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Dans le domaine de la gestion des munitions, plusieurs niveaux de qualification et spécialisations existent, allant de la reconnaissance des engins explosifs improvisés (EEI) à la gestion des stocks de munitions.

Qualifications et Formations

Neutralisation et Destruction d'Engins Explosifs

La qualification de niveau 1 en Explosive Ordnance Disposal (EOD) permet à une personne formée de localiser, mettre à l’air libre et détruire sur place des mines isolées et des REG spécifiques au type pour lequel elle a été formée. En plus des compétences du niveau 1, la qualification EOD 2 permet à son détenteur de déterminer l’état des munitions découvertes. Elle lui donne également les compétences nécessaires pour procéder, lorsque cela est possible, au déplacement, au transport et à l’élimination simultanée de plusieurs éléments de munitions en utilisant des moyens conformes aux normes internationales en vigueur.

Reconnaissance et Intervention sur les EEI

  • Formation niveau 1 (Reconnaissance des EEI) : Ce module vise à améliorer la connaissance globale, à connaître les règles de sécurité et les comportements à adopter face à un engin suspect. Il se décompose en une approche théorique et pratique.
  • Formation niveau 2 (Intervention sur les EEI) : Ce module forme des spécialistes aptes à neutraliser, enlever, détruire tous les engins explosifs improvisés (colis, engins) piégés ou non, à l’exception des véhicules et des cadavres piégés.
  • Formation niveau 3 (Traitement de véhicules et cadavres piégés) : Ce module permet aux démineurs d’intervenir sur des EEI complexes ou pouvant générer des dégâts importants.

Explosive Ordnance Reconnaissance (EOR) et EOR police

Former des personnes aptes à préparer et appuyer l’action des équipes d’intervention en :

  • Recherchant, détectant, localisant, balisant et identifiant (si possible) la présence d’engins explosifs, puis rendre compte.
  • Informant les autorités sur les risques et procédures à appliquer.
  • Faisant prendre les mesures de sauvegarde immédiates.
  • Transférant les éléments de situation aux spécialistes.

Autres Formations Spécialisées

  • Attaquer le réseau (« Attack the Network ») : Empêcher l’action de pose d’IED de l’ennemi.
  • Mettre en échec le dispositif (« Defeat the Device ») : Détecter le dispositif mis en place et ses composants associés, puis intervenir pour le neutraliser.
  • Former et entraîner (« Train and Educate ») : Acquérir les savoir-faire tactiques et techniques de lutte contre le système EEI.
  • Fouille opérationnelle : EGOS délivre des formations en fouille opérationnelle : la Fouille opérationnelle Elémentaire (FOE), la Fouille Opérationnelle Complémentaire (FOC) et la Fouille Opérationnelle Spécialisée (FOS).
  • Dépiegeur d’assaut : Un expert dans la gestion de la menace et des pièges qui entravent la progression d'une force spécialisée lors d'une action de haut niveau.
  • Gestion d’armes et de munitions : EGOS propose plusieurs formations disponibles pour apprendre les métiers d’opérateur, gestionnaire ou inspecteur en gestion d’armes, ainsi que des formations pour devenir processeur ou comptable de munitions.
  • Marquage, découpage ou traçage d’armes légères et de petits calibres (ALPC) : EGOS propose également d’autres formations techniques.
  • Inspecteur contrôle qualité (ICQ-PSSM) : Former des cadres, militaires ou civils, pour être inspecteur contrôle qualité (ICQ-PSSM) en sécurité physique des stocks de munitions aptes à tenir la fonction d’inspecteur nationaux des dépôts de munitions.

Le Rôle du Magasinier Munitions

Sous statut militaire, votre spécialité consiste à réaliser des opérations simples de réception, de stockage et de distribution des munitions. Vos qualités : sens de l'organisation, prise d'initiatives, méthodique.

Technicien Pyrotechnie

Après votre formation militaire initiale et votre spécialisation en tant que technicien pyrotechnie, vous exercez dans votre unité d’affectation des responsabilités humaines et techniques dans le domaine de la maintenance pyrotechnique. Spécialiste de la gestion des munitions, vous êtes formé aux techniques de conditionnement, de magasinage et de transport des marchandises / matières dangereuses de classe 1. Vous organisez un magasin munitions (réception, stockage, gestion et distribution des munitions) et vous dirigez une équipe de deux à cinq personnes (magasiniers militaires ou civils). Vous effectuez des opérations de surveillance et de sécurité pyrotechniques de votre niveau en assurant la mise en œuvre et la destruction d'explosifs de type militaire, de lots pyrotechniques et électro-pyrotechniques et de munitions (cartouches, obus, roquettes, missiles, grenades et artifices divers). Vous respectez et vous vous assurez de faire respecter par votre équipe les règles de sécurité de pyrotechnie et les règles d'hygiène, sécurité et conditions de travail (HCST). Vous pouvez être amené à partir en mission ou en opérations extérieures (OPEX).

