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L'invasion russe en Ukraine démontre l’importance des cartes en temps de guerre. En temps de guerre, l’information est un enjeu sensible. Google a décidé de geler son service de cartographie Google Maps en empêchant ses utilisateurs de publier de nouvelles informations dans ses cartes ukrainienne et russe.

Dans un communiqué diffusé mercredi 2 mars, l’entreprise américaine a aussi annoncé avoir effacé des publications récentes : tous les nouveaux lieux, commentaires, ainsi que les photos et vidéos soumises depuis le début de l’invasion. Cette décision fait suite à des soupçons de détournement de Google Maps par des partisans prorusses et pro-ukrainiens.

Même si Google a exprimé ses doutes sur ces signalements auprès du site américain BuzzFeed, l’entreprise a décidé de supprimer toutes les nouvelles publications par mesure de précaution.Google Maps, dont la carte ukrainienne demeure consultable bien que débarrassée des informations récentes, reste un outil précieux pour les journalistes qui cherchent à vérifier la localisation des bâtiments visés par des attaques ou à valider l’authenticité des vidéos de guerre postées sur les réseaux sociaux.

L'Utilisation des Cartes en Temps de Conflit

Le service cartographique de Google a très tôt fait l’objet d’instrumentalisation dans le cadre de la guerre en Ukraine. Dès les premières heures du conflit, Google Maps a ainsi permis la localisation de certaines troupes, dont on pouvait soupçonner la présence en voyant apparaître des routes bloquées sur les cartes locales. Raison pour laquelle, dimanche 27 février, l’entreprise américaine a décidé de désactiver l’affichage du trafic sur ces cartes, en accord avec les autorités locales.

Le 1er mars, un autre outil de cartographie d’origine ukrainienne, Liveuamap, a subi une cyberattaque bloquant son fonctionnement pendant dix-huit heures. Ce service, utilisé notamment par les journalistes et les organisations non gouvernementales, permet de suivre l’évolution du conflit sur le territoire ukrainien.

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Le 23 février dernier, Jeffrey Lewis, un chercheur californien spécialisé dans le contrôle des armes, observe une situation inhabituelle en consultant Google Maps : un embouteillage à 3 h 15 du matin dans la ville russe de Belgorod, à 40 kilomètres de la frontière ukrainienne. En combinant cette information avec des images radar prises par un satellite, l'enseignant du Middlebury Institute of International Studies de Monterey et ses étudiants, qui participaient à un projet de recherche sur l'observation aérienne, comprennent que les troupes russes se sont mises en route pour envahir l'Ukraine.

Plusieurs heures avant l'annonce du déclenchement de « l'opération militaire spéciale » par Vladimir Poutine, celle-ci était donc déjà visible à l'autre bout de la planète, sur le système de cartographie le plus consulté au monde. En moins de deux décennies, Google est devenu un acteur majeur des données géographiques.

Son service de cartographie, Google Maps , est utilisé par plus d'un milliard de personnes dans le monde, loin devant n'importe quel autre boîtier GPS, application ou site web concurrent. Le nombre réel d'utilisateurs est même bien plus large, car les fonds de cartes, les calculs d'itinéraires, les vues aériennes ou les images de bâtiments de Google sont repris par des milliers d'autres sites ou applications, dont Airbnb, Carrefour ou Uber.

Google possède aussi, depuis 2013, l'autre star de la navigation routière sur smartphone : l'application Waze , utilisée chaque mois par plus de 15 millions d'automobilistes en France et 140 millions dans le monde. La concurrence est loin derrière : Apple, handicapé par le lancement raté de son application Plans il y a dix ans, doit se contenter de la troisième place , malgré des progrès réels, que les utilisateurs français découvriront à partir de ce vendredi 8 juillet, avec l'arrivée des cartes de l'Hexagone et de Monaco. Quant aux champions des boîtiers GPS. TomTom et Garmin, ils ont vu leur marché s'évaporer en quelques années. Comme le résume Cyril Vart, expert pour le cabinet FaberNovel : « Pour les données géographiques, Google Maps est aujourd'hui la solution de base. »

L'Évolution de Google Maps et Street View

Hasard de l'histoire et de la géographie, Google Maps n'a pas été conçu en Californie, mais à 12.000 kilomètres de là. Ses origines remontent au rachat très discret, en 2004, d'une start-up australienne, Where 2 Technologies. Ses fondateurs, les frères Jens et Lars Rasmussen, avaient atterri à Sydney après des études d'informatique au Danemark, leur pays de naissance, et un début de carrière dans la Silicon Valley.

