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La Première Guerre Mondiale, l'un des conflits les plus meurtriers de l'histoire, a été le théâtre d'innovations significatives en matière d'armement. La course à l'amélioration a incité chaque camp à suivre les créations de l'ennemi, voire à les utiliser, afin d'établir ou de conserver sa supériorité dans les affrontements.

L'Artillerie: Une Évolution Rapide

Si l’artillerie avait connu de grandes évolutions au cours du XIXe siècle, la Première Guerre mondiale allait entraîner une transformation rapide. L’enlisement du conflit et sa conversion en guerre de positions sur le front ouest change les besoins stratégiques.

Chaque pays engagé dans le conflit était équipé différemment au début du conflit. Par exemple, si la France disposait de canons de 75, un modèle de canon de campagne novateur, notamment par son frein de recul qui faisait qu’il n’était pas nécessaire de repositionner l’arme entre chaque tir, elle disposait de peu d’artillerie lourde, dont le besoin allait pourtant rapidement se faire sentir.

Au début de la guerre, l’Allemagne dispose d’une artillerie de campagne nombreuse et d’une artillerie lourde puissante, le tout mobilisant 280 000 hommes. Cependant, elle constate rapidement les limites des canons de campagne et ses besoins en artillerie lourde.

Après la seconde guerre des Boers de (1899-1902), les Britanniques prennent conscience de la supériorité de l’artillerie de campagne des autres puissances européennes et décident d’améliorer la leur. En 1902, plusieurs industriels anglais proposèrent des prototypes en fonction d’un cahier des charges exigeant, bien qu’aucun ne fut retenu.

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L’Italie entre en guerre le 24 mai 1915. Si son artillerie avait été modernisée, elle reposait essentiellement sur des petits calibres censés soutenir l’assaut de l’infanterie. Les Alliés lui fournirent des moyens et gros calibres et la production italienne se développa, avec 16 000 canons et 70 millions d’obus, ce qui lui permettait de disposer au printemps 1917 de 4000 pièces légères, 3000 pièces moyennes et 157 pièces lords ainsi que de mortiers de tranchée appelés “bombardes”.

En 1914, les Russes pouvaient profiter de l’expérience accumulée dans l’artillerie au cours de la guerre Russo-Japonaise (1904-1905). Elle était dirigée par le grand-duc Serge, son inspecteur. Cependant, elle s’avèrera trop peu nombreuse par rapport à celle des adversaires allemands et austro-hongrois.

Les artilleurs de tous les camps ont été confrontés aux mêmes difficultés imposées par les tranchées. Pour atteindre une tranchée depuis une autre tranchée, il faut pouvoir réaliser un tir en cloche. Les Allemands, eux, disposaient déjà de pièces d’artillerie à tir courbe adaptées au combat de tranchées : les Minenwerfer (lance-mines), développées au départ pour attaquer des fortifications ou camps retranchés depuis des tranchées d’approche.

C’est à partir de janvier 1915 que l’infanterie française peut commencer à être appuyée par une artillerie de tranchée puissante et mobile. L’armée française continuera de développer des modèles spécialisés (mortier de 240 mm court de tranchée de 1915, mortier de 340 mm T, etc.). Au premier juillet 1916, ce sont près de 2800 pièces d’artillerie de tranchées qui seront en action sur le front, sans compter les armes de fortune développées par les soldats.

Les Armes Chimiques: Une Nouvelle Dimension de la Guerre

Parmi ces innovations, les armes chimiques ont été l’un des outils les plus puissants. En plus d’avoir une efficacité impressionnante à donner la mort à des groupes entiers de soldats, les gaz possédaient une autre vertu : la peur. Leur simple existence et leur possible utilisation terrifiaient les soldats de chaque camp et infligeait de sérieux dommages au moral des soldats déjà fatigués.

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Types d'armes chimiques

Il existe de nombreux types d’armes chimiques ayant différents effets, nous en préciserons 3 catégories, les suffocants, les sternutatoires et les vésicants.

