Les drones armés de petit format sont devenus des armes précieuses dans les guerres modernes. L'usage des drones d'attaque utilisables à quelques dizaines de kilomètres de leur point de départ a reçu une illustration spectaculaire depuis le début de la guerre en Ukraine. Les Russes et les Ukrainiens en utilisent en grand nombre et ne manquent pas d'utiliser les images des frappes de précision qu'ils permettent de déclencher.
Côté russe, les observateurs ont surtout identifié les Orlan-10, tandis que les Ukrainiens revendiquent force et succès avec leur Bayraktar TB2 de fabrication turque, qui auraient contribué à la destruction de la frégate russe Moskva, en mer Noire, coulée le 14 avril 2022. Les Ukrainiens utilisent également une arme d'infanterie américaine innovante, dite munition rôdeuse, le Switchblade, un missile volant déployant ses ailes en sortant de son tube d'éjection et capable de se déplacer sur une dizaine de kilomètres avant d'être dirigé vers sa cible.
Un expert français consulté par Le Point refuse de qualifier ces engins de drones, préférant les classer dans la catégorie « artillerie 2.0 ». Dans leurs réflexions sur les leçons à tirer de la guerre en Ukraine, les militaires français ont bien compris que cette gamme d'engins-tueurs manque à leur panoplie. Ils disposent bien de petits drones d'observation et de drones Moyenne Altitude Longue Endurance (MALE) du type MQ-9 Reaper, largement utilisés au Sahel, mais ceux-ci appartiennent à des catégories différentes.
Les Français ont donc pris la décision de réagir et la Direction générale de l'armement (DGA) a lancé avec l'Agence de l'innovation de défense (AID) un appel à projet afin que l'industrie leur propose des solutions pour deux modèles de drones d'attaque légers.
Les capacités opérationnelles recherchées pour le premier engin, appelé Larinae (une famille d'oiseaux comptant les goélands et les mouettes) sont les suivantes :
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La DGA demande également des précisions sur les effets contre différents types de cibles (personnel, véhicule léger, blindage lourd, infrastructure, navire…), ainsi qu'une capacité de neutralisation d'une cible en mouvement (environ 50 km/h). Cet engin devra également disposer d'une capacité à percer une fenêtre et exploser à l'intérieur d'un bâtiment. L'appel à projet précise que le ministère des Armées n'est pas seulement intéressé par des technologies nouvelles ; le caractère innovant des propositions pourra consister à « détourner l'usage des technologies existantes ».
Et attention au coût ! La partie « consommable » (la munition et éventuellement le porteur) ne devra pas dépasser un prix de 200 000 euros. Il y a urgence : la première démonstration du projet retenu devra intervenir avant le 30 juin 2024.
Les ambitions du projet Colibri sont plus modestes. Cette « munition téléopérée » doit pouvoir voler 30 minutes sur la zone d'intérêt située à 5 kilomètres à partir du point de mise en œuvre. Il est clairement destiné au champ de bataille, pour une section d'infanterie ou un commando de forces spéciales avec « une mise en œuvre facilitée en quelques minutes, sans piste ni terrain préparé, accessible à un opérateur seul sans formation spécialisée ».
Le prix de la partie consommable est dix fois moins élevé que dans le cas du projet Larinae : 20 000 euros au maximum. La DGA précise dans son appel à projets que toutes les candidatures seront appréciées : « Nous acceptons les propositions provenant de tous types d'opérateurs économiques : académiques, petites ou moyennes entreprises, entreprises de taille intermédiaire, grands groupes. Nous acceptons tout groupement de ces différents types d'opérateurs.
« Munition rôdeuse », « munition maraudeuse », « munition télé-opérée » ou encore « drone d’attaque sacrifiable »… Les appellations ne manquent pas pour désigner un « drone kamikaze », comme les modèles Switchblade et Ghost Phoenix que le Pentagone a fournis aux forces ukrainiennes pour leur permettre d’attaquer les positions de leurs adversaires russes, voire leurs lignes logistiques. L’efficacité de tels engins fut démontrée lors de la denière guerre du Haut Karabakh [octobre-novembre 2020]. Et un rapport du Sénat, publié quelques mois plus tard, avait préconisé d’en doter les forces françaises.
