Le fusil Lee Enfield a servi l’armée britannique, et ses nombreux dominions, de 1895 à 1957. Un vieux et bon serviteur de la monarchie. Le "cheval de bataille" de l'armée anglaise durant la 1ere GM le SMLE (Short, Magazine, Lee-Enfield) a été produit de 1907 jusque dans les années 30. Appelé également "Nez de cochon" à cause de l'embout de son canon qui y ressemble, il fut adopté au cours de la Grande Guerre et fabriqué en très grosse quantité.
La Manufacture Royale d'Armes Portatives de Enfield Lock en fabriqua plus de 2 000 000 du Mark I au Mark III rien qu'au cours de la 1ere Guerre Mondiale. Très apprécié par les fantassins pour sa cadence de tir, sa précision et la douceur de son réarmement. Le notre est un rare MK III apparu en 1907, arme superbe et riche d’histoire.
Il était en effet doté d’un excellent chargeur amovible « court », détachable, à piles imbriquées en feuille d’acier, d’une capacité de dix coups, concept très moderne à cette époque. À l’origine, ce chargeur détachable fit l’objet de quelques doutes dans les milieux militaires britanniques. On craignait que le soldat de base ne perde quantité de chargeurs en campagne.
La rapidité de mise en œuvre du système de verrou Lee, la simplicité de fonctionnement/mise en place du chargeur et la capacité de dix coups permettaient à un fantassin bien entraîné de placer une trentaine de coups à la minute. Et on les y entrainait. Le Lee Enfield était le fusil à verrou le plus rapide de son époque.
Le record du monde, toujours à battre, pour un tir avec un fusil à verrou est détenu par le Lee Enfield et un instructeur de tir britannique - le sergent instructeur Snoxall - qui, en 1914, mit 38 coups dans une cible de 300 mm de large (12′) à 270 m (300yds) en une minute. Les britanniques ont toujours été d’excellents tireurs.
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En plus, l’arme fonctionne dans un très bon calibre de guerre et de chasse (les deux activés ne sont jamais loin l’une de l’autre…) le 303 British. Nombre de tigres et d’éléphants de l’Empire lui doivent un départ prématuré pour un monde meilleur. Notre MK III est donc une arme d’avant guerre, faite pour former d’excellents tireurs dans une toute petite armée professionnelle de moins de 240.000 hommes (officiers compris) et pas tous fantassins.
L’arme est donc une excellente arme de tir. Elle aussi est très moderne comparée aux concurrents allemands et français car elle est courte. Une autre nouveauté pour l’époque. Les anglais avaient appris à se méfier de l’encombrement des armes longues aux colonies et dans la guerre en Afrique du Sud qui supposait des déplacements fréquents et longs dans une guerre d’embuscades - ils adoptèrent donc une arme remarquablement compacte.
Mais cela fit scandale en Grande-Bretagne. Clubs de tir, vétérans et armuriers s’inquiétèrent du fait qu’une ligne de mire plus courte et un recul nécessairement accru entrainerait une précision moindre pour les armées. Toujours l’obsession britannique de la précision. L’opinion de l’état-major sur le praticité d’une arme plus courte prévalut.
Rendez vous compte: l’arme « standard » du fantassin est dotée d’une hausse très finement réglable en site et en dérive, cas unique dans les armées modernes de l’époque. Toujours pour plus de précision ! L’arme est aussi doté sur le coté droit de la culasse du fameux « Cut-off « , recherché par les collectionneurs ou « arrêtoir de chargeur ».
Une fois engagé, ce dispositif visait à obliger le tireur à ne tirer qu’au coup par coup en « fermant » le chargeur pour… éviter ainsi le gaspillage de munition ! On peut le désengager pour une petite « minute de folie » évidemment. Mais, avant guerre, Les états-majors étaient obsédés par cette idée d’économie de munitions pour ne pas déborder des logistiques fragiles. La guerre de 14 les obligea très vite à ne plus trop contrôler le rythme de tir de leurs troupes et plutôt à revoir très sérieusement leur production et leur logistique. La guerre avait changé d’échelle.
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Notre rare Lee Enfield MK III est aussi équipé d’un dispositif encore plus fou, le « Volley Sight » coté gauche de l’arme cette fois. Une volée de balle partait dans le ciel et retombait sur l’ennemi en pluie comme les flèches d’Azincourt en 1415…. Et avec les mêmes dégâts évidemment. Fin 1914 à Ypres, des flots d’étudiants germaniques, fraichement volontaires et par trop enthousiastes, se sont fait littéralement fauchés par ce dispositif. Les historiens allemands ont d’ailleurs longtemps parlé du « Massacre des innocents de Ypres » à ce sujet. Ce dispositif ne valait effectivement qu’en terrain découvert et à longue portée.
Avec tous ces raffinements, le Lee Enfield MK III coutait fort cher à produire. 3£75 par fusil. Une fortune pour le gouvernement de Sa Majesté assez près de ses sous à l’époque ! (trois semaines environ du salaire moyen ouvrier en GB en 1914 pour un unique fusil).
Ce modèle simplifié devint le Lee Enfield Mark III « étoile » ou « MKIII (*) » et les marquages de poignée furent modifiés en conséquence - 99,99% des Lee Enfiled MKIII furent transformés au standard MKIII (*) pendant et après la guerre. Les SMLE Lee Enfield restés au standard MKIII tout court, c’est à dire dans leur configuration de août 1914 avec Cutt-Off et Volley Sight, sont désormais très rares.
Comme pour les fusils français non modifiés 32N, ces Lee Enfield MK III non modifiés ( * ) sont très souvent des armes perdues puis survivantes du temps ou bien des armes capturées par les allemands. Il y avait au moins 4 ou 5 ans que je n’en vais pas vu un dans le nombre très importants de Enfield que j’ai l’occasion d’examiner tous les ans.
Bois en excellent état - assez peu de traces de manipulation et au numéro de l’arme - ni manque ni enture - le bois porte bien son disque d’unité que je n’ai pas réussi à identifier (instinctivement, je parierai sur une unité rare car d’habitude, je les identifie vite.
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L’arme porte bien sur le coté droit, gravés dans le métal au niveau de sa poignée, la Couronne de George V au dessus de GR ( pour « George Rex ») - « BSA &Co 1915 » et la mention « Sht LE III » pour le « short Magazine » - Notre arme est donc sortie des ateliers de Birmingham Small Arms à Birmingham en 1915 - son numéro de série en X nous indique qu’il s’agit d’un des tous derniers sortis de cette usine en 1915 puisque le Skinnerton (la bible du Lee Enfield) nous indique que BSA a fait passer ses fusils du standard III au standard III(*) à partir du numéro N° X81971 et le notre est X19327. Cela se passait vers mars 1915.
Le disque du « Volley Sight » et son œilleton sont également bien présents et fonctionnels de même que le levier de mise en sécurité .
Au final, une arme iconique de l’Empire Britannique, rare dans une configuration d’origine devenue très difficile à trouver surtout dans cet état excellent. Il fera une addition de premier choix pour un collectionneur d’armes réglementaires européennes ou d’armes de la première guerre mondiale.
Arme de catégorie C au CSI : Licence de tir en cours de validité avec cachet et signature d’un médecin au dos ou bien un permis de chasse avec sa validation pour l’année en cours ou l’année précédente ET CNI ou passeport en cours de validité.
| Caractéristique | Description |
|---|---|
| Nom | Lee Enfield N°1 MK3 |
| Période de Production | 1907 - Années 30 |
| Calibre | .303 British |
| Capacité du Chargeur | 10 coups |
| Particularités | Cut-off, Volley Sight |
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