Le fusil Mosin Nagant 1891, puis 1891 modifié 1930, c’est toute une galaxie. Celles des infinies variantes d’une arme exemplaire, mondiale, qui est devenue mythique. Et « le Mosin », c’est donc aussi un thème de collection infini pour une arme et une munition qui ont fait l’Histoire de 1891 à la Guerre d’Ukraine de 2022.
Très tôt Serguei Mosin développe des armes raccourcies compatibles avec des activités où le soldat est vite encombré par un fusil de 130cm (taille du Mosin Nagant 1891 non modifié 1930): artillerie, transmissions, aviation, train, etc, et donc, au 1er chef, la cavalerie. Ce sont d’abord les fusils courts qui apparaissent (6,5cm plus courts que le fusil d’infanterie), un pour les dragons et un pour les cosaques (la principale différence étant que le Dragon accepte une baïonnette mais pas l’arme pour le fier cosaque qui, lui, viendra vous chatouiller de sa shashka ) et une vraie carabine courte en 1907 (29 cm de moins que le 1891 d’infanterie). Sans baïonnette bien sûr la 1907.
Après l’adoption du fusil Mosin Nagant 1891 modifié (simplifié devrait-on dire) 1930, on crée aussi dans la nouvelle Union Soviétique une arme courte pour les troupe technique, carabine au nouveau standard simplifié. C’est la fameuse carabine 1938 ou M38. On en produira quelques millions mais, tradition vivace, ou bien plutôt signe du coté implacable des combats sur le front de l’Est, toutes les troupes qui sont dotées de la carabine modèle 1938 réclament à corps et à cri le retour… de la baïonnette !
Car, en réalité, la carabine M38 est de plus en plus utilisée dans les corps de troupes classiques y compris la cavalerie de reconnaissance, les transmissions et les blindés qui sont souvent en toutes premières lignes et doivent occasionnellement faire usage de la baïonnette dans de féroces combats de rencontre, très fréquents sur ce front immense de marais, de routes forestières, de villages transformés en point d’appui.
Mais il n’en reste pas moins qu’une baïonnette c’est un poids supplémentaire. Et surtout, cela peut se révéler encombrant au ceinturon (y compris en véhicule). La solution qui satisfait tout le monde est trouvée avec la carabine Mosin Nagant modèle 1944 dite M44 qui est équipée en extrémité de canon avec une baïonnette pliable qui se déploie en un instant et repose sur un très solide et ingénieux système de fixation.
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Notez bien que ce n’était pas un coup d’essai. En 1943, Ijevsk avait déjà sorti 45.000 fusils Mosin Nagant 91/30 « classiques » mais déjà dotés de ce même curieux dispositif de baïonnette pliante permettant d’éviter le port de la baïonnette en ceinturon. C’est le fameux fusil décrit parfois sur radio stand comme le « Mosin 43L » ou « prototype 1943 » . Je dirais plutôt production de test. Le concept s’était révélé viable, pratique, sans incidence sur la qualité du tir. C’était juste un peu plus complexe à produire.
Complète avec sa baïonnette, pratique de transport et d’utilisation, puissante, très précise, la carabine 1944, comme la carabine M38 son aînée, fut, elle aussi, produite à plusieurs millions d’exemplaires mais quasiment que par un seul arsenal : Ijevsk. On trouve de rares carabines M44 issues de « Tula » mais c’est 100.000 exemplaires seulement. Et seulement en l’année 1944.
Nos amis américains, fans inconditionnels des armes Mosin Nagant au point d’avoir raflé l’immense partie de ce qui est sorti comme armes des réserves d’ex-Union Soviétique à partir de 1990, distinguent plusieurs modèles de ces armes M44. Notre arme de ce jour est une splendide Carabine M44 de 1946 sortie de Ijevsk. Elles sont dites « blonde stock » du fait de leur bois très clair tirant sur effectivement sur le blond.
A partir de 1944, Ijevsk modifia aussi la production des crosses en les réalisant en deux parties avec un bec de crosse (Toe) assemblé/collé (« splice » ) au reste de la crosse avec un sens de fil du bois fatalement différents. Ce montage a pour but de rendre les crosses plus résistantes aux fractures longues et plus facilement réparables. On en connait d’ailleurs trois type bois/bois, lamellé collé/lamellé collé et bois/lamellé collé. Vous comprenez pourquoi ces carabines mieux finies de 1946/47 et 48 (arrêt définitif de la production) sont particulièrement recherchées aux USA.