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Appelé « LARINAE », le premier appel à projets concerne la mise au point d’un système à bas coût ayant une capacité de « neutralisation de cibles à longue élongation », soit au-delà de 50 km de son point de départ. Le second, baptisé COLIBRI, vise à développer un appareil du même genre, pour viser des objectifs située à seulement cinq kilomètres de distance. Ces drones devront permettre de neutraliser au moins un véhicule léger avec une précision métrique. Leur mise en oeuvre devra être rapide et « accessible à un homme seul sans formation spécialisée ».
En outre, ils devront être insensible au brouillage électronique ou à toute tentative adverse visant à en prendre le contrôle et disposer d’une « fonction robuste permettant d’informer l’opérateur de l’état du système en cas de non utilisation sur la cible ».
Évidemment, qui peut le plus peut le moins… Aussi, l’AID précise que l’analyse des candidatures prendra en compte des « extensions fonctionnelles », comme par exemple des effets sur des cibles de nature différente [véhicule blindé, blindage lourd, infrastructure, navire], une capacité de récupération si la charge n’a pas été actionnée ou encore une autonomie plus importante.
Le marché des munitions rôdeuses est assez restreint, en particulier si l’on excepte les productions turques et israéliennes. Dans le monde atlantique, elles sont rares : la Pologne a conçu le Warmate et le Royaume-Uni a abandonné le développement du Fire Shadow alors qu’il semblait plutôt prometteur. Reste en lice le Switchblade de l’américain AeroVironment, dont l’engagement sur le théâtre ukrainien a été annoncé.
Le Switchblade 300 a été rendu public dès 2012 et est le résultat de travaux sur un système d’appui à faible coût utilisable en Afghanistan afin de faire face aux embuscades. Développé par l’Air Force Special Operations Command et l’US Army, il a ensuite été acheté par ces derniers comme par les Marines. Il a été engagé en opérations dès 2012.
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Concrètement, c’est une munition tirée depuis le tube de lancement dans lequel il est livré scellé. L’ensemble est compact, avec une longueur de 61 cm (dont 49,5 cm pour la munition) pour un poids de 2,7 kg, dont 2,5 kg pour la munition à proprement parler. Un système de lancement se présentant comme un boîtier de 73 kg contenant six munitions et pouvant être transporté par deux hommes existe également.
Une fois éjecté du tube par une charge d’air comprimé, le drone déploie sa voilure et son moteur électrique se met en marche, lui conférant une vitesse de croisière de 100 km/h, avec une capacité à atteindre 160 km/h. Il peut voler à une altitude maximale de 150 m. La batterie embarquée confère à la munition une endurance de 15 minutes, ce qui doit être suffisant pour que la séquence d’engagement soit lancée. Concrètement, la portée maximale du guidage est de 10 km.
L’engin est en effet téléopéré et son mode opératoire n’est pas sans difficulté au regard d’autres systèmes de munitions rôdeuses. En effet, une fois lancé, le système utilise un GPS embarqué pour se rendre vers la position ordonnée par l’opérateur, qui ne le pilote pas - ce qui présuppose de savoir dans quelle direction lancer, et donc, potentiellement, l’usage d’autres systèmes. La munition est également dotée de capteurs EO/IR. Durant tout le vol, l’opérateur dispose d’une liaison avec le Switchblade, qui transmet ses images vidéo sur la petite unité portable de télépilotage, dotée d’un écran. Une fois la cible sélectionnée par l’opérateur et validée, la munition bascule vers elle de manière automatique (suivant une logique semblable à celle du Javelin) et détone. Si les conditions changent, parce qu’un civil viendrait à s’approcher de la cible par exemple, l’attaque peut être abandonnée manuellement.