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Historique d'un Dépôt de Munitions : L'Exemple de Châteaudun

C’est au cours de la première guerre mondiale en 1915, que fut décidée par le Commandement la création d’un dépôt de munitions à CHATEAUDUN. Sortant d’usine, les munitions affluent vers les deux groupes de stockage Sud et Nord. A la demande, elles sont expédiées par trains complets sur les armées. Les stocks sont amoncelés sous des abris et des hangars de fortune. La voie ferrée de 60 est le seul moyen de transport assurant la desserte intérieure des magasins. Le personnel de manutention encadré par des artificiers militaires est en grande partie constituée de travailleurs chinois. Avec l’Armistice de 1918, la cessation des hostilités impose une mission nouvelle, celle de conserver et de maintenir en bon état des quantités importantes de munitions de tous calibres. Cet objectif exige une organisation adéquate de l’Établissement.

La sécurité des stockages aussi bien que celle du voisinage impose la construction de magasins en dur en remplacement des hangars de bois sans cesse rafistolés. Répondant à des normes bien définies et judicieusement répartis sur les 78 ha de terrain achetés définitivement par l’État à cet effet, ces nouveaux locaux de stockage offrent une sécurité accrue. Pendant vingt ans, chaque année apportera son lot de réalisations et d’aménagements nouveaux : tels que : ateliers, magasins généraux, salle d’artifices, château d’eau, réseau de distribution avec bouches d’incendie, casernement de la troupe et logement des cadres. Un grand chantier de démolition est installé dans un atelier provisoire situé entre les groupes Nord et Sud pour la démolition des munitions russes, reliquat de la guerre.

Sur l’emplacement de ce chantier, en 1924-25 un nouveau groupe de stockage vient s’insérer entre les deux autres, c’est le groupe Centre dit “groupe des poudrières”. Pour remettre en état les munitions récupérées, on construit un grand atelier en 1926-27 qui prend le nom d’Atelier définitif, il sera principalement utilisé à la remise en état des cartouches de 75mm et des fusées. Un autre atelier moins important implanté au groupe Sud sera utilisé pour la remise en état des obus de gros calibre, du 155 au 240mm. De 1930 à 1939, le groupe Nord se transforme. Pendant ces années, la mission de l’établissement est le stockage, la remise en état et l’approvisionnement des troupes d’Outre-mer et de métropole. Par décret du 6 mai 1933, l’Établissement est classé et le polygone de sécurité adopté.

Au personnel de manutention d’origine chinoise, durant le premier conflit mondial, ont succédé des militaires de la 3ème Compagnie du 4ème Bataillon d’Ouvriers d’Artillerie dont la portion centrale est implantée au Mans. Ce personnel supporte toutes les charges de soutien à l’Établissement : garde, piquet d’incendie, téléphone et renforce le personnel civil dans les groupes de stockage et les ateliers. Les services «munitions» et «infrastructure» sont commandés chacun par un officier. Chacun des trois groupes de stockage est dirigé par un adjudant ou adjudant-chef ayant le titre de “Gardien de batterie”. L’atelier de remise en état et l’atelier « Fer - Bois » sont dirigés par un adjudant-chef ayant le titre de “Maître ouvrier d’Etat”.

Recrutée non seulement à CHATEAUDUN, mais aussi dans les localités environnantes, la main d’oeuvre de 1’Etablissement atteint en 1939, 200 personnes, cadres, employés et ouvriers réunis. En septembre 1939, une activité fébrile suit l’ordre de mobilisation. Les cadres d’active non - artificiers quittent l’établissement pour être incorporés au 109ème Régiment d’Artillerie Lourde stationné au quartier «KELLERMAN» de CHATEAUDUN. Le personnel civil reste en place. Les réservistes arrivent.

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Cadres et hommes de troupe encore en “civil” sont, après un contrôle d’incorporation réduit au minimum, habillés par petits groupes. A la cadence de deux à trois trains par jour, les munitions montent vers les armées. Le mécanisme de ravitaillement des troupes en opérations est relancé. Le travail s’organise de jour comme de nuit. Pour faire face à la menace des bombardements aériens, une grande partie des stocks est acheminée par voie ferrée et camions vers des dépôts de campagne organisés dans la forêt de FRETEVAL au lieu dit “La Gaudinière”. Une compagnie d’artificiers fait mouvement vers ce dépôt de desserrement.

