L'histoire des armes à feu en Suisse est marquée par un engagement constant envers la qualité, la précision et l'innovation. Ces valeurs se reflètent dans les divers modèles de fusils et de pistolets qui ont équipé l'armée suisse à travers les âges.
L'épopée de l'armement suisse débute en 1853 avec la création de la Swiss Wagon Factory, une entreprise initialement dédiée à la construction de wagons. Cependant, l'esprit d'innovation et le contexte géopolitique de l'époque incitent l'entreprise à diversifier ses activités. Elle se lance ainsi dans la construction d’armes pour participer à un concours lancé par le ministère de la Défense suisse.
En 1864, la Swiss Wagon Factory remporte une commande significative de 30 000 fusils Prelaz-Burnand. Cette victoire marque un tournant décisif pour l'entreprise, qui change de nom pour devenir la Société industrielle suisse, ou Schweizerische Industrie-Gesellschaft (SIG). Ce nouveau nom reflète son engagement envers la production d'une gamme variée de produits industriels, avec un accent particulier sur les armes à feu. Plus tard, elle s’implante aux États-Unis en 1985 sous le nom de SIGARMS, d’abord en Virginie, puis dans le New Hampshire. Vient ensuite la création d’un département dédié à la formation pour civils et forces de l’ordre, la SIGARMS Training Academy.
Dès la fin de 1866, la Suisse décide d’équiper son armée avec un fusil à répétition, et en 1867, adopte l’arme mise au point par Friedrich Vetterli, armurier en poste chez SIG, afin de remplacer les fusils à 1 coup Milbank-Amsler et Peabody. Vetterli s’était inspiré par la carabine Henry - la future Winchester - dont le gouvernement suisse avait acheté plusieurs exemplaires pour évaluation.
Le fusil Vetterli est une arme au calibre de 10,4 mm, à répétition, alimentée par un tube-magasin via un auget-transporteur mis en mouvement vertical par le mouvement horizontal de la culasse. La cartouche de 10,4 x 37 R est à percussion annulaire. Le magasin contient 12 cartouches + 1 dans l’auget. La cadence de tir est de 21 c/mn (à comparer aux 8 à 12 c/mn du Chassepot …)
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Les armes Vetterli ont été produites successivement en 5 principaux modèles et encore davantage de sous-versions. Ils se différencient par des détails (hausse, plaque de couche, baïonnette, etc …) mais le système de base ne change pas. Chaque modèle existe en fusil d’infanterie, fusil stutzer, mousqueton, fusil de garde-frontière, de cycliste … etc …
Les stutzer sont des fusils modifiés pour les « bons tireurs », ils ont une double détente et ne portent pas de baïonnette.
Les fusils Schmidt-Rubin représentent une étape importante dans l'évolution des armes à feu suisses. Utilisés par l'armée suisse entre 1889 et 1958, ces fusils se distinguent par leur conception avancée et leur précision. Le M-1889 était le premier de la série des fusils Schmidt-Rubin qui a servi la Suisse de 1891 à 1953. Le fusil tire son nom du concepteur de son action, le colonel Rudolf Schmidt, et le concepteur de ses munitions, le colonel Eduard Rubin.
Le fusil Schmidt-Rubin M-1889 est conçu pour une cartouche extrêmement moderne à l'époque : Petit calibre 7,5 mm (.30 grosso modo) , cartouche bouteille, PSF et étui à gorge ! La Suisse l'Allemagne (1888) et la Belgique(1889 aussi) paraissent être en tête de peloton au niveau mondial sur ce point!!! Ensuite elle dispose d'une culasse à action rectiligne assez perfectionnée…notons que l'empire Austro-Hongrois (Mannlicher), le Canada tardivement (Ross) et la marine US (Lee-Winchester) ont eux aussi utilisé ou expérimenté la chose… Encore: le fusil bénéficie d'un chargeur-magasin de 12 coups et amovible! Enfin, sa conception prévoit un canon flottant, juste guidé à la bouche, favorable à la précision…(comme le G88 et le Mauser89)
Ce fusil se distingue par son mécanisme de culasse coulissante rotative, permettant un tir plus rapide qu'une culasse Mauser. L’action de boulon de droite-pull permet à l’utilisateur de tirer le verrou vers l’arrière pour déverrouiller l’action et éjecter la cartouche usagée dans un mouvement, et pousser la culasse vers l’avant à la chambre un tour, Cock l’attaquant, et verrouiller l’action.
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Le fusil M-1896-11 provient de la transformation du fusil M-89-96 (de 1911 à 1920). Il se distingue à l’extérieur par les signes suivants : Ecusson 89-96 modifié pour recevoir le magasin 1911 à 6 cartouches. La crosse dite à l’anglaise devient demi-pistolet par adjonction de cette partie, la plaque de couche est conservée.
Pour adopter cette nouvelle munition, le fusil 89/96 est profondément modifié : nouveau canon à 4 rayures au pas de 270 mm long de 780 mm, hausse plate adaptée à la nouvelle munition étalonnée jusqu’à 2 000 m. La culasse du fusil 89/96 est suffisamment robuste pour être conservée sur le 1896/11. La grande majorité des IG 1889/96 fut transformée pour tirer la nouvelle cartouche GP 11 (à l’exception de 1 280 unités conservés en l’état). La fabrication s’étend du n°1 (1895) au numéro 349 000 (1912).
