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De nos jours, les « affaires » se multiplient, le journalisme d’investigation devient un genre prospère et les procès font la une des médias. Petits et grands mystères alternent, souvent associés à des Affaires majuscules - des Templiers à l’Affaire Dreyfus.

Alain Juppé et les Affaires Judiciaires

Alain JUPPÉ (né en 1945). L’appel interjeté suspend l’application de la peine, jusqu’à l’arrêt de la cour d’appel. Le 1er décembre 2004, condamnation réduite à quatorze mois de prison avec sursis et un an d’inéligibilité. Longtemps donné favori à l’élection présidentielle de 2017, il perd la primaire de la droite et du centre de 2016 face à François Fillon… qui perdra à son tour, mis en examen dans le cadre de l’enquête sur les soupçons d’emplois fictifs de son épouse et de deux de ses enfants.

« En politique, si on meurt souvent, on ne renaît pas toujours. Portrait intimiste de celui qui « revient de loin, très loin » . Comment cet homme « coincé et solitaire » a-t-il pu reconquérir le cœur des Français ? Les jugements qu’il porte sur ses rivaux dans le film sont impitoyables. Fillon ? Indécis. Bruno Le Maire ? Pas moderne. Sarkozy ? Simpliste. Candidat à la présidentielle, il n’est pas pour autant prêt à faire des concessions.

Jacques Chirac et les Affaires d'Emplois Fictifs

Jacques Chirac est le premier président français à être condamné par la justice en 2011, dans l’affaire des emplois fictifs de la mairie de Paris. Emplois fictifs, faux électeurs, HLM de la Ville de Paris, frais de bouche, voyages… Toujours empêtré dans la cohabitation, voilà le président rattrapé par les « affaires » .

Mis en cause dans de nombreuses affaires judiciaires pendant sa carrière, il a bénéficié de son immunité présidentielle mais reste, après son départ de l’Élysée, poursuivi dans l’affaire des emplois fictifs de la mairie de Paris, pour laquelle il est condamné à deux ans d’emprisonnement avec sursis en 2011, ce qui fait de lui le premier chef de l’État français à être condamné en justice.

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Au total, depuis les années 1990, le nom de Jacques Chirac est régulièrement évoqué dans huit affaires judiciaires. En 2007, les choses changent : il quitte l’Élysée et redevient un citoyen ordinaire. La machine judiciaire se remet en marche.

Affaire Clearstream et les Frégates de Taïwan

Un petit groupe de politiciens et d’industriels tente de manipuler la justice pour évincer des concurrents, en les impliquant dans le « scandale des frégates de Taïwan » . Parmi les dizaines de noms cités, on trouve Sarkozy alors ministre de l’Économie, mais aussi Chevènement, Strauss-Kahn, Madelin. La presse s’en fait aussitôt l’écho.

« Un jour, des noms d’industriels et d’hommes politiques français apparaissent sur des fichiers d’un organisme financier luxembourgeois : Clearstream. Il s’agit d’une « fabrication » . Une fausse rumeur peut toujours nuire et Sarkozy accuse Villepin de dissimuler à la justice les conclusions de l’enquête qui l’innocenterait. Il se constitue partie civile.

« Cette affaire Clearstream a été montée de toutes pièces, elle est destinée à cacher l’affaire des frégates de Taïwan. Il y a 500 millions de dollars qui sont partis, il y a des morts dans ce dossier. Juge d’instruction très engagé dans la lutte contre la corruption à grande échelle, il a conduit les enquêtes politico-financières dans trois dossiers brûlants : l’affaire Urba, l’affaire des frégates de Taïwan et l’affaire Clearstream.

Autre « victime collatérale » , Denis Robert, spécialiste du journalisme d’enquête, poursuivi par Clearstream. Jusqu’à ce que le 3 février 2011, la cour de cassation annule les condamnations précédentes et juge l’enquête du journaliste « sérieuse et documentée » .

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« L’Affaire des affaires » , ce long combat, dans les bas-fonds des paradis fiscaux, authentique thriller résumé en quatre tomes de documents, inspirera le film de Vincent Garenq, L’Enquête (2014) avec Gilles Lelouch et Charles Berling. Ce suspense qui eut pour titre provisoire « La Justice ou le Chaos » raconte les méandres de l’affaire et met en scène le journaliste Denis Robert, résistant aux intimidations. Mais trois mois après, le 28 janvier 2010, le tribunal correctionnel de Paris rend son jugement : Dominique de Villepin est relaxé.