Chaque jour, six grands wagons de trente tonnes quittent la zone Sud chargés d’obus de gros calibre (surtout des 240mm) pour la gare de CLOYES où a lieu le transbordement sur camions pour monter les obus dans la forêt. Les munitions sont alors regroupées en petits îlots dispersés en sous bois. Chaque îlot terminé est couvert de tôles peintes de la couleur sol. Le personnel de manutention est renforcé par une compagnie de travailleurs espagnols (Cie n° 100) constituée de prisonniers internés de la guerre civile espagnole.

Le 15 Juin 1940, la pression allemande s’intensifie. L’entrepôt subit quelques bombardements de l’aviation ennemie. Son évacuation est décidée. Les deux compagnies d’artificiers rejoignent FRETEVAL. Le 17 Juin 1940, les allemands prennent possession du site et aussitôt, l’exploitation commence à leur profit. Les anciens ouvriers français sont réembauchés d’autorité. La KRIEGSMARINE utilise la zone Nord qui se garnit de mines sous-marines alors que la WERHMACHT utilise les deux autres groupes.

En forêt de FRETEVAL, dans le sous-bois humide, des piles d’obus quoique montées sur traverses en bois s’effondrent chaque jour. Les moyens en matériel manquent cruellement. Le travail dans ces conditions y est particulièrement pénible, les personnels difficiles à commander. A CHATEAUDUN, l’occupation allemande s’organise dans le dépôt de munitions comme au terrain d’aviation.

En mai 1944, la préparation du débarquement en Normandie amène les premiers bombardements de l’aviation alliée. Dans la nuit du 3 au 4 mai, un avion bien renseigné attaque les zones de stockage à plusieurs reprises. Le feu et la détonation se communiquent d’un hangar à l’autre; la série d’explosions se prolonge pendant plus de 12 heures consécutives. Le secteur le plus touché est celui de la zone Sud , les dégâts sont considérables. L’église de “La Chapelle du Noyer” dont les paroissiens étaient si fiers fut elle aussi gravement atteinte.

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C’est sous la pression de plus en plus forte des alliés, que le 12 août 1944 à 15H00, avant de quitter les lieux, les allemands procèdent à la destruction des dernières installations restées intactes. Une nouvelle série d’explosions secoue la zone mais les dégâts causés aux alentours sont moins importants qu’au mois de mai, les travaux de reconstruction n’ayant pas été entamés. Seule, la toiture de l’église de la Chapelle du Noyer qui avait été consolidée fut de nouveau soulevée aux mêmes endroits.

Après le départ des allemands, on pouvait juger des dégâts occasionnés sur l’infrastructure du site. L’entrepôt est en ruine. La zone Sud n’est plus qu’une succession de profonds cratères autour desquels gît un enchevêtrement indescriptible de tôles, de charpentes métalliques tordues et de voies ferrées arrachées. La zone Centre est presque totalement détruite, une seule poudrière sur les 74 est restée utilisable, et quelques hangars légers subsistent. En zone Nord, les magasins semi-étanches sont moins touchés. Seules les toitures, portes et vitrages ont été détruits.

Le 09 octobre 1944, les américains remettent l’Entrepôt aux autorités françaises, le Lieutenant LACROIX en prend le commandement. Le dépôt reprend vie. Les premières équipes d’anciens ouvriers se rassemblent. Au milieu des cratères et des ruines, le travail s’organise. Les munitions affluent immédiatement depuis les zones de desserrement de la forêt de FRETEVAL. 10 000 tonnes sont déjà présentes sur le site qui prend l’appellation d’Entrepôt de Réserve Générale de Munitions (E.R.G.Mu) placé alors sous le commandement du Service du Matériel dont la direction régionale est implantée à ORLEANS.

L’E.R.G.Mu., que les anciens continuent encore à appeler “le camp de munitions” va renaître de ses cendres et de ses ruines. La tâche de reconstruction est titanesque. L’entrepôt est organisé en « dépôt de campagne » et les stockages réalisés sous des abris de fortune. La totalité des moyens en personnels et matériels est utilisée au nivellement rapide du terrain, à la reconstruction des surfaces couvertes et au tri des munitions récupérées.

Débute alors le recrutement de main d’oeuvre civile embauchée sur place. De 50 ouvriers en 1944, on arrive à 114 personnels civils à l’été 1945. En juillet 1945 est rattaché à l’E.R.G.Mu, un détachement de 50 prisonniers de guerre allemands (PGA) gardés par un groupe de 10 soldats français. L’encadrement de l’E.R.G.Mu est alors de 3 officiers et de 7 sous-officiers. Le dépôt de munitions de BAILLEAU L’EVEQUE au Sud-Ouest de CHARTRES, construit pendant l’occupation allemande est rattaché à l’Entrepôt de CHATEAUDUN.

