Le développement des munitions guidées a marqué une évolution significative dans l'armement moderne. Cet article explore le fonctionnement et l'évolution de ces systèmes, en se concentrant sur les missiles et les drones.
La première génération de missiles guidés a vu le jour dans les années 1950. Les essais du guidage ont commencé sur le missile SS 11. La difficulté était la prise en charge du missile, de sa dispersion angulaire au départ. L'AS 11 a été tiré d'Alouette 2 en 1959. Le téléguidage semi-automatique infrarouge fut effectué dans les années 1960.
L'opération et un armement de base des armées de Terre, envisagée en 1950, équipant la première génération, la DTAT. Le développement a commencé en 1964 et les livraisons en série en 1978. 10 000 postes de tir furent produits (jusqu'en 1995). Des versions (portée, charge) furent développées. Il est utilisé par 37 pays.
Le Milan a évolué vers le Milan 2, avec une charge tandem pour maintenir l’efficacité en cas de blindage réactif, puis en 1995 le Milan 3. Le Dragon (MP) n’a pas été un concurrent au Milan. La portée a varié de 3 km à 3,75 km. Il est considéré comme le meilleur missile de moyenne portée au niveau mondial.
Le premier missile au monde conçu pour le combat rapproché était le Magic, développé par Matra. Le Magic 2, développé à partir de 1978, a été mis en service en 1986. Le Super 530 a été développé par Matra. Le Super 530 F a été utilisé dans le conflit Irak-Iran. Le missile était « le must » du point de vue des performances. Il a été mis en service en 1987.
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L'Exocet, un missile mer-mer, a été mis en service en 1966. La version pour tir de sous-marin a des nageoires repliées. La version améliorée du MM 38 vise les cibles au-delà de l’horizon. En 1999, 33 pays sont concernés, pour 3 200 missiles. L’Exocet en version MM 38 a été utilisé durant plusieurs conflits.
Les systèmes de défense sol-air ont commencé à être conçus à la fin des années 1960. Le Crotale a déjà été esquissé. Le Roland a été retenu en 1974. Le Mistral est resté compétitif.
Les premiers drones ont été décrits comme des véhicules de reconnaissance. Le programme a fait l’objet de plusieurs imbroglios. Le fonctionnement du système a été satisfaisant. La transmission en direct des informations du line scanner était possible.
Les drones ont évolué vers des véhicules de surveillance. Ils sont actuellement désignés UAV (Unmanned Aerial Vehicles). Ils ont été utilisés lors de conflits et sont devenus des programmes prioritaires pour les états-majors.
Les drones ont été utilisés pour la destruction finale des batteries syriennes de sol-air SA 6. La surveillance d’Israël a suivi. La France a commencé à s’intéresser aux drones dans les années 1990.
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Des cibles américaines AQM 37 furent achetées. Cette cible a été lancée en 1978. La charge utile est passée à 130 kg.
Parmi les nombreuses nouveautés d’Oto Melara (Italie), il faut s’arrêter plus particulièrement sur le Draco. Ce système d’armes à tourelle téléopérée est fait pour l’engagement direct et indirect de cibles de toutes natures, comme les aéronefs, les missiles RAM (Rolling Airframe Missile) très manoeuvrants, ou d’objectifs terrestres, pour des missions de soutien, de protection de convois ou encore de défense fixe de sites.
Montant sur un blindé 8x8 ou sur Shelter, cette tourelle est armée du bien connu et réputé canon automatique de 76/62 mm à grande cadence de tir d’Oto Melara. À chargement entièrement automatique, il utilise toutes les munitions de 76/62 mm en service, y compris la Dart (Driver Ammunition Reduce Time of flight) à fusée multifonction programmable.
Les frégates de la classe Horizon sont des bâtiments de combat de défense aérienne construits en coopération entre la France et l'Italie. Elles ont pour mission principale de participer à la défense antiaérienne d'un groupe aéronaval, ou d'assurer la protection d'une zone ou d'un convoi contre des attaques aériennes ou de missiles.
Dotées du système d'arme antiaérien principal PAAMS, et d'un radar à longue portée LRR (détection d'aéronefs >400 km), elles sont le second rempart de protection d'un groupe aéronaval, après les chasseurs, et assurent une protection à 360° à une distance de 100 kilomètres contre les avions et 30 kilomètres contre les missiles antinavires supersoniques rasants et manœuvrants en service ou en développement.
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La Marine nationale a montré avec la frégate Forbin sa capacité à détruire un missile supersonique (3 000 km/h) manœuvrant (SS-N-22, AS-17, BrahMos) à une altitude de moins de 5 mètres au-dessus de l'eau. Sur les unités italiennes, les trois canons sont en train d'être mis à jour à la version 76/62 mm Super Rapid Multi Nourrir David/Strales dont la capacité d'utiliser la munition guidée DART en fonction anti-missiles.
Deux de ces bâtiments sont en service dans la marine française, deux dans la marine italienne.
En décembre, aux abords du détroit de Bab el Mandeb [mer Rouge], la frégate multimissions [FREMM] Languedoc, sous commandement national, a dû s’employer à deux reprises pour détruire des drones hostiles lancés par les rebelles Houthis depuis le Yémen. Pour cela, elle a utilisé une partie des 16 missiles surface-air Aster 15, dont le coût unitaire est compris entre 1 et 1,5 million d’euros.
Évidemment, cela a ouvert un débat sur le rapport entre le coût de ces missiles et celui des engins qu’ils ont détruits, sachant que le prix d’une munition téléopérée iranienne [MTO ou drone « kamikaze »] de type Shahed-136, comme celle probablement utilisée par les Houthis, est d’environ 20’000 dollars.
Lors du dernier point presse du ministère des Armées, le 11 janvier, le vice-amiral Emmanuel Slaars, commandant la zone maritime de l’océan Indien [ALINDIEN] ainsi que les forces françaises stationnées aux Émirats arabes unis [FFEAU] n’a pas manqué d’être interrogé sur ce sujet.
Pour lui, « analyser les choses » sous cet angle est un « peu court » étant donné que ce n’est pas le prix de la munition utilisée pour écarter une menace qui compte mais la valeur de ce qu’elle a permis de protéger. « Il faut intégrer dans vos analyses le fait que le coût à prendre en compte n’est pas seulement celui du missile que l’on utilise mais également le coût de ce que l’on protège. Là, en l’occurrence, il s’est agi de protéger nos marins et leur bateau parce que, lors des attaques des 9 et 11 décembre, il n’y a aucun doute sur le fait que la Languedoc était visée. Donc, il n’y a aucun état d’âme à avoir », a affirmé le vice-amiral Slaars.
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