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Gibier de potence est une adaptation du roman de Jean-Louis Curtis qui nous fait ressentir l'après-guerre et le chômage.

L'histoire de Marceau

De retour de la guerre, Marceau Le Guern se souvient. L'orphelinat, la guerre, le stalag, la vie n'a pas été tendre avec Marceau! Éduqué dans un orphelinat dirigé par des frères Dominicains, il tombe dans la misère dès sa sortie.

Bel homme, il attire toutefois l'attention de Madame Alice, une femme vénale qui le persuade de poser pour des photos pornographiques destinées à des femmes solitaires. Avant la guerre, il devient même gigolo. Désormais, il veut prendre un nouveau départ. Il tombe sous le charme d'une jeune femme nommée Dominique.

Un effort ... Marceau n'a pas eu une vie facile, et quand le bonheur semble lui tendre les bras, le passé le rattrape. Ce qui intéresse Marceau, c'est de s'en sortir en travaillant! Il savait donc qu'en revoyant Madame Alice Combe, il était perdu [...]

Dans "Gibier de potence", Arletty, aussi froide qu'un poisson, joue les entremetteuses aux côtés du beau Georges Marchal!

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Deux mots de l'intrigue. Sitôt lâché dans la vie, vite oublieux de la pureté d'un camarade qu'il aima protéger à l'orphelinat, il tombe sous l'emprise d'une espèce de "goule " qui entend tirer parti de son physique d'Apollon. Or c'est un Apollon du réverbère que façonne cette... Pygmalionne. Sa Galatée mâle se rebiffe bien un peu, mais sa lâcheté l'enfonce de plus en plus bas. Alice - la goule - l'entraîne un été au domaine d'Argelouve, où brusquement la pureté resurgira vers Marceau comme dans un éclair de chaleur au bord de la piscine où Dominique, chaste et fraîche, se baignait. Naturellement Alice salira tout, Marceau la tuera et se constituera prisonnier en nous abandonnant sur trois points de suspension.

La réception critique du film

Il me semble crue M. Roger Richebé et M. Jean Aurenche (aidé de M. Maurice Blondeau) ont causé le plus grand tort au roman de M. Jean-Louis Curtis, Gibier de potence, en le portant à l'écran, le premier comme metteur en scène, les autres comme adaptateurs et dialoguistes. Le livre se lisait aisément, sans effort, mais plaisamment. L'auteur des Forêts de la nuit s'y réservait le droit de juger ses personnages, généralement choisis parmi les marionnettes amorales, superficielles, tarées, d'un quignol semi-mondain dès lors qu'elles échappaient aux bas-fonds.

Le film paraît vulgaire, faiblement interprété par ses principaux personnages, et bénéficiera sans doute au simple vu d'affiches très " sexy " des conciliabules clandestins de potaches pubères. Il représente très exactement le genre d'œuvres qu'il nous déplairait de voir exportées. Nulle préoccupation artistique ne s'y manifeste ; mais seulement le goût d'un commerce assimilable par certains côtés, involontairement sans doute, à celui dont on nous entretiendra d'abord : à savoir le commerce des cartes postales dites " transparentes ". Nous ne nous croyons pas bégueule. Et la Partie de campagne de Jean Renoir, que nous aimons si fort, est autrement sensuelle que ces crudités-là. Il est impossible d'ailleurs de ne pas songer à ce qu'eût fait Renoir, à la place de Roger Richebé, du livre de Jean-Louis Curtis.

L'orage (évité à l'écran) et le bain nocturne sous les verdures lourdes, la mise en place au château d'Argelouve de tous ces fantoches privés d'âme, proches parents des ridicules de la Règle du jeu, etc... Mais il y a façon et façon de parler aux sens. Celle-là ne nous émeut guère.

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tags: #gibier #de #potence #histoire

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