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Nos chiffres témoignent de la forte hausse des personnes mortes lors ou après une opération de police depuis 2020. Quel que soit le sexe, l’âge, la nationalité, les antécédents judiciaires, les causes du décès, nous ne préjugeons pas de la légitimité ni de la légalité de l’intervention policière qui a causé la mort d’une personne.

Décès par Armes à Feu

Dix personnes armées ont été tuées par balles ces deux dernières années. La moitié des morts concernent des hommes kanaks, morts dans des échanges de tirs en Kanaky-Nouvelle-Calédonie lors des révoltes de 2024. C’est le cas de Joseph Poulawa, 34 ans, décédé le 11 juin 2024 à Koutio (Province-Sud). Dix jours auparavant, il prend pour cible des gendarmes du GIGN avec un fusil de chasse, selon le Parquet de Nouméa.

Cette catégorie comprend également un homme de 26 ans. Le 7 février 2024, à Noisy-le-Grand, des agents de la BAC (Brigade anti-criminalité) intervenaient à la suite de l’activation du téléphone grave danger de son ex-conjointe.

Vingt-et-une personnes tuées par balles étaient armées d’une arme blanche au moment des faits. Parmi elles, Haitham, un homme soudanais de 40 ans. Le 17 février 2024, il agresse un passant avec une lame de boucher à Paris (19e). Sur place, les agents de la BAC lui adressent des décharges de taser (pistolet à impulsion électrique), et quatre d’entre eux tirent 22 balles, selon le Parisien, alors qu’il leur « fonce dessus ». Sept balles touchent Haitham qui meurt sur place.

Le 17 novembre 2024, un homme de 30 ans (identité inconnue) est tué à Villeneuve-Saint-Georges (Val-de-Marne). Selon la version policière, il est fortement alcoolisé et « tambourine » sur la porte d’un domicile. À l’arrivée des policiers, il met les agents en joue avec une arme factice.

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Cas Particulier : Marco Caco

La mort de Marco Caco, survenue en Kanaky-Nouvelle-Calédonie, le 15 août 2024, rentre dans la catégorie des personnes tuées par balles. Nous l’avons classé comme cas particulier, étant donné les versions des faits qui diffèrent. À l’aube, des militants de la cellule de coordination des actions de terrain (CCAT), érigent un barrage sur le pont de la commune de Thio. Les gendarmes sont envoyés sur place pour empêcher un blocage. Durant l’intervention, un gendarme est blessé au visage par un jet de projectile. Marco Caco est mortellement touché à la tête par un tir, présenté comme un tir de riposte par les gendarmes.

Décès par Armes Non Létales

Trois personnes ont été tuées par des armes non létales. Outre Mohamed Bendriss, la mort de Kyllian Samathi, 30 ans, à Montfermeil, le 4 janvier 2024 est édifiante par sa violence. Dix-huit policiers viennent l’interpeller dans l’épicerie où il travaille, après un comportement « agressif ». Il reçoit une douzaine de décharges de pistolet à impulsion électrique et un tir de LBD (Lanceur de balle de défense) sur le flanc gauche. Il tombe dans le coma, et meurt à l’hôpital le lendemain. Au total, six policiers ont fait usage de leur pistolet à impulsion électrique.

Cas Particulier : Kaddour Boutrik

La mort de Kaddour Boutrik entre dans la catégorie des personnes tués par une arme non létale. Nous l’avons classé comme cas particulier, car la mort n’est pas causée par une arme non létale mais à la suite d’un coup de bélier dans une porte. Nous l’avons néanmoins inséré dans cette catégorie pour plus de clarté. Kaddour Boutrik, 91 ans, décède lors d’une opération de police à son domicile de Toulon, dans le quartier de Sainte-Musse, en mars 2024. Les policiers venus interpeller son petit-fils, dans le cadre d’une opération contre le trafic de drogue, défoncent la porte blindée de son appartement à coups de bélier. Le nonagénaire atteint de surdité n’entend pas les agents. Il est percuté par la porte et tombe à la renverse. Kaddour Boutrik subit une hémorragie cérébrale et meurt.

Autres Décès Liés aux Interventions Policières

Tamer Miskir, palestinien de 47 ans, est interpellé par des policiers municipaux après une rixe à Paris (10e), le 17 août 2023. Il est placé dans un véhicule de police. Selon la version policière, Tamer Miskir aurait « trois coups de tête au visage » d’un policier, et se serait « cogné la tête contre les parois du véhicule de police ». Tamer Miskir meurt une semaine plus tard à l’hôpital après un « traumatisme crânio-facial grave ». Une enquête est ouverte à la suite de sa mort. Un des policiers est suspecté de l’avoir tué à coups de poings.