En octobre 1945, une centaine de PGA sont présents et des sous-officiers sont affectés à l’Établissement pour assurer l’encadrement des équipes de désobusage. Il s’agit tout d’abord de récupérer les munitions éparses présentant un grave danger du fait qu’elles peuvent créer un “relais” explosif’ entre les différents îlots de munitions existant dans l’Entrepôt. L’E.R.G.Mu. a également à sa charge le désobusage du terrain d’aviation de CHATEAUDUN et des communes environnantes.

Le 30 avril 1946, le Colonel RIVET directeur du Matériel de la Région Militaire déclare lors de la réunion des directeurs d’établissement à l’Hôtel des Invalides « L’E.R.G.Mu. Bien que le dépôt présente une certaine insécurité du fait des munitions qui se trouvent encore enfouies dans le sol, les réceptions affluent et de 10000 tonnes stockées au 1er octobre 1944, le tonnage passe à 20 000 tonnes au 1er octobre 1946.

En 1947, alors que le tonnage stocké atteint 30 000 tonnes, 4 officiers et 10 sous-officiers encadrent 135 personnels civils et 200 P.G.A. Face aux réceptions massives de munitions, les magasins détruits ont été remplacés par des hangars en forme de demi-lune, construits en tôles métro. L’ensemble du personnel militaire et civil est inquiet face aux incertitudes concernant le dégagement des cadres, la diminution des rations de pain, l’augmentation du coût de la vie. Même dans ces conditions particulièrement difficiles, les rapports des directeurs de l’établissement font apparaître le calme, le courage, l’exemplarité des ouvriers civils.

En 1948, les PGA quittent définitivement l’Entrepôt. Le 05 octobre 1948, est installé en renfort au personnel de l’établissement, un détachement de la 736ème compagnie munitions. L’effectif de l’E.R.G.Mu. est alors de 5 officiers, 13 sous-officiers, 40 soldats et 135 personnels civils. L’infrastructure de l’E.R.G.Mu. est ainsi reconstituée et adaptée aux exigences d’une manutention plus moderne.

En 1961, le dépôt de munitions de CERCOTTES à la périphérie d’ORLEANS est rattaché à l’E.R.G.Mu. Le 12 octobre 1961, la vocation de l’établissement est précisée. La mission de réception, de stockage et de remise en état des cartouches pour armes portatives ainsi que des emballages et accessoires s’y rapportant lui sont confiées.

En 1965, pour son cinquantième anniversaire, 1’E.R.G.Mu. Toute trace de ruines a pratiquement disparu. Pour réaliser cette oeuvre débutée en 1941, de nombreuses entreprises locales ou régionales ont apporté leur concours. Des cadres expérimentés et dynamiques formés sur place ou dans les centres d’instruction du Service du Matériel ont dirigé des militaires et des civils aux qualifications et aux aptitudes très variées, constitués en équipes solides et bien soudées. Sept directeurs se sont succédés pour ressusciter, à partir des ruines de 1944, l’E.R.G.Mu.

Le 1er Juillet 1966, une mission importante est confiée à l’E.R.G.Mu. Il s’agit du soutien en munitions des formations stationnées en région parisienne y compris les unités de la gendarmerie, la Garde Républicaine et le corps des sapeurs pompiers de PARIS.

Sécurité et Accidents

Une détonation se produit lors de la préparation de fourneaux de destruction de munitions par une entreprise spécialisée sur un terrain militaire. L’accident se serait produit alors que l’opérateur procédait à l’ouverture d’une caisse de grenades M42. La détonation quasi-instantanée de tous les objets dans le fourneau se produit probablement lors d’un choc au cours du vidage d’une caisse sur une grenade dont la chaîne pyrotechnique se serait alignée (la conception du produit permet cette configuration). L’onde de pression projette l’opérateur au fond du trou par dessus un rideau d’arbres à plus de 58 m de distance ; il meurt sur le coup. Les 4 autres opérateurs sont blessés, dont 2 grièvement. Un cratère se forme.

Dépiegeur d’assaut

Son rôle est de gérer la menace et les pièges entravant la progression d’une force spécialisée dans son opération. Ces formations professionnelles s’appuient sur la grande expérience de nos opérateurs dont la moitié d’entre eux ont pu exercer au sein de la Marine Nationale ou de l’Armée de Terre. Ainsi, ils vous feront part de leur vécu opérationnel sur le terrain.

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