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Le marché de la collection d’armes historiques connaît une évolution remarquable avec l’engouement grandissant pour les pièces de calibre 20mm. Cette tendance reflète un intérêt croissant pour l’armement militaire de précision, particulièrement celui développé durant les conflits du XXe siècle. Les collectionneurs recherchent désormais des spécimens authentiques qui témoignent des innovations technologiques et stratégiques de cette époque charnière. Cette passion pour le calibre 20 s’explique par la richesse historique de ces munitions, leur diversité technique et leur rareté croissante sur le marché international. L’authenticité et la provenance de ces pièces deviennent des critères déterminants pour évaluer leur valeur patrimoniale et commerciale.

L'histoire du calibre 20mm

L’histoire du calibre 20mm s’enracine dans les besoins militaires du début du XXe siècle, lorsque les forces armées ont recherché un équilibre optimal entre puissance de feu et maniabilité. Cette quête d’efficacité a donné naissance à une famille diversifiée de munitions qui fascine aujourd’hui les collectionneurs du monde entier. Les premiers développements remontent aux années 1920, période durant laquelle les ingénieurs militaires ont exploré de nouvelles approches balistiques pour répondre aux défis tactiques émergents. Les collectionneurs contemporains apprécient particulièrement la complexité technique de ces munitions, qui représentent un tournant dans l’évolution de l’armement léger. Chaque variante de calibre 20mm raconte une histoire spécifique liée aux contraintes opérationnelles de son époque. La diversité des conceptions reflète les différentes philosophies militaires adoptées par les nations belligérantes, créant ainsi un panorama technique riche et varié.

Le canon Oerlikon 20mm

Le canon Oerlikon 20mm a marqué l’histoire de l’aviation militaire par sa fiabilité exceptionnelle et sa cadence de tir élevée. Développé initialement par l’ingénieur suisse Reinhold Becker, ce système d’arme a rapidement trouvé sa place dans l’arsenal de nombreuses forces armées. Les collectionneurs recherchent aujourd’hui les cartouches authentiques de ce calibre, notamment les versions utilisées par la Royal Navy britannique et l’US Navy. La particularité du système Oerlikon réside dans son mécanisme de recul court, qui permettait une cadence de tir impressionnante de 450 coups par minute. Les munitions de cette série se distinguent par leurs marquages spécifiques et leurs caractéristiques dimensionnelles uniques. L’expertise technique requise pour identifier ces specimens authentiques contribue à leur valorisation sur le marché de la collection.

Les cartouches 20×82mm Mauser

Les cartouches 20×82mm Mauser représentent une avancée significative dans la conception des munitions d’aviation de la Luftwaffe. Cette variante se caractérise par une vitesse initiale exceptionnelle et une trajectoire particulièrement stable, qualités essentielles pour les combats aériens. Le développement de ces munitions a nécessité des innovations importantes dans la métallurgie des douilles et la composition des poudres propulsives. Les collectionneurs spécialisés accordent une attention particulière aux variations de production de ces cartouches, notamment les différences entre les fabrications précoces et tardives du conflit. Certains specimens portent des marquages particuliers indiquant leur origine géographique ou leur période de production. Ces détails techniques constituent autant d’indices précieux pour authentifier et valoriser ces pièces historiques.

Le canon Hispano-Suiza HS.404 et ses munitions 20×110mm

Le canon Hispano-Suiza HS.404 et ses munitions 20×110mm ont connu une longévité remarquable, servant dans de nombreuses forces armées bien après la fin de la Seconde Guerre mondiale. Cette pérennité s’explique par les qualités balistiques exceptionnelles de ce calibre, qui offrait un excellent compromis entre puissance et précision. Les collectionneurs apprécient la diversité des marquages nationaux présents sur ces munitions, témoignant de leur adoption internationale. La transition vers les applications civiles a permis la préservation de nombreux specimens qui auraient autrement disparu. Les écoles de tir et les centres d’entraînement militaire ont constitué d’importants réservoirs de munitions neutralisées, aujourd’hui très prisées par les collectionneurs. La traçabilité historique de ces pièces ajoute une dimension narrative appréciée des passionnés d’histoire militaire.

