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Entre 1918 et 1921, la Russie issue de la révolution bolchevique est le théâtre d’un ensemble de conflits imbriqués - guerre civile, interventions étrangères, conflits périphériques - qui mobilisent directement ou indirectement près de 25 États.

Longtemps reléguée au second plan de l’historiographie occidentale, cette séquence apparaît pourtant comme un moment fondateur de l’ordre stratégique européen du XXe siècle. Les puissances alliées, engagées à la fois par crainte d’un retour allemand et par hostilité au bolchevisme, interviennent militairement sur plusieurs théâtres sans objectifs clairs ni coordination durable.

Cet épisode, souvent perçu comme marginal en Occident, a en revanche profondément marqué la mémoire politique et stratégique russe. Il a contribué à façonner une lecture durable des relations internationales fondée sur la vulnérabilité interne, la menace d’encerclement et la nécessité de zones tampons.

Interventions Alliées et Guerre Civile Russe

En octobre 1917, les bolcheviks prennent le pouvoir en Russie. Par ailleurs, les gouvernements occidentaux craignent l’expansion révolutionnaire internationale.

Les mouvements bolcheviques et communistes émergent à travers l’Europe (Hongrie, insurrection spartakiste en Allemagne), renforçant la perception d’un danger global. En juillet 1918, après avoir convaincu le président américain Woodrow Wilson, une force expéditionnaire composée d’Anglais, Américains et Français est rapidement organisée.

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Elle vient renforcer un premier contingent britannique d’environ 170 Royal Marines débarqué le 6 mars 1918 à Mourmansk. L’opération prend réellement de l’ampleur le 2 août 1918 avec le débarquement à Arkhangelsk d’une force composée d’environ 5 000 Américains, 6 000 Britanniques, 600 Canadiens, 1 000 Français et quelques centaines de Polonais, Italiens et autres.

Les bolcheviks évacuent Arkhangelsk sans combattre. Les Alliés installent un gouvernement blanc provisoire dirigé par Nikolaï Tchaïkovski. Après des offensives réussies entre août et septembre 1918, les bolcheviks reculent vers Kotlas et Viatka.

Mais le front s’étire dangereusement dans un environnement difficile. L’armistice du 11 novembre 1918 rend caduque la justification initiale (prévenir une avancée allemande), mais les Alliés poursuivent l’opération pour soutenir les Blancs.

L’hiver 1918‑1919 est extrêmement difficile, et la volonté politique des Alliés s’effrite. Parallèlement, une intervention majeure est lancée autour de Vladivostok.

L’initiative vient surtout du Japon, préoccupé par le chaos en Sibérie et la présence de stocks militaires. En août 1918, 8 000 Américains (American Expeditionary Force Siberia, général Graves) débarquent à Vladivostok.

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Ils rejoignent environ 60 000 à 70 000 Japonais, ainsi que plusieurs milliers de Britanniques, Français, Italiens et Chinois. À partir d’août 1918, les Alliés soutiennent Koltchak à Omsk.

Entre l’automne 1918 et le printemps 1919, Koltchak progresse vers l’ouest, mais dès l’été 1919, les contre-offensives rouges inversent la situation. Koltchak est capturé et exécuté en février 1920.

Les Américains se retirent en avril 1920, les Européens dans le courant de l’année. Les Japonais maintiennent leurs positions jusqu’en 1922, poursuivant des objectifs territoriaux. À partir de décembre 1918, les Alliés interviennent sur le front sud pour empêcher les bolcheviks de prendre l’Ukraine et le Caucase.

Le 18 décembre 1918, des détachements français et grecs débarquent à Odessa, rejoints par des Britanniques. Les effectifs atteignent 12 000-14 000 hommes : 8 000 Français, 3 000 Grecs, quelques centaines de Britanniques, et des contingents serbes et polonais.

Début 1919 : tentative de consolidation autour d’Odessa, mais le moral des troupes est faible, marqué par des mutineries et elles sont mal perçues par les populations locales. L’Armée rouge lance plusieurs offensives en février 1919 : Odessa est évacuée le 6 avril 1919.

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Les Alliés se replient sur Sébastopol, puis quittent progressivement les ports du Caucase. Cette intervention occidentale en Russie, motivée politiquement par la lutte contre l’Allemagne et la peur du bolchevisme, fut un échec.

Le nombre de soldats déployés était bien trop modeste pour réellement influer sur le cours de l’histoire, et le dispositif s’est entièrement appuyé sur les armées blanches, aux performances très inégales, pour mener l’effort principal. Il n’y eut aucune coordination entre les différents fronts, les objectifs politiques manquaient de clarté et l’opération fut très mal perçue par les opinions publiques occidentales, désireuses de tourner la page de quatre années de guerre mondiale qui avaient épuisé leurs pays.

