), ce qui marquait la volonté de privilégier la zone "Centre-Europe".

L’ensemble du personnel traitant de la gestion des dépôts de munitions s’élevait à 3140 personnes, dont 128 officiers, y compris le personnel des divers états-majors et directions.

Fermetures et aliénations de dépôts

Plusieurs dépôts ont été fermés et aliénés au fil des années :

  • En 1ère RM (RTIDF), le FORT DE BIEVRE, bien qu’autorisé, n’a jamais été pris en charge par l’armée de terre. Il est cédé à titre gratuit en 1980 à la DGGN, mais les gendarmes ne l’utiliseront jamais… Le FORT du HAUT-BUC, appartenant à la STAT jusqu’en 1982, est désactivé en 1983.
  • En 5ère RM (RTSE), le dépôt régional de FORT COMBOIRE est déclassé du domaine public de la défense en 1982 et remis aux services fiscaux pour aliénation en 1983. Le dépôt de garnison de MONTAGNE DES CHEVRES, près d’AVIGNON est déclassé en 1981.
  • Le dépôt régional de ST OURS LES ROCHES est fermé et aliéné (il est maintenant devenu VULCANIA !).
  • Le DRMu de FORT BARRAUX est désactivé en 1986 et déclassé en tant que place de guerre en 1987 (il sert depuis dans le cadre de l’association JET, jeunes en équipes de travail).
  • En 6ère RM (est RTNE), le dépôt régional d’ILLKIRCH-GRAFFENSTADEN est fermé en 1981. Le dépôt régional de VEZELOIS (ouvrage fortifié très difficile d’accès) est transformé en dépôt de garnison en 1968. Il a été fermé depuis. Le dépôt de garnison de ETAIN-ROUVRES, créé en 1968 est fermé en 1982. Le dépôt de garnison de DIJON-BEAUREGARD créé en 1967 est fermé en 1983.
  • Le dépôt de garnison de COLMAR-FRONHOLTZ est fermé en 1982 et transformé en terrain d’exercices pour la garnison de COLMAR. Le dépôt de garnison de NEUF-BRISACH-HELTEREN est fermé en 1982 et transformé en terrain d’exercices. Le DRMu de MARS-LA-TOUR est fermé en 1985. Le DRMu de BITCHE est fermé en 1987.
  • Le DRMu de ROMANSWILLER devenu dépôt de garnison en 1982 est fermé en 1985. Le dépôt de garnison de TOUL-DONGERMAIN est fermé en 1987.

Restitutions aux FFA

Aux FFA (Forces Françaises en Allemagne), plusieurs dépôts de garnison ont été restitués à la RFA de 1975 à 1979 :

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  • ROTENBACH
  • OFFENBURG- SCHUTTERWALD
  • UNTERSNAT-HORNISFRINDE
  • MAULBURG
  • SPAICHINGEN
  • REUTLINGEN-MARKWASEN
  • WEINGARTEN
  • HORB-EUTINGEN
  • RADOLFZELL
  • TUBINGEN-WADLHAUSEN
  • FREUDENSTADT
  • DONAUESCHINGEN

Le dépôt d’armée de NEUENBURG est fermé et restitué en 1982, celui de DENZLINGEN, également fermé en 1982, est restitué en 1985. Celui de PETIT-STETTEN est fermé en 1984, celui de MORBACH est déclassé en dépôt de garnison en 1985, celui de RASTATT-IFFEZHEIM est fermé en 1986.

Déchets de guerre et pollutions environnementales

Robin des Bois mène campagne depuis la fin des années 1980 contre les sols et les eaux pollués par les activités humaines. L’une des plus anciennes activités humaines, c’est la guerre. Les déchets de guerre sont des munitions larguées ou tirées qui n’ont pas explosé à l’impact ou au moment voulu par leur horlogerie interne.

Pendant les deux guerres mondiales, il est estimé qu’entre 10 et 20% des bombes et obus n’ont pas fonctionné. Ces UXO (Unexploded Ordnance) ou « Duds » (ratés) ont en temps de guerre épargné des vies. Mais après la guerre, ils tuent encore, ils aggravent insidieusement les pollutions environnementales et provoquent des perturbations sociales.

La responsabilité des pollueurs n’est pas engagée. Par contre, elle est à l’agenda de Robin des Bois. L’association, après plusieurs années de recherches et de vérifications dans la presse quotidienne et hebdomadaire locale et auprès des services officiels, publie un nouvel inventaire des découvertes de déchets de guerre dans quatre régions françaises, les Hauts-de-France, le Grand-Est, la Bourgogne-Franche-Comté et l’Ile-de-France entre janvier 2012 et fin avril 2018.

Pour la première fois, une démarche parallèle a été menée dans trois Länder allemands, Berlin, Brandebourg et Rhénanie-du-Nord-Westphalie. Cet inventaire ne prétend pas à l’exhaustivité.

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En Allemagne, les interventions des démineurs après les découvertes sont plus rapides qu’en France et la détection préventive préalable aux chantiers de construction et d’aménagement est systématique dans les zones polluées.

Les Hauts-de-France, le Grand-Est, la Bourgogne-Franche-Comté et l’Ile-de-France ont été victimes de trois guerres superposées entre 1870 et 1945. Aujourd’hui encore, des projectiles bourrés de poudre noire datant de la guerre franco-prussienne donnent des sueurs froides aux démineurs de la Sécurité Civile en Ile-de-France et ailleurs.

La diversité des munitions conventionnelles et chimiques est telle que les services officiels de déminage se sont dotés au fil du temps d’un manuel d’identification. Il est régulièrement mis à jour.

L’identification préalable à la neutralisation des munitions est d’autant plus difficile qu’elles sont souvent déformées, amputées, rouillées, recouvertes d’une gangue de terre ou de vase ou colonisées par des mousses végétales. Les vestiges de guerre sont des monstres de mimétisme.

Ils ont une étonnante capacité à se fondre dans la géologie ou l’hydrologie locale et dans les couleurs de la saison.

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