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La société française, Hispano-Suiza SA, située à Bois-Colombes, était sortie de la Première Guerre mondiale comme l’un des constructeurs de moteurs d’avions les plus connus. Cette firme a été formée en 1904 comme une branche d’une entreprise de fabrication d’automobiles espagnole, par un capitaine d’artillerie espagnol, Emilio de la Cuadra, qui rapidement fut rejoint par le l’ingénieur suisse, Marc Birkigt. Après la Première Guerre mondiale, la société devenue française malgré son nom était spécialiste dans la fabrication de moteurs d’avions à refroidissement par eau (moteurs équipés de cylindres placés en V). A cette époque la société prit un brevet pour l’installation d’un canon tirant dans l’axe de l’avion, cette arme étant située dans le V du moteur. Pour cela elle prit une licence de fabrication pour un canon Oerlikon suisse c’était le Oerlikon F, sous la désignation de canon automatique Hispano-Suiza Type HS.7 le développement le Oerlikon type S réalisé amena au type HS.9. L’arme nouvelle étudiée était conçue pour l’installation sur les moteurs Hispano-Suiza. Ce système était alors classé secret. Le résultat fut le type 404, ou HS.404, qui a été largement considéré comme le meilleur canon de son époque.

Le canon Hispano Suiza type 404 est une arme à tir automatique à culasse calée, avec déverrouillage mécanique de culasse par emprunt de gaz. Pendant le trajet de l’obus (f) dans le tube (e), le recul de la masse reculante est freiné par un ressort qui assure également le retour en batterie de l’arme. Le HS 404 fonctionnait par prélèvement des gaz de combustion de la poudre des cartouches lors du tir. Lorsque le projectile passe par le canon, le gaz actionne un piston et l’extension du mouvement en arrière déverrouille et libère le verrouillage de la culasse.

Le HS 404 a été largement utilisé sur les prototypes d’avions militaires français, notamment dans les installations de tir à travers l’arbre d’entraînement du moteur Hispano-Suiza 12Y. C’était un système connu comme un moteur-canon. Le HS.404 était alimenté par un magasin rotatif de 60 obus. D’une façon générale les qualités du canon furent appréciées ; cadence de tir élevée, pouvoir perforant et destructif important. Les reproches concernaient surtout la capacité trop faible en munitions : 60 obus, soit 8 secondes de tir environ. Pour des raisons d’encombrement il était malheureusement impossible d’adapter sur D.520 une arme à alimentation continue. Après la guerre les HS 404 français survivants devaient être, du reste, amenés au standard des Hispano Mk V anglais. Des pièces neuves ainsi améliorées devaient même être fabriquées sous l’appellation HS 404 M 49 !

Dans l'intervalle, la Grande-Bretagne avait acquis la licence pour construire le HS.404, qui est entré en production en tant que les Hispano Mk.I. Ultérieurement, une alimentation par bande fut adaptée au système d'alimentation. Il avait été élaboré par le Martin-Baker Aircraft Co. Quatre canons remplaçaient les huit mitrailleuses Browning de calibre ,303 sur le « Hurricane » et dans les versions tropicales du « Spitfire ». Plus tard le Mk. II est devenu standard dans l'armement des avions de combat.

Le canon a également été homologué pour une utilisation aux États-Unis comme le modèle M1, à la fois pour la United States Army Air Corps (USAAC) et la marine américaine. Mais des problèmes de fiabilité peut-être dus à des défauts d’utilisation ou de fabrication provoquèrent un arrêt provisoire de la fabrication. En 1941 un programme de construction massive a été créé, avec la production de munitions. Une fois livrés, les canons se sont avérés extrêmement fiables mais ont présenté un nombre considérable de ratés dus à des problèmes d’alimentation. En avril 1942, un canon Mk.II britannique a été envoyé aux États-Unis à titre de comparaison, la version britannique a utilisé une chambre un peu plus courte et n'avait pas les mêmes problèmes que la version américaine du canon. Les États-Unis ont refusé de modifier la chambre de leur version, mais néanmoins fait d'autres modifications pour créer le modèle M2. À la fin de 1942, l’USAAC avait 40 millions de munitions stockées bien que les armes soient restées inadaptées. La marine américaine a essayé d'utiliser un canon long, mais la conversion n'a jamais eu lieu. Pendant ce temps, les Britanniques avaient renoncé aux versions américaines et lancé la production de l’Hispano Mk V, qui avait un canon plus court et était plus léger, mais c’était au détriment de la vitesse initiale. Les États-Unis leur avaient emboîté le pas avec la M3, mais des problèmes de fiabilité n’avaient pas tous été résolues.

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L'Hispano HS 404 tirait des obus de 130 grammes 20 mm X 110 mm, un projectile qui avait une vitesse initiale entre 840 et 880 m/s selon la longueur du canon. La cadence de tir se situe entre 600 et 850 coups par minute. Le canon de l’arme mesurait 2,323 m de long, pesait entre 42 et 50 kg. Après-guerre, les HS.404 à alimentation continue reprirent place sur les avions français, mais ils disparurent assez rapidement en raison de l'introduction des canons revolver réalisés sur la base des Machine Gun allemands Mauser MG 213. Le HS 404 avait été remis en fabrication à la Manufacture d'Armes de Tulle dès la fin 1944, et une nouvelle gamme de munitions sera remise en production (Mle 1944 et 1945). Globalement, on peut dire que le Hs404 est le canon de 20 mm de l’immédiat après-guerre, au moins jusqu'à la mise en service des canons revolvers.

