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Choquée par les mauvais traitements infligés aux animaux lors de l’abattage, la chanteuse ne veut plus que son nom soit associé au sac vedette de la marque de luxe.

La Demande de Jane Birkin

Jane Birkin a demandé mardi 28 juillet à la maison Hermès de débaptiser le sac en crocodile qui porte son nom depuis 1984. La chanteuse entend protester ainsi contre les mauvais traitements infligés aux animaux lors de l’abattage.

« Ayant été alertée par les pratiques cruelles réservées aux crocodiles au cours de leur abattage pour la production des sacs Hermès portant mon nom (…), j’ai demandé à la Maison Hermès de débaptiser le Birkin Croco jusqu’à ce que de meilleures pratiques répondant aux normes internationales puissent être mises en place pour la fabrication de ce sac », a-t-elle écrit dans un communiqué.

La Réponse d'Hermès

Hermès dit avoir été « choqué par les images », mais a fait savoir que les peaux fournies par cette ferme n’étaient pas utilisées pour la fabrication des sacs Birkin. La marque a également annoncé qu’une enquête était en cours dans la ferme incriminée. Hermès ajoute imposer à ses partenaires « les plus hauts standards dans le traitement éthique des crocodiles » et organiser depuis dix ans des visites de contrôle chez ses fournisseurs.

Le Contexte de la Polémique

Une récente vidéo diffusée par l’association People of the Ethical Treatment of Animals (PETA) montre comment les crocodiles sont dépecés à la scie dans une ferme d’élevage du Texas.

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Après le bad buzz de Patagonia suite au mauvais traitement des moutons par un de ses fournisseurs Ovis 21, c’est au tour de la maison de luxe Hermès d’être pris dans la tourmente suite aux révélations de l’association de défense animale Peta Etats-Unis.

Dans une enquête menée sur des élevages d’alligators au Texas et au Zimbabwe, fournisseurs en peaux pour Hermès, des pratiques et sévices envers les animaux ont été rapportés.

De son côté, la maison de luxe Hermès a réagi dans un communiqué et tient à « réaffirmer son total engagement dans le traitement éthique des crocodiles élevés dans ses fermes partenaires ».

Pour cela, Hermès demande que les pratiques de référence de Louisiane [ndlr : le Best Management Practices for Louisiana Alligator Farming]. soient appliquées par l’ensemble de ses fournisseurs aux Etats-Unis, y compris au Texas.

Pour sa défense, Hermès rappelle que les images concernant une ferme au Zimbabwe et diffusées sur internet sont antérieures à son partenariat avec cette ferme. Et que certaines de ces images ne proviennent pas de cet établissement .

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« En complément de ses inspections régulières depuis 10 ans, Hermès a mis en place un programme d’audit auprès de l’ensemble de ses fournisseurs de peaux de crocodiles« .

Des contrôles qui concernent notamment la réglementation Cites (Convention on International Trade in Endangered Species), les bonnes pratiques d’élevage, les procédures d’abattage, le management environnemental, les conditions sociales des employés, la sécurité des conditions de travail et des infrastructures.

Hermès rend obligatoire l'adoption par ses fermes partenaires de sa charte d'élevage mise à jour et établie en relation avec les vétérinaires experts.

Et rappelle que "la signature et le respect absolu de cette charte sont les conditions impératives à la poursuite de ses relations avec ses fournisseurs".

Perturbation du Défilé Hermès par PETA

Hermès a tenu ce samedi son défilé de la Fashion Week de Paris. L'événement a été brièvement perturbé par l'association de défense des animaux Peta.

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Pour ce défilé, une prairie a été reconstituée avec des végétaux que la maison Hermès s'est engagée à replanter.

Ce qui n'a pas empêché une sympathisante de Peta de se joindre aux mannequins dans les allées, brandissant une pancarte « Hermès : stop aux peaux exotiques ».

« Peta a pris d'assaut le podium Hermès pour exhorter la marque à abandonner ces matières », selon un communiqué de l'association, qui dénonce l'utilisation par la maison de peaux de crocodiles.

PETA cible d'autres Maisons de Luxe

Après avoir ciblé Hermès et son utilisation des peaux de crocodile au début de l'automne, l'ONG continue de cibler les grandes maisons.

Peta Asie vient en effet de publier deux enquêtes menées dans des abattoirs indonésiens.

Dont l'un officiant notamment pour Gucci (Kering), qui décapiterait des lézards parfois encore vivants.

Tandis que deux fournisseurs de LVMH dépèceraient des serpents encore conscients.

Dans le cas des abattoirs liés à LVMH, une éprouvante vidéo montre des pythons suspendus pour être gonflés d'eau via des tuyaux.

Un étirement de la peau suivi de quelques coups de marteaux à la tête sensés les étourdir ou les tuer, mais laissant peu de doute sur le fait que l'égorgement, qui arrive ensuite, se fait à vif.

Dans la vidéo ciblant un abattoir que Peta relie à Gucci, c'est par la noyade dans des seaux d'eau que les bêtes sont approximativement étourdies ou tuées, avant de recevoir jusqu'à 14 coups de machettes pour être décapitées.

Or, pointe Peta, les têtes de lézards restent conscientes et ressentent la douleur jusqu'à 30 minutes après avoir été coupées. Deux têtes coupées mais encore vivaces sont ainsi visibles sur les vidéos.

"Ces géants du luxe ne peuvent plus fermer les yeux sur la souffrance des animaux", pour Mimi Bekhechi, vice-présidente des programmes internationaux de Peta.