Le Switchblade 300 n’est donc pas à proprement parler une munition autonome - même si elle intègre une série d’automatismes. Ce système téléopéré, qui a été produit à plusieurs milliers d’exemplaires, avait surtout été pensé comme une arme d’appui au profit immédiat de la section ou de la compagnie d’infanterie, de sorte que les États-Unis le considèrent plus comme un missile que comme un drone.
Sa charge explosive est cependant limitée : elle est équivalente à celle d’une grenade de 40 mm. Autrement dit, si elle est pertinente contre un sniper, une position retranchée, un IED ou un véhicule léger, elle n’est absolument pas suffisante pour attaquer un blindé. Elle est en revanche utile contre une position d’artillerie tractée. Plus largement, sa faible endurance limite son enveloppe d’emploi et n’en fait pas une munition rôdeuse au sens classique.
Dès lors, l’industriel a présenté le Switchblade 600 le 1er octobre 2020, d’abord afin de répondre au programme Single multi-mission attack missile de l’US Army. Sans surprise, le système est plus lourd : le tube de lancement et la munition ont cette fois une masse de 22,7 kg, dont 14,97 kg pour l’arme. Il faut y ajouter le système de contrôle de tir à écran tactile, d’un poids de 31,7 kg.
Les modalités de mise en œuvre sont similaires, mais la portée de la liaison, sécurisée, est plus importante : au-delà de 40 km. Sa longueur passe à 1,3 m et son envergure, une fois la voilure déployée, à 1,9 m. Surtout, le système embarque des batteries autorisant une endurance de 40 minutes et une vitesse supérieure (jusqu’à 185 km/h), de même qu’une charge qualifiée d’antiblindage et qui pourrait être semblable, sinon identique, à celle du FGM‑148 Javelin.
Avec une plus grande endurance, le Switchblade 600 peut cette fois agir comme une véritable munition rôdeuse, l’opérateur ayant une grosse vingtaine de minutes, une fois l’engin parvenu à 40 km, pour repérer une cible et la frapper, tout en conservant, là aussi, la main sur la sélection et la conduite de l’attaque. Le « playtime » est évidemment accru si l’action se déroule à plus courte portée. Le système étant plus lourd, le temps de mise en œuvre avant lancement est de 10 minutes environ, soit nettement plus que les deux minutes nécessaires pour le Switchblade 300.
| Caractéristique | Switchblade 300 | Switchblade 600 |
|---|---|---|
| Poids (tube et munition) | 2,7 kg | 22,7 kg |
| Longueur | 61 cm | 1,3 m |
| Portée maximale du guidage | 10 km | > 40 km |
| Endurance | 15 minutes | 40 minutes |
| Vitesse maximale | 160 km/h | 185 km/h |
| Charge explosive | Équivalent à une grenade de 40 mm | Antiblindage (similaire au Javelin) |
| Temps de mise en œuvre | 2 minutes | 10 minutes |
Drone kamikaze, munition téléopérée, munition maraudeuse, vecteur à charge active…, peu importe le nom. Les munitions rôdeuses sont désormais bien présentes sur les champs de bataille. Il faudra aussi compter avec des produits français comme le Toutatis, développé par Thales, le spécialiste français de l’aérospatial, de la défense et la la sécurité. Présenté au salon du Bourget, Toutatis n’a pas été retenu par la Direction générale de l’armement (DGA) et l’Agence de l’innovation de défense (AID) dans le cadre des deux appels à projets de munitions rôdeuses lancés début mai 2022.
D’abord, Nexter Arrowtech. L’entité munitionnaire du groupe a conduit l’étude et le développement d’une charge active intégrée dans un drone à coût maitrisé capable d’observer et d’identifier une menace pour la neutraliser dans un rayon d’environ 5 km à partir de son point de mise en œuvre. Ce système assurera une capacité de destruction importante sur une cible statique ou dynamique. L’autre consortium rassemble MBDA et Novadem. Le projet proposé vise à adapter un drone à voilure tournante. Cette solution favorable à la manœuvrabilité permettra d’explorer des cas d’usages en environnement urbain ou moins ouvert.