Autres types de munitions de 20mm

La série M50 du système Vulcan représente l’aboutissement de décennies de recherche en matière de munitions à haute vélocité. Ces cartouches se distinguent par leur conception modulaire, permettant l’adaptation à différents types de projectiles selon les missions tactiques. Les collectionneurs recherchent particulièrement les versions à projectile perforant-incendiaire, dont la complexité technique témoigne du niveau d’innovation atteint par l’industrie militaire américaine. L’analyse balistique de ces munitions révèle des performances remarquables, avec une vitesse initiale dépassant 1000 mètres par seconde. Cette performance exceptionnelle résulte d’innovations importantes dans la conception de la douille et la formulation des poudres propulsives. Les specimens de collection conservent généralement leurs marquages d’origine, permettant une identification précise de leur période et lieu de production.

Les munitions Rheinmetall se caractérisent par un système de marquage particulièrement élaboré, reflétant les standards de qualité industrielle allemande. Ces marquages incluent non seulement les informations de production habituelles, mais également des codes spécifiques indiquant les caractéristiques techniques et les spécifications militaires. La précision de ces marquages facilite grandement le travail d’authentification et de documentation des collectionneurs spécialisés. L’évolution des marquages au fil des années de production offre un aperçu fascinant des changements organisationnels et techniques de l’industrie de défense allemande. Certaines variations mineures dans la typographie ou la disposition des codes révèlent des modifications dans les procédures de fabrication ou des changements de sous-traitants. Cette richesse documentaire fait de ces munitions des témoins privilégiés de l’histoire industrielle militaire européenne.

La comparaison entre les munitions Breda et MG 151 illustre parfaitement les différentes approches conceptuelles adoptées par les ingénieurs italiens et allemands. Le calibre Breda privilégiait la compacité et la légèreté, tandis que le MG 151 recherchait la puissance maximale dans sa catégorie. Ces différences philosophiques se traduisent par des variations dimensionnelles significatives qui influencent directement les performances balistiques et les applications tactiques. Les collectionneurs apprécient particulièrement ces variations car elles permettent d’étudier concrètement l’évolution des doctrines d’emploi militaire. Les munitions MG 151, plus longues et plus puissantes, témoignent de la recherche allemande d’une supériorité technique absolue. À l’inverse, les cartouches Breda reflètent une approche plus pragmatique, privilégiant l’efficacité opérationnelle dans des conditions d’engagement diversifiées.

Le marché de la collection

Le marché international de la collection de munitions de calibre 20mm connaît une dynamique économique particulièrement favorable, soutenue par la rareté croissante des specimens authentiques et l’intérêt grandissant des collectionneurs spécialisés. Cette tendance haussière s’explique par plusieurs facteurs convergents : la raréfaction des sources d’approvisionnement historiques, l’amélioration de la documentation technique disponible, et l’émergence de nouveaux collectionneurs dans les économies développées. Les variations de prix observées reflètent la complexité du marché de la collection militaire, où la valeur ne dépend pas uniquement de la rareté, mais également de l’intérêt historique, de la qualité de conservation et de la documentation d’accompagnement. L’expertise du marché devient ainsi cruciale pour évaluer correctement la valeur patrimoniale et commerciale de chaque pièce. L’évolution du marché des munitions historiques de calibre 20mm témoigne de la maturité croissante de ce segment de collection, où l’expertise technique et la rigueur documentaire deviennent des facteurs déterminants de valorisation économique.

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Réglementation française concernant la détention de munitions historiques

Le cadre réglementaire français concernant la détention de munitions historiques de calibre 20mm s’articule autour de plusieurs textes législatifs et réglementaires qui définissent précisément les conditions de possession légale. Cette réglementation vise à concilier la préservation du patrimoine historique militaire avec les impératifs de sécurité publique. La complexité juridique de ce domaine nécessite une compréhension approfondie des différents statuts applicables selon la nature et l’état des munitions concernées. L’harmonisation européenne des réglementations sur les armes historiques progresse graduellement, mais conserve des spécificités nationales importantes qui influencent directement le marché de la collection. Les collectionneurs doivent naviguer dans cet environnement juridique complexe pour développer leurs collections dans le respect de la légalité. Cette contrainte réglementaire contribue paradoxalement à professionnaliser le milieu de la collection et à renforcer l’expertise des acteurs du marché.

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