Le bois de notre arme sont splendides dans leur belle couleur blonde d’origine avec encore quelques tampons de crosse devinables. Les parties métalliques ont conservé leur bronzage d’origine supérieur aux bronzages de guerre. Aucune oxydation - Aucune peau d’orange même « rafistolée ». Les marquages sont tous bien nets et bien lisibles. Un poinçon d’épreuve allemand confirme que l’arme est toujours dans son calibre d’origine 7,62 x 54R. Hausse et guidon parfaitement fonctionnels.
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Le canon est plus que miroir - avec de splendides rayures. Vous risquez de vous brûler la rétine en y passant une lampe pour en vérifier l’état ! État neuf. Mécanisme de rêve d’une souplesse n’ayant rien à voir avec les productions de guerre - détente excellente. Le mécanisme de dépliage / repliage de la baïonnette fonctionne parfaitement et contrairement à ce qu’on pourrait penser ne gêne pas du tout le tir. C’est bien plus maniable et agréable au tir que le fusil 91/30. Idéal entre 50 et 400 mètres ! Bref du top Made in défunte USSR ! Fera, en plus du coté collector de la chose, une excellente arme de tir!
Une arme de la galaxie Mosin dans une fabrication de qualité peu courante, dans une mécanique qui invite au tir, en parfait état et un modèle qui va aller en se raréfiant !
Arme de catégorie C au CSI : Licence de tir en cours de validité y compris médecin ou bien un permis de chasse avec sa validation pour l’année en cours ou l’année précédente ET CNI ou passeport en cours de validité. COMPTE SIA OBLIGATOIREMENT OUVERT !!
En service sous différentes formes de 1891 à 1963, il a été le premier à utiliser la cartouche de 7,62 x 54 mm R. Durant le conflit russo-turc de 1877 à 1878, les troupes russes sont armées en majorité de fusils Berdan (en) à un coup alors que les Turcs disposent de fusils à répétition Winchester. En 1882, le ministère de l’armement russe décide de concevoir une arme alimentée par un chargeur de plusieurs cartouches.
En 1889, un jeune capitaine nommé Sergueï Mossine soumet son projet de fusil à 3 lignes (une vieille mesure russe, 3 lignes équivalent à 0,3 pouce ou 7,62 mm) en concurrence avec le fusil à 3,5 lignes de Léon Nagant (d’origine Belge). Mais, à la fin de la période d’essais en 1891, les divers testeurs préfèrent le fusil de Nagant. Lors du vote de la Commission pour l’approbation du fusil, le fusil Mossin recueille 14 voix contre 10.
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Cependant, des officiers plus influents poussent les constructeurs à un compromis : les fusils Mosin seront utilisés avec le système d’approvisionnement de Nagant. La production commence en 1892 dans les usines des arsenaux de Toula, de Sestroretsk et d’Ijevsk. À cause des capacités limitées de ces usines, 500 000 de ces armes sont produites à la Manufacture Nationale d’Armes de Châtellerault en France.
Entre l’adoption, en 1891 et 1910, plusieurs variantes et modifications aux fusils existants sont faites, incluant le changement des organes de visée, l’implantation d’une culasse renforcée (à cause de l’adoption d’une ogive de 147 grains), la suppression des doigts d’acier derrière le pontet, un nouveau canon et l’installation d’un montage à galets. Avec l’entrée en guerre de la Russie en 1914, la production est restreinte au M1891 cavalerie et au M1891 infanterie pour une question de simplicité.
Un grand nombre de Mosin-Nagant capturés par les forces allemandes et austro-hongroises ont été vues en service dans les lignes arrière du front et dans la marine allemande. Pendant la guerre civile russe, les versions cavalerie et infanterie sont en production, quoiqu’en nombre extrêmement réduit.
Après la victoire de l’Armée rouge, un département est créé en 1924 pour moderniser le fusil, qui est alors utilisé trente années supplémentaires. Cela a dirigé le développement du modèle 1891/30, basé sur la conception du modèle cavalerie original. Les changements incluent : la réintroduction d’organes de visée arrières plats, le rééchelonnement de la hausse en mètres à la place de l’antique archine sur les armes du tsar et le raccourcissement du canon de 5 mm. De plus, une nouvelle baïonnette à ressort est conçue pour ce nouveau modèle.
Le fusil est conçu pour tirer avec la baïonnette déployée, ce qui augmente sa précision grâce aux vibrations harmoniques créées quand une balle est tirée. Dans les années 1930, Le Mosin-Nagant connait une version de précision (en 1932), et est utilisé par les tireurs d’élite soviétiques pendant la seconde Guerre mondiale. Il a notamment servi pendant la bataille de Stalingrad qui a fait des snipers russes des héros comme Vassili Zaïtsev ou Roza Chanina. Ces fusils étaient réputés pour leur résistance, leur fiabilité, leur précision et leur facilité d’entretien.
