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« Il n’y a que deux puissances au monde : le sabre et l’esprit… » Napoléon Bonaparte.

Le sabre est le symbole le plus cher à Napoléon, emblématique d’un nouveau style intimement lié à sa légende : « le style retour d’Égypte », avec des sabres désormais à “la Turque”.

Entre 1802 et 1803, Bonaparte commande un sabre exceptionnel à Nicolas-Noël Boutet, « directeur-artiste » de la Manufacture de Versailles. Connu pour son travail d’orfèvre, Boutet était reconnu comme le plus grand arquebusier de son temps.

La lame, forgée à la Manufacture de Klingenthal, est gravée et signée « Bisch Graveur An XI » (23 septembre 1802 - 22 septembre 1803), ce qui permet de dater la commande. Cette lame entièrement damasquinée présente, au centre de chacune des faces, une finition exceptionnelle qui laisse apparaître de manière subtile, dans un damas travaillé différemment, l’inscription « N BONAPARTE » d’un côté, et de l’autre « PREMIER CONSUL ».

Le directeur artiste de la manufacture de Versailles mit en chantier cette prestigieuse commande, elle fut terminée après que le Consulat ait cédé la place à l’Empire le 18 mai 1804, d’où la signature sur le fourreau : Manufacture Impériale de Versailles. Ce sabre contenta très certainement le nouvel Empereur au delà de ses espérances, car il le conserva durant tout son règne impérial !

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Ces deux sabres sont conservés par l’Empereur durant tout son règne, il ne s’en est séparés que pour récompenser la loyauté !

Le Sabre d'Honneur : Un Symbole de Pouvoir et d'Excellence

Voici la description d'un sabre d'inspiration turque dite « à la Marengo » entièrement en vermeil :

  • Croisière : De forme losangique, moulée en relief d'une tête de méduse coiffée de la tête du lion de Némée surmontée de deux branches de laurier avec une massue en arrière-plan.
  • Quillons : Deux forts quillons inversés raccordés à la croisière par une grande palmette et chacun terminé sur le côté intérieur d'une tête de bélier courbée vers le bas, et sur l'extérieur d'une tête de chien d'inspiration mythologique tenant dans sa gueule un serpent relevé vers le haut.
  • Calotte : À courte-queue représentant un lion stylisé d'inspiration mythologique, tenant dans sa gueule un anneau de suspension.
  • Fusée : En bois à plaquettes de nacre filigranées de cannetilles d'argent doré.
  • Lame : Damas courbe à pans creux, signée à fond or « Manufacture De Klingenthal Nal Coulaux Frères ». Le premier tiers est richement gravé d'un décor au relief poli miroir à fond or, représentant le Premier Consul à cheval à la tête d'une armée.
  • Fourreau : En bois gainé de galuchat gris avec couture à ressort en fils de cannetilles d'argent doré, à trois garnitures en vermeil et acier. Chappe en vermeil gravée « Manufre Imple / à Versailles / Boutet et Fils ».

Ce sabre exceptionnel incarne à la fois une excellence « à la française », la mythique campagne d’Égypte, l’ascension de Napoléon Bonaparte et la naissance d’une légende. Il est d’une qualité exceptionnelle, un parfait exemple de l’excellence à la française.

Si les archives de cette Manufacture ont été détruites, la lame, forgée à la Manufacture de Klingenthal, gravée et signée « Bisch Graveur An XI » (23 septembre 1802 - 22 septembre 1803), permet de dater la commande. Il existe peu de lame de sabre portant ce type d’inscription : cette lame est entièrement damasquinée avec, au centre de chacune des faces, une finition exceptionnelle qui laisse apparaître de manière subtile, dans un damas travaillé différemment, l’inscription « N BONAPARTE » d’un côté, et de l’autre « PREMIER CONSUL ».

L'Expédition d'Égypte et l'Égyptomanie

Bonaparte, c’est l’ambition de porter un coup décisif en Égypte, et atteindre la puissance anglaise. C’est là qu’il a écrit sa légende, bien mieux qu’auparavant, bien mieux qu’ailleurs. Il devient le héros national grâce aux bulletins de victoire provenant de l’Orient.