Nexter Arrowtech, EOS Technologie et TRAAK ont signé le 16 juin un marché avec l’AID pour développer, en France, un nouveau type de munition téléopérée à moyenne portée, toujours absente de l’arsenal militaire français. Outre le projet développé par NEXTER Arrowtech, EOS Technologie et TRAAK, un projet développé par MBDA a aussi été retenu parmi 16 propositions industrielles. Le projet proposé par MBDA vise à développer un drone d’une dizaine de kilogrammes à ailes déployables.
Pour équiper les forces françaises, une petite commande de munitions US a été passée. Le nombre de systèmes acquis par la France n’est pas détaillé (mais on parle de 70). (GA-ASI) et AeroVironment ont réalisé avec succès le tout premier tir aérien d'une munition rôdeuse Switchblade 600 depuis un drone MQ-9A Block 5 de GA-ASI. Les essais ont été réalisés au centre d'essais de l'armée américaine de Yuma, du 22 au 24 juillet. Cette collaboration démontre une nouvelle capacité à combiner des technologies sans pilote. Le président de GA-ASI, David R. Alexander, a déclaré que cette étape importante permet au MQ-9A d'opérer à de plus grandes distances des défenses ennemies, améliorant ainsi la portée du Switchblade 600. Le processus d'intégration comprenait la sortie de deux munitions, démontrant l'adaptabilité de GA-ASI dans la mise en œuvre d'effets lancés par voie aérienne sur le champ de bataille. Le test réussi souligne les avantages opérationnels offerts aux commandants dans des environnements contestés en proposant des solutions tolérantes aux risques.
La guerre en Ukraine a ouvert une nouvelle ère de combat technologique. Les investisseurs et le Pentagone parient sur la capacité d’AeroVironment à produire des drones mortels à l’échelle industrielle.
Dans le conflit opposant la Russie à l’Ukraine, une nouvelle étape pourrait bientôt être franchie avec le Switchblade, une arme mortelle capable de réaliser une frappe précise et qui est au cœur des ambitions de Wahid Nawabi. Ce dernier souhaite faire d’AeroVironment une entreprise multimilliardaire dans les trois à cinq prochaines années, alors que le chiffre d’affaires de l’entreprise est 717 millions de dollars pour l’exercice fiscal 2024.
À partir de 2022, les États-Unis ont fourni à l’Ukraine 700 modèles de Switchblade 300, un missile d’une valeur de 50 000 dollars, suffisamment petit pour être transporté dans le sac à dos d’un soldat et lancé avec un minimum d’effort. Ce missile a été discrètement utilisé par les forces spéciales américaines en Irak et en Afghanistan au cours de la dernière décennie pour abattre des insurgés « très recherchés » à une distance pouvant aller jusqu’à près de 10 kilomètres. Plus récemment, l’Ukraine a chassé de précieuses batteries de défense aérienne russes à l’aide d’une version plus récente et plus grande, le Switchblade 600, une arme d’une valeur de 200 000 dollars et d’une portée de 40 kilomètres. L’Ukraine en a reçu des centaines, et 600 autres lui ont été promis dans le cadre d’un récent programme d’aide des États-Unis.
La guerre en Ukraine a été un laboratoire bourdonnant pour les aéronefs sans pilote. Les fabricants testent et améliorent leurs conceptions. AeroVironment a connu des débuts difficiles face à la guerre électronique russe, qui aurait entravé de nombreux drones occidentaux sophistiqués, mais le vent semble avoir tourné pour l’entreprise. Selon Wahid Nawabi, les modifications apportées pour surmonter les problèmes de brouillage et l’amélioration de la formation ont permis au Switchblade d’atteindre un taux d’efficacité de plus de 80 %.
Le mois dernier, l’armée américaine a accordé à AeroVironment un contrat d’une valeur de 990 millions de dollars, le plus important jamais signé par l’entreprise, pour couvrir les achats de Switchblade jusqu’en 2029. L’entreprise est en lice pour des contrats avec d’autres branches de l’armée américaine et des alliés étrangers, qui accélèrent l’adoption des drones en raison de leur efficacité chirurgicale en Ukraine.