Conséquences et Mémoire Stratégique Russe

De manière très immédiate, cette intervention contribua à consolider le pouvoir bolchevique. Les Blancs furent perçus comme des agents des puissances étrangères et leur légitimité nationale en fut profondément ébranlée.

Leur cause fut assimilée, par la propagande, à une collusion avec l’ennemi. La présence d’armées étrangères offrit aux bolcheviks un argument politique puissant : « La patrie socialiste est menacée par l’impérialisme mondial ! ».

Cela légitima l’instauration d’un pouvoir dur, centralisé et militarisé, et renforça la cohésion autour du parti communiste, transformant la guerre civile en une véritable guerre patriotique contre l’ingérence étrangère.

L’épisode de 1918-1920 alimenta un récit héroïque : la survie contre les « 14 armées de l’Occident », la résistance malgré la famine et le désordre, et l’idée que la Russie ne devait sa survie qu’à son endurance.

La jeune URSS se structure alors comme un État en état de siège permanent. Cela favorisa le développement d’un appareil sécuritaire massif (Tchéka, futur NKVD), la militarisation de la société et de l’économie, ainsi que leur centralisation.

L’intervention des puissances occidentales en Russie entre 1918 et 1920 occupe une place centrale dans la mémoire stratégique russe, bien au-delà de son poids militaire réel. Bien que l’opération fût limitée et désorganisée, sa perception par les bolcheviks victorieux - celle d’une croisade capitaliste unie pour étouffer la révolution - devint un pilier doctrinal.

Cet épisode, survenu alors que l’État russe était désorganisé et que la guerre civile faisait rage, cristallisa l’idée que l’Occident cherche à exploiter toute période de faiblesse interne pour peser sur le destin du pays.

La présence simultanée de forces britanniques, françaises, américaines ou japonaises à Arkhangelsk, Mourmansk, Odessa ou Vladivostok fut interprétée comme le prototype d’un « encerclement opportuniste » visant à limiter durablement l’influence russe en Eurasie.

Le Nagant M1895 : Un Revolver Emblématique

Le Nagant M1895 est un revolver emblématique qui a marqué l'histoire de l'armement. Conçu par les frères Nagant, des industriels belges, il a été adopté par la Russie impériale en 1895 et a connu une longue carrière, traversant les guerres et les révolutions.

Histoire et Production du Nagant M1895

La production du Nagant M1895 a débuté à Liège, en Belgique, avant d'être transférée en Russie en 1898. Les arsenaux de Tula ont alors pris le relais, produisant plus de 20 000 exemplaires par an. L'arme a été adoptée par la Russie impériale en 1895, mais sa production civile a précédé de peu sa production militaire.

Léon Nagant a cédé la licence de fabrication aux Russes dès la fin de 1899, et la production a commencé à l'arsenal de Tula. Initialement, l'arme était fabriquée en simple action et réservée aux officiers. Ce n'est qu'après la Révolution bolchevique que le Nagant a été fabriqué en double action, toujours pour les officiers et les commissaires politiques.

Les 20 000 premiers Nagant ont été construits à Liège. Avant la Première Guerre mondiale, l'armée impériale russe avait acquis entre 435 000 et 540 000 Nagant 1895. Le premier événement important auquel le Nagant a participé a été la guerre russo-japonaise de 1904-1905.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, environ 474 000 exemplaires ont été construits à la Tula Small Arms Factory. Après 1928, Tula a identifié ses Nagant par une étoile à cinq branches avec une flèche à l'intérieur.

Pendant ce conflit, l'arsenal 622, aujourd'hui connu sous le nom d'Izhevsk Mekhanichesky Zavod, a également produit près de 95 000 exemplaires de Nagant 1895 entre 1942 et 1945. Au total, la Russie a produit entre 1,3 et 1,5 million de ces revolvers.

Fonctionnement et Particularités Techniques

Le Nagant M1895 se distingue par son mécanisme unique de barillet auto-obturateur. Le chargement du barillet s'effectue par une portière latérale basculant pour libérer l'accès aux chambres.

Cependant, la particularité majeure de ce revolver réside dans son système d'étanchéité. À chaque armement du chien, le barillet avance de quelques millimètres, venant ainsi obturer l'espace entre la chambre et le canon.

Ce système minimise la perte de gaz, optimisant la poussée et la vitesse de la balle. La cartouche à ogive interne est également conçue pour garantir une obturation complète.

Grâce à ce principe unique, le Nagant M1895 ne présente aucune dispersion de gaz au niveau du barillet. Cette caractéristique rend le Nagant M1895 particulièrement efficace avec un silencieux, contrairement à la plupart des revolvers.