"La cruauté est inhérente à la production de peaux exotiques, et il est temps pour ces marques de rejoindre les nombreuses maisons de couture qui les ont déjà interdites".

Pour l'organisme, ces images entre en contradiction avec les déplacements de Kering, qui s'est engagé à "mettre en œuvre et à vérifier les normes les plus élevées en matière de bien-être animal dans [ses] chaînes d'approvisionnement", et de s'assurer d'un "traitement éthique en fin de vie".

De son côté, LVMH avait déjà été pris pour cible en 2016 par une enquête montrant les conditions d'élevage et d'abattage des crocodiles chez un fournisseur vietnamien de Louis Vuitton.

La même année, ce sont les conditions d'abattage des autruches chez un fournisseur sud-africain de Louis Vuitton, Prada ou Hermès qui étaient évoquées.

Peta obtenait en juin dernier une victoire symbolique grâce à la marque Canada Goose, icône des parkas à capuches fourrées, annonçant bannir la fourrure de ses collections. La dernière d'une longue liste de marques renonçant à cette matière.

Mais Peta poursuit néanmoins sa guerre contre le recours aux duvets et plumes, notamment via une opération menée en plein Paris lors de la dernière Fashion Week de septembre.

L'association militante de défense des animaux, qui par ailleurs délivre sa certification "PETA-Approved Vegan" aux marques répondant à ses exigences, semble vouloir accélérer ses actions sur de nouvelles matières animales.

Aux trois femmes grimées en oiseaux déplumés ont succédé en novembre des moutons humanoïdes ensanglantés manifestant devant les grands magasins contre l'usage de la laine. Une opération menée à l'occasion du Black Friday.

L'Interpellation d'Hermès sur l'Abattage des Autruches

L'association de défense des animaux Peta a interpellé mardi Hermès sur les conditions d'abattage des autruches, dont la peau est destinée à de la maroquinerie de luxe, le groupe français affirmant respecter les législations internationales.

Lors de l'assemblée générale annuelle d'Hermès à Paris, la porte-parole de Peta France, Isabelle Goetz, a fait état d'une vidéo tournée en Afrique du sud par Peta USA dans une ferme d'élevage d'autruches, qui est, selon Peta, «un fournisseur exclusif d'Hermès» et où «de jeunes autruches sont massacrées pour des sacs».

Mme Goetz, qui avait acheté une action Hermès pour pouvoir assister à l’assemblée générale, a dénoncé devant plusieurs centaines d'actionnaires les conditions dans lesquelles les autruches sont plumées et «la souffrance endurée par ces animaux pour ces sacs», selon ses propos.

«Est-ce que Hermès va un jour cesser d'utiliser des peaux exotiques?», a-t-elle demandé aux membres de la direction du groupe.

«Il faut rester dans le véridique, Hermès n'a aucun fournisseur exclusif d'autruches. Nous assumons pleinement notre responsabilité dans nos partenariats avec les fermes avec lesquelles nous travaillons pour nos approvisionnements», lui a répondu depuis la tribune le patron du groupe, Axel Dumas.

«Nous avons la volonté de faire appliquer les meilleures pratiques. Nous demandons à tous nos partenaires de respecter non seulement la législation internationale, voire les règles d'Hermès qui sont beaucoup plus strictes», a-t-il ajouté.

En février, lors de la publication de cette vidéo sur internet, Hermès avait adressé à quelques médias une réaction, qu'il a transmise à l'AFP mardi soir.

«Contrairement à ce que veut laisser croire cette vidéo, les fermes d'élevage présentes n'appartiennent pas à Hermès et les faibles quantités de cuir d'autruche utilisées par Hermès proviennent non de fermes mais de tanneries qui, comme tous les fournisseurs d'Hermès, font l'objet de contrôles permanents et vigilants», a indiqué le groupe.

Il a ajouté «condamner la volonté manifeste de Peta de porter atteinte à sa réputation à travers un acharnement qui méconnaît la réalité des faits et la force de l'engagement éthique et responsable d'Hermès en matière de lutte contre la souffrance animale».

La vidéo met également en cause la maison italienne Prada, l'élevage d'autruches mis en cause lui fournissant également des peaux, selon Peta.

L'ONG avait déjà publié en 2015 des images tournées dans des élevages de crocodiles et d'alligators fournissant, selon elle, des peaux à Hermès, dénonçant «des pratiques cruelles au cours de leur abattage».

Ces images avaient poussé l'actrice Jane Birkin à demander à Hermès que les sacs en crocodile à son nom soient débaptisés.

Le sellier-maroquinier avait alors indiqué qu'une enquête était en cours et que «tout manquement avéré serait corrigé», rappelant qu'il imposait à ses partenaires «les plus hauts standards dans le traitement éthique des crocodiles».

L'actrice et Hermès ont depuis réglé leur différend.

Hermès et l'Élevage de Crocodiles

Alors que plusieurs griffes de luxe se sont détournées des peaux de reptiles exotiques, Hermès suivrait le chemin inverse et prévoirait d'investir des dizaines de millions de dollars dans un projet de ferme-usine de crocodiles, selon un média national australien.

L'enseigne de luxe Hermès aurait acquis une ferme horticole au nord de l'Australie afin d'y construire le plus vaste élevage de crocodiles du pays, selon le média national australien ABC, relayé par Ouest-France (10/11/2010).

tags: #maison #hermes #peta

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