De tous les artisans de la Victoire, le scientifique et l'industriel sont les plus méconnus. La mobilisation de ces hommes et de ces femmes qui conçurent et produisirent les armes de la Grande Guerre, est largement ignorée. Pourtant, leurs innovations vont bouleverser le champ de bataille : parachute, tank, bombardier, porte-avions, canon à longue portée, lance-flammes, gaz de combats... Autant d'inventions qui vont marquer les esprits et, pour certaines d'entre elles, peser sur l'issue du conflit.
Et c'est le paradoxe : après le soldat, peu contribuèrent autant à la Victoire que les scientifiques et les industriels. Mais cette contribution décisive a été occultée par l'hommage légitime rendu au combattant : le poilu qui s'était sacrifié durant quatre ans dans les tranchées.
Le Centenaire offre l'occasion de découvrir l'incroyable histoire de ces soldats de l'intérieur : savants, inventeurs, ingénieurs, entrepreneurs, ouvriers... Plus de quarante spécialistes, de dix nationalités différentes, dressent, pour la première fois, un tableau complet de cette mobilisation scientifique et industrielle.
Cet ouvrage grand format, à l’iconographie particulièrement soignée, démontre de façon à la fois savante et fluide comment les poilus du Front n’ont pu tenir, et finalement vaincre, qu’avec l’appui décisif du Front de l’Arrière, qui est parvenu à s’adapter aux nouveaux besoins des combattants. Le sous-titre, « Histoire d’une révolution scientifique et industrielle », résume l’esprit de la synthèse ainsi produite.
Intitulée « La guerre », la première partie se décline en trois volets. L’évocation des prévisions d’avant-guerre montre que le progrès technique est déjà un paramètre de la réflexion sur la guerre avant 1914, tant dans la planification des états-majors que dans la littérature d’anticipation. Le chapitre suivant est consacré à la perspective allemande.
Lire aussi: Choisir une Armoire à Fusil 5 Armes
La deuxième partie est consacrée à l’évocation de l’effort de guerre conduit en parallèle par les principales « puissances étrangères » : Grande-Bretagne, Russie, Etats-Unis, Italie, Allemagne et Hongrie (curieusement dissociée de sa sœur autrichienne, qui manque en revanche à l’appel) auxquelles s’ajoute un encart sur la Belgique.
La troisième partie aborde « la mobilisation industrielle et scientifique » accomplie par la France. Il en ressort un panorama passionnant et approfondi du formidable effort tout à la fois logistique, industriel, scientifique et technique qui se déploie à l’arrière.
L’organisation de la guerre industrielle, l’action essentielle du ministre Albert Thomas dans le changement d’échelle, la planification et la rationalisation de la production, la politique de la main-d’œuvre et les efforts de financement sont les principaux axes d’intérêt du chapitre sur la mobilisation industrielle. Son homologue sur la mobilisation scientifique met l’accent sur l’engagement, spontané ou organisé, des savants en traitant leurs relations avec les militaires, les itinéraires individuels de protagonistes marquants, et en faisant le tour des champs de recherche et des innovations.
Enfin, la dernière partie, qui est aussi la plus brève, envisage « Les suites du conflit ». Son premier chapitre formule un intéressant tour d’horizon des difficultés de la reconversion des industries de guerre. Confusions et défaillances pour tirer les bonnes leçons de la victoire de 1918 et anticiper les formes de la guerre suivante sont présentées ensuite.
La mission du centenaire a rapidement donné son label au projet soutenu par les ministres de la défense successifs. La DGA a décidé de cofinancer le projet, charge à l’éditeur Pierre de Taillac d’apporter l’autre moitié. C’est ainsi qu’une trentaine d’auteurs et une dizaine de rédacteurs d’encarts, ont joint leurs contributions.
Lire aussi: Choisir son Armoire à Fusil 6 Armes
Une fois l’ensemble des projets à traiter et le volume alloué arrêtés, l’équipe en charge du projet a proposé aux meilleurs spécialistes qu’elle connaissait de bien vouloir développer un chapitre ou un encart ; les musées et détenteurs d’archives ont été mis à contribution pour illustrer richement l’ouvrage.
Lire aussi: Comprendre le TIR
tags: #les #armes #de #la #grande #guerre