  • Suffocants: Les suffocants sont des armes chimiques généralement sous forme de gaz. Un des suffocant les plus utilisés pendant la Première Guerre mondiale est le Dichlore. Il se présente sous la forme d’un gaz jaune-vert qui sent très mauvais. Il a pour effet de réagir avec l’eau présente dans les muqueuses et par réaction chimique de créer des acides qui vont attaquer les tissus.
  • Sternutatoires: Les sternutatoires sont des gaz généralement utilisés en complément avec d’autres gaz, ils servaient à forcer les soldats à enlever leurs masques à gaz et ainsi à respirer les autres gaz auxquels ils étaient mélangés. Le Trihydrure d’arsenic par exemple, était souvent utilisé dans les obus chimiques, il était diffusé sous forme d’aérosol assez fin pour pouvoir passer les masques à gaz de l’époque, il causait lors de son inhalation toussotement, éternuements et vomissements forçant ainsi les soldats à retirer leur masque.
  • Vésicants: Les vésicants sont des armes chimiques qui étaient utilisées afin de provoquer de graves blessures au contact de la peau, le gaz moutarde par exemple provoque des brûlures chimiques après un contact avec la peau ou les yeux. L’exemple le plus connu est l’ypérite (aussi appelée gaz moutarde), qui peut causer hémorragies internes, externes qui mènent à des œdèmes pulmonaires qui mettaient environ 1 mois pour tuer ceux ayant eu la malchance d'inhaler ce gaz.

Une des particularités du gaz moutarde est qu’il n’est pas nécessaire de l'inhaler pour en subir les effets. Il peut tout simplement se déposer à un endroit , tout en continuant d’être un danger pendant des dizaines de jours.

La protection contre les gaz

Dans les tranchées, les masques à gaz étaient utilisés pour lutter contre les gaz. Mais selon les gaz utilisés, les masques n’étaient pas efficaces, l'ypérite par exemple traverse le caoutchouc naturel, et donc s'infiltre jusqu’aux voies respiratoires malgré tout. De plus, les soldats n’étaient pas tous équipés ou préparés pour les attaques. Ce qui les obligeaient à improviser, avec des bouts de tissus ou des linges imbibés d’urine pour tenter de se protéger.

Exemples d'attaques chimiques

La bataille d’Ypres a eu lieu au Nord de la ville du même nom, en Belgique. Ce fut le premier endroit à voir l’utilisation des gaz comme armes de masse, sur une échelle aussi importante. Le 22 avril 1915, les tranchées françaises sont submergées d’une fumée jaune-verte, du gaz de chlore est lancé par les Allemands, un poilu racontera "Le nuage s’avançait vers nous, poussé par le vent. Presque aussitôt, nous avons été littéralement suffoqués (…) et nous avons ressenti les malaises suivants : picotements très violents à la gorge et aux yeux, battements aux tempes, gêne respiratoire et toux irrésistible".

Nous pouvons prendre pour exemple, la bataille pour la forteresse d’Osovitse en Pologne qui a marqué les esprits sous le nom de “L’attaque des hommes morts”. Les Allemands ont lancé des gaz toxiques dans la forteresse pour tuer les soldats Russes qui étaient dedans, pourtant près de 7000 hommes en sont sortis, comme à Ypres, le visage dans des tissus pour atténuer la douleur des gaz sur leurs peaux et leurs poumons.

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Production de Munitions en France

Au début de la guerre, l'État-Major Français estimait que le conflit serait de courte durée, c’est pourquoi la fabrication d’armes et de matériel pour les soldats n’est que très peu augmentée. Suite au constat de l’étalement de combat, on réalise que la production est très loin d’être suffisante et il faut trouver un moyen d’augmenter les capacités de production.

Afin de résoudre ce problème, de nombreuses usines, publiques comme privées, vont être mobilisées afin de participer à l’effort de guerre.

La volonté des autorités militaires était de disposer au plus tôt de projectiles aux capacités foudroyantes, dès l'été 1915. Cela signifiait de mettre en œuvre des munitions les plus nocives possibles - c'est à dire létales - au mépris de toutes les Conventions Internationales existantes.

Les militaires français avaient parfaitement conscience que le chlore employé par les Allemands à Ypres n'avait qu'une faible toxicité et que les projectiles chimiques qu'ils utilisaient avaient des propriétés lacrymogènes en plus de leurs propriétés toxiques (rapport de la Commission d'Agression du 17 août 1915, sur l'objection morale d'utiliser des substances létales et sur l'objectif recherché).

