Parmi le flot immense d'images produites lors des conflits, certaines rencontrent un écho particulier. Sur les réseaux sociaux, le cliché d'un homme en fauteuil roulant armé d'un lance-pierre cumule déjà des millions de vues.
Sur le réseau social X, la photo d'un homme en fauteuil roulant cumule déjà environ 2 millions de vues. Armé d'un lance-pierre, il est présenté comme un symbole de la résistance palestinienne.
L'homme ici immortalisé, amputé des deux jambes, tient à la main un lance-pierre. En arrière-plan, une épaisse fumée noire. "Peu importe le nombre de bombes larguées par Israël, l’esprit palestinien ne peut être brisé", glisse en légende l'internaute qui relaie cette image.
Si cette image montre bel et bien un habitant de Gaza, il faut préciser que le cliché remonte à 2018. Méfiance toutefois, cette scène ne s'est pas déroulée à la suite de l'attaque du Hamas contre Israël cet automne, mais il y a déjà plusieurs années.
Si son nom est parvenu jusqu'à nous, c'est parce que plusieurs photos de lui ont marqué les esprits au cours des dernières années. L'une d'elles, a même valu à son auteur (le photographe de l'AFP basé à Gaza Mahmud Hams) de recevoir le prestigieux prix Bayeux. Cette photo, primée en 2018, provient d'une série réalisée lors d'affrontements dans la bande de Gaza cette même année.
Lire aussi: Pistolet à Eau Lance-Flammes : Guide Complet
Lorsque l'on cherche des détails relatifs à l'image partagée ces derniers jours sur les réseaux sociaux, on remonte jusqu'à un autre professionnel de l'image : Wissam Nassar. Ce Palestinien, finaliste en 2015 du prix Pulitzer de la photographie, a grandi à Gaza et y exerce toujours aujourd'hui.
Comme plusieurs de ses confrères, il a été marqué par la présence de Saber al-Ashqar dans son fauteuil, en marge de violents affrontements. Il a réalisé plusieurs clichés de lui, dont celui qui est en ce moment repartagé sur X. Une version originale, non recadrée, est d'ailleurs accessible sur son compte Instagram.
Nous apprenons grâce à la légende que la scène représentée n'est pas en lien avec les combats déplorés depuis le 7 octobre dernier, puisqu'elle a été capturée il y a cinq ans, le 21 septembre 2018.
Habitant de Gaza City, Saber al-Ashqar a été amputé des deux jambes à la suite d'un bombardement attribué à Israël, en 2009. Il se trouvait alors dans un atelier de ferronnerie situé dans le quartier d’Az-Zaytoun.
Cet homme, confiait en 2018 le photographe de l'AFP Mahmud Hams, "se rend tous les vendredis après-midi à la frontière est de la ville" de Gaza, "dans un endroit appelé Malaka". Un lieu où il se rend en bus, grâce à des "amis valides" qui "l’aident à y monter et à en descendre". Et qui l'accompagnent par la suite sur les lieux des manifestations.
Lire aussi: Fonctionnement Arbalète Lance-Pierre
Durant ces rassemblements, les Gazaouis dénonçaient le blocus israélien. En résumé, il est donc exact de présenter cet homme comme un Palestinien s'opposant à Israël. En revanche, il faut préciser que le cliché massivement partagé ces derniers jours n'est pas directement lié aux affrontements récents entre Israël et le Hamas. Réalisée par un photographe professionnel gazaoui, elle remonte à des manifestations en 2018.
Sur la colline de Rissan, les moyens de résistance sont multiples : prière, danse collective sur les chants : « Ici c’est la Palestine ! » et « Ce sont nos terres, on va rester, il vous faut partir ! », utilisation de lance-pierres pour jeter des projectiles sur les soldats israéliens.
À la question de la violence des jets de pierres, Yossef Karaja, membre du Fatah s’exclame : « Les pierres ne font rien comparé à leurs armes. Depuis trois mois, plusieurs personnes ont été interpellées et blessées par les forces armées d’Israël, dont trois photojournalistes. « Mon fils de 14 ans a été mis en prison début octobre pour un mois parce qu’il manifestait. Malgré tout cela, Ahmed Aras*, père de 47 ans habitant Kafr Nima s’écrie en regardant les jeunes résistants faire face aux soldats israéliens : « Je dis à mes enfants qu’il faut rester ici, ne pas partir ! On leur a appris à aimer leur terre, même si c’est dangereux, aujourd’hui ça passe par cette lutte ».
"Moustaaribine!" Le mot détesté se propage alors parmi la centaine de Palestiniens qui, depuis des heures, jettent des cailloux sur les soldats israéliens au poste de contrôle de Bet El, à l'entrée de Ramallah. Il sème la panique et s'amplifie à mesure qu'il progresse à travers les rangs des lanceurs de pierres et atteint les centaines d'autres manifestants restés en retrait.
"Moustaaribine" signifie littéralement "ceux qui se déguisent en Arabes". Il désigne ces hommes des services de sécurité israéliens infiltrés dans les rassemblements pour mettre la main sur les agitateurs. Ils sont juifs, Arabes israéliens, Druzes ou bédouins, parlent arabe comme les Palestiniens et leur ressemblent physiquement.
Lire aussi: Fusil Lance-Grenade : Fonctionnement
Les "moustaaribine" de Bet El étaient là depuis une demi-heure au moins, ont constaté les journalistes de l'AFP qui ont capturé les évènements en images vidéo et photo. L'un d'eux avait laissé dépasser une écharpe verte du mouvement islamiste Hamas de la poche de son jeans.
Répondant à l'appel lancé avec une rare unanimité par les syndicats étudiants, les manifestants étaient partis de l'université de Bir Zeit, avec un mot d'ordre: "Bir Zeit a été un bastion de l'intifada, elle doit de nouveau mener le mouvement". Les heurts ont éclaté aussitôt arrivés à Bet El, devenu l'un des lieux quotidiens de l'escalade récente des violences.
Comme les autres, ils ont lancé des pierres, se sont recroquevillés derrière une benne à ordures servant de barricade de fortune contre les balles en caoutchouc qui se mêlent aux tirs de gaz lacrymogènes et aux projectiles assourdissants.
Soudain, ils ont resserré les rangs et sorti les pistolets de leurs ceintures pour arrêter des meneurs. Tout va alors très vite, les manifestants ont compris. Les pierres tombent sur les "moustaaribine". Quatre d'entre eux pointent leurs armes et tirent. Trois autres, sans arme, attrapent deux jeunes blessés et les frappent. Un jeune qui s'enfuit en courant est touché par une balle à l'arrière du crâne.
tags: #lance #pierre #utilisation #Palestine