Dominique Strauss-Kahn et les Accusations

Dominique Strauss-Kahn (né en 1949), propos d’avril 2011. C’est d’abord une affaire judiciaire de droit commun : il est accusé pour agression sexuelle, tentative de viol et séquestration. Compte tenu de la gravité des faits, la juridiction de l’État de New York procède à la mise en détention provisoire de Dominique Strauss-Kahn et engage une procédure pénale.

« Je suis pratiquement certain qu’il n’y a pas eu tentative violente de viol, je ne crois pas, ça, je connais le personnage, je ne le pense pas. Dans cette histoire, on perd un bon journaliste : JFK reconnaît que cette formule était « une connerie » et va renoncer à ce métier qu’il a brillamment exercé, notamment à la tête de Marianne.

La classe politique est gênée, surtout qu’on était plus ou moins au courant - mais qui, on ? et plus ou moins ? Martine Aubry est la plus embarrassée par son ancien allié - elle a conclu un pacte, si l’un se présente, l’autre se retire. Michel Rocard, ex-Premier ministre socialiste, a déjà déclaré au Grand Journal de Canal Plus : « Cet homme a visiblement une maladie mentale… des difficultés à maîtriser ses pulsions.

Quelques indulgences masculines se manifestent. Au-delà du cas DSK, ce fait divers renvoie à un fait de société : « Ces propos prouvent à quel point la réalité des violences faites aux femmes est méconnue. De la part d’élites qui prétendent diriger notre société, c’est particulièrement inquiétant. 75 000 femmes sont violées chaque année dans notre pays, de toutes catégories sociales, de tous âges. Leur seul point commun est d’être des femmes.

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Le féminisme a remporté ses grandes victoires au XXe siècle, du droit de vote des femmes à l’IVG, en passant par une réforme du Code civil établissant l’égalité juridique (le Code napoléonien était misogyne). Le féminisme se manifeste régulièrement, à l’occasion d’une injustice, un fait divers, une publicité choquante. Restent tous les pays, toutes les religions où la femme demeure aliénée, moralement, socialement, juridiquement, physiquement. Témoignage de femme, et parole de magistrate.

Blanchi au pénal à New York, ce qui va perdre DSK, c’est la suite, d’autres affaires de mœurs, d’autres témoignages et une certaine lassitude, voire un rejet d’une opinion publique qui attendait tant de lui, de ses compétences économiques et politiques.

Les infractions « reprochées à Dominique Strauss-Kahn » , mis en examen lundi à Lille pour proxénétisme aggravé en bande organisée, sont « inexistantes… il n’y a pas d’éléments à charge » contre lui, a déclaré le plus connu de ses avocats, Me Henri Leclerc. Ce dernier dossier pour lequel DSK a été mis en examen par trois juges de Lille « s’effondre immédiatement » s’il est soumis à un débat contradictoire, a martelé Me Leclerc. Il y avait consentement entre adultes. Parole d’avocat. Il parle quand même d’une « sexualité hors norme » . 2012.

Nicolas Sarkozy et les Soupçons de Financement Politique

Après les années Mitterrand et les années Chirac, riches en « affaires » plus ou moins chargées de mystères et autres zones d’ombre, le quinquennat sera loin d’être irréprochable ! Cinq ministres devront démissionner, dont Michèle Alliot-Marie et Éric Woerth. Les proches du président sont mis en examen, sur fond de mallettes, ventes d’armes et financement politique : Nicolas Bazire, Thierry Gaubert, Éric Woerth (encore lui) pour « trafic d’influence passif et recel » …

Face aux soupçons de népotisme, Jean Sarkozy, 23 ans, renonce à diriger l’EPAD (Établissement public pour l’aménagement de la défense), seule erreur reconnue par son père. Reste l’affaire Woerth-Bettencourt, la plus gênante, même si le président nie tout, et d’abord le financement illégal de sa campagne par la milliardaire.