En réalité, il n'y eu aucune objection à utiliser des substances létales et à violer la Convention de La Haye. Les autorités prirent cependant la précaution de n'utiliser ces substances dans des munitions d'artillerie que quand la capacité de production française fut jugée suffisante pour ne pas avoir à souffrir de représailles allemandes plus importantes ; "la question légitimité d'emploi ne se pose pas, la seule question qui se pose est une question industrielle. Du jour où on aura répondu à cette question par l'affirmative, l'emploi s'en suivra naturellement".

Finalement, ce sont des documents d'origine privée qui vont permettre de connaître une des premières (ou la première ?) opération au front à l'aide des obus au phosgène. Très aimablement confiée par son propriétaire, elles permettent en s'appuyant sur les JMO des unités engagées, de faire le jour sur ces tirs.

Le 18 décembre, le général évoque alors un tir d'obus spéciaux et les ordres d'opération sont diffusés le 19. Les tirs doivent être effectués en majorité avec des obus n°5 chargés en phosgène, complétés par des obus n°2 et 3, des obus incendiaires et suffocants au phosphore blanc qui ont la particularité de créer un épais nuage fumigène qui doit stabiliser et clouer au sol le nuage de phosgène.

La 25e batterie débute son tir à 9h15 et le poursuit jusqu'à 11h45, soit pendant 2h30. 2000 obus spéciaux sont envoyés sur le terrain. Le tir débute à cadence maximale, toutes les pièces tirant simultanément à la cadence de 10 coups/minute pendant 5 minutes.

Douilles d'Artillerie: Un Aperçu

A l’approche des commémorations du centenaire de l’armistice de 1918, cette problématique est particulièrement d’actualité : des milliers d’anciens combattants ont rapporté́ à leur domicile des douilles d’obus souvent décorées de gravures, qui trônent encore aujourd’hui sur les cheminées de beaucoup de demeures françaises ou servent parfois de pieds de lampe, de vases de fleurs, de porte-crayons ou de porte-parapluies.

Le Code de la Sécurité Intérieure a codifié la neutralisation des cartouches d’un calibre inférieur ou égal à 20 mm en exigeant qu’un trou de 2 mm soit percé dans l’étui, que la poudre soit vidée et que l’amorce soit percutée.

Il est évident que « caractère armement » s’est perdu au profit du coté « art populaire ».

Pour la première : "ART" signifie Artillerie "13" la date 1913 et "2" le mois (février) Il est possible que ce soit des douilles de 8mm Lebel avec ce type de marquages (Cartouches française). Pour la deuxième : "ART" signifie Artillerie "13" la date 1913 et "1" le mois (Janvier) Il est possible que ce soit aussi des douilles de 8mm Lebel avec ce type de marquages (Cartouches française). Pour la 3ème : "15" date 1915 et "2" mois de février Je pense a une douille de 7.92 de Mauser (Cartouche allemande).

"D" pour balle Desaleux (balle lourde en cuivre massif); sur la dernière balle de 7,92 Mauser, "S" pour Spitz-Geschoss (balle pointue).

ART. D / 13 ( peut être pour 1913 ) / A.VE. P / 2 ART. = Direction de l'artillerie . D= Modèle 1886 D A.VE.= Atelier de Cartoucherie de Valence P = Société anonyme des Mines et Fonderies de Pontgibaud ( c'est le fournisseur de métal )Pour les chiffres 2 et 13 c'est deuxième trimestre de 1913. ART. D / 13 ( toujours j'imagine pour 1913 ) / VE . BS /1ART. = Direction de l'artillerie . D= Modèle 1886 D VE.= Cartoucherie de Valence.BS.=Atelier de laminage de l'école pyrotechnique de Bourges. (fournisseur du métal ). Pour les chiffre 1 et 13 c'est premier trimestre de 1913. 15 / S / D.M / 2D.M = Deutsche Metall Patronenfabrik à Karlsruhe. S = étui laiton Pour les chiffres 2 et 15 c'est févier 1915.

La date marquée au culot n'est parfois pas du tout en rapport avec la date du tir. Une 1913 peut voir été tiré en 1918 voir en 1940. Dans un lot qu'on m'a remis, j'ai des 1932 mélangées avec une 1906.

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