Envie de participer ?
Bandeau

Fin 2000, diverses pathologies dont des leucémies ont été rapportées chez des militaires ayant participé à la guerre des Balkans. L’uranium appauvri des armes utilisées lors de ce conflit a été mis en cause par certains.

Qu'est-ce que l'uranium appauvri ?

Quelle que soit sa composition isotopique, l’uranium appauvri (UA) a le même comportement chimique et biologique dans l’organisme que l’uranium naturel. Par conséquent, l’ensemble des connaissances sur l’uranium naturel, les voies d’exposition correspondantes et les effets sur l’homme, peut être considéré pour apprécier les risques associés à l’UA. Toutefois, pour ce qui concerne l’impact dosimétrique, il convient de tenir compte de la composition isotopique réelle et de la présence d’impuretés.

Contrairement à ce que son nom laisse penser, l’uranium appauvri n’est pas moins radioactif que l’uranium que l’on trouve dans la croûte terrestre. Il est dit « appauvri » car il possède moins d’isotopes 235 que son homologue naturel. Pourtant, sa radioactivité est de l’ordre de 10 millions de becquerels par kilogrammes, contre 40 millions de becquerels pour l’uranium qui se trouve naturellement dans le sol.

Voies d'exposition et risques potentiels

Au moment de l’impact d’un obus perforant sur sa cible, la voie d’exposition principale est l’inhalation et les personnes présentes sur le site peuvent inhaler de manière aiguë des particules d’uranium dispersées dans l’atmosphère. Par contre, compte tenu du caractère faiblement irradiant de l’uranium et a fortiori de l’uranium appauvri, une exposition externe significative de militaires ou de populations en relation avec l’utilisation des armes à l’UA est très peu vraisemblable. De même, par suite des processus de dilution des dépôts au sol, la consommation d’eau et d’aliments ne peut conduire qu’à une contamination interne négligeable.

La toxicité de l’uranium peut avoir une origine chimique ou radiologique. L’uranium appauvri, faiblement radioactif, est avant tout un toxique chimique comme le sont la plupart des métaux lourds (cadmium, mercure, plomb,...). Les reins sont particulièrement sensibles aux effets chimiotoxiques de l’uranium. Les lésions peuvent être accompagnées d’anomalies fonctionnelles. La sévérité et la réversibilité des lésions dépendent de la concentration en uranium dans les reins.

Lire aussi: Choisir son Pistolet d'Alarme

Toxicité rénale et risque de leucémie

Ainsi, nos calculs montrent que l’incorporation d’UA soluble à un niveau pour lequel est observée une toxicité rénale aiguë (3 µg.g-1 de tissu rénal) correspond à une dose équivalente à la moelle osseuse de seulement 0,17 mSv en trois ans. En d’autres termes, avant qu’une personne exposée à l’UA soit atteinte de leucémie, elle devrait présenter une pathologie rénale aiguë.

Risque de cancer et autres effets

Concernant le risque de cancer lié à l’uranium, les seules données épidémiologiques disponibles concernent les travailleurs de l’industrie nucléaire exposés à l’uranium naturel ou enrichi. Dans la plupart des situations, les expositions à l’uranium ne sont pas isolées, mais associées à d’autres expositions radiologiques (radon et rayonnements gamma) ou chimiques. De plus, dans ces populations, l'exposition interne par inhalation ou ingestion de l'uranium a été mal quantifiée et demeure difficile à évaluer rétrospectivement.

En dehors du risque évoqué de cancer induit par une exposition à l’uranium, d’autres effets sont décrits dans la littérature internationale (effets sur le système nerveux central, effets sur le système reproducteur, effets tératogènes, mutagénicité, immunotoxicité). A l’heure actuelle, seule la toxicité chimique de l’uranium au niveau du rein est formellement établie.