Dans les années de l’après-guerre, l’Union Soviétique arrête la production de tous les Mosin-Nagant pour les remplacer progressivement par la série des SKS et des AK. Malgré cela, le Mosin-Nagant sera encore utilisé dans le bloc de l’Est et dans le reste du monde plusieurs dizaines d’années, notamment pendant la guerre froide au Vietnam, en Corée, en Afghanistan et tout le long du rideau de fer.
Récemment, une grande quantité de Mosin-Nagant a été retrouvée sur les marchés américains d’antiquités et de collectionneurs, car c’est aussi une arme fiable pour la chasse, assez précise et bon marché. On peut actuellement trouver des modèles standard à des prix aux environs de 80 dollars, grâce aux immenses excédents créés par les industries soviétiques pendant la seconde guerre mondiale. Il y a de nombreux modèles pour snipers, mais ils sont beaucoup plus chers, pour peu que l’on arrive à en dénicher un.
L’Empire austro-hongrois a capturé une grande quantité de Mosin-Nagant pendant la Première Guerre mondiale. Ces fusils ont été redistribués aux troupes sur le champ de bataille. Quelques-uns ont été modifiés pour tirer la cartouche autrichienne en service, la 8x50r mm.
Les militaires de Bulgarie, Tchécoslovaquie, Estonie, Hongrie, Pologne, Roumanie et Serbie ont tous utilisé le Mosin-Nagant à un moment ou à un autre durant le XXe siècle. Les Mosin dans ces pays subirent souvent des modifications, et furent souvent utilisés dans les années 2000-2006 comme fusils d’entraînement. Beaucoup de ces fusils furent encore produits localement pendant les années de la guerre chaude.
La Hongrie a produit à des fins commerciales des copies de haute qualité des carabines M44, des modèles 91-30 et 91-30 avec lunettes PU.
Durant les années 1920 et 1930, les forces communistes de Chine ont reçu des Mosin-Nagant de l’URSS pour contrer les forces nationalistes pendant la guerre civile chinoise. La Chine commença à fabriquer des M1944 sous l’appellation de Carabine Type 53. Les machines utilisées pour les produire étaient fournies par l’Union soviétique dans le début des années 1950. Elles diffèrent un peu des modèles soviétiques.
Après avoir conquis son indépendance, la Finlande acheta de nombreux Mosin à l’étranger, essentiellement des fusils autrichiens et allemands capturés aux Russes pendant la Première Guerre mondiale. Ces fusils, plus vieux, étaient ordinairement rénovés ; cela pouvait être aussi infime que les poinçons de l’armée finlandaise (SA) et une nouvelle bretelle, ou très important comme une refonte totale avec de nouveaux montages, organes de visée, détentes et un canon plus précis en diamètre 308 et non 311.
L’armée finlandaise ainsi que la Garde Civile conçurent et produisirent plusieurs nouveaux modèles de Mosin-Nagant, utilisant les chargeurs français, russes et américains. La Finlande n’a jamais produit de chargeurs et prenait ceux des stocks de fusils achetés ou capturés.
Pendant la Guerre d’Hiver entre 1939 et 1940, et jusqu’en 1944, la Finlande aura pris à l’ennemi des quantités gigantesques de Mosin. La Finlande a tout de même acheté à l’Espagne les fusils restants de la guerre civile d’Espagne et des stocks de l’Allemagne nazie.
L’armée finlandaise a continué à rénover et à redistribuer les Mosin-Nagant bien après que la guerre contre l’URSS fut achevée. Il y a des M-39 avec des canons qui datent du début des années 1970, à l’époque où ils étaient fournis comme fusils d’entraînement. Les modèles finlandais étaient identifiés par les nombres : M/91-M24 « fusil de Lotta », M27, M28, M28-30 « Pystykorva » (pointu) et M39 « Ukko-Pekka ».
Les Mosin-Nagant finlandais sont réputés pour leur précision et pour la fiabilité qu’on peut leur accorder. Le modèle M39 est le Mosin le plus abouti tant par son ergonomie (crosse pistolet) que par sa qualité de finition et sa précision. Les organes de visée sont équivalents aux meilleurs fusils de l’époque (MQ 31 suisse), finement réglables en tous sens et la détente d’une franchise parfaite.
L’Empire allemand a capturé une grande quantité de Mosin-Nagant durant la Première Guerre mondiale. Ceux-ci ont reçu des modifications variées, notamment un recalibrage en 8x57S Mauser. Beaucoup étaient équipés d’un montage adapté pour recevoir une baïonnette-lame allemande. Ces fusils étaient distribués en seconde ligne et à la Kriegsmarine.