Lorsque l'arme est en attente de tir, elle ressemble à un revolver classique. Cependant, l'armement du chien, en simple ou double action, révèle sa particularité. La pièce de culasse pousse le barillet vers l'avant, introduisant l'extrémité de la douille dans le canon, assurant ainsi l'étanchéité.

Munitions du Nagant M1895

Le Nagant M1895 utilise la munition 7.62x38R, propulsant un projectile d'environ 98 grains à une vitesse initiale d'environ 320 m/s. Le calibre 7.62 a été choisi pour simplifier la production des canons, étant donné que le fusil Mosin M91 utilisait le même calibre.

La cartouche du Nagant M1895 est unique en son genre. La balle est complètement enfoncée dans la douille, laissant uniquement l'extrémité de l'étui dépasser pour assurer l'étanchéité dans le canon.

Le Nagant M1895 dans la Culture Populaire

Le Nagant M1895 a marqué la culture populaire, apparaissant dans des films, des jeux vidéo et des œuvres littéraires. Son design distinctif et son histoire riche en font une arme reconnaissable et appréciée des collectionneurs et des passionnés d'armes à feu.

Spécifications Techniques du Nagant M1895

Calibre 7.62x38R
Capacité 7 coups
Poids à vide 0.79 kg
Longueur 229 mm
Longueur du canon 110 mm
Vitesse initiale Environ 320 m/s

Le Mosin-Nagant : Un Fusil Légendaire

Le Mosin-Nagant est un fusil à verrou légendaire qui a marqué l'histoire militaire et continue de susciter l'intérêt des collectionneurs et des passionnés d'armes à feu.

Histoire et Développement du Mosin-Nagant

Le Mosin-Nagant a été conçu en 1891 pour répondre aux besoins de l'armée impériale russe, qui cherchait à moderniser son armement. Le fusil est le fruit d'une collaboration entre Sergueï Ivanovitch Mosine, un capitaine de l'armée russe, et Émile Nagant, un armurier belge.

Le résultat de cette collaboration fut un fusil robuste, fiable et relativement simple à produire, qui fut adopté comme fusil réglementaire de l'armée russe sous le nom de "Fusil de 7,62 mm modèle 1891".

Les Différentes Versions

Au cours de sa longue histoire, le Mosin-Nagant a connu plusieurs modifications et améliorations, donnant naissance à différentes versions, parmi lesquelles :

  • Le modèle 1891 d'infanterie : La version originale, caractérisée par son long canon et sa baïonnette à douille.
  • Le modèle 1891/30 : Une version améliorée en 1930, avec un canon plus court et des organes de visée modifiés.
  • Le modèle 1938 : Une version encore plus courte, conçue pour les troupes de cavalerie et les unités d'artillerie.
  • Le modèle 1944 : Une version dotée d'une baïonnette pliante intégrée.
  • Les versions de tireur d'élite : Des modèles spécialement modifiés pour une précision accrue, équipés de lunettes de visée.

Utilisation au Combat

Le Mosin-Nagant a été utilisé dans de nombreux conflits à travers le monde, notamment :

  • La Première Guerre mondiale : Le fusil a été largement utilisé par l'armée russe sur le front de l'Est.
  • La guerre civile russe : Les différentes factions en conflit ont utilisé le Mosin-Nagant.
  • La Seconde Guerre mondiale : Le Mosin-Nagant a été le fusil standard de l'Armée rouge, jouant un rôle crucial dans la lutte contre l'invasion allemande.
  • La guerre de Corée : Le fusil a été utilisé par les forces nord-coréennes et chinoises.
  • La guerre du Viêt Nam : Le Mosin-Nagant a été utilisé par les forces nord-vietnamiennes et le Viet Cong.

Caractéristiques Techniques du Mosin-Nagant

  • Calibre et Munitions: Le Mosin-Nagant est chambré pour la cartouche de 7,62 x 54R, une munition russe à percussion centrale qui a été développée en même temps que le fusil.
  • Mécanisme et Fonctionnement: Le Mosin-Nagant est un fusil à verrou, ce qui signifie que le tireur doit actionner manuellement le verrou pour chambrer une nouvelle cartouche et éjecter la douille vide.
  • Organes de Visée: Les organes de visée du Mosin-Nagant varient selon les versions, mais ils comprennent généralement une hausse réglable et un guidon fixe.
  • Fiabilité et Robustesse: Le Mosin-Nagant est réputé pour sa fiabilité et sa robustesse.

Le Mosin-Nagant dans la Culture Populaire

Le Mosin-Nagant a acquis une place importante dans la culture populaire, notamment grâce à sa présence dans de nombreux films, jeux vidéo et romans historiques.

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