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Le bilan militaire et diplomatique est désastreux, mais le bilan scientifique et artistique est exceptionnel. Le matériel rassemblé par les savants emmenés par Bonaparte, publié en vingt volumes entre 1809 et 1828, constitue une œuvre monumentale, connue sous le titre de "Description de l'Égypte". Toute l'égyptologie moderne en est issue.

Des éléments originaux, que l’on n’avait jamais vus sous nos cieux : pylônes des temples avec corniches à gorge, sculptures de têtes coiffées du némès (coiffure pharaonique de lin rayé), sphinx…, sont appréciés par les soldats et savants qui, à leur retour, ne manquent pas d’en faire état. On a pu dire qu’à la fin du XVIIIe siècle, « l’Antiquité, c’était la nouveauté ».

Et, en dépit de l’échec militaire de l’expédition, une véritable mode part de France pour gagner toute l’Europe jusqu’à la Russie. Maisons, fontaines, intérieurs sont décorés à l’égyptienne ; le mobilier est également concerné, avec l’utilisation répandue de la tête coiffée du némès, de même que beaucoup d’objets : la manufacture de Sèvres crée des services de table à l’égyptienne, des sphinx deviennent chenets ou encriers, des candélabres sont portés par des Égyptiennes, bref, c’est toute l’Égypte qui se trouve évoquée et réadaptée.

Une grande part de cette égyptomanie est en fait d’inspiration politique, cette mode « officielle » ayant été organisée afin de détourner l’attention de l’échec militaire.

La Manufacture de Klingenthal : Un Pilier de l'Armement Français

À côté du Mont Sainte-Odile, le lieu-dit Klingenthal camoufle un témoin vivant du passé industriel de l’Alsace : la Maison de la manufacture d’armes blanches. De 1730 à 1962, ce village a vécu au rythme des nombreux/ses artisan(e)s de la Manufacture, d’abord employé(e)s pour armer les troupes du roi de France puis à des fins commerciales.

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Klingenthal, littéralement « la vallée des lames » en alsacien et allemand, doit son existence au roi Louis XV qui, en 1729, estime que le Royaume de France ne doit plus dépendre de l’étranger pour fournir à ses troupes des armes de qualité.

Dès lors, le roi charge Jean-Henri d’Anthès, spécialiste incontesté en métallurgie, de trouver un site en Alsace pour y établir la première Manufacture royale d’armes blanches de France. En tout, 10 spécialistes sont alors recrutés de la Manufacture de Solingen pour devenir les premiers ouvriers de la Manufacture royale d’armes blanches d’Alsace.

Un lieu créé officiellement par les Lettres patentes signées par Louis XV, le 15 juillet 1730. En un an, leur nombre passe à 25 employés, tous originaires de Solingen.

Malgré un siècle d’existence et de ténacité, la chute de la Manufacture arrive en même temps que celle de l’Empire. Les guerres napoléoniennes (grandes consommatrices d’armes) étant désormais terminées, la demande diminue drastiquement. De plus, la création en 1819 d’une seconde Manufacture en France à Châtellerault, crée une sérieuse concurrence.

En 1830, la décision est prise de fermer la Manufacture de Klingenthal, et celle-ci devient effective en 1836. Julien Couleaux et son frère, entrepreneurs de la Manufacture depuis le début du XIXe siècle, rachètent les bâtiments et ateliers de la Manufacture lors d’enchères en 1838, transformant ainsi l’établissement en une entreprise privée.

Aux alentours de 1840, Charles Louis Coulaux, fils de Julien, introduit la production de faux et de faucilles, marquant les prémices d’une nouvelle période de prospérité pour Klingenthal.

Le Musée de Klingenthal : Un Voyage dans le Temps

Le musée retrace ainsi l’histoire de la manufacture et du village, et expose les techniques de fabrication des armes blanches et les métiers nécessaires à leur création. Chaque premier dimanche du mois, de mars à décembre, la forge est allumée pour une démonstration transportant les visiteurs/ses dans le passé en leur faisant découvrir les techniques des anciens ouvriers de la « vallée des lames ».

La Maison de la manufacture d’armes blanches de Klingenthal est bien plus qu’un simple musée : c’est un lieu de mémoire et de transmission.

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