Le maintien de l'ordre et de la paix civile nécessite l'usage de moyens de défense par les forces de l'ordre. Parmi ces moyens, les lanceurs de balles de défense (LBD) occupent une place particulière. Le Flash-Ball est une arme aujourd'hui reconnue et appréciée par les professionnels de la sécurité et les forces de l’ordre. Il peut également être utilisé à domicile pour une protection personnelle.
Le Flash-Ball appartient à la catégorie des lanceurs à balle de défense (LBD). Ces armes projettent des munitions en caoutchouc de diamètre important qui ne perforent pas le corps. Lors du choc, la majeure partie de l’énergie cinétique est absorbée : il n’y a presque pas de rebond. Ce type d’instrument est devenu une référence grâce à son efficacité et à sa force de dissuasion. Il permet de se défendre sans faire usage d’une arme à feu.
Les balles de 28 g utilisées sont conçues en caoutchouc avec un calibre de 44 mm, mais elles ne s’introduisent pas dans la cible, même avec une énergie cinétique proche de celle d'un .38 Special. La taille de la munition et sa structure permettent de réduire considérablement la force de pénétration. C’est pourquoi la personne qui emploie un Flash-Ball ne se met pas hors-la-loi.
La puissance initiale de 200 joules a été restreinte à une moyenne de 150 joules. La balle est propulsée à plus de 400 km/h ! Pour comparer, le choc encaissé est équivalent à celui du coup de poing d’un boxeur professionnel. D’ailleurs, le fabricant recommande un usage entre 7 et 15 m ; il est interdit de tirer à bout portant ou de viser la tête. Cette arme est donc bien plus puissante que la plupart des pistolets à plomb à ressort ou à CO2.
Le Flash-Ball s’utilise très facilement. Il n'est pas nécessaire d'avoir une formation pour utiliser un flash-ball. Verney Carron, le concepteur du Flash-Ball a mis son expérience à profit pour que cette arme ait un fonctionnement simple. Des organes fixes dotés de fibre optique colorée, permettant une prise de visée rapide et une acquisition aisée de la cible. Si l'armurerie moderne adopte massivement les polymères dans la fabrication de ses produits, Verney Carron ne fait pas exception ce qui permet de cumuler robustesse et légèreté.
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Le pistolet se recharge en basculant les deux canons vers l'avant en actionnant la tirette rouge en arrière, laissant alors le champ libre pour introduire jusqu'à deux cartouches, une par canon.
La crosse du Flash-Ball, de même que le corps et les canons, est confectionnée dans un solide polymère noir. La crosse comporte deux poignées « pistolet » qui offrent une super prise en main. Ces deux poignées assez verticales mesurent 4,6 x3 cm pour celle située à l'arrière et 4 x2,5 cm pour celle à l'avant du boitier. La prise en main est ferme, main nue ou gantée car le revêtement du polymère est un peu texturé, légèrement granuleux.
Les canons mesurent 4,9 cm de diamètre interne au niveau de la chambre et 4,4 cm à la bouche et 19 cm de longueur. Ils basculent vers l'avant sur un axe fixé en haut de la poignée avant. L'ouverture est grande et permet de glisser les munitions sans aucun souci dedans. Des ouvertures sur le haut en le dessous permettent un contrôle visuel de chargement des munitions.
Une large hausse en V est moulée juste au niveau de l'arrière des canons, sur la fin de la « bascule ». A l'avant des canons un guidon en fibre optique jaune bien visible vient se centrer dans le V de la Hausse et offre une prise de visée rapide et efficace.
Il suffit de tirer sur le verrou rouge à l'arrière de la carcasse du Flash Ball pour basculer les canons vers le bas. Il ne reste qu'à glisser deux cartouches dans les chambres et remonter les canons qui se verrouillent automatiquement. On peut conserver chez soi le Flash-Ball chargé mais pas armé. Pour l'utiliser, il suffit de tirer les deux chiens pour armer le lanceur et ensuite faire feu en appuyant sur les queues de détente.
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Le Flash-Ball est une arme de défense très dissuasive. Ses deux gros canons noirs rappellent les images de maintien de l'ordre lors de manifestations, ce qui peut calmer les ardeurs d'un agresseur potentiel. Bien qu'il ne dispose que de deux coups, cela peut suffire si l'utilisateur est calme et précis.
Un chronographe à barrière infrarouge a permis de mesurer la vitesse des balles de caoutchouc et donc de calculer la puissance du Flash-Ball de Lebel. Une moyenne de 86 m/s a été mesurée sur 6 tirs. Le poids des balles de calibre 44 est de 29 g en moyenne (mesure de 28 à 32 g sur 6 balles).
La famille des LBD regroupe le Flash-Ball, ainsi que de nombreux autres lanceurs comme les fameux Gomm-Cogne. Développés par SAPL, le Gomm-Cogne emploie des calibres différents du Flash-Ball. Les plus courants sont les suivants : 8,8/10 ou 12/50.
Il est possible d'ajouter des accessoires en supplément tels que la crosse repliable et le rail Picatinny pour l'installation d'un viseur point rouge afin d'augmenter l'efficacité de votre arme.