L’autre affaire concerne un homme de 35 ans, mort à Paris (11e), en avril 2025. D’après Mediapart, l’homme aurait agressé deux passants. Trois membres du samu social avertissent la police, et décrivent, lors de leur audition à l’IGPN, une intervention très violente des forces de l’ordre : coups de poings au visage, prise d’étranglement, usage du taser à au moins trois reprises. Le trentenaire aurait quant à lui mordu un agent de police.

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Sulivan Sauvey, jeune de 19 ans, meurt d’une balle dans le thorax après une course-poursuite à Cherbourg (Manche), le 9 juin 2024. Dans ses déclarations à l’IGPN, la policière autrice du tir reconnaît avoir tiré sans sommation, et dit avoir pensé que Sulivan tenait une arme à la main. C’était en réalité son téléphone.

Maïky Loerch reçoit une balle dans la tête au volant de sa voiture, à Fenouillet (Haute-Garonne), le 25 juillet 2024. Sa compagne et son bébé de cinq mois sont présents dans le véhicule au moment du tir, selon l’avocate de la famille. Sa mort conduit à des révoltes de membres de la communauté des gens du voyage, dont il faisait partie.

Ayoub, 17 ans, et Mohamed, algérien de 23 ans, meurent tous les deux à la suite d’un refus d’obtempérer à Limoges (Haute-Vienne), le 6 août 2023. Une course-poursuite s’engage entre un équipage de la BAC et leur deux-roues. Quelques minutes plus tard, les deux jeunes hommes percutent une voiture à vive allure. Ayoub décède sur le coup, Mohamed.

Cas Particuliers : Accidents de la Route

Ces affaires rentrent dans la sous-catégorie des personnes mortes à la suite d’un accident de la route.

  • À Fréjus (Var), le 15 avril 2024, un homme recherché par la police municipale commet un refus d’obtempérer. Après une course-poursuite avec la police nationale, il abandonne son véhicule. Peu après, il est aperçu dans le jardin d’une villa en bord de mer, où les policiers se rendent. L’homme se jette à l’eau pour les semer. Deux policiers sautent à leur tour, tandis que l’homme rejoint le rivage.
  • À Poitiers (Vienne), le 23 septembre 2023, Mohamed Cissé, âgé de 22 ans, abandonne sa voiture après une course poursuite avec la BAC pour un refus d’obtempérer. Il enjambe un parapet et saute dans le Clain (rivière). Il meurt par noyade ; son corps est retrouvé une heure plus tard.
  • À Marseille (Bouches-du-Rhône), le 26 juin 2024, un automobiliste de 27 ans abandonne son véhicule après un refus d’obtempérer. Il fuit à pied, une équipe de police derrière lui. En traversant une rue, il est renversé par un autre automobiliste. Le choc lui sectionne le bras.
  • À Toulouse, le 24 janvier 2025, Thibault-Bilal Weninger roule en scooter. Il est interpellé par une patrouille piétonne de la police municipale. Selon la police, l’homme de 34 ans aurait refusé d’obtempérer, touchant un policier à l’épaule. Il perd le contrôle de son deux-roues, avant de s’encastrer dans un poteau. D’après le collectif Vérité et justice pour Bilal, les forces de l’ordre ont « provoqué sa chute ». Touché à la tête, il est évacué vers les urgences et meurt dans l’après-midi.

Décès par Noyade

Nous avons recensé trois morts par noyade, dont celle de Jumaa Al Hasan, jeune exilé syrien de 27 ans, dans le Canal de l’Aa à Gravelines (Pas-de-Calais), le 2 mars 2024. Il saute à l’eau à la vue des policiers qui tentent de l’empêcher de rejoindre une embarcation.

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Décès en Cellule de Commissariat

Dix personnes ont perdu la vie dans une cellule de commissariat. Plusieurs affaires concernent des personnes sans-abri, placées en dégrisement, ou en garde à vue. C’est le cas de Khalil K., 47 ans, arrêté pour un vol de bouteille d’alcool à Wattignies (Nord), le 16 août 2024.

Cas Particulier : Décès au Dépôt du Tribunal

La mort d’un homme (identité inconnue) de 33 ans entre dans la catégorie des personnes mortes dans un commissariat. Nous l’avons classé comme cas particulier puisqu’il décède au dépôt du tribunal de Bobigny le 7 décembre 2024. Déféré pour violences conjugales, il était en attente de sa comparution devant un juge. Après un malaise, un médecin lui diagnostique une crise d’angoisse et indique qu’il peut être maintenu dans en détention sous surveillance.

Suicide Lors d'une Interpellation

À Foix (Ariège), le 23 novembre 2023, un homme se donne la mort durant une interpellation pour des faits de violences intrafamiliales sur une aire de stationnement pour camping-car. L’homme armé, se retranche dans sa caravane, et pointe son arme sur les policiers, selon les agents. Touché par balles, l’homme finit par retourner son fusil contre lui et se donne la mort.

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