Seul progrès, le contrôle public sur les comptes et la gestion des services de la Présidence : « Ni Mitterrand, ni Chirac n’avaient osé donner cette autorisation. Je suis le premier président à jouer la transparence. Vous croyez que ça m’amuse d’être contrôlé tous les ans, vous croyez que ça m’amuse de supporter les contrôleurs de la Cour des comptes, y compris chez moi, au Cap Nègre ?

« Une démocratie et une dictature. Une campagne présidentielle et de l’argent noir. Une guerre et des morts. ‘Personne n’y comprend rien’ se rassure Nicolas Sarkozy au sujet de ses liens avec le colonel Kadhafi. L’affaire du financement libyen de la campagne présidentielle est en cours.

L'Affaire de Karachi et les Rétrocommissions

L'affaire de Karachi l'a rappelé : d'ex-membres du cabinet de M. Léotard à la défense ont été surveillés en 1995. Dans l'ombre, l'Elysée de Jacques Chirac. Ce 8 juillet 1996, les services d'Alain Juppé, installés depuis un an à Matignon, évoquent sans sourciller des motifs "strictement liés à la sécurité nationale".

Il est question, depuis la parution d'un article du Monde, d'écoutes téléphoniques mises en oeuvre par la direction générale de la sécurité extérieure (DGSE), visant le cabinet de l'ancien ministre de la défense, François Léotard (1993-1995). Le scandale dure deux jours, puis, soudain, l'entourage de M. Léotard, dont Renaud Donnedieu de Vabres, s'estime satisfait des explications apportées par le pouvoir. On en restera là, "sécurité nationale" oblige. M. Donnedieu de Vabres sera, quelques années plus tard, ministre dans les gouvernements Raffarin.

Et voilà que, quatorze ans plus tard, ces interceptions refont surface à l'occasion de l'enquête menée par le juge Renaud Van Ruymbeke sur le volet "corruption" de l'affaire de Karachi. Mais, cette fois, il ne s'agit plus de "sécurité nationale", mais du "trésor de Balladur", selon l'expression de Dominique de Villepin.

Les écoutes auraient été ordonnées par Jacques Chirac dès son arrivée à l'Elysée, pour retrouver la trace d'éventuelles rétrocommissions encaissées dans le camp Balladur, à l'occasion de la vente de trois sous-marins de la Direction des constructions navales (DCN) - le contrat Agosta - au Pakistan. C'est M. Donnedieu de Vabres, conseiller spécial de M. Léotard au ministère de la défense, qui fait l'objet des plus forts soupçons.

"Evidemment, j'ai reçu des émissaires, j'ai organisé un dîner avec Benazir Bhutto, je suis allé en Arabie saoudite comme envoyé du ministre, j'ai rencontré des intermédiaires. Mais ce n'est pas nous qui imposions ces intermédiaires. Ils étaient imposés par les pays", confie-t-il au Monde.

Pour autant, il n'aurait pas été placé sous surveillance, a indiqué M. de Villepin au juge Van Ruymbeke. "Nous avons appris qu'il y avait eu des écoutes par la presse. Personne ne nous avait prévenus, se souvient M. Donnedieu de Vabres. J'ai appelé Dominique de Villepin. Il m'a affirmé que ces écoutes étaient "délimitées et techniques". Il était impossible de savoir ce qu'il en était vraiment."

Invité de Canal +, Alain Juppé, le tout nouveau ministre de la défense a cherché à s'en tenir aux faits en expliquant qu'il ne s'agissait aujourd'hui que "de rumeurs et d'allégations". Interrogé à propos des déclarations de Charles Millon (qui était le ministre de la défense d'Alain Juppé Premier ministre), sur les soupçons de rétro-commissions, il a affirmé qu'il "n'avait jamais eu communication de ces soupçons". Quant aux rétro-commissions, il n'en a jamais "entendu parler".

Question d'Anne-Sophie Lapix: Avez-vous à l'époque entendu parler de ces rétro-commissions? "Non" a répondu Alain Juppé qui en 1995 est à Matignon. “En 95 je suis Premier ministre et le président de la République au bout de quelques semaines me dit (qu'il a) donné pour instruction au ministre de la défense de suspendre le versement de certaines commissions liées à des ventes d’armes car les informations dont je dispose me donnent à penser que tout ça pas très clair.

Quand Charles Millon dit qu'il vous a demandé l'autorisation de mettre sous écoute des collaborateurs de François Léotard pour vérifier si ces rétro-commissions existaient, il ment? “s’immiscer dans cette bagarre”. “La seule chose que je constate aujourd’hui c’est qu’on est dans la rumeur ou dans les allégations. Est-ce qu’il y a un lien entre l’attentat de Karachi et l’interruption des commissions, on en sait rien. Je vous rappelle qu’à l’époque il y a eu beaucoup d’attentats dirigés contres les intérêts américains, britanniques et français…On a aucune preuve. Est-ce qu’il y a eu des rétro-commissions, Dominique de Villepin a fait part de son intime conviction, il faut des preuves.

L'avocat des familles des victimes, Me Morice a réagi très vite après cette interview. “au juge Renaud Van Ruymbeke d'entendre M. Juppé car il était Premier ministre en 1995 au moment de l'arrêt des commissions... L'audition de M. Matignon en 1995, a autorisé les écoutes téléphoniques réalisées sur des membres du cabinet de François Léotard.

Chronologie des événements clés
Date Événement
1993-1995 François Léotard ministre de la Défense
1994 Vente de sous-marins au Pakistan
Mai 1995 Alain Juppé devient Premier ministre
1995 Jacques Chirac ordonne la suspension des commissions
2002 Attentat de Karachi
2011 Jacques Chirac condamné dans l'affaire des emplois fictifs

Alain Juppé a affirmé hier qu’« aucune preuve n’existe » attestant de l’existence d’un lien entre l’attentat de Karachi et « l’interruption décidée par le président de la République de l’époque, Jacques Chirac, du versement de commissions ». Des familles des victimes de l’attentat de Karachi en 2002 comptent demander dès aujourd’hui l’audition comme témoin du ministre de la Défense Alain Juppé, qui a affirmé hier ne pas avoir souvenir de rétrocommissions vers la France dans un contrat d’armement avec le Pakistan.

Après avoir tour à tour mis en cause ces derniers jours le chef de l’Etat, Nicolas Sarkozy, son prédécesseur Jacques Chirac, et Dominique de Villepin, ces familles attendent de Juppé qu’il dise au juge Renaud Van Ruymbeke ce qu’il sait de l’interruption de commissions sur certains contrats d’armements décidée en 1995 par Jacques Chirac.Juppé a bien confirmé hier qu’à son arrivée à Matignon en 1995, Jacques Chirac lui avait dit qu’il avait « donné instruction au ministre de la Défense (Charles Millon, NDLR) de suspendre le versement de certaines commissions liées à des ventes d’armes », parce que tout ça n’était « pas clair ».

Cette instruction « a été appliquée, je n’en sais rien de plus », a-t-il précisé. Quant à l’existence de faits de corruption (« rétrocommissions »), il a expliqué qu’il n’avait « aujourd’hui aucune preuve qui permette de le penser ». « Les rétrocommissions pour moi ne sont jamais apparues », a ajouté Juppé. Millon a pourtant révélé lundi devant le juge que des vérifications menées par les services sur certains contrats à cette époque avaient fait naître « l’intime conviction » de l’existence de rétrocommissions.

« M. Juppé a la mémoire courte depuis qu’il est entré au gouvernement, c’est pour cette raison que nous demandons son audition », a commenté l’avocat de familles de victimes M e Morice. « Son audition nous intéresse également car c’est lui qui, depuis Matignon en 1995, a autorisé les écoutes téléphoniques réalisées sur des membres du cabinet de François Léotard », ministre de la Défense du gouvernement Balladur quand ces contrats ont été signés.

Millon avait précisé lors de son audition que ces écoutes avaient été réalisées sur des membres du cabinet ayant reçu des menaces de mort et qu’elles n’avaient « rien » donné. Dominique de Villepin, alors secrétaire général de l’Elysée, a redit hier qu’il y avait des « soupçons » sur d’éventuels faits de corruption, même s’il n’y avait pas, selon lui, de « preuve formelle ».

Villepin a en tout cas assuré qu’« à (sa) connaissance, il n’y a aucun lien » entre l’arrêt de certaines commissions et l’attentat qui a coûté la vie à quinze personnes dont onze salariés français de la Direction des Constructions navales (DCN). Il a demandé à être entendu, si possible cette semaine, par le juge Van Ruymbeke, chargé d’un des volets de cette affaire.

Nommé à Matignon la veille de l’attentat, Jean-Pierre Raffarin s’est de son côté dit « pas informé » de l’existence de rétrocommissions. Dans l’opposition, plusieurs responsables socialistes ont saisi au bond hier la promesse faite la veille par le chef de l’Etat de « communiquer tous les documents » dans cette affaire et réclamé que le pouvoir lève les obstacles que rencontre l’enquête.

Renaud Donnedieu de Vabres et le Contrat Sawari 2

UNE AFFAIRE, que la justice n'a pas encore explorée, embarrasse Renaud Donnedieu de Vabres, le nouveau ministre des Affaires européennes. Déjà mis en examen pour blanchiment dans un autre dossier financier, l'ancien conseiller de François Léotard au ministère de la Défense entre 1993 et 1995 a été au coeur des négociations pour un énorme contrat de vente d'armes : il s'agit de la vente de deux frégates antiaériennes à l'Arabie saoudite, pour un montant de 19 milliards de francs, ainsi que la construction sur place d'une base navale et la formation des équipages.

Baptisée Sawari 2, l'opération est une réussite de l'industrie française : 45 millions d'heures de travail garanties, soit 5 000 emplois. Mais, sur ce fabuleux contrat, se sont greffés de curieux intermédiaires, un cheikh saoudien et ses associés libanais, aux prétentions financières exorbitantes. C'est avec eux qu'ont négocié, en direct, Edouard Balladur, alors Premier ministre, et son directeur de cabinet, Nicolas Bazire, et surtout François Léotard et son conseiller Donnedieu de Vabres.

L'intermédiaire saoudien, cheikh Ali ben Mussalam, a négocié un contrat d'intermédiaire hors normes avec le patron de la Sofresa, la société représentant l'Etat et les industriels chargés de préparer la vente. La Sofresa est présidée par Jacques Douffiagues, un ami politique du ministre. Une commission de plus d'un milliard de francs est accordée au cheikh. François Léotard, qui rencontre plus de dix fois le Saoudien en quatorze mois, s'implique à fond. Donnedieu de Vabres aussi, ainsi que Balladur et Bazire : fait rare, un intermédiaire de ventes d'armes rencontre ainsi le Premier ministre en exercice.

Les administrations spécialisées sont écartées des discussions. Surtout, après la signature définitive du contrat, le 19 novembre 1994, les contacts continuent. Pendant que s'organise en parallèle la préparation de l'élection présidentielle de 1995, où les balladuriens vont affronter les chiraquiens.

Rupture du Contrat par le Nouveau Gouvernement

Arrivés au pouvoir en 1995, Jacques Chirac et le gouvernement Juppé vont remettre en cause l'intermédiaire saoudien choyé par l'équipe de Léotard. Maintenant que la vente a eu lieu, que sont fabriquées les frégates, ordre est donné de faire le ménage et d'arrêter de payer le cheikh. Du jamais vu !

Un jour d'avril 1996, une scène surprenante se déroule dans le sous-sol d'une banque genevoise. Michel Mazens, le PDG de la Sofresa nommé par le successeur de Léotard à la Défense, se fait ouvrir un coffre. A l'intérieur, un document confidentiel défense. L'unique exemplaire original de l'« accord de consultant », liant la France au cheikh Ali ben Mussalam, est déchiré sur place. Mais le Saoudien a eu le temps de toucher « des sommes faramineuses », selon un proche du dossier, avant que les Français décident de stopper les paiements.

Quant aux sommes finalement non versées, elles vont aiguiser de nombreux appétits. De très hauts responsables libanais vont ainsi essayer de mettre la main dessus, en vain. Un collaborateur de cheikh Ali, évincé du marché, sera à l'origine des premières informations sur l'affaire. « Débriefé » par les services, il révèle le circuit financier imaginé pour faire circuler les commissions. Une filière qui passe, grâce aux Libanais, par plusieurs paradis fiscaux.

Patron de la Sofresa entre 1993 et 1995, Jacques Douffiagues explique que le « moteur du marché, c'était le gouvernement. Il s'agit d'un contrat classé secret-défense, sur lequel seul le ministre de la Défense peut s'exprimer ». L'avocat de Renaud Donnedieu de Vabres dément formellement toute implication de son client.

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