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À l'époque, des services de cartographie et de calcul d'itinéraires sur le web existaient déjà, comme MapQuest aux Etats-Unis ou Mappy en France. « Mais il fallait taper la requête et ensuite attendre plusieurs secondes le chargement de la page », rappelle Gilles Dawidowicz. Pour rendre la navigation plus fluide et plus rapide, les deux frères trouvent une solution astucieuse : charger dans la mémoire de l'ordinateur non seulement la portion de la carte affichée à l'écran, mais aussi les données sur les zones environnantes, en anticipant la demande de l'utilisateur.

Les Rasmussen retournent en Californie au printemps 2004, et après plusieurs semaines passées à chercher des investisseurs, décrochent un rendez-vous avec Larry Page et Sergey Brin. Les fondateurs de Google décident sur-le-champ d'acquérir Where 2, qui sera mis en ligne le 8 février 2005 sous le nom de Google Maps. Au départ, le service ne couvre que les Etats-Unis - il n'arrivera en France et dans les pays d'Europe de l'Ouest qu'en 2006.

Entre-temps, le 28 juin 2005, Google lance un autre outil, encore plus spectaculaire : Google Earth. Pour la première fois, un logiciel gratuit permet de survoler l'intégralité de la planète sur son ordinateur et de zoomer jusqu'à distinguer maisons et voitures, grâce à une combinaison d'images satellites et de photographies aériennes. Comme avec Google Maps, le service n'a pas été inventé en interne. Sa technologie est celle d'une start-up, Keyhole, fondée en 2000 par John Hanke, un passionné de jeu vidéo originaire du Texas.

Keyhole s'est fait connaître en 2003 en fournissant des images satellites à CNN lors de l'invasion de l'Irak par les Etats-Unis, et son modèle économique consiste à vendre des images sur CD-Rom aux professionnels de l'immobilier.La suite lui donnera raison. Dès l'automne 2004, les équipes de Where 2 et de Keyhole, rassemblées au sein de la même division, profitent des moyens financiers de Google - et de ses centaines de serveurs - pour recueillir des quantités astronomiques de données. Dans un premier temps, celles-ci sont achetées à des prestataires extérieurs, spécialistes de la cartographie ou de l'imagerie satellite.

Mais, très vite, le groupe décide de récolter lui-même ses propres données géographiques. Pour cela, il lance sur les routes des voitures équipées de caméras, d'un récepteur GPS et d'un ordinateur pour prendre des images de chaque bâtiment, qui sont ensuite assemblées sous forme de panoramas. Un nouveau service, Google Street View est mis en ligne en mai 2007, au départ avec cinq villes américaines. Là aussi, les internautes adorent : après avoir découvert leur quartier vu du ciel, ils peuvent le parcourir sans quitter leur écran.

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Les voitures Google vont alors partir à l'assaut de la planète. « À partir de 2008, nous avons étendu Google Street View à l'Australie et l'Europe de l'Ouest », raconte Matthew Prestopino, un ingénieur chargé d'implanter le programme Street View en Europe. « Une de nos premières initiatives a été de capturer le parcours du Tour de France 2008, quelques semaines avant la course, pour le diffuser en ligne avec l'accord d'ASO. » Equipées dans un entrepôt à Amsterdam, des centaines de voitures sont envoyées sur les routes d'Europe. Et elles ne se contentent pas de prendre des images : leur but est de récolter et mettre à jour les données géographiques, dans le cadre d'une initiative intitulée « Ground Truth » (« la vérité du terrain »).

Les Entreprises et les Données de Guerre en Ukraine

Un an et demi après l'invasion russe, l'aide militaire continue d'affluer en Ukraine. Depuis le début de la guerre, les États-Unis ont engagé 39 milliards de dollars, le Royaume-Uni 37,3 milliards et l'Union européenne 12 milliards. Aux quatre coins du monde, une longue liste d'entreprises de défense se précipitent dans le pays pour essayer d'en tirer profit, selon le site Wired.

C'est le cas de Draganfly, une entreprise canadienne spécialisée dans la fabrication de drones. Son dirigeant, Cameron Chell, a envoyé quarante drones en Ukraine, affectés à des missions de recherche et de sauvetage dans des bâtiments bombardés, à la détection de mines terrestres et à d'autres tâches militaires.