Armements français et uranium appauvri

S'agissant des armes françaises, il s'avère que la seule munition à uranium appauvri dont dispose l'armée de terre est l'obus flèche OFL 105 F 2 de 105 millimètres pour ses chars AMX 30 B 2 produits dans l'usine de GIAT Industries à Salbris. Leur nombre a été limité au strict besoin opérationnel. Les chars Leclerc sont approvisionnés exclusivement en obus flèche au tungstène OFL 120 F 1 de 120 millimètres.

Des tirs expérimentaux de projectiles à uranium ont été effectués dans deux centres d'essais de la délégation générale pour l'armement : l'établissement technique de Bourges et le centre d'études de Gramat, au sein desquels les mesures de protection sont extrêmement rigoureuses. Ainsi, les cibles sont placées dans une enceinte confinée dont la ventilation est filtrée, et les personnels ayant accès aux zones contrôlées pour la préparation des tirs puis leur interprétation sont équipés de dosimètres et doivent revêtir les équipements de protection. Au moment des tirs, ils se trouvent dans des abris à plus de 300 mètres de la zone d'impact.

Lire aussi: Comparatif des munitions 22LR

Un suivi médical spécifique conforme à la législation sur la médecine du travail, incluant une recherche d'uranium dans les urines lorsque cela s'avère nécessaire, est appliqué au personnel permanent et occasionnel présent sur la position de tir. Les enquêtes épidémiologiques effectuées sur le personnel ayant participé aux essais de ces munitions n'ont fait ressortir aucune anomalie.

Surveillance environnementale

En ce qui concerne l'environnement, une surveillance est assurée par le service de protection radiologique des armées (SPRA) et n'a jamais mis en évidence de pollution des sites. Les effluents liquides de lavage sont récupérés par l'Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs et des échantillons de végétaux, d'eau, de sédiments au fond des puits sont prélevés et analysés tous les trois mois par le SPRA.

Position de la France

La France participe, notamment au sein de l'Alliance atlantique, aux recherches et aux échanges d'informations organisés au plan international pour déterminer le risque réel lié à l'utilisation de l'uranium appauvri. Les mesures effectuées ou en cours de réalisation dans les Balkans montrent la difficulté de trouver des traces de contamination qui pourraient avoir un impact sur la santé ou l'environnement. Les résultats de ces travaux seront rendus publics.

Il est nécessaire pour l'armée de terre française de disposer d'une munition permettant de faire face à des chars modernes et fortement blindés tout en restant à distance de sécurité, c'est-à-dire avec un moindre risque pour la vie de nos militaires. Dans ces conditions, le ministère de la défense n'envisage pas de mettre un terme à la production de ce type de munitions.

Arguments pour l'utilisation

Les munitions flèches à l'uranium appauvri équipant les chars Leclerc procurent à ces derniers une capacité de défense indispensable face à des chars modernes, surprotégés, très agiles et pouvant neutraliser des cibles à longue distance. Ces obus relèvent de la catégorie des armes conventionnelles et ne sont interdits par aucune convention internationale.

Lire aussi: Utilisations de la Carabine de Jardin

Controverses et critiques

L’utilisation de l’uranium appauvri a fait l’objet de vives critiques, principalement parce que ce matériau est radioactif. Quand l’obus percute sa cible, il se répand dans l’air et dans les sols, ce qui entraîne potentiellement la contamination des populations par inhalation ou par ingestion. Des études menées ultérieurement en Irak confirment ce risque sanitaire. « Les preuves disponibles suggèrent des associations possibles entre l’exposition à l’uranium appauvri et les effets néfastes sur la santé de la population irakienne », affirme ainsi la revue BMJ Global Health. Les scientifiques ont notamment constaté une hausse du nombre de cancers et de malformations congénitales dans les zones touchées.

Tableau comparatif : Uranium naturel vs Uranium appauvri

Caractéristique Uranium Naturel Uranium Appauvri
Uranium 238 99,2% 99,8%
Uranium 235 0,7% 0,2-0,3%
Radioactivité 51 500 000 Bq/kg 39 900 000 Bq/kg

tags: #munition #uranium #appauvri #armee #francaise #risques

Post popolari: