Les manifestations des "gilets jaunes" ont été marquées par des tensions et des affrontements à travers toute la France. Le 5 janvier, lors de l'acte 8, de nombreux incidents ont été signalés, impliquant des manifestants et les forces de l'ordre.
Partout en France, des manifestations ont eu lieu, souvent émaillées de tensions :
Lors de ces manifestations, des photojournalistes ont été intimidés, voire blessés, par les forces de l’ordre. Les syndicats de journalistes dénoncent les « nombreux blessés », essentiellement des photoreporters.
Selon les syndicats, « Dès 8 heures du matin, de nombreux photographes de presse, clairement identifiés comme tels, se sont fait confisquer leur équipement de protection individuel (casques, lunettes et masques à gaz), parfois sous la menace d’une garde à vue. Ce qui a eu pour effet d’empêcher certains reporters de faire leur travail. »
Des incidents graves se sont déroulés, notamment sur les Champs-Elysées. Deux photographes du Parisien ont été visés par des tirs de flash-ball. Le reporter d’Explicite Paul Conge a reçu une grenade de désencerclement à mi-cuisse. Eric Dessons, photojournaliste au JDD, a subi une fracture à la main après avoir été frappé par un CRS malgré son brassard « presse ». Thomas Morel-Fort a également souffert de multiples fractures à la main gauche suite à des tirs de flash-ball.
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Wilfrid Estève, directeur de Studio Hans Lucas, a souligné que « C’est la première fois qu’on déplore de si nombreux cas de violence et des séquelles aussi graves. Tous ces professionnels expérimentés étaient clairement identifiés grâce à des stickers presse, beaucoup ont été visés dans le dos. »
Les syndicats recommandent aux reporters « victimes d’agissements anormaux de déposer plainte et/ou d’effectuer les signalements nécessaires auprès de l’Inspection générale de la police nationale ». Ils demandent au gouvernement de « faire toute la lumière sur ces événements, de prendre les mesures nécessaires pour qu’ils ne se reproduisent pas. »
L'arsenal dont disposent les forces de l'ordre lors des manifestations est remis en question. Outre les matraques, les forces de l'ordre utilisent des lanceurs de balles de défense (LBD 40x46), plus précis et puissants que les anciens "flash ball". La France est l'un des seuls pays à utiliser ces armes.
Les forces de l'ordre utilisent aussi des grenades lacrymogènes classiques et des grenades lacrymogènes et assourdissantes (GLI-F4), contenant 25 grammes de TNT. Plusieurs cas de mains arrachées sont répertoriés depuis le 17 novembre, soupçonnés d'être causés par ces grenades. La France est le seul pays à utiliser ces grenades explosives pour le maintien de l'ordre.
Selon les chiffres officiels, 1 407 manifestants ont été blessés, dont 46 grièvement, depuis le début des manifestations le 17 novembre 2018. Au total, 717 policiers, gendarmes et pompiers ont aussi souffert de violences.
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Le tableau suivant résume les types d'armes utilisées et leurs conséquences potentielles :
| Arme | Effets Potentiels | Utilisation |
|---|---|---|
| LBD 40x46 (Flashball) | Blessures graves, fractures | Tirs directs |
| Grenades lacrymogènes | Irritation, difficultés respiratoires | Dispersion de la foule |
| GLI-F4 (Grenades assourdissantes) | Mutilations, traumatismes sonores | Dispersion de la foule |
132 enquêtes judiciaires ont été ouvertes pour des violences policières présumées. Ces procédures concernent des tirs de LBD 40, des grenades de désenclerclement, des coups de matraque et de bâton télescopique et des coups de poings.
Selon nos sources, certaines vérifications pourraient mettre en évidence que les tirs qui ont blessé à l’œil (une dizaine au total) ont été déclenchés pour la plupart en situation de légitime défense.
Ce qui est souvent dénoncé aujourd’hui, ce sont en fait les « nasses », ces opérations d’encerclement qui finissent régulièrement par dégénérer avec au milieu des manifestants qui n’avaient rien fait et écopent au passage de coups et de gaz lacrymogène.
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