La commode arbalète est un meuble de rangement apparu en France au XVIIIe siècle, dans le sillage du style Louis XV. Elle se distingue par sa façade galbée en double courbe, évoquant la forme d’une arbalète.
La commode arbalète est un meuble de rangement apparu en France au XVIIIe siècle, dans le sillage du style Louis XV. Ce type de commode est un parallélépipède rectangle dont la façade est travaillée en courbes et contre-courbes en plan. Elle se compose de quatre montants et de quatre traverses galbées en façade, permettant de recevoir les tiroirs.
Ce qui saute aux yeux en premier, c’est la face avant : elle forme un élégant mouvement ondulé, dessinant deux S dos à dos, comme les branches d’une arbalète tendue. Les tiroirs suivent parfaitement cette onde, et le plateau épouse la forme.
La majorité des commodes arbalète authentiques sont réalisées en noyer, merisier ou palissandre. Un petit conseil de pro : regardez toujours les intérieurs de tiroirs.
Les commodes arbalète, ce sont aussi ces entrées de serrure, poignées et sabots stylisés, généralement en bronze doré.
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À l’origine prévues pour des chambres ou salons spacieux, ces commodes mesurent souvent 120 à 140 cm de large, entre 80 et 90 cm de haut, et 55 à 68 cm de profondeur.
La commode, en tant que meuble de rangement, a succédé au coffre et a fait son apparition dans le mobilier français vers le milieu du XVIIe siècle. Initialement appelée "en tombeau", elle était basse sur pieds. Le terme "commode" lui-même révèle sa nouveauté et son aspect pratique. Dénommer un meuble d'usage "commode", c'est exprimer un soulagement face à sa fonctionnalité. Il a fallu qu'un homme invente le meuble à tiroirs indépendants pour que chacun s'écrie : "Voilà qui est commode !".
Les premières commodes ont émergé dans les années 1690, marquant une évolution par rapport au coffre, qui était le meuble usuel à l'époque. À la fin du règne de Louis XIV, les habitudes se sont stabilisées, et la commode est devenue un meuble courant. Il semblerait que les deux commodes de Boulle, ornées de marqueterie de cuivre et d'écaille, qui proviennent de la chambre de Louis XIV à Versailles, comptent parmi les premières commodes exécutées en France entre 1690 et 1710. En 1697, M. de Metz, garde meuble de la Couronne inscrivait à l’inventaire général ….. « six tables en bureau » présentant une disposition singulière : elles sont « garnies de trois tiroirs sur toute la longueur ».
Le style Régence renonce aux meubles en marqueterie d'écaille et d'étain, qui furent en si grande vogue sous Louis XIV, et adopte le plus souvent la marqueterie de bois teintés. Le plus célèbre ébéniste de la Régence est Charles Cressent (1685-1768). Comme l'ébéniste Boulle sous Louis XIV, il fait un emploi judicieux des applications de bronze doré et ciselé. À la partie inférieure de ses commodes, il donne un profil sinueux qu'il a nommé profil en arbalète. Le chef-d'œuvre de Charles Cressent est incontestablement la célèbre table-bureau du Musée du Louvre. Tout le style Régence est condensé, peut-on dire, dans ce meuble. Les pieds en griffes de lion, les entrées de serrure, les mascarons sont encore dans le caractère du règne de Louis XIV; mais la composition générale et les espagnolettes nous révèlent déjà le style Louis XV.
Une commode arbalète est un parallélépipède rectangle dont la façade est travaillée en courbes et contre-courbes en plan.
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L’arrière de la commode est conçu de deux montants et de deux traverses recevant assemblées par tenons et mortaises et recevant un panneau en rainure. Un assemblage se distingue des autres: il s’agit d’un faux tenon visible par le dessous de la partie arrière. Le panneau est d’une facture différente de celle de l’ensemble de la commode : les éléments qui le composent sont assemblés à rainures et languettes.
Les fonds de propreté assurent une séparation des tiroirs. Ils sont constitués de feuillets disposés sur les feuillures réalisées à l’intérieur des traverses en façade et dans les feuillures des traverses arrières, lesquelles se logent dans les entailles des montants arrières. Les feuillets ont été posés dans les feuillures.
Après une étude attentive de l'ensemble de la commode et de ses composants, il est possible de proposer une datation. Une commode à quatre tiroirs, dont le bâti Régence garde encore des stigmates de la raideur des meubles Louis XIV, a une façade dite "en arbalète", c'est-à-dire que celle-ci se cintre légèrement en plan. Nous sommes encore loin des courbes et volumes cintrés en plan et en élévation des meubles de style Louis XV, mais ce léger mouvement de la façade marque le début de cette recherche. Les bronzes, soulignant et garantissant la protection des arrêtes fragiles, sont d'inspiration rocaille et rehaussent les éclats des bois. Les mains fixes caractéristiques de l'époque Régence proposent un décor rocaille typique du style Louis XV.
À chaque fois qu’un client me demande conseil pour une pièce de caractère, la commode arbalète arrive dans le peloton de tête. Chaque meuble arbalète porte en lui le savoir-faire d’un artisan ébéniste du XVIIIᵉ. Rien n’était standardisé : on a beau voir des “familles” de commodes, chacune garde sa personnalité. Impossible de passer à côté : sa façade sculptée capte la lumière autrement, créée du relief, anime un mur. J’ai eu la chance de restaurer une commode arbalète dont les marqueteries, après un ponçage minutieux, révélaient des fleurs en bois de rose presque effacées par le temps.
On me pose souvent cette question lors de visites d’atelier : comment distinguer une vraie commode arbalète XVIIIᵉ d’une simple réplique ou d’un modèle inspiré ? Un détail que j’adore : parfois, on trouve le cachet de l’atelier ou la signature à l’intérieur d’un tiroir. Le noyer, en particulier, prend une teinte ambrée unique avec le temps - évitez les bois tout blancs ou aux nervures “simili”. Si la patine vous semble “trop parfaite”, prudence : la restauration a pu masquer. Les ferrures anciennes sont robustes, souvent soudées à la main.
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J’aime marier la chaleur d’une commode ancienne à des lignes plus épurées. Astuce vue chez un client : une commode arbalète placée sous un tableau abstrait, quelques livres d’art posés dessus. Au-delà de l’aspect décoratif, ce meuble offre du rangement sous la main. Attention cependant : on évite de repeindre intégralement une authentique commode XVIIIᵉ. Privilégiez une pièce épurée autour d’elle, osez des accessoires contemporains, et servez-vous-en comme rangement fonctionnel (entrée, chambre, bureau).
Avoir une commode arbalète à la maison, c’est s’offrir un patrimoine. Passez un chiffon microfibres ou un plumeau doux, sans jamais mouiller le bois. Une fois tous les 6 mois, une huile naturelle (lin, noix) ou une cire d’abeille véritable fait des miracles. Travaillez dans le sens du fil du bois, massez doucement. Placez la commode loin d’une fenêtre plein sud ou d’un radiateur. Attention au bois ancien, plus sensible à l’humidité et aux variations de température. Évitez les produits chimiques, l’excès d’eau, et pensez à nourrir le bois régulièrement.
| Caractéristique | Commode Arbalète | Commode Louis XV | Commode Louis XVI |
|---|---|---|---|
| Forme | Façade galbée en double courbe | Formes galbées et piètement court | Lignes droites, cannelures |
| Ornementation | Marqueterie fine, bronzes dorés | Bronzes généreux, décors fastueux | Bronzes discrets, baguettes de cuivre |
| Bois | Noyer, merisier, palissandre | Bois de violette, noyer massif, acajou | Acajou |
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