La Première Guerre mondiale a marqué le premier emploi à grande échelle de l'arme aérienne. Les aviateurs, combattants d'un nouveau genre, ont connu une guerre singulière, dans laquelle la mort revêtait des aspects très différents de ceux des fantassins. Dès le début de la Première Guerre mondiale, les armées ont employé des engins volants qui ont joué un rôle crucial en permettant l’observation des mouvements de troupes, menant aux batailles de Tannenberg et de la Marne, qui ont installé le conflit dans la durée.
Lorsque la guerre commence le 3 août 1914, la France mettait en ligne 141 avions, de 14 types différents. Il convient d'ajouter à ce total cinq dirigeables et quatre parcs de ballons. Chez les autres belligérants, il n'a pas été possible de faire la distinction entre avions en service, en réserve ou servant à l'entraînement. En 1915, la France fait mettre en fabrication 1.200 avions supplémentaires.
Au début de la Guerre, le 3 août 1914, il y avait uniquement une aviation d'observation, de surveillance et de renseignement. On estimait que l'avion c'était surtout un moyen "pour voir de l'autre côté de la colline". C'est à la bataille de Verdun que le commandement militaire commence à comprendre que l'avion peut apporter beaucoup plus et on entrevoit les liens qui pourraient exister entre une bataille terrestre et une bataille aérienne, mais le rôle de l'aviation dans les combats reste encore à découvrir. Au demeurant, les performances de tous ces appareils sont sensiblement équivalentes : globalement, leur vitesse est de l'ordre de 80 à 120 Km/h, leur plafond avoisine de 1500 à 2000 m, et leur autonomie est d'environ 3 heures. Mais aucun avion n'est armé.
La France, berceau de l'aviation science, fut aussi le berceau de l'aviation arme. Lorsque la guerre survint, la France seule disposait d'une industrie aéronautique capable de conserver au camp allié sa suprématie aériennne. Elle dut approvisionner les Britaniques, les Italiens, les Russes, les Belges, dont la production aéronautique était nulle, du moins au début des hostilités. L'effort industriel français fut énorme et extraordinaire. Pour l'année 1917, il s'éleva à 14 915 appareils.
Un mois plus tard a lieu le premier combat aérien de l’histoire : Joseph Frantz et Louis Quénault montent une mitrailleuse Hotchkiss sur leur Voisin III et abattent un avion allemand voué, comme le leur, avant tout à la reconnaissance.
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Le 5 octobre 1914, en mission de bombardement sur des rassemblements ennemis situés derrière le Fort de Brimont et de retour vers le terrain de Lhéry, dans la Marne, ils aperçoivent un biplan, légèrement plus haut qu’eux, qui regagne les lignes allemandes. Décidant de l’attaquer, Joseph Frantz manoeuvre de telle façon que sa trajectoire le place derrière, dans l’axe de l’avion allemand. Louis Quenault tire avec son fusil mitrailleur. Surpris, l’aviateur allemand tente de s’échapper en effectuant un piqué, tandis que son observateur tire au fusil sur l’équipage français. Le pilote allemand est mortellement touché. Ce combat ouvre la voie à l’aviation de chasse.
Comme il était impossible de présenter tous les avions construits pendant cette période, nous avons été obligés de faire un choix. Voici quelques exemples d'avions utilisés pendant cette période :
Voici quelques mitrailleuses utilisées pendant la Première Guerre Mondiale :
À la fin de 1914, les lignes de ravitaillement allemandes s'étiraient de la Mer du Nord à la Suisse. La guerre de mouvement initiale était terminée et le front s'était stabilisé. Les missions de reconnaissance permettaient à l'artillerie de tirer sur des cibles invisibles depuis la position de tir. La technologie ne permettant pas de contact radio, les méthodes de communication étaient nécessairement primitives. À partir de dédut 1915, des appareils biplaces furent équipés de radios permettant de communiquer à l'aide du code Morse mais ne disposaient pas de récepteur. Le renseignement photographique nait et acquiert ses lettres de noblesse au cours de la Grande Guerre.
Dès le début du conflit les ballons captifs sont considérés comme les plates-formes les mieux adaptées à la prise de vues aériennes. La nécessité d'obtenir le plus de détails possible aboutissait à la fabrication d'appareils photographiques de grandes dimensions, particulièrement encombrants. Les premières unités de bombardement furent créées en novembre 1914. C'étaient des avions Voisin à hélice propulsive (placée à l'arrière) se déplaçant à la vitesse de 80 km/h et à 1.500 m d'altitude, qui pouvaient emporter jusqu'à 100 kilos de bombes.
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Clément Ader inventa deux modèles de fléchettes en acier destinées à être lâchées sur l'ennemi à partir d'un aéroplane. En octobre 1914, pendant la bataille de la Marne l’aviation française consomme en moyenne 50 000 fléchettes par jour, réparties en une centaine de bombardements.
Les conditions matérielles de la guerre aérienne amènent la distinction de tueurs virtuoses, les « as », et créent une culture spécifique autour de la mort dans l’arme aérienne. Née comme un sport, l’aviation est militarisée alors qu’elle en est à ses balbutiements. Ainsi le mépris de la mort et l’acceptation du risque physique font déjà partie d’un ethos de l’aviateur quand la guerre se déclenche.
À mesure que la guerre aérienne se développe, les avions se spécialisent. La persistance des accidents s’ajoute à cette présence permanente de la mort en vol. La guerre aérienne permet ainsi aux aviateurs distingués de garder une conscience d’eux-mêmes au sein de l’institution militaire, à l’opposé de l’anonymat des fantassins. Cités au communiqué, décorés, interviewés par la presse et destinataires d’un abondant courrier, les « as » créent une forte émulation jusqu’à l’arrière et peuvent se permettre de personnaliser leur tenue et leur avion.
Les pilotes de chasse occupent une place à part qui leur fait souvent éclipser les autres métiers de l’arme aérienne. Au printemps 1917, Roland Garros invente le tir à travers l’hélice, qui lui permet de combattre et de piloter son monoplace en même temps au lieu de devoir embarquer un mitrailleur qui ne peut tirer vers l’avant. La métaphore de la chasse animalière s’impose progressivement parmi les leitmotivs du combat aérien. Elle permet d’abord d’évacuer la mort de l’adversaire au profit de la traque sportive et de la confrontation de soi au danger. Elle permet ensuite de créer une asymétrie avec l’ennemi, réduit au rang de proie.
À prendre avec prudence car reconstruits a posteriori, les souvenirs d’aviateurs témoignent de la nécessité de maîtriser sa propre peur, qui passe souvent par le mécanisme de focalisation sur un problème au détriment des autres. L’écrivain Henry Bordeaux note que la mort d’une figure comme Guynemer, loin de galvaniser ses camarades de l’Escadrille des Cigognes, est accueillie en serrant les dents, comme un présage que tous mourront prochainement.
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| Avion | Type | Mitrailleuse Principale |
|---|---|---|
| Farman MF.7 Longhorn | Reconnaissance | - |
| Caudron G.3 | Observation | - |
| SPAD S.XIII | Chasse | Vickers MK 1 |
| Royal Aircraft Factory F.E.2 | Chasse/Bombardement | Lewis |
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