Catégorie B10° (Munitions) /Art. Catégorie C3° (Gomm Cogne) /Art. Catégorie C3° (Munitions Gomm Cogne) /Art.
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Cependant, et contrairement à ce qu’annoncent certains médias, il n’a pas blessé le moindre Gilets jaunes. En effet, le Flash-Ball ne désigne pas un terme générique mais plutôt un modèle d’arme bien précis. Celui-ci n’équipe définitivement plus les forces de l’ordre depuis 2016, il a été remplacé par le LBD 40, fabriqué par la firme suisse Brügger&Thomet. C’est donc bien le LBD 40 le responsable de nombreuses blessures infligées aux Gilets jaunes.
Il tire des balles avec un calibre de 40 mm (d’où son nom !), qu’elles soient en caoutchouc, en mousse, assourdissantes, lacrymogènes ou fumigènes. Toutes tournent sur elles-mêmes grâce à un canon rayé et conservent ainsi une bonne stabilité et une meilleure précision que celle du Flash-Ball. Justement, le LBD 40, contrairement à son prédécesseur, se porte à l’épaule, puisqu’il s’accompagne d’un viseur électronique. Ce dernier est réglé pour une distance de 25 mètres et n’est pas prévu pour être modifié.
Au final, le LBD 40 possède une portée maximale de 50 mètres contre une dizaine de mètres pour le Flash-Ball. Ainsi, une note de 2014 signée par les directeurs de la police et de la gendarmerie précise que les victimes risquent des lésions importantes suite à un tir de moins de 10 mètres. Le torse, les membres inférieurs et supérieurs sont donc les cibles autorisées. Il n’est en aucun cas question de viser la tête.
Les policiers utilisent un lanceur de balles de défense (LBD), calibre 40 millimètres. Ce LBD est fabriqué par l’entreprise suisse B & T, précise la police. Les gendarmes continuent d’utiliser le Flash-Ball superpro en plus du LBD. Les LBD utilisés par les policiers et les gendarmes sont équipés « d’une aide à la visée, de marque Eotech ». Ces viseurs « électroniques » sont « réglés au moment de l’usinage » et ne peuvent pas être modifiés par la suite.
« Ils permettent d’être plus précis, car le reproche qui était adressé aux Flash-Ball était d’être imprécis », explique la police, qui recense plus de 4.000 LBD en circulation dans ses rangs. En 2013 et en 2015, le Défenseur des droits avait recommandé l’interdiction du Flash-Ball pendant les manifestations, au vu « des blessures graves induites par cette arme » en raison de son imprécision.
En France, la loi n° 2012-304 du 6 mars 2012 encadre le contrôle des armes modernes. D’après le Décret n° 2013-700 du 30 juillet 2013, le Flash-Ball fait partie de la catégorie C.
L’usage d’une telle arme est encadré par la loi : le LBD est utilisé dans le cadre « de la légitime défense », qui prévoit le principe de la proportionnalité. En clair, la réponse policière doit être adaptée à la situation. Le maintien de l’ordre doit également obéir à la règle de « défense du lieu que l'on occupe ». Ces règles s’appliquent autant aux gendarmes qu’aux policiers.
Dans leur riposte, les gendarmes doivent s’assurer de viser plutôt le torse et les membres supérieurs et inférieurs, précise la gendarmerie nationale à 20 Minutes. Avant de tirer, ils doivent « prendre en compte l’environnement de la personne visée afin de limiter les risques de dommages collatéraux ». Enfin, « lorsque les circonstances le permettent », il leur est conseillé d’éviter de recourir au tir « quand la personne en cause présente une vulnérabilité manifeste (âge, blessure…) ».
Les policiers peuvent viser toutes les zones corporelles, car « aucune n’est explicitement interdite ». Ils doivent respecter le principe de proportionnalité énoncé plus haut. Toutefois, la police souligne qu’un tir peut ne pas atteindre l’objectif visé, car « lors d’une manifestation, les gens bougent ».
Une technologie de visée intelligente mise au point par la société israélienne Smart Shooter va être installée à Hebron sur des Flash-ball pilotés à distance. Une arme de dispersion assistée par une intelligence artificielle. Ce nouvel équipement israélien fait polémique ou plutôt son système de visée piloté par une IA. Développé par la société Smart Shooter, le viseur Smash équipera les systèmes de dispersion de foules des points de contrôle d'Hébron, ville palestinienne de Cisjordanie.
Ce projet dévoilé par le quotidien israélien Haaretz est en phase de test. Il vise à détecter les mouvement de foule et tirer très précisément sur les individus considérés comme les plus à risque. Par contre, les projectiles utilisés pendant la phase de tests ne seront pas létaux. Il ne s'agira même pas de balles de caoutchouc mais de balles de mousse comme l'a signalé un porte-parole de l'armée israélienne à Haaretz. Il pourrait, par la suite, projeter des grenades assourdissantes ou des fumigènes.
L'inquiétude des organisations de protection des droits humains est que ces flash-ball puissent être couplés aux caméras de reconnaissance faciale déjà installées sur des barrages routiers à Hébron.
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