De nombreuses entreprises sont à l’affût de cette opportunité. Une étude réalisée l’année dernière par la Vertical Flight Society a dénombré 123 entités dans 32 pays qui produisaient des drones d’attaque à sens unique. Il s’agit notamment des pionniers israéliens des munitions flottantes, comme Elbit Systems, et de jeunes entreprises de technologie de la défense en plein essor, comme Anduril, qui a fourni à l’Ukraine un drone plus grand et à plus longue portée, l’Altius 600. Anduril a récemment levé 1,5 milliard de dollars de fonds et en consacre une partie à la construction d’une usine géante appelée Arsenal-1.
Cependant, AeroVironment, qui a été discrètement le principal fournisseur de drones de petite taille du département américain de la Défense au cours des deux dernières décennies, pourrait avoir les relations, la technologie et l’expérience industrielle nécessaires pour mieux satisfaire le désir soudain de l’armée américaine de se doter en masse de systèmes sans pilote.
En mai, le Pentagone a attribué à AeroVironment un contrat pour la construction de Switchblades dans le cadre de son projet Replicator, qui vise à faire appel à des entreprises de défense et à des start-up pour produire des milliers de drones autonomes d’ici la mi-2025, afin que l’armée américaine puisse les utiliser contre la Chine en cas d’invasion de Taïwan. AeroVironment est jusqu’à présent la seule entreprise à avoir été nommée publiquement comme ayant été sollicitée pour un tel accord. Le financement permettra à l’armée américaine d’accélérer l’acquisition du Switchblade 600, qui donnera à l’infanterie la possibilité d’anéantir des chars à longue distance.
Les Marines équipent également les escouades de fusiliers d’une version améliorée du Switchblade 300, capable d’attaquer les blindés aussi bien que les troupes. Il s’agit d’un élément clé de la refonte des forces armées américaines, dans le cadre de laquelle les Marines se débarrassent des armes lourdes, comme les chars, et d’une grande partie de leur artillerie, afin de rendre les unités expéditionnaires plus rapides et plus difficiles à cibler.
L’intérêt pour les munitions vagabondes ne se limite pas aux troupes terrestres : la Navy, les Marines et l’armée de terre expérimentent l’intégration de ces munitions dans des lanceurs installés sur des bateaux, des hélicoptères et des véhicules blindés.
Il existe également des opportunités de croissance pour les drones de surveillance et les petits robots terrestres d’AeroVironment, qui ont réalisé l’année dernière un chiffre d’affaires de 448 millions de dollars, soit 60 % du chiffre d’affaires total. L’entreprise est en lice pour des programmes potentiellement lucratifs de l’armée visant à mettre en service de nouveaux drones de reconnaissance à moyenne et longue portée.
Entre-temps, les ventes internationales se préparent. Le Royaume-Uni, la France et la Lituanie ont effectué des achats initiaux de Switchblade, et le Département d’État américain a approuvé en juin une vente de 60 millions de dollars à Taïwan. AeroVironment affirme que plus de 20 pays cherchent à acheter un modèle de Switchblade.
Les investisseurs sont très intéressés par les opportunités qui s’offrent au seul fournisseur public de drones du Pentagone. Ils ont contribué à multiplier les actions d’AeroVironment par près de quatre depuis l’invasion de l’Ukraine par la Russie en février 2022, donnant à la société une capitalisation boursière de 5,9 milliards de dollars. L’entreprise a déclaré un bénéfice net de 60 millions de dollars pour l’exercice 2024, qui s’est terminé le 30 avril, pour un chiffre d’affaires presque deux fois supérieur à celui de 2020, avec des ventes de munitions de vol stationnaire en hausse de 60 % (193 millions de dollars). La société AeroVironment est tellement confiante dans ses perspectives qu’elle a promis à Wall Street une croissance annuelle de son chiffre d’affaires d’au moins 20 % pour les trois prochaines années.
Si la paix devait revenir demain entre la Russie et l’Ukraine, AeroVironment aurait encore de grandes opportunités dans un monde où la manière de faire la guerre a complètement évolué, selon les analystes de la défense.
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