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La chevrotine, munition dédiée au gros gibier, se retrouve souvent au cœur de faits divers tragiques, allant des règlements de comptes aux drames familiaux, en passant par les interventions policières qui tournent mal.

Un Assassinat en Corse: Erreur Tragique ou Règlement de Comptes?

Une terrible méprise ? Un homme a été tué par balles, jeudi matin, sur une route de montagne, au-dessus de Bastelica, en Corse du Sud. La mort l'attendait là-haut, au détour d'un virage en épingle à cheveux. Jean Livrelli n'appartenait pas à la criminalité organisée. On ne lui connaissait ni ennemi, ni contentieux, ni dettes. Ce retraité de 67 ans aimait la chasse, la pétanque et par-dessus tout ses petits-enfants.

La vie de ce « monsieur tout le monde », décrit comme « très famille » par un proche, n'avait donc pas de quoi faire la une des journaux nationaux. Mais les conditions de sa disparition bouleversent la petite communauté de Bastelica. Car l'ancien garagiste, ex-concessionnaire Peugeot à l'entrée d'Ajaccio, pourrait avoir eu pour seul tort d'habiter dans le même village qu'une figure du grand banditisme insulaire. Et de circuler dans une voiture identique… Victime collatérale d'un règlement de comptes ? C'est en tout cas l'une des hypothèses retenues par le parquet d'Ajaccio et la section de recherches de la gendarmerie.

Jeudi matin, Jean Livrelli, 67 ans, s'apprête à rejoindre son équipe de battue. Il a rendez-vous sur les hauteurs avec ses amis. Un rituel depuis la sacro-sainte ouverture de la chasse au sanglier, le 15 août. Depuis Bastelica, un bourg de quelque 600 habitants, une méchante route grimpe fort vers un haut plateau, le val d'Ese. Le goudron s'arrête là. Au-dessus de la petite station de ski, il ne reste que la roche et les nuages.

Vers 6h30, jeudi, le retraité, qui circule seul à bord de son 4 x 4, un pick-up Nissan noir, laisse les dernières maisons du bourg derrière lui, ralentit aux abords d'un virage serré lorsqu'il est pris pour cible et touché au thorax par un tir de chevrotine, munition dédiée au gros gibier. L'automobiliste sort brutalement de la route. L'un de ses amis, qui se rend lui aussi au rendez-vous de chasse, pile lorsqu'il arrive à sa hauteur et donne l'alerte. Mais les pompiers ne peuvent ranimer Jean Livrelli.

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Pour fuir, le (ou les) assassin(s) a forcément fait demi-tour puisque la route du Val d'Ese se termine en cul-de-sac. Selon le quotidien Corse-Matin, plusieurs habitants de Bastelica ont vu passer une Renault Scenic « à vive allure » juste après les tirs. Et moins d'une heure après le crime, un modèle de voiture identique est retrouvé incendié près de Tavera, commune d'une vallée voisine. A l'intérieur, les enquêteurs saisissent deux armes, en cours d'analyse.

Le mode opératoire rappelle tragiquement les méthodes de la criminalité organisée en Corse : lorsque l'on ne peut atteindre la victime chez elle, on l'attend là où elle est le plus vulnérable, dans ses déplacements. Mais généralement, l'équipe de tueurs peut compter sur une « sonnette », un témoin chargé de donner l'alerte et de s'assurer que la cible est la bonne.

Or, la rumeur désignait un membre du crime organisé installé à Bastelica comme étant impliqué dans le différend. « Le jour de l'assassinat de Jean Livrelli, cet homme, cible dans le passé d'une tentative d'assassinat, devait emprunter la même route pour participer à une manifestation équestre », assure un habitant de la région.

En coulisses, l'enquête a débouché sur un bras de fer entre police et gendarmerie, chaque service revendiquant de pouvoir mener les investigations, ce qui prouve bien que les enjeux dépassent le cadre de cette vallée sauvage.

Gensac-sur-Garonne: Un Forcené Piège le GIGN avec de la Chevrotine

Il est 22 h 15, vendredi, l'assaut du Groupement d'intervention de la gendarmerie nationale (GIGN) tourne au drame. Le forcené, retranché dans sa maison près de Gensac-sur-Garonne, à 50 kilomètres de Toulouse, vient de tirer. Un des gendarmes, Frédéric Mortier, s'effondre, touché au coeur. Plus tôt, l'un de ses collègues est grièvement blessé au bras. C'est dans sa chambre d'hôpital que se sont rendus hier Nicolas Sarkozy, le ministre de l'Intérieur, et Michèle Alliot-Marie, la ministre de la Défense.

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Le maire de Gensac, Henri Devic, évoque « une tragédie ». Devant l'hôpital, Nicolas Sarkozy prend la parole : « Un gendarme de 35 ans est mort en service. C'est l'occasion pour chaque Français de réfléchir au tribut que paient les gendarmes et les policiers pour sa sécurité ». Michèle Alliot-Marie souligne pour sa part les risques particuliers « pris par ces hommes pourtant surentraînés ».

Selon le procureur de la République Paul Michel, il aurait tiré une dizaine de coups de feu. C'est dans une ferme reculée du Volvestre qu'André Rouby s'est retranché, durant une douzaine d'heures.

Rouby se retranche dans sa maison, un pavillon de cinq pièces, dont trois chambres, qu'il a construit de ses mains. Il oeuvre en véritable commando, lumières éteintes, réagissant au moindre mouvement à l'extérieur. Chasseur occasionnel, il garde à ses côtés un fusil et plusieurs munitions.

Lors des premiers repérages, Rouby aperçoit du mouvement depuis sa fenêtre. Il ouvre le feu. Un de ses tirs touche un gendarme au bras. L'intervention, pose d'un garot notamment, d'un jeune médecin et d'une infirmière du GIGN, alors que le forcené continue à tirer, lui sauvent la vie. Les premières constatations permettent aux gendarmes d'identifier les munitions utilisées, des Brenneke, qui servent habituellement à la chasse aux sangliers.

L'assaut est donné. Les membres du GIGN s'approchent du pavillon. Fonctionnant en binôme, ils enfoncent la porte d'entrée. Rouby attend sur leur gauche, dans la cuisine. Les gendarmes ignorent qu'il a changé de munitions : ce ne sont plus des Brenneke, mais de la chevrotine. Il tire une première fois, transperçant le bouclier du premier militaire, qui tombe à terre, blessé à la main. Un second coup de feu part. Le second gendarme est touché sur le flanc gauche. Il décède quelques instants plus tard. Rouby, lui, est interpellé dans le mouvement par le reste de la troupe, sans que les gendarmes ne tirent de coup de feu, selon leurs principes.

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Comment une unité d'élite surentraînée comme le GIGN a-t-elle pu tomber dans le piège tendu par un retraité de 66 ans armé d'un fusil de chasse? Selon nos informations, lors de l'assaut mené plus tard par une autre équipe du GIGN venue en renfort, le forcené avait changé de munitions pour tirer avec de la chevrotine. Un premier gendarme muni d'un bouclier entre dans la maison et essuie un tir. Le bouclier n'aurait alors pas résisté et n'aurait pas protégé le second gendarme, Frédéric Mortier, qui est atteint sous le bras par des plombs. Le coeur est touché.

Les boucliers utilisés par les hommes du GIGN arrêtent normalement du calibre de 7,62 mm, des munitions de guerre. Mais à Gensac, le bouclier n'a pas résisté au tir de chevrotine. Une faille dans le matériel?

André Rouby souffrait de troubles psychiatriques. L'homme était chasseur. A plusieurs reprises les gendarmes lui ont confisqué son fusil de chasse. L'an dernier, André Rouby a été soigné à l'hôpital psychiatrique Marchant. Puis, on lui a redonné son fusil.

Jean Respaud, 52 ans, ancien gardien de la paix, s'est proposé d'entrer en contact avec le forcené. « Le GIGN m'a posé un casque sur la tête. J'ai enfilé un gilet pare-balles et je me suis approché au plus près de la maison plongée dans le noir absolu. J'ai appelé trois fois : ''André c'est moi Jean''. Rien n'a bougé. Il devait être en crise ; il n'a même pas reconnu ma voix. Un quart d'heure après, alors que j'étais redescendu, l'assaut était donné. Était-ce la bonne solution ?

Villiers-le-Bel: Une Exécution à la Chevrotine

Il était environ 15 heures, samedi 26 juin, quand Maxime a stationné sa Peugeot 206 sous les platanes devant un immeuble d'habitation de quatre étages de la cité des Carreaux à Villiers-le-Bel (Val-d'Oise). Pris au piège, leur fils a succombé à une décharge de plombs de chasse en pleine tête, tirée à bout portant par une arme longue de calibre 12. A l'avant du véhicule également, J. a été légèrement blessé au crâne, tandis qu'un troisième jeune homme assis à l'arrière du véhicule est sorti indemne.

De fait, le décalage entre la personnalité de Maxime Lawson, qui n'a jamais eu affaire à la police, et le mode opératoire de ses agresseurs, qui évoque une "exécution", interpelle.

La Flamengrie: Un Drame Familial Révélé par la Chevrotine

Le lundi 12 mars dernier, la police rurale est appelée par Mélanie qui prétend être sans nouvelles de ses parents. Un pain encore chaud se trouve dans le four. Les 140 vaches n'ont pas été traites. La voiture du couple est toujours dans la cour de la ferme. Tout donne l'illusion d'une disparition que les policiers attribuent dans un premier temps au passé judiciaire chargé de Christian Dequene. L'homme devait comparaître le 2 avril devant le tribunal correctionnel pour avoir écrasé volontairement avec son tracteur son grand-oncle qui lui avait tiré une décharge de chevrotine.

La Chevrotine et la Chasse: Sécurité et Régulation du Sanglier

Pour mieux réguler la population de sangliers, les chasseurs demandent à pouvoir utiliser la chevrotine. Interdite depuis 1986, seuls les Corses et les Landais disposent pour l’instant d’une dérogation valable lors de battues collectives.

Cantonné à l’utilisation de balles, le directeur de la fédération Christian Péboscq estime que la chevrotine avec ses billes de plomb, « serait avant tout la garantie d’une meilleure sécurité. Une balle étant plus puissante, allant plus loin avec un risque ricochet plus fort ».

Selon le directeur, si la chevrotine a été interdite, c’est parce qu’elle était trop efficace dans le contexte des années 80, où il y avait très peu d’ongulés.

« Nous utiliserions la chevrotine à 10 ou 15 mètres. », renchérit Jacques Tiret-Candelé, président de l’association de chasse de Buros-Maucor. En plus d’augmenter le tableau de chasse et de pouvoir tirer à courte distance, « cela offrirait une protection supplémentaire pour les chasseurs postés », renchérit son homologue de Morlaàs, Gilbert Gabaix-Hialé. « En résumé ce n’est par tout le temps et pas pour tout le monde ».

De leur côté, les opposants dénoncent ce type de munition « qui ne tuerait pas proprement », les animaux provoquant des blessures qui ne seraient pas immédiatement mortelles.

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