Les versions de tireur d’élite ont été utilisés avec succès par les Allemands car ils étaient très fiables et plus précis car plus faciles à régler au-delà de 400 mètres. Quelques-uns furent vendus à la Finlande, beaucoup furent utilisés pour l’entraînement, les tours de garde et les territoires occupés.
L’Union Soviétique et la République populaire de Chine ont fourni un nombre important de Mosin-Nagant à la Corée du Nord pendant la guerre de Corée. Cependant, la politique d’autarcie encore en effet aujourd’hui a fait que la Corée du Nord a produit ses fusils elle-même.
Dans les années 1920, la Pologne recalibra environ 77 000 Mosin-Nagant en 8mmMauser (8x57S). Beaucoup de modifications furent effectuées : les canons furent rechambrés en 8 mm et raccourcis à 23 pouces de longueur. D’autres modifications ont été faites aux culasses et aux chargeurs pour permettre l’utilisation des lames-chargeurs et assurer un approvisionnement correct. La hausse fut modifiée pour s’adapter à la trajectoire de la balle de 8x57S. La crosse fut raccourcie et on lui ajouta un support pour baïonnette type Mauser pour accueillir les lames produites par Perkun. Ces fusils étaient appelés Karabinek wz. 91/98/23 ou wz.
Les Wz. 91/98/25 équipaient des unités de cavalerie et d’artillerie à cheval dans l’armée régulière jusqu’à ce que des Mauser de fabrication polonaise soient disponibles. Les fusils sont marqués d’un petit aigle polonais et du calibre de l’arme sur l’arrière du fusil. L’aigle et le numéro de série sont aussi frappés sur le côté gauche du magasin et sur toutes les parties de la culasse.
Après la Seconde Guerre mondiale, la Pologne a produit une grande quantité de carabines M-44 (Kb. wz M48) à l’arsenal de Radom. Beaucoup d’entre elles n’ont pas été directement en service, mais ont plutôt été stockées dans des entrepôts en attendant qu’on en ait besoin. Ces Mosin-Nagant peuvent être identifiés par un 11 inscrit dans un cercle frappé sur le magasin du fusil. Cette marque est leur « code de pays » qui identifie quel pays de l’Europe de l’Est l’a fabriqué.
Tout comme l’Allemagne et l’Austro-Hongrie, l’Empire ottoman captura beaucoup de Mosin-Nagant pendant la Première Guerre mondiale. Un grand nombre fut alors acquis grâce à des aides allemandes, ou quand l’armée blanche cherchait un refuge après la guerre civile russe.
Les États-Unis et les forces militaires alliées ont rencontré des fusils et des carabines Mosin-Nagant en action dans les mains de la guérilla Viet Cong et des soldats de l’armée nord-vietnamienne. Un certain nombre de M-1944 russes et de Type 53 chinois furent utilisés comme fusils lance-grenades avec des copies locales du lance-grenade US M7. Des fusils de sniper PU-scoped M91/30 furent aussi aperçus. Quelques fusils furent alors utilisés par les États-Unis.
Quand le tsar fut détrôné en 1917, le gouvernement US annula le contrat originalement signé par la New England Westinghouse (en) et par la Remington Arms. Plutôt que de livrer le restant aux bolcheviques, tous les fusils en transit furent achetés par l’armée américaine. Les fusils restés en Grande-Bretagne équipèrent les forces expéditionnaires US et britanniques envoyées en Russie du Nord en 1918-1920. Les fusils encore en Amérique finirent par être principalement utilisés pour l’entraînement au tir de l’US Army et dans certains endroits pour équiper les unités de la garde nationale des États-Unis ou du SATC et du ROTC. Rifle, 7,62 mm, Model of 1916 ».
Après la Première Guerre mondiale, les fusils restants furent déclarés surplus et furent vendus aux membres de la National Rifle Association pour seulement 3,34$ chacun. Pratiquement tous les pays qui reçurent une aide militaire de la vieille Union Soviétique utilisèrent le Mosin-Nagant à un moment ou à un autre.
Les Républicains espagnols achetèrent des dizaines de milliers de Mosin de tous types pendant la Guerre civile espagnole. Le Mosin-Nagant a aussi été vu en action dans les mains des moudjahidins en Afghanistan durant l’occupation de l’URSS dans les années 1970-80. Celles-ci servirent aussi aux forces de l’Alliance du Nord dans les années 1990 et au début du XXIe siècle.
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