Durant les années 1930, l’armée suisse se rendit compte que son fusil M-1911 (G 11), était dépassée. Elle passa donc commande pour une carabine plus moderne, plus précise que le fusil G 11 et la carabine K 11. Le Karabiner Modell 1931 est adopté définitivement en 1933, et sera produit en masse jusqu'en 1958. Il remplace alors les G11 et K11 dans toutes les unités suisses.
Le K31, adopté par l'armée suisse, se distinguait par sa robustesse, sa précision et sa facilité d'entretien. Les fusils M-1889/1900 courts et 1905 court de cavalerie ont été converties à la norme K11 à partir de septembre 1913 jusqu’à décembre 1920, après transformation ces armes sont presque identiques à la carabine K11.
Le SIG P210 est un pistolet militaire suisse qui a marqué son époque. Adopté officiellement par les armées suisses et danoises en 1949 sous les dénominations respectives « Pistole 49 » et « M/49 », il est rapidement devenu une référence en matière de qualité et de précision. Les 500 premiers modèles furent distribués aux douanes suisses, et sont de nos jours particulièrement rares et prisés des collectionneurs.
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Ce pistolet tire en simple action uniquement, avec un mécanisme semblable au Colt 1911. Son chargeur en simple colonne très fiable contient 8 cartouches de 9mm Parabellum. Mais ce qui rend le SIG P210 exceptionnel, c’est sa qualité de fabrication. En effet, le contrôle qualité à la sortie de l’usine est très supérieur à ce qu’on pourrait exiger d’une arme de service. Le design est également optimisé au maximum pour la précision. Contrairement à la plupart les pistolets automatiques, la glissière coulisse à l’intérieur du rail de la carcasse. Ainsi, le jeu entre les parties fixes et mobiles est pratiquement inexistant. Cet assemblage très serré mais aussi très fluide, apporte au P210 une grande régularité lors du tir et contribue fortement à la précision. Le SIG P210 est comparable à une montre suisse. Il respire la qualité, coûte un bras (entre 2000€ et 3000€ selon l’état de l’arme) et offre une précision hors pair. Le P210 est encore fabriqué de nos jours par SIG-Sauer car très apprécié des tireur sportifs.
Le SIG-550 est le fusil d’assaut officiel de l’armée suisse (Fusil d’Assaut ; F ass 90) fabriqué par Swiss Arms (anciennement SIG Arms AG). Conçu dans les années 1980, il fut introduit progressivement dès 1988 dans l’armée suisse, remplaçant ainsi le Stgw 57/Fass 57 (également construit par SIG).
Le SIG 550 réglementaire en Suisse utilise le 5,6 mm Suisse, conçu pour une portée normale de 300 mètres. Les versions "Export", chambrent la 5,56 mm OTAN . Ses principales qualités sont l’entretien facilité et la précision, certes obtenue au détriment de la légèreté et de la maniabilité, primordiales en combat urbain.
C’est une arme conçue pour des combats de type "guérilla" avec tireurs embusqués, mobiles, apparentés aux snipers. Il est d’ailleurs possible de monter une lunette sur le SIG-550. Tous disposent d’un sélecteur de feu permettant de choisir le mode de tir désiré : semi-automatique, rafale de trois coups, automatique ou sécurité.
Le revolver d'ordonnance suisse modèle 1882 remplace les revolvers 1872 et 1878 dont il constitue un dérivé amélioré, moins lourd et moins encombrant. Il diffère surtout du modèle 1878 par un calibre plus petit.
Cette arme est inventée par le lieutenant-colonel Rudolf Schmidt et produite par la Fabrique fédérale d'armes à feu de Berne dont Rudolf Schmidt est le directeur. Il est livré à partir du printemps 1883. Son système de détente à double action a été repris par la plupart des revolvers de ce type. Le 1882 est l'un des rares revolvers à recevoir un étui-crosse. Il est équipé d’une tige d’éjection et d’une portière de chargement à la droite de la carcasse. Les cartouches de calibre 7,5 mm sont chargés à la poudre noire. En 1887, les balles en plomb sont remplacées par des balles blindées. 37 254 armes sont fabriquées dont 37 000 pour l’armée suisse et le reste pour le secteur civil (polices cantonales, administration pénitentiaire et douanes). Quelques armes fabriquées par la société SIG sont destinées au marché civil.
Les baïonnettes font parties intégrantes des armes à feu avec lesquelles elles forment des couples. Il existe plusieurs modèles de baïonnettes suisses:
Il existe un modèle avec un bouton d'arrêt sur la lame qui était issu d'une petite série (sauf erreur) située en la M1889 et la M1999 et appelée M89/99. Les 3 détails qui varient: la pointe de la lame n'a pas la même forme, la gouttière qui forme une gorge dans les 2 premères versions, pas dans la 3ème, le pommeau de la poignée est plus long sur la version M1918. La M1918 a un pommeau acier clair ou parfois chromée.
| Modèle | Année d'adoption | Calibre | Caractéristiques |
|---|---|---|---|
| Schmidt-Rubin M-1889 | 1889 | 7.5x53.5mm GP90 | Premier fusil à utiliser des munitions de cuivre chemisé. |
| Fusil M-1896-11 | 1896 | 7.5x55mm GP11 | Transformation du M-89-96, canon modifié, nouvelle hausse. |
| Karabiner K31 | 1931 | 7.5x55mm GP11 | Plus moderne, plus précis, robuste et facile à entretenir. |
| SIG 550 | 1988 | 5.6mm Suisse / 5.56mm OTAN | Fusil d'assaut officiel de l'armée suisse, magasin translucide. |
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