Mais Draganfly est loin d'être la seule à profiter de ce conflit. La société allemande Helsing, par exemple, affirme que son personnel se rend régulièrement dans le pays. Du côté des États-Unis, l'omniprésente et parfois controversée firme d'analyse de données Palantir, dirigée par Peter Theil, ainsi l'entreprise spécialisée dans la reconnaissance faciale Clearview AI se sont implantées en Ukraine.

Et pour cause, la guerre en Ukraine représente une opportunité sans précédent pour les entreprises de technologie militaire, notamment celles spécialisées dans l'intelligence artificielle. L'ampleur des combats et le nombre considérable de systèmes d'armes et de capteurs de haute technologie déployés sur le terrain ont généré une grande quantité de données sur la manière dont les batailles sont menées, mais aussi sur le comportement des personnes et des machines qui y sont mêlées.

Pour les sociétés qui souhaitent construire une nouvelle génération d'armes ou de systèmes de défense utiles danse de futurs conflits futurs, il s'agit d'une ressource d'une valeur incalculable. Être, en temps réel, au plus près du champ de bataille permet aux entreprises d'accéder à des données avérées et sûres, nécessaires à la création et la production de leurs outils de défense.

Par exemple, une firme qui vend des drones capables d'identifier des chars de manière autonome doit entraîner son logiciel à partir de nombreuses images : chars camouflé, chars masqués par des buissons, chars enfoncés dans la boue. Il doit pouvoir reconnaître la différence entre un char militaire et un tracteur civil, ainsi que le type de char qu'il regarde, afin de distinguer l'ami de l'ennemi.

"L'Ukraine est le seul endroit au monde où l'on peut obtenir de telles données à l'heure actuelle", a assuré Ingvild Bode, professeur associé au Centre d'études sur la guerre de l'université du Danemark méridional. "Tout le monde pourrait avoir le même moteur d'IA. Le seul facteur de différenciation est désormais la qualité des données dont vous disposez", a expliqué Cameron Chell. "Il est absolument important de s'assurer que ce sont bien vos capteurs qui collectent les données et qui les transmettent à votre logiciel. Il est donc plus important que jamais d'être présent sur place."

Conscient de la valeur de ses données, le pays tient à prévenir les entreprises qu'elles ne doivent pas s'attendre à arriver sur place et à accéder aux informations si facilement. "Ces données ne sont certainement pas à vendre. Elles ne sont disponibles que si vous proposez une sorte de coopération mutuellement bénéfique", a affirmé Alex Bornyakov, le vice-ministre ukrainien de la Transformation numérique.

L'Ukraine souhaite plutôt utiliser les données recueillies sur le terrain pour sa propre défense. "Une fois la guerre terminée, les entreprises ukrainiennes iront sur le marché et proposeront des solutions que probablement personne d'autre n'aura", a indiqué Alex Bornyakov. Au cours des derniers mois, l'Ukraine a effectivement fait part de son ambition de tirer parti de ses innovations sur le champ de bataille pour créer sa propre industrie militaro-technique. "Nous voulons construire une industrie de technologies de défense très puissante", déclare Nataliia Kushnerska, chef de projet pour Brave1.

Les Drones et les Nouvelles Technologies Militaires

Vendredi 13 juin, six heures après les frappes israéliennes en Iran, les paysans irakiens voyaient passer dans le ciel des drones iraniens en route vers l’ouest : bourdonnant tels des débroussailleuses, plus d’une centaine d’entre eux ont parcouru 1 700 kilomètres en direction d’Israël. Parmi eux, le Shahed-136, un drone rudimentaire fait de mousse et de contreplaqué de 3,5 mètres de long et de 2,5 mètres d’envergure, transportait une ogive de 40 à 50 kilogrammes.

Son « cerveau » consiste en un capteur gros comme une pastille contre la toux, qui enregistre chaque mouvement, tandis qu’un circuit GPS de la taille d’une carte de crédit capte les signaux microondes des satellites de navigation. Défini par une série de points de passage en latitude, longitude et altitude, l’itinéraire de ce drone iranien doit être programmé avant le lancement de la machine dans les airs par une fusée.

Dans les attaques telles celles, récentes, de l’Iran contre Israël, ou de l’Ukraine par la Russie, la puissance des essaims de ces « mobylettes volantes » tient à leur nombre. Tandis qu’un missile de portée similaire coûte plus de 1 million de dollars, un Shahed peut être produit pour 20 000 à 50 000 dollars. À Washington, le Center for Strategic and International Studies - le Centre pour les études internationales et stratégiques - présente ces salves de drones comme des outils « visant autant à attaquer des cibles qu’à saturer les défenses aériennes, en encombrant les écrans radars de façon à obliger les centres de commandement à choisir d’où tirer leurs missiles sol-air les plus performants ».

C’est exactement à pareille situation qu’a été confronté Israël. Le 13 juin, les quelque 100 drones qui ont pris la direction de Tel-Aviv avant d’être abattus soit par des chasseurs soit par le « Dôme de fer », le système de défense aérienne israélien ou encore par un destroyer américain présent en Méditerranée, étaient incapables d’ajuster leurs trajectoires en fonction de l’évolution du champ de bataille.

La véritable force de ce type d’attaque réside dans sa masse pour un coût réduit : la semaine dernière, les gardiens de la révolution ont pu lancer une vague de drones si dense que les pilotes de chasse, les opérateurs radar et les équipes du « Dôme de fer » ont dû faire face à un nuage mouvant d’échos radar presque indiscernables.

L’opération ukrainienne « Toile d’araignée »

Au cœur de la plupart des essaims expérimentaux se trouve l’algorithme des boids, un concept introduit en 1987 par le chercheur en images de synthèse Craig Reynolds. Dans un modèle de boids volant en nuée, « chaque boid est un agent autonome simulé qui évolue selon les lois physiques régissant ses mouvements, sa perception de l’environnement local et des règles programmées », décrivait Craig Reynolds.

L’algorithme repose généralement sur trois règles simples : rester proche des autres (cohésion), éviter les collisions (séparation) et voler à des vitesses proches (alignement). En appliquant ces règles simples à un millier de boids dans une simulation, on obtient un comportement collectif évoquant une nuée d’étourneaux, oiseaux dont l’observation est à l’origine même de la logique d’essaim, transposée aujourd’hui aux drones militaires.

Même quand ils ne communiquent pas, ces engins deviennent redoutablement efficaces s’ils disposent d’un GPS, d’une autonomie de navigation et d’une cible préprogrammée. Le 1er juin, lors de cette opération (moins de deux semaines avant la guerre entre Israël et l’Iran), des camions transportant de simples cabanes de bois ont parcouru des milliers de kilomètres.

Une fois ces camions positionnés près des bases aériennes russes, les toits des cabanes se sont ouverts automatiquement et ont libéré 117 drones quadricoptères, de la taille d’une boîte à pizza. Dotés de quatre rotors, d’un système de navigation autonome fondé sur la vision, ces drones transportaient une charge utile de plus de 3,2 kilogrammes.

Pilotés à distance par des opérateurs ukrainiens, ils ont foncé vers les précieux bombardiers à long rayon d’action de la Russie. Quand la liaison était brouillée, perdue ou retardée, leur mode autonome prenait le relais, de sorte que chacune de ces machines, entraînée à partir d’images des bombardiers à détruire, s’est révélée capable de reconnaître des cibles spécifiques et, une fois la correspondance entre son flux vidéo et sa cible confirmée, d’activer sa pleine puissance pour les percuter à toute vitesse et exploser.

Cette capacité de fonctionnement sans pilotage humain continu, tout en identifiant et frappant des cibles de manière autonome, a marqué la date à partir de laquelle on peut désormais craindre des essaims de drones cessant d’être de simples tirs groupés pour devenir des collectifs d’armes intelligentes. Le SBU - le service de sécurité d’Ukraine - affirme que 41 avions ont été touchés ; même selon le consensus le plus prudent, une douzaine d’avions auraient été détruits.

Les États-Unis et les Essaims de Drones

Si la capacité d’identifier et de poursuivre des cibles rend déjà redoutables les essaims rudimentaires, celle d’absorber en temps réel des données sur l’ennemi, de les partager entre drones, puis d’adapter le comportement collectif à la dynamique du champ de bataille rend les vols coordonnés de drones infiniment plus meurtriers.

En 2021, c’est précisément ce type de technologie que l’armée de l’air américaine a testé sur le champ de tir de White Sands, au Nouveau-Mexique. Elle y a mené une série d’essais dans le cadre de son programme Golden Horde Vanguard (l’« Avant-garde de la horde d’or ») : une fois larguées simultanément, quatre bombes collaboratives de petit diamètre se sont montrées capables de communiquer entre elles afin de se répartir les cibles de façon optimale.

Cette tactique a été reproduite dans un environnement simulé nommé Colosseum : un nuage virtuel dans lequel chaque arme possédait un « jumeau numérique » capable d’élaborer des stratégies d’emploi en temps réel. Le projet se poursuit aujourd’hui, à travers la simulation de combats mettant en œuvre des systèmes d’armes autonomes et collaboratifs.

Le programme Offset (Offensive swarm-enabled tactics) de la Darpa (l’Agence américaine pour les projets de recherche avancée de défense) pousse encore plus loin le concept d’essaims en testant des tactiques dans un environnement virtuel inspiré des jeux en temps réel. L’objectif est qu’un seul opérateur puisse un jour contrôler jusqu’à 250 drones - aériens ou terrestres - évoluant dans une ville fictive. L’essaim y serait capable de cartographier les ruelles et de renvoyer un modèle tridimensionnel du terrain, telle une sorte de version du dispositif de navigation virtuelle Google Street View… mais hérissée de crocs.

Alors que les récentes attaques menées par l’Iran et l’Ukraine misent respectivement sur la masse et l’audace, Offset et Golden Horde Colosseum visent à conférer aux essaims l’avantage de l’autonomie adaptative.

Un Ciel de Plus en Plus Menaçant

La Chine, de son côté, cherche à combler son retard en développant le Jiutian, un « vaisseau-mère » de 10 tonnes capable de larguer en altitude une centaine de sous-drones. Tout cela nous place, nous autres humains, sous un ciel qui sera bientôt rempli de milliers d’engins volants autonomes, chacun à peine plus intelligent qu’un moineau, mais doté d’une supériorité redoutable : la capacité de partager instantanément tout ce qu’il apprend.

Face à cette menace, les forces de défense antiaériennes pourraient un jour utiliser des « leurres » capables d’émettre de faux signaux de navigation par satellite si bien imités que les drones se verrouilleraient sur des cibles fictives ou entreraient en collision, telle des abeilles désorientées. Pour sa part, Israël développe déjà des lasers aptes à trancher les ailes des drones Shahed, afin de remplacer les coûteux missiles intercepteurs par une impulsion d’énergie à peine plus chère qu’un ticket de métro.

Google Street View et la Vie Privée : Une Condamnation en Argentine

La justice argentine a condamné Google à verser 16,5 millions de pesos (environ 11 000 euros) à un habitant de Bragado, ville de la province de Buenos Aires, en dédommagement de l’atteinte à sa dignité.

En 2017, des médias locaux rapportaient qu’un Argentin apparaissait nu sur Google Maps. L‘image, devenue virale, montrait la façade de la maison sous un angle permettant de voir une personne nue de dos. L’homme se tenait dans son patio, derrière un mur d’environ deux mètres de haut. Malgré le floutage de son visage, il était aisément identifiable, notamment des habitants de sa commune, puisque son adresse était précisée.

L’histoire fait la une des journaux, rapporte le média Perfil, et l’homme est visé par des moqueries de ses voisins au point de le pousser à rester chez lui. Cette identification va jusqu’à lui nuire professionnellement : il est alors policier. D’où une action en justice, rendue possible grâce aux articles 51 et 53 du Code civil et commercial d’Argentine pour atteinte à sa vie privée, à son honneur et sa réputation, ainsi que l’usage de son image sans consentement.

En première instance, le juge relaxe Google, soutenant que le plaignant avait eu un « comportement immoral » en étant nu chez lui, alors qu’il ne se trouvait pas au « jardin d’Eden », « les véritables victimes de cet acte indécent étaient ses propres voisins ».

Mais la cour d’appel, saisie par l’Argentin, en a décidé autrement, reconnaissant son préjudice. « Personne ne souhaite apparaître à l’univers tel que Dieu l’a envoyé au monde », ont-ils estimé. Ils ont condamné Google à le dédommager sur la base de l’article 1757 du Code civil et commercial, qui stipule que « toute personne est responsable des dommages causés par le risque ou le défaut des choses, ou par des activités qui présentent des risques ou des dangers par leur nature, les moyens employés ou les circonstances de leur exécution ».

Le géant américain a aussi été sommé de retirer la photo, sous peine d’une amende de 100 000 pesos par jour en cas de manquement. Il doit payer 3 millions de pesos, plus